RECHERCHE DE L\ VERITE
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sans tache, pures jeunes filles, beaux jeunes gens sans défaut, ne suffirent pas à conjurer le courroux du dieu. Il fallut lui offrir des fils de rois, des rois eux-mêmes et jusqu’à des fils de Dieu : les fidèles, condamnés d’abord sans possibilité apparente de rémission, purent ainsi renouveler leur chair et leur sang par la chair et le sang d’un dieu, qui meurt, mais pour renaître aussitôt, qui se donne en sacrifice, mais pour resurgir comme juge souverain des vivants et des morts.
Ainsi toutes les religions actuelles, qui se présentent sous des formes si diverses et si compliquées en apparence, dérivent également de ce premier besoin qui tourmente le primitif; il a soif de comprendre, ou du moins d’avoir une explication, vraie ou fausse, des phénomènes de la nature, des problèmes de la mort et de l’au-delà. Dans les esprits sincères ce besoin de savoir se présente sous une forme pure et donne une grande noblesse à l’évolution religieuse : la recherche de la vérité s’allie à la bonté du cœur et à la profondeur de la pensée. Aux temps anciens comme de nos jours, d’une manière peutêtre plus vague, mais non moins passionnante, des hommes devaient éprouver le sentiment, obscur et lointain, qu’il existait des causes générales déterminant les innombrables faits isolés et distincts'; dans le chaos du fini ils sentaient un infini auquel ils voulaient donner un nom, et sous les mille manifestations duquel ils cherchaient un lien d’unité, constituant une sorte de monothéisme et de panthéisme à la fois. Une autre force agissait encore en l’homme pour en faire un être religieux, l’amour qui le portait vers tout ce monde extérieur vivant d’une vie analogue à la sienne, vers les sources et les ruisseaux, vers les arbres et les rochers, vers les monts et les nuages, vers le ciel resplendissant, l’aurore, le crépuscule, le large soleil et tous les astres disséminés dans l’espace.
L’évolution religieuse devait, par le développement même de ses causes, entraîner l’homme à une singulière illusion. A Jove principium, dit le proverbe. Rien de plus faux. Ce sont les hommes qui ont créé les divinités en faisant les chefs et les prêtres, en instituant des hiérarchie, en subordonnant les faibles aux forts, les pauvres aux riches, les naïfs aux astucieux, mais en armant aussi les opprimés