CHAPITRE I
ont parfois vendu chèrement leur vie; mais la lutte était trop inégale, et ils ont dû, eux aussi, prendre le parti de fuir. L’Homme, impitoyable et sottement cupide, les a poursuivis et traqués. Ils sont aujourd’hui presque entièrement anéantis.
L’Homme est ainsi devenu pour les bêtes un ennemi, un persécuteur et un tyran. Je n’ai pas besoin d’ajouter que les animaux sont pour lui ou des ennemis, ou, plus souvent, des victimes, qu’il tue, asservit ou emprisonne. Quelques-uns se sont de bonne grâce accommodés de l’esclavage qu’il leur a imposé : soit que l’instinct de la liberté fût naturellement peu développé chez eux, soit qu’il ait disparu à la suite d’une longue servitude. Tels sont le Chien, le Cheval, l’Ane, le Bœuf, le Mouton, la Chèvre, le Chameau, etc. Le nombre des animaux domestiques, serviteurs humbles et soumis, qui, loin de montrer la moindre velléité de révolte, semblent venir au-devant de leur esclavage et en solliciter la continuation, pourrait être assurément plus grand qu’il n’est. Cependant si la très-grande majorité des animaux, — je ne parle ici que des animaux supérieurs, Mammifères et Oiseaux, — sont susceptibles d’être domptés et apprivoisés, nous verrons bientôt que tous ne sont pas, à beaucoup près, aptes à la domestication proprement dite.
Si maintenant nousexaminons lesrapportsquelTIomme s’est créés avec les animaux, ou, pour parler plus exactement, ceux qu’il leur a imposés, et les usages auxquels il les a fait servir, nous trouverons que ces rapports et ces usages sont extrêmement nombreux et variés. L’Homme est d’abord chasseur : il tue les bêtes pour se