‹ L'homme et la terreChapitre 93 sur 279 · LIEUX DE MARCHE, INDUSTRIE · texte numérisé non relu

LIEUX DE MARCHE, INDUSTRIE

très, la joie de se voir, même entre ennemis. Dans le Sous marocain la règle admise défend toute vengeance un jour du marché (Brides).

N® 31. Grotte de Tharaux.

A Salle préhistorique, ossements et débri de poteries.

B Salle utilisée au moyen âge comme léproserie ; un grillage en fer la sépare du reste de la grotte.

La caverne a été incomplètement ex])lorée, il y a une soixantaine d’années, par M. J. de Mallos; le relevé précis et complet a été effectué en 1893 par M. F. Mazauric.

C Entrées de la grotte.

Les demeures de l’homme, les sentiers qu’il trace, les lieux de campement et de marché pai ent surtout de paix, mais la guerre

l’homme et la TEitRE

sévissait aussi entre les groupes sollicités par des intérêts divers et l’industrie naissante avait à pourvoir à la fois aux progrès et aux passions de tous, à rendre les peuples plus forts pour l’entr’aide ou pour la lutte. Ces témoignages des conquêtes graduelles de l’humanité ont pu se conserver principalement dans les grottes, sous la protection des rochers et des concrétions calcaires déposées depuis le séjour des troglodytes. Signalons surtout les cavernes du midi de la France, de la Vézère et de la Dordogne à la Gère et à l’Ardèche.

Aussi longtemps que les hommes, comme leurs cousins les singes, n’eurent à leur disposition que les armes naturelles, les muscles, les griffes et les dents, auxquelles ils ajoutaient à l’occasion la hranche arrachée d’un arhre voisin ou les pierres détachées du roc, ils durent rester principalement arboricoles, ou du moins habitants de la forêt qui leur fournissait abri contre les bêtes sauvages, et leur nourriture dut être surtout celle qu’ils trouvaient aussi dans le monde végétal, feuilles et baies, écorces, racines et tubercules. Mais après la longue série des ans et des siècles, apportant chacun son contingent d’expériences et de progrès, lorsqu’un Archimède primitif eut appris à distinguer l’arme tranchante, le silex aigu de la pierre brute, informe, l’homme devint à son tour l’égal des fauves, et put descendre de son habitation haut perchée pour les combattre sur leur terrain et à parfaite égalité d’armes : à la griffe, à la gueule, il pouvait opposer la hache. 11 n’avait plus besoin de fuir, il pouvait lutter, et ses habitudes, ses mœurs, sa destinée changèrent en conséquence.

Devenu le rival des bêtes féroces , désormais habile à verser le sang, l’homme put apprendre à le boire, comme il le voyait faire au machairodus et à d’autres animaux; il sut dépecer les chairs pour s’en nourrir, préparer les peaux pour s’en faire des tapis et des vêtements, remplacer les liens d’herbes ou de lianes par ceux, bien plus forts, que lui fournissaient les boyaux et les tendons. Qu’il restât herbivore par goût, par habitude et grâce à l’abondance de la nourriture végétale, ou bien qu’il fût devenu carnivore, du moins omnivore, il put aménager la terre à son profit, devenir un Thésée, un Hercule, un destructeur des monstres dont il avait appris à disputer l’empire ; un nouvel âge de l’humanité venait de naître. Quand l’homme eut encore ajouté d’autres armes à la grosse pierre, au caillou tranchant, à la

Page 1