‹ L'homme et la bêteChapitre 93 sur 232 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sa sœur Isis ( l’Io des Grecs) aurait transmisgré dans celle d’une Vache. Aussi le Bœuf occupait-il le premier rang parmi les animaux sacrés de l’Égypte. Nous avons vu plus haut qu’on l’honorait sous différents noms. Le plus connu est celui d’Apis.

a En Égypte, dit Pline le naturaliste, un Bœuf est même honoré comme une divinité. Ce qui le fait reconnaître, c’est qu'il a du c6té droit une tache blanche semblable au croissant de la Lune , et sous la langue une nodosité que les Égyptiens appellent scarabée ( canlharum ). » Il fallait en outre, d'après M. J. Henry, que son poil fôt noir et hérissé ; qu’il portât sur le front une touffe de poils blancs de forme quadrangulairc, et sur le dos une autre marque en forme d’aigle, et qu’il eût des poils doubles à la queue. Il est certain qu’un animal si singulièrement décoré ne devait pas se rencontrer aisément, à moins qu’on n’eùt recours à quelque supercherie pour arranger un Apis conforme au règlement sacré. Cette dernière supposition me parait probable, si toutefois nous devons nous en rapporter à Pline. En effet, le Bœuf, ou plutôt le Taureau Apis , au dire de cet auteur , ne devait pas vivre plus d'un certain nombre d’années, au bout duquel les prêtres le faisaient périr en le noyant dans le bassin du temple ; après quoi ils prenaient le deuil et s’en allaient chercher un autre Taureau pour le substituer à celui qu’ils venaient de tuer. Tant qu’ils ne l’avaient pas trouvé, ils étaient dans l’affliction et se rasaient la tête. Cependant ils ne cherchaient jamais longtemps. Lorsque le nouvel Apis était trouvé, ils l’amenaient à Memphis en grande cérémonie , au milieu des transports de joie de la

LES ANIMAUX-DIEUX EN ÉGYPTE. 2l'J

multitude. L’écrivain latin donne en outre les détails suivants :

« Deux temples appelés llialames sont offerts au Taureau Apis , et servent de présages aux peuples de l’Egypte. L’augure est favorable si Apis entre dans l’un ; funeste ,

Garnit) *.* frappe le Bœuf Api».

s’il entre dans l’autre. L’animal sacré donne d’ailleurs des réponses aux particuliers, en prenant des aliments dans la main de ceux qui le consultent. Il se détourna de la main de Germanicus Cæsar, qui mourut peu de temps après.

« Ordinairement enfermé, lorsqu’il se montre en pu-

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