‹ L'homme et la terreChapitre 94 sur 279 · INDUSTRIE, INSTRUMENTS ET ARMES · texte numérisé non relu

INDUSTRIE, INSTRUMENTS ET ARMES

massue et à la hache, quand il les eut façonnées en pointes, lisses et barbelées, et qu’il eut à sa disposition la pierre de fronde, la flèche, le javelot, le dard de sarbacane, il possédait, et d’une façon définitive, la force matérielle : malgré mammouth et mastodonte, ours et lion des cavernes, crocodiles et ophidiens, il était devenu le maître, sauf pourtant en quelques contrées, où il avait à lutter contre des nuées de moucherons ou d’autres infiniment petits ; telles espèces de chauves-souris vampires rendent certains pays complètement inhabitables : pour échapper à la mort, eux et leurs animaux, des colons de Costa-Rica ont du fuir les côtes occidentales situées au sud du mont Herradura.

La genèse de l’instrument primitif employé par l’homme dès les origines de l’industrie paraît être fort simple. Après avoir appris à se servir d’objets extérieurs comme d’armes ou d’instruments, il dut certainement garder avec soin les bâtons et les cailloux qu’il avait appréciés ; il constata, dans

l’emploi des objets fournis par la nature, l ’ avantage que lui donnait telle ou telle forme pour accroître sa force et son adresse. Il apprenait à comparer les diverses branches ou racines pour la flexibilité ou la force de résistance du bois, pour ses qualités comme dard, comme massue ou comme arme de jet ; il découvrit le boumerang, par exemple, qu’emploient les sauvages de l’Australie, et que les civilisés de nos jours, par suite d’une régression partielle, sont incapables d’utiliser. De même, l’homme primitif voyait la différence des galets dont il armait sa main et qu’il jetait avec plus de précision, un ensemble de mouvements mieux coordonnés que ceux du singe. En nombre de pays, le sauvage se sert encore de la pierre, et la lance de loin avec une sûreté redoutable. C’est le front ouvert par une pierre que, dans la légende judaïque.

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