‹ L'homme et la bêteChapitre 89 sur 232 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Bélier, le Chacal, le Chat, le Singe, le Crocodile, l’Épervier, l’Ibis, le Taureau, le Scarabée, le Vautour, diverses espèces de Serpents, quelques Insectes et quelques arbres, arbustes et plantes. Pour faire comprendre les motifs du choix de chacun de ces symboles, nous citerons quelques exemples des idées qui guidèrent les prêtres et les philosophes de l’Égypte. Ils consacrèrent le Cynocéplale ( espèce de Singe) à la Lune, parce que le Cynocéphale nourri dans les temples était privé de la vue pendant les conjonctions du soleil et delà Lune. L’Épervier était le symbole du dieu Soleil, parce que cet Oiseau avait la faculté de fixer les yeux sur cet astre. Le Scarabée était aussi consacré au Soleil, parce que le Scarabée a trente doigts, comme le mois solaire a trente jours; le Vautour était aussi l'emblème de la déesse-mère, parce qu’il n’y avait que des femelles parmi cette espèce d’Oiseau. L’Ibis était consacré à la Lune, parce que cet Oiseau s’occupe de S03 œufs pendant la durée de la croissance et de la décroissance de la Lune. L’Ibis représentait encore le grand HermèsouThôth, particulièrement adoré en Égypte, parce que cet Oiseau marche avec mesure et gravité, que son pas était un étalon métrique, et qu’il avait inventé la science des nombres. On disait qu’une espèce de Cynocéphale connaissait la valeur des lettres; il était aussi, en conséquence, le symbole du dieu Thùth, l’inventeur des sciences. On figure en effet cet animal tenant dans ses pattes une tablette d’écrivain. Le Bélier fut le symbole de la prééminence d’Amon-Ra, le grand dieu de l’Égypte, parce que sa principale force est dans sa belle tète et qu’il est toujours placé en avant du troupeau

LES ANIMAUX -DIEUX EN ÉGYPTE. 20â

pour le conduire. Le Chat, le Crocodile, des Serpents étaient aussi des emblèmes d’autres dieux de l’Égypte.

« Chacun de ces animaux était nourri avec beaucoup de soin et selon ses goûts, dans le temple consacré au dieu dont il était l’emblème, et soigneusement mis en momie après sa mort. Saint Clément d’Alexandrie rapporte que les temples égyptiens étaient de magnifiques édifices, resplendissants d’or, d’argent et des pierres précieuses de l’Inde et de l’Éthiopie: « Les sanctuaires, ajoute- « t-il, sont ombragés par des voiles tissus d’or ; mais si « vous avancez dans le fond du temple, et que vous cher- « chiez la statue , un employé du temple s’avance d’un « air grave en chantant un hymne en langue égyptienne, « et soulève un peu le voile comme pour vous montrer « le dieu. Mais que voyez-vous alors? un Chat, un Cro- « codile, un Serpent indigène, ou quelque autre animal « dangereux. Le dieu des Égyptiens paraît!... C’est une « bète sauvage, se vautrant sur un tapis de pourpre. » Tous les sanctuaires de l’Égypte renfermaient en effet un animal vivant; ce n’était pas l’animal qu’on adorait, mais la divinité dont il était le symbole vivant et consacré. Les exclamations de saint Clément sont donc sans objet. Les Égyptiens pensèrent qu'il était plus digne de leurs dieux de les adorer dans des symboles animés de leur souffle créateur, que dansde vains sirnulacresdematières inertes; ils croyaient d’ailleurs que l’intelligence des animaux les liait de parenté avec les dieux et les hommes '. »

Ces remarques de Champollion-Figeac sont fort justes.

1 L'Cnivers iiittoresque. — Eijypte ancienne, l’aris, 1809.

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