CHAPITRE IX
môme lorsqu’ils ont été pris à l’état adulte; ils deviennent bientôt très-familiers et très-obéissants, mais ils ne paraissent pas capables d’une très-vive affection pour les personnes qui vivent avec eux, les nourrissent et leur donnent des soins. Le caractère et l'intelligence de ces animaux varient, du reste, selon l’espèce. Duvaucel, qui a pu observer de très-près et d’une manière suivie les Siamangs llylobales syndaclylus ), très-communs aux environs de Bencoolen Sumatra , a tracé de cette espèce un portrait peu flatteur. Ces Gibbons, selon lui, sont nonseulement stupides et poltrons, mais d'une lenteur et d’une gaucherie de mouvements qui les rendent aussi incapables d’échapper à leurs ennemis par la fuite que de soutenir contre eux une lutte quelconque. « Quelque nombreuse que soit la troupe, dit-il, celui qu’on blesse est abandonné par les autres, à moins que ce ne soit un jeune individu. Sa mère alors, qui le porte ou le suit de près, s’arrête, tombe avec lui et pousse des cris affreux en se précipitant sur l’ennemi la gueule ouverte et les bras étendus. Maison voit bien que ces animaux ne sont pas faits pour combattre, car alors même ils ne savent é\ iler aucun coup et n’en peuvent porter un seul. » Toutefois, Duvaucel ajoute : « Cet amour maternel ne se montre pas seulement dans le danger, et les soins que les femelles prennent de leurs petits sont si tendres, si recherchés, qu’on serait tenté de les attribuer à un sentiment raisonné. C’est un spectacle curieux que de voir ces femelles porter leurs enfants à la rivière, les débar- Itouiller malgré leurs plaintes, les essuyer, les sécher et donner à leur propreté un temps et des soins que, dans
DOMESTICATION DES GIBBONS
bien des cas, nos propres enfants pourraient envier. » On conviendra que cette dernière particularité ne s’accorde guère avec la prétendue stupidité des Siamangs. Plusieurs autres observateurs ont d’ailleurs porté sur les Gibbons de diverses espèces qu’ils ont pu étudier de près «les témoignages beaucoup plus favorables.
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On peut citer en première ligne celui de sir St. Radies, qui fut longtemps gouverneur de Bencoolcn, et qui représente les Gibbons comme des Singes « robustes, courageux, mais néanmoins faciles à apprivoiser, et si so-