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A.TALAYA : VILLAGE DE TROGLODYTES

(grande canarie)

D'après une photographie [Sociétc de Géographie.)

l’homme et la terre

conquérants. Toutes les guerres dans lesquelles les vies de nations entières se trouvent engagées se sont déroulées dans les plaines'.

D’ailleurs, chaque massif de montagnes est, à part soi, un si vaste ensemble, offrant comme un résumé de la Terre entière, que l’on y trouve tous les contrastes provenant de la différence des altitudes, des terrains, des pentes, des calories. Les groupes d’habitants se forment naturellement en raison du climat, de l’exposition, du sol, à moins d’une cause spéciale d’attraction, telle que des mines ou des carrières. Les villages s’abritent contre le froid ou contre la chaleur des pentes calcinées ; ils fuient la roche nue ou trop escarpée et recherchent les conques gracieuses, arrosées et défendues par des ceintures de roches. En certaines contrées, en Ethiopie par exemple, les coupures de séparation formées par les ravins et les cluses sont tellement profondes qu’elles sont pratiquement infranchissables et limitent les royaumes. Le volcan Kilimandjaro n’a pas moins de 83 États indépendants sur un espace de 800 kilomètres carrés, qu’habitent soixante mille individus environ : les limites naturelles formées par les profondes barranques de la montagne ont parqué les populations comme des troupeaux de brebis

En de grandes vallées, comme celle du Rhône supérieur, on constate nettement que les maisons se pressent sur les talus fertiles de déjection apportés par les torrents. Ces cônes sont d’autant plus populeux que leur masse est plus ample, correspondant à un bassin torrentiel plus riche en eaux courantes ; enfin le côté de la vallée tourné vers le soleil, et d’ailleurs le mieux cultivé en espèces plus appréciées, telles que la vigne, offre une guirlande de villages plus rapprochés L

Dans les plaines et pénéplaines, chaque massif de collines, même chaque butte insulaire représente en moindres proportions le théâtre des vastes montagnes et les mêmes oppositions de milieux influent sur les résidants suivant une mesure cori’espondante. Ainsi les rochers escarpés dominant les villages et leurs cultures ont favorisé la construction des chateaux-forts et des repaires murés et crénelés où se tenaient les chevaliers pillards du moyen âge, et c’est encore sur les points dominants que l’on construit de nos jours les ouvrages de

I. R. von Ihering, Les In.do- Européens avant l’Histoire. — 2. Hans Meyer, Kilimandjaro, p. 235. — 3. Maurice Lugeon, Archives de la Société Vaudoise des Sciences naturelles, i5 juin 1901.

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