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I. Fr. Garnier, l Habilalion humaine

DEMEURES DES PRIAIITIES l83

plaines rases. Puis les tribus, ayant découvert l’art de tisser les étoffes, trouvèrent par cela même le moyen de dresser des tentes.

N» 23. Casa Blanca dans le Canon de Chelly, Arizona.

(Voir page 186).

Murs de moellons.

Murs de toutes.

Murs construits récemment par les Navyos. Échelle approximative I ! 200

® ' 2 3 M êtres .

Le i)lan .supérieur est celui des constructions installées dans le rocher, à 30 mètres au-dessus du niveau de la vallée; le plan inférieur, celui des constructions de la plaine.

Ailleurs, les hommes, devenus habiles dans la science de durcir la terre par le soleil ou par le feu, eon naissaient le moyen de préparer des bricpies et de les ériger en murailles, de les établir en

assises, de les dresser en pyramides. Enfin, de ces diverses formes d habitation, primitives ou secondaires, naquirent des modes intermédiaires de construction ayant tous quelque trait distinctif suivant le milieu local et le milieu d’origine, car, en changeant de pays, les constructeurs se rappellent toujours l’aspect des demeures qu’ils habitaient dans leur première patrie'. C’est ainsi que dans la Guyane anglaise, des tribus de l’intcrieur, Arecuna, Macusi et autres Caraïbes se construisirent des cabanes exactement pareilles à celles de leurs frères ou initiateurs les Uaraun ou Guaraunos du littoral vaseux. Bien que leur pays de savanes à sol parfaitement sec se trouve en d’autres

conditions que celui du delta de l’Oi'énoque, ils bâtissent aussi des cabanes sur pilotis et les pieux qu’ils emploient appartiennent à la même espèce de palmier ( eulevpe o/craceoj plante très avide d’humidité et relativement rare dans leurs plaines : ils ne la rencontrent qu’en bouquets épars, mais le sentiment de conservation les porte à imiter leurs aïeux qui vivaient sur les côtes à deminoyées De même en Papuasie, le style d’arcbitecturc des maisons élevées sur les terres humides de la côte s’est maintenu pour l’intérieur, et peut-être est-ce de cette manière que l’on doit expliquer l’érection de demeures

MURS CYCLOPÉEKS EN BASALTE A MÉTALANIM, ILE PONAPÉ, CAROLINES

D’après une photographie du Geograjihical Journal.

I. Yiollet le Duc, Histoire de l’Habitation humaine, p. 358. — 2. E. ini Thurn, Journal of the Anlhropological Inslitute, vol. XI, i883.

RUPESTRES A GRAN‘CANARIA D’après une photographie communiquée par la Société de Géographie.

à deux étages, le rez-de-chaussée ménagé entre les pilotis du sol ayant été garni de feuilles ou de nattes pour servir d’étable ou de salle à provisions ^ On explique l’origine du chalet suisse par un phénomène analogue de survivance des formes et d’accommodation au milieu.

Les besoins de la défense ont été au nombre des causes majeures dans la façon de construire les habitations humaines. La recherche de la sécurité fit choisir surtout les quartiers de roche comme élément des remparts protecteurs : on voulut imiter les abris naturels fournis par les défilés et les cavernes. En de nombreux pays du monde, aussi bien en Asie et en Europe qu’en Amérique, et même en eertaines îles de l’Océanie, on a retrouvé de ces murs dits « cyclopéens », parce qu’on les attribue instinctivement à des cyclopes, à des géants qui précédèrent notre faible humanité. Ces fragments de rochers furent d’abord employés tels que les fournissait la nature, et le constructeur se bornait à les rejointoyer avec art : l’habitude d’en agir ainsi prit même.

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