‹ L'homme et la terreChapitre 7 sur 279 · NEGRITOS ET PYGMÉES · texte numérisé non relu

NEGRITOS ET PYGMÉES

son Smith nous dit que les nains occupant naguère toute la région qui s’étend au nord des lacs Stéphanie et Rudolf ont perdu leur type originaire par l’effet de mariages avec des tribus de haute stature et que les Dume actuels sont un simple reliquat de l’ancienne race h De même, les Oua-Toua (Wat-wa) de la région du lac Rivu, les « Fils de l’Herbe », petits hoinmes que certains nègres, les Oua-Houtou, par exemple, regardent avec aversion, sont acceptés par d’autres, par les Oua-Toussi notamment, comme de « grands amis », et les deux races s’entremêlent volontiers. Les femmes pygmées de l’Uganda (Johnston) sont heureuses de s’attacher à des nègres de grande taille.

Il est aussi très probable que les pygmées dont on retrouve les ossements mélangés à ceux des hommes de grandes races en tant de cavernes d’Europe, notamment de la France, et tant de huacas péruviennes , ont disparu par l’effet des croisements et furent absorbés graduellement dans la masse générale des populations ambiantes ^ : ils sont revenus à l’espèce.

Les anatomistes qui étudient le squelette au point de vue du trans-

SQÜELETTE HUMAIN

Comparé au squelette de gorille de la page 8.

I. Through unknown African coantries, pp. 274-275. — 2. J. Kollmann, Globus, n° 21, 5 juin 1902 ; Frobenius, Geographische Kallurkande, p. 22.

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l’homme et la terre

formisme, c’est-à-dire comme un appareil façonné lentement, de génération en génération, par un travail d’accommodement au milieu et de perfectionnement, constatent par l’étude comparée des différents types que les races humaines actuelles ne paraissent pas être dérivées les unes des autres par une sorte de gradation hiérarchique, mais doivent •être considérées plutôt comme des rameaux parallèles, remontant vraisemblablement à un ancêtre commun d’origine antérieure' même aux quadrumanes ; il faudrait voir peut-être dans ce type primitif un descendant des marsupiaux, issus eux-mêmes des monères par des ancêtres amphibies*.

Mais sachons nous borner. N’essayons pas de remonter par la pensée jusqu’aux époques si éloignées de nous où l’homme, issu de l’animalité primitive, constitua l’espèce ou les races humaines. Arrêtonsnous à la période où nos ancêtres, accomplissant leur plus grande conquête, avaient appris à moduler leurs cris, inarticulés jadis, et à transformer leurs grognements et glapissements en un véritable langage. Eh bien, à ce grand tournant de l’histoire, les nations étaient constituées en groupes absolument distincts, et les langues qui prirent corps se donnèrent des radicaux d’origines tout à fait diverses, suivant un génie propre pour la formation et l’accent des mots, pour la logique et le rythme de la phrase

Les dialectes aryens, sémitiques, ouraliens, berbères, bantou, algonquins sont mutuellement irréductibles : ce sont les parlers de peuplades qui, à l’époque où leur langue se délia, se trouvaient en des milieux tout à fait différents, constituaient en réalité des espèces ou des humanités à part. En datant de ces temps anciens l’histoire des hommes, on peut dire qu’elle commence par le polygénisme. Alors, les nations éparses sur la Terre ne pouvaient avoir aucune conscience de leur unité. Autant de groupes glossologiques, autant de mondes humains mutuellement étrangers L Voici donc quel est, pour l’histoire de l'humanité, le point de départ certain dans la succession des temps : la naissance polygénique, en diverses parties de la Terre, de langages irréductibles correspondant à divers modes de sentiment et de pensée.

I. Ernst Hæckel, Anlhropogenie, 5' édition allemande, 2' vol., p 584- — 2. Renan, Histoire du peuple d’Israël, I, p. 2 ; Hæckel, Anlhropogenie, même édition, 2' vol., p. 679. — 3. Eaidhcrbc; Hovclacque, Linguistique.

l’homme et les langues

Combien de ces parlers naquirent ainsi, et quelle fut la durée du ■cycle pendant lequel les divers ancêtres des hommes actuels acquirent

N“ 1. Répartition des Pygmées.

D'après Schlichter, ûmeaas oriJwffraphique-. Deniker.etc,

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