‹ L'homme et la bêteChapitre 99 sur 232 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

d'un phénomène réel. Car l’Aigle ne se soueie guère des batailles que se livrent les Hommes, et ce n’est que par mégarde qu’il s’aventure près d’eux; tandis que les Vautours suivent toujours avec un vif intérêt les caravanes et les armées en marche, s’abattant de temps à autre sur les derrières de la troupe pour saisir les résidus d’aliments ou les immondices, en attendant les cadavres d’hommes et d’animaux qui ne tardent jamais longtemps

I\oi Égyptien au combat, avec vautour symbolique.

à joncher le chemin. « Un voyageur anglais qui marchait depuis quelques jours, en Abyssinie, à la tête d’une petite armée, disent MM. Chenu, Vcrreaux et des Murs, parle du nombre considérable de ces Oiseaux, qu’il compare au sable de la mer. Ils se montrèrent à lui plus courageux que ne le sont d’ordinaire certaines autres espèces de la même famille, car il vit un jour l’un de ces oiseaux.

Vautours suivant une armée en marche.

étendre à terre un Aigle qui s’était fourvoyé dans une bande de Vautours assemblés pour dévorer des hommes tués dans une bataille que s’étaient livrée deux tribus » J’ai dit que l’Oiseau de proie ligure souvent sur les monuments égyptiens, et que les érudits prennent pour FÉ-

Milan d'Égypte.

pervier, doit être le .Milan, très-commun en Égypte, où il vient régulièrement passer l’hiver en bandes nombreuses, qui s’établissent sans façon dans les villes , et sont très-

1 Lerotis élémentaires sur l'Histoire naturelle (les Oiseaux, toinc II, 14* leçon.

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!)ien accueillies par les habitants. Le Milan est un fort bel Oiseau. Scs formes élégantes, ses grandes ailes aiguës, sa longue queue fourchue, son vol élevé, facile et puissant pourraient le faire comparer à l’Hirondelle. Comme elle, il ne se repose presque jamais et nage dans l’air plutôt qu’il ne vole. « Ses ailes longues et étroites paraissent immobiles; c’est la queue qui semble diriger toutes ses évolutions, et elle agit sans cesse; il s’élève sans effort, s'alwisse comme s’il glissait sur un plan incliné; il précipite son vol, le ralentit, s’arrête et reste suspendu ou fixé à la même place pendant des heures entières, sans qu’on puisse apercevoir le moindre mouvement de ses ailes '. »

Les Milans sont très-voraces, ce qui les rend souvent très-hardis et très-familiers. Lcvaillant raconte qu’ils venaient en foule se percher sur ses chariots et arracher des mains de ses gens la viande qu’on était en train de préparer. Au Caire, le docteur relit vit un jour un Milan enlever brusquement à une femme arabe une tartine de fromage qu’elle portait à sa bouche. « Au Chizé , en Abyssinie, dit le même voyageur, un autre enleva, sous le nez de mon Chien, qui les gardait et qui s’élança en aboyant après lui, les débris d’un Mouton (pie l’on venait de tuer. Maintes fois ils le firent aussi sous les yeux de mes gens. » Au Caire, ils se tiennent sur les fenêtres et attrapent en l’air, avec une adresse surprenante, les morceaux de viande qu’on leur jette.

Le Catharte Percnoptère , le Vautour proprement dit et

1 lirons élémentaires, etc., 17* leçon.

le Milan r sont en Égypte les principaux représentants de l’ordre des Accipitres ou Rapaces diurnes. Quant aux Éperviers, ils ne se plaisent (pie dans les ltois, nichent dans les grands arbres, et vont même se percher sur les hautes branches |>oiir dévorer leur proie. Il est peu

Milan enlevant A une Égyptienne sa tartine de fromage.

probable qu’aucune espèce de ce genre se soit jamais fixée sur les bords du Nil, où, comme on sait, il n’y a ni bois ni forêts, et où les arbres sont fort clair-semés. Je crois donc qu'en appelant Épervier l'Oiseau de proie dont ils avaient vu souvent l’image sur les monuments

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égyptiens, les antiquaires, d'ordinaire peu versés dans les connaissances zoologiques , ont pris ce nom au hasard. Je parle du nom français. Le nom égyptien exprimait, suivant Horus Apollon, l’âme siégeant dans le corps. L’Oiseau dont il s’agit était tout à la fois le symbole des âmes et celui des choses sacrées. « L’âme séparée du corps, dit M. J. Henry, était symboliquement exprimée par ce même Oiseau , mais avec la ligure humaine. L’Epervier (ou le Milan) était encore le symbole d’IIorus autant «pic le Soleil, et le symbole du Soleil lui-même. »

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