CHAPITRE II
Lrs animaux-dieux en Egypte. — Animaux vénérés par les Égyptiens. — Interprétations diverses du culte qui leur était rendu. — Champollion-Figeac et Saint Clément d'Alexandrie. — Hérodc, Pline et Diodore de Sicile. — M. J. Henri. — La zoolatrie égyptienne, à la fois s\ mitotique et utilitaire.
Lorsqu’il est question du culte des animaux, on pense tout d’abord à l’Égvpte. Ce pays a été considéré de tout temps comme la terre classique de la zoolâtrie. Juvénal reprochait déjà aux Égyptiens d’adorer des monstres :
(jluis nescit qnalin demens
Ægyptus yortenta niât...?
et Boileau, dans sa satire sur l’Homme, sécrie :
Cent fois la Bête a vu l'Homme hypocondre
Adorer le métal que lui-mémc lit fondre ;
A vu dans un pays les timides mortels
Trembler aux pieds d’un Singe assis sur leurs autels.
Et sur les bords du Nil les peuples imbéciles,
L’encensoir à la main, chercher les Crocodiles.
Or il est permis de dire, sans faire tort au grand poète latin et à l’estimable rimeur français , que ni l’un ni l’autre ne connaissaient la religion de l’Égypte : religion d’un caractère beaucoup plus élevé qu’on ne le croit vulgairement, et qui , en tout cas, avait peu de chose à envier au polythéisme des Grecs et des Romains. Le fait