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Ardoin-Dumazet, Voyage en France

MONUMENTS DES PRIMITIFS l8l

CASA BLANCA. — CaSoN DE CIIELLY, ARIZONA (Voir page l86j.

D'après une phologrüphie.

main lient à côté de la cité des vivants. Petra, la « Ville de la Pierre » aux merveilleux labyrinthes décorés de statues et d’inscriptions, n’est autre chose qu’un sépulcre immense, ajirès avoir été une capilale de luxe et de faste royal, il y a dix-huit cents ans, sous des maîtres qui voulaient imiter Rome; mais ils n’aA aient pas à transporter la pierre : il leur suffisait d’évider peu à peu le rocher en descendant d’étage en étage. En Europe, certaines cryptes de palais et de cathédrales rivalisaient en beauté architecturale avec les édifices construits immédiatement au-dessus. Les siècles sont superposés comme les assises: cachés autrefois dans la terre, les édifices se sont épanouis au soleil.

Mais si la roche dure de certaines grottes a pu se prêter aux travaux d’embellissement qui ont permis d’en faire des temples et des palais, les excavations creusées dans la terre friable sont restées les humbles demeures des sauvages ou des pionniers encore dépourvus de tout confort. Ainsi les Algonquins et les Murons de l’Amérique septentrionale, qui vivaient en dehors de la forêt et ne pouvaient construire de cabanes, se creusaient des trous dans la plaine rase, puis les recouvraient à demi d’un toit de gazon ; remplaçant les Peaux-

l'homme et la teure

Rouges, les pionniers européens de loule race qui ont conquis le pays sur les indigènes ont iccours au même procédé pour se faire une demeure au moins provisoire : c'est le dug-oul, le simple « déblai », analogue auv weems des Hélnides et de l’Ecosse', ou bien à ces trous <pie creusent les mineurs des hauts plateaux tibétains pour se mettre à l'abri des âpres vents du nord qui rasent fmieusemeut le sol, chassant les pierrailles devant eux. Récemment, les deux armées russe et japonaise ont reproduit ce travail en des proportions gigantesques par le creusement de leurs galeries casematées dans la terre dure des plaines du Hun-bo. C’est au même ordre de travaux qu’appartiennent les buttes de neige savamment construites dans lesquelles se cachent les Esquimaux pendant les longs mois d’hiver.

Après les premiers âges de l’enfance humaine, nos ancêtres apprirent par l'expérience, par des préoccupations d’art et sous l’impulsion de la nécessité, à modifier ta forme des demeures primitives, sur les arbres ou dans les fourrés, dans la roche, la terre ou la neige. Bien avant les temjis racontés par l'bistoire, l’homme savait élever des constructions sur le sol, mais toutes différentes les unes des autres, suivant les matériaux que lui offrait la nalure environnante. Dès qu’il eut découvert des moyens de se tailler des instruments en pierre et de se tresser de puissants cordages, il pouvait à sou gré scier les branches des arbres, déraciner les troncs ou même les traueber à la base, placer les fûts les uns sur les autres, les surmonter de toitures, les pourvoir de poitcs, de fenêtres, de partitions intérieures. Ainsi s’élevèrent des izbas sarmates, en tout semblables à celles que de nos jours habite comme héritier le' moujik de la Russie.

Ailleurs, dans les montagnes du Kachmir, du Népal, du Sikkim, du Tirol, de la Suisse, où se rencontrent des conditions analogues et où les pasteurs ont également à leur disposition des pierres de toutes formes pour les fondations et les assises, des arbres jiour la charpente et l’ameublement, se sont élevés des chalets de semblable architecture, dont les matériaux divers se marient pittoresquement. Lorsque des peuplades eurent appris à vivre de la chair des animaux domestiques^ elles eurent aussi à leur disposition les peaux des bêtes sacrifiées et s’en servirent pour tendre des abris au-dessus de leurs têtes dans les

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