‹ L'homme et la bêteChapitre 94 sur 232 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

blic, c’est entouré de licteurs qui écartent la foule et de jeunes garçons qui chantent des hymnes en son honneur. Il parait le comprendre et vouloir qu’on l’adore. Ces bandes qui l’accompagnent sont saisies d’un soudain enthousiasme et prédisent l’avenir. On lui présente, une fois par an , une Vache qui a aussi des marques particulières, mais différentes de celles du Bœuf Apis, et l'on dit que cette Vache meurt le jour mémo où on l’a trouvée... » D’après Champollion-Figeac, ce fut Choüs, deuxième roi de la seconde dynastie, qui régla le culte d'Apis. Psammetichus lit construire [tour le divin animal , devant le péristyle du temple de Phtha, un promenoir dont le mur d’enceinte était couvert de sculptures; les colonnes étaient remplacées par des statues de douze coudées de hauteur. Le féroce Cambyse, non content d’opprimer et de ravager l’Égypte, se fit un jeu d'insulter aux croyances du pays. Se trouvant à Memphis au moment où l'on y célébrait la fête d’Apis, il fit battre de verges les prêtres et frappa l’animal de son poignard pour prouver que cet animal n’était pas un dieu. Bien différente fut la conduite de l’empereur Julien. Quand ce prince monta sur le trône, la vieille religion nationale de l'Égypte était en pleine décadence, et Apis ne comptait plus que de rares fidèles. Mais Julien s’était donné la tâche de restaurer partout le polythéisme; il entreprit donc de restaurer aussi le culte d’Apis; et le préfet qui gouvernait Memphis en son nom lui annonça, comme une heureuse nouvelle, qu’après de longues recherches, on venait de découvrir de nouveau un Bœuf portant les marques sacrées, cpii fut solennellement installé dans son temple.

La Vache, symbole d’Isis, était particulièrement honorée àBubastis, ville de la Basse-Égypte, qui empruntait son nom à une divinité fille d’Isis, et correspondant à F Artémis des Grecs. La Vache était aussi le symbole d’Athor, la Vénus égyptienne, femme ou soeur de Fta, dieu du feu et de la lumière.

Le Bélier et le Bouc étaient consacrés au grand dieu

Amon, le Jupiter égyptien, père de tous les autres dieux. Les diverses personnifications d’Amon sont souvent représentées avec la tète ou seulement les cornes du Bélier ou du Bouc. En tant que symboles , ces deux animaux seraient dont supérieurs au Bœuf, qui ne représentait qu’un dieu de second ordre. Leur utilité , celle du second surtout, est cependant moindre que celle du Bœuf.

Page 1