CHAPITRE I
Les animaux-dieux. — Idéalisme et matérialisme. — Symbolisme et fétichisme. — La théorie des animaux-machines et la zool&trie. — Rôle des animaux dans les aberrations de l’esprit humain.
L’esprit humain se plaît aux inconséquences, aux contradictions. Rien ne lui coûte moins que de se donner à lui-méme les démentis les plus impertinents, d’adopter simultanément les opinions les plus inconciliables, d’entremêler ensemble les actions et les coutumes les plus opposées.
Il est possédé d’un besoin d’idéal qui lui fait concevoir au-dessus ou en dehors des choses accessibles à ses sens et à sa raison l’existence d'êtres mystérieux, de puissances invisibles auxquelles il doit se soumettre. Mais en même temps un besoin contraire le porte à matérialiser ses conceptions métaphysiques, afin de les mettre à sa portée, de pouvoir entrer en relations directes et familières avec elles. Alors des animaux, des plantes, des