‹ L'homme et la bêteChapitre 86 sur 232 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

plus élevée est un symbolisme que ne répudient ni la religion chrétienne ni la philosophie : la première ayant aussi ses symboles et ses emblèmes, que la seconde admet comme les légitimes manifestations de la faculté esthétique et comme des expressions sensibles de la pensée. Mais le symbolisme, nous l’avons vu, dégénère facilement parmi les populations ignorantes en véritable idolâtrie, et aboutit dans un grand nombre de cas à un naturalisme grossier, à un fétichisme dégradant.

La zoolàtrie dérive, par une libation analogue, de la croyance à la métempsycose ou de la protection établie par la loi sacrée en faveur de certains animaux utiles ou réputés tels. Un autre rôle, niais un rôle passif, est assigné aux animaux, dans la plupart des religions anciennes, par l’usage des sacrifices sanglants. Enfin, la science chimérique des présages et de la divination, la sorcellerie, la médecine empirique ont, fait intervenir de diverses façons les animaux dans leurs incantations et dans la préparation des philtres et des remèdes.

On voit que les animaux ne jouent pas dans les fictions et dans les aberrations de l’esprit humain un rôle de médiocre importance. L’étudier dans toutes ses phases et sous toutes ses formes, 1 chez les différents peuples et aux diverses époques, serait un travail dont la portée dépasserait de beaucoup et l’étendue de mon érudition et les limites que comporte le cadre de ces esquisses. Contentons-nous donc de quelques exemples empruntés aux récits des historiens, des ethnographes et des voyageurs. Aussi bien l’imagination de l’Homme n’est pas, même en fait d’extravagances, aussi féconde qu’on pour-

rait le croire : elle se répète terriblement; elle tourne toujours à peu près dans le même cercle, et le spectacle de ses longues pérégrinations dans le monde des chimères serait à la longue plus fatigant qu’instructif.

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