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Village lacustre de Paladru

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de milliers jles objets travaillés par nos ancêtres pendant les siècles de la préhistoire. Une seule bourgade aquaüque, celle de Concise, sur les bords du lae de Neuchâtel, livra aux collections de la Suisse, dès la première année, plus de vingt-cinq mille échantillons de l’induslrie passée, et cependant il restait encore à fouiller, au fond du lac, une couche va.=euse de plus d’un mètre d’épaisseur.

Si nombreuses ont été les trouvailles qu’il est facile de reconstruire par la j)ensée les groupes de ces cabanes lacustres avec leurs bateaux amarrés, leurs écbelles pendant au-dessus de l’eau, les ameublements très simples de l’intérieur, les armes, les outils, les amulettes et les bijoux, les paniers et corbeilles, les grains et les fruits qui servaient à la nourriture, les animaux qui vivaient aA cc l'homme et ceux dont les lacustres mangeaient la chair. D'ailleurs, pour refaire ces cabanes, il suffit d’imiter celles qui existent encore en maints endroits, sur les rivages de la mer, à Billiton, à Bornéo, dans la Papuasie, et sur le littoral sud-américain, non loin de Maraca'ibo. Et combien de villes qui naquirent, simples palafittes ou villages lacustres, et se développèrent peu à peu, sans que le noyau primitif soit difficile à retrouver : telles Nidau, sur les bords du lac de Bienne, Zurich, à l’extrémité de la belle nappe lacustre qui porte son nom. D’autres palafittes, graduellement consolidées et devenues terme ferme, ont reçu des forteresses, des maisons de plaisance, comme Isoletta dans le lac de Varese, ou Roseninsel, dans celui de Starnbêrg. Les villes de Bamberg, Würzburg commencèrent aussi par être des cités fluviales'.

La plupart des groupes de pilotis ont du se rattacher à la côte, les alluvions, les tourbes et les débris même des anciens villages ayant comblé les détroits, d’ordinaire peu profonds, qui séparaient l’îlot du littoral. Les palafittes du lac Paladru portaient encore leurs cabanes à l’époque carolingienne Pareils phénomènes se sont également accomplis au hord de la mer, et pour des raisons analogues; l’antique cité de Tyr, le Pharos d’Alexandrie, la Djezireh d’Alger, Venise et Chioggia en sont les exemples les plus connus. L’étude des palafittes et de leur flore nous montre combien la mainmise de l’homme sur la nature a été puissante depuis cette époque : les plantes que l’homme cultivait alors ont été améliorées ou remplacées par d’autres variétés plus productives, tandis que les espèces sauvages, les « mauvaises herbes » sont encore identiques à celles qui pullulaient il y a des milliers d’années L

En étudiant chaque contrée par le détail, on pourrait constater que la plupart des types d’anciennes demeures y sont encore

I. Jeilteles, Ausland, 1872, n“ 45. — 2. Chanlrc, Comptes- rendus de l’Académie des Sciences, 18-2, n° 3. — 3., Kolb, CuUurgeschiclite, T, p. 46-

VILLAGES LACUSTUES 189

représentées, mais, à cet égard, il est des régions tout particulièrement

N° 25. Village lacustre, Turicum, Zürich.

Tu ri eu m lacustre.

Turicum romain. Zürich du moyen-âge. Zürich de igoo.

Ancien rivage. r" > Rivage de igoo.

Courbes de nioearb de to en. tom.

loooMètres.

intéressantes. On voit toutes les formes d abris dans la région de la Maurétanie qui embrasse l’île de Djerba, le désert voisin et les monts

l’homme et l.v terre

du littoral en Tunisie et eu Tripolitaiue. Restes de constructions maritimes sur pilotis, ksour berbères, forts et maisons modernes, tentes du nomade, grottes creusées en longues galeries dans le rocher et révélées seulement au dehors par des trous circulaires semblables à des entonnoirs, tranchées qui mènent à des cours intérieures semblables à des puits et se ramifiant en caA ernes régulièrement taillées ; enfin, pyramides de forts et de bastions où les assiégés peuvent fuir de réduit en réduit, telles sont les variétés de [demeures que présente cette étroite contrée, riAeraine des Syrtes'. A Matmata, le bureau de poste, lieu respecté par excellence, s’est installé dans une grotte.

Les sites des demeures humaines qui se groupent en hameaux, en villages, en villes, s'accommodent naturellement à leur milieu pour en utiliser les avantages : qualités du sol, cercle protecteur de collines ou de montagnes, Aoisinage de la fontaine qui donne l’eau pure, de la forêt et de la carrière qui fournissent le bois et la pierre, proximité de la crique bien abritée où flottent les esquifs. Mais aux conditions favorables du milieu rapproché s’ajoutent celles du milieu lointain ; les tribus, les peuplades, les nations se groupent diversement sur la terre en Acrtu de leurs attractions réciproques ; elles sont guidées instinctivement par les rapports mutuels d’échanges que nécessitera leur existence, dès qu’elles auront échappé à la sauvagerie primitive, dans laquelle la horde ne vit encore que pour elle-même, à la fois peureuse et féroce comme une bande de loups.

Dès que se manifestent les sentiments de curiosité, les appels de sympathie, les besoins de secours et d’entr’aide, les groupes humains tendent à se voir, à mesui'er les intervalles qui les séparent du voisin, à frayer un sentier dans la direction de sa cabane. A part les Seris et diAcrscs peuplades de la grande sehe amazonienne, que les conditions du milieu, en les privant de tout contact avec îles voisins, ont par cela même rendus hostiles à tout l'approchement, les groupes ethniques dont la Terre est peuplée aiment à se voir, à se rencontrer à des intervalles plus ou moins rapprochés.

La plupart des tribus limitrophes ont des lieux de rencontre, choisis d’ordinaire en des sites facilement accessibles par des chemins natu-

I . Mailler de Malhuisiculx, Notes manuscriles ; Henry M. Johnston, Geogr. Journal, jan. 1898.

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