CHAPITRE
est que les peuples de l’Égypte n’étaient pas si imbéciles qu’il plaît à Boileau de le dire ; qu’ils ne tremblaient pas aux pieds d’un Singe, et qu’ils ne cherchaient pas les Crocodiles l’encensoir à la main : ceci, parla raison qu’ils ne faisaient point usage d'encensoirs. En Égypte , plus peut-être que partout ailleurs, le culte des animaux était essentiellement symbolique. La vie sous toutes ses formes étant, aux yeux des hiérophantes égyptiens , une manifestation de la puissance divine, ils cherchaient
Sphinx.
à en pénétrer le sens en étudiant les mœurs , les habitudes, les propriétés des animaux et des plantes qui les entouraient. Ils s’efforcaient d’y découvrir des qualités correspondant aux attributs de la divinité, tels que la force, la prudence, la sagesse, la beauté, la fécondité, ou des rapports avec les grands phénomènes de la nature, principalement avec ceux qui les intéressaient plus directement, comme le cours des astres, le retour des saisons, les inondations du Nil. Ces analogies plus
ou moins réelles et les services que certains animaux étaient censés rendre à l’Homme devenaient pour eux le point de départ de dogmes et de rites allégoriques dont l’explication était réservée aux initiés, et que le vulgaire devait se borner à observer sans les comprendre. Il lui suffisait de savoir que tel animal offert à sa vénération était l’image sensible, ou le symbole de tel dieu, qui lui-même était la personnification d’un des attributs de l’essence divine.
a Le nombre des êtres divins, ditCliampolliou-Figcac, était considérable dans la croyance égyptienne. Ils re-
Griffon.
présentaient individuellement les diverses qualités du grand dieu qui les renferme toutes. On consacra donc à chacun des êtres divins l’animal à qui les Kgypticns attribuaient de posséder essentiellement ces mêmes qualités. Chaque animal était donc un symbole religieux, et il est employé comme tel dans les représentations nombreuses qui nous restent du culte égyptien. C'est pour cela qu’il nous est parvenu un si grand nombre de figures, en toutes manières, représentant les mêmes animaux, tels que le