‹ L'homme et la bêteChapitre 98 sur 232 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Los moines auteurs ajoutent que les Vautours ne méprisent pas non plus le cadavre du Crocodile. Malheureusement, comme ces Reptiles sont revêtus d’une véritable cuirasse trop forte pour être brisée ou déchirée par le bec ou les ongles, les Vautours sont souvent obligés d’attendre longtemps que cet obstacle cède de lui-même par suite de la décomposition intérieure; mais alors la chair n’est plus qu’un fluide immonde qui s’écoule sur le sol.

Personne ne s’étonnera, d'après cela, que les Égyptiens aient eu en vénération des animaux qui leur rendaient le double service de faire gratuitement la police de la voirie publique, et de restreindre la multiplication des Crocodiles en dévorant les œufs de ces redoutables Sauriens, lui superstition avait, du reste, une large part dans cette vénération. Les égyptiens attribuaient aux Vautours des facultés merveilleuses, comme le font de nos jours les Indiens, (pii croient que ces Oiseaux sont doués d’un instinct prophétique, qu’ils pressentent les combats et sont avertis de la mort prochaine des animaux.

« 11 y avait, dit Champollion-Figeac, des emblèmes consacrés à l’usage de la caste militaire. Le Vautour et l’Épervier étaient celui de la victoire. C’était une opinion commune en Kgyptc, que le Vautour en temps de guerre marquait et circonscrivait sept jours à l’avance le lieu où l’on devait combattre. On ajoutait (pic le même Oiseau présageait la défaite de l’une des deux armées, en se tournant du côté de celle qui devait être vaincue et souffrir la plus grande perte. C’est pourquoi les anciens rois, dit la tradition, avaient coutume d’envoyer des inspecteurs pour examiner et leur rapporter de quel côté du

terrain occupé par les combattants le Vautour se tournait. Ce qui est certain, c’est que dans toutes les représentations de combats recueillies sur les monuments égyptiens le roi, combattant sur son char ou bien à pied, est accompagné du Vautour, qui plane au-dessus de sa tête; son vol est dirigé vers les ennemis, et il tient dans ses serres l’emblème de la victoire '. »

Vautour Arriau.

On voit que la signification symbolique du Vautour chez les Égyptiens était la même que celle de l'Aigle chez les Romains et chez plusieurs peuples modernes. Elle avait même sur celle-ci l’avantage de reposer sur l’observation

* DMven pittoresque, Égypte, |i. 167.

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