‹ L'homme et la bêteChapitre 95 sur 232 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le Bœuf est aussi l'emblème du dieu Nil , Amon-Ra ou Noute-Pheu ( le dieu qui se répand). Une magnifique peinture, dont Guigniaut a donné le dessin dans sa Galerie mythologique , représente ce dieu assis sur son trône en compagnie de la déesse Anouke, dame du ciel. Un roi ( Ptolomée-Évergète If) offre aux deux grandes divinités la cassolette d’encens. Amon-Ra , dont les chaire sont bleues, est coiffé de cornes de bouc surmontées d’un disque et d'une mitre. Il tient dans ses mains le signe de la sagesse ou de la vie divine et le sceptre des dieux bienfaisants.

« Pendant que la Brebis était le symbole de Neith (fille et femme d’Amon-Knef, assimilée à Minerve), le Bélier, dit M. J. Henry, était celui d’Amon aussi bien que celui de la ville de Thèbos. Le Bouc, emblème du principe générateur de l’Univers, principalement révéré à Mendès, était aussi le symbole d'Hermonthis et d’Hermopolis. »

U est difficile de deviner le lien qui rattachait le symbolisme du Bouc , de la Brebis et du Bélier au genre de services que ces animaux rendaient aux Égyptiens. Ce symbolisme reposait donc probablement sur des mythes que nous n’avons pas à rechercher. La même remarque s’applique à la plupart des animaux sacrés. Il faut cependant excepter le Chien et le Chacal, dont le symbolisme se comprend sans peine. En effet, ces deux animaux étaient l’un et l’autre consacrés au dieu Anubis ou Hermès, le Mercure égyptien, messager des autres dieux, conducteur des âmes qui descendaient aux enfers, remplissant, en un mot, des fonctions dont l’analogie avec celles du Chien est suffisamment claire, et présidant en

outre au crépuscule, au passage du jour à la nuit : moment où les Chacals commencent leurs lugubres promenades. Anubis est donc représenté tantôt avec une tète de Chien ou de Chacal, tantôt avec l'un de ces deux animaux assis ou couché près de lui.

Le culte des animaux étant une fois admis, aucun assurément n’avait plus que le Chien droit à la reconnaissance des hommes; car c’est, nous l’avons vu, le premier allié, le premier ami de l’Homme, celui à qui les peuples pri-

Bélier.

mitifs ont dû la conquête de tous les autres. Il avait donc sa place marquée dans le panthéon zoologique des Égyptiens ; il l'avait aussi dans le ciel parmi les constellations. Éléazar Blaze, dans l’un de ses ouvrages cynégétiques, a donné de la vénération dont le Chien était l’objet chez ce peuple une raison assez plausible. Il pense que les Égyptiens, voyant à l'horizon une brillante étoile qui apparaissait toujours précisément àTépoquc où commençait le débordement du Nil, lui donnèrent le nom de Sirius (aboyeur), parce qu’elle semblait avertir le cultivateur de l’approche

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