VUE DE SAMARKAND
D'après une photographie.
des monts, elle leur resta longtemps associée dans rheur et dans le malheur, puisqu’elle tomba suecessivement sous la domination des Mèdes, des Perses, des Macédoniens et des Grecs séleucides. Ensuite, lorsque la force initiale ayant son point d’appui sur les bords de la Méditerranée se fut presque entièrement dépensée et que les successeurs directs d’Alexandre durent abandonner les provinces orientales de leur empire, l’État grec indépendant qui se constitua dans la Bactriane continua d’être en relations avec les Parthes du Sud et même avec les habitants de l’Inde: un des monarques de la contrée, Demetrius, qui vivait il y a près de AÛngt et un siècles, fut connu sous I3 titre de «roi des Indiens».
Bien plus, la force d’impulsion donnée à la Bactriane par les populations civilisées venues de l’Occident avait fait de ce pays un lieu d’étape entre la Méditerranée et le fleuve Jaune. A l’époque où la Bactriane hellénisée était devenue le centre de la culture dans l’Asie
L nO^IMF, ET LA TEU1\E
conlralc. les Chinois, qui avaient reçu leurs scicuees et leurs arts (riinmigrauts^venus antérieurement du même pays, se trouvaient on communieations fréquentes à travers le continent avec les populations du versant opposé*. Les deux provinces de Bactriaue et de Sogdiaue étaient désignées par eux sous le nom de Grande Yavauie ou de U Grande Grèce », semblable à celui que les Romains des memes siècles donnaient à la partie méridionale de ritalic. Même, pendant un certain temps, ce bassin dn hani Oxns, connu par l’appellation de Tcbin on Samokien — c’est à-dire Samarkand, — fut une dépendance de l’Empire du Milieu. Elle était aloi’s un foyer de propagande bondilbique comme elle avait été, plus de mille ans auparavant, le centre des missions mazdéennes et comme elle devint plus tard l’uue des grandes écoles du mabomélisme.
L'isolemeut qui se fît daus la Bactriaue. entre les temps helléniques et les siècles de l'Islam, provient moins de la àiature, qui avait îcpemlanl dressé le rempart du Paropamisus, que des invasions cth- ..liques vomies par les régions septentrionales. Largement ouvertes du coté ilu nord et du uord-ouest par les steppes des nomades, les camjiagnes tlu laxartes et 'de l’Oxus devaient être d’autant plus menacées qu'elles étaient mieux cultivées et parsemées de cités plus riches. Les hordes de pillards, guettaut aux abords des colonies avancées et dans les défdés des montagnes, saisissaient la première occasion pour se ruer sur les contrées que leur livraient soit la guerre intestine, soit la trahison d’un ambitieux ou tout autre événement. Plus les incursions se répétaient, et plus changeait la proportion des races, les envahisseurs prenant en maints endroits la place des anciens résidants, exterminés ou refoulés vers les hautes vallées. A la fin,
1 élément aryen, trop affaibli pour résister, se trouva rompu eu maints endroits, le long des pentes de l’IIindu-K.uch, on ne put se maintenir dans certaines villes que toléré, asservi, souvent à condition d'abandonner sa tangue et ses dieux. Ainsi des Turcs et des Mongols, connus sous Mivers Moins : Turkmènes ou Turcomans, Kirgbiz, Kara- Kalpak, Kaïzak, Burut, Uzbeg, occupent la pins grande partie du double bassin dn laxartes et de l'Oxus, mêlés aux Sarles, c'est-à-dire aux gens de race croisée, chez lesquels l'élément aryen se trouve