I. Lina Beck- Bernard ; Hugo Heck, Bollaert, etc
PAYS DE MONTAGNES
seuls ils connaissaient les fissures d’escalade. Les forteresses naturelles des monts leur suffisaient sans qu’ils eussent besoin d’avoir recours à l’art vil des remparts. Ainsi s’explique le maintien des communautés indépendantes au milieu des grands Etats politiques. Les Guanclies de Gran-Canaria, cachés dans leurs trous de rochers, se sont longtemps défendus contre les traqueurs espagnols. Les Abor et autres Himalayens de l’est, protégés non seulement par leurs rochers, mais aussi par les averses qui ruissellent sur leurs montagnes pendant la période de la mousson, n’ont point encore de maîtres, quoique les Anglais soient la nation conquérante à laquelle ils ont affaire.
11 n’est pas de région montagneuse, Pyrénées, Alpes, Balkans, Caucase, Himalaya, Kuenlun, Cordillère des Andes, qui, dans son histoire moderne ou même présente, ne montre des exemples de sociétés distinctes , s’étant constituées en républiques, indépendantes des groupements politiques de la plaine inférieure. La position de Lhassa dans le pays des Grandes Neiges, par delà la double rangée de l’Himalaya et du Trans - Himalaya . en a fait l’une des dernières villes qu’une expédition militaire ait profanées.
Très forts pour la défense, lorsqu’ils n’ont pas été énervés par le monachisme, comme le sont les Tibétains, les montagnards se montrent d’ordinaire très faibles pour l’attaque ; relativement peu nombreux, ils se composent d’autant de clans distincts qu’il y a de vallées ; leur disjonction avait été dessinée d’avance dans la structure de la montagne. Ils furent souvent pillards, mais non