ART AR ESS
Exposons brièvement ce que Walafrid entendait par ces mots.
Il n'y a qu'une phrase dans laquelle il résume-f question de Ja rédemption : Le glaive flamboyant de l’ange, peut signifier, dit-ill, « la sentence de juste damnation infligée à l’homme, qui a été damné pour pouvoir être racheté par la passion de Christ. »
Mais nous sommes bien loin ici des théories augustiniennes du salut gratuit : La passion du Christ à simplement annulé la condamnation du genre humain?.
La mort du Christ n’a donc qu'une valeur négative : Elle nous replace dans un état neutre. Il dépend de l’homme de se sauver où de se perdre.
Le récit de la malédiction d'Adam a pour but « de frapper d’épouvante ceux qui le liront, de peur que, suivant son exemple, ils ne soient frappés de la même peine*.
L'homme peut se sauver par ses propres forces, par la
pratique des bonnes œuvres. Rien de moins théologique que sa notion du salut.
Il en est de même de sa notion de la foi: Il reproduit les expressions des Pères, mais leur donne un sens nouveau. Pour lui, la foi, c'est l’adhésion de l'intelligence à l’enseignement de l'Eglise. La foi précède et inspire les bonnes œuvres, mais elle-même est une de ces bonnes œuvres, elle n’en est que la première, l'ainéeï. Il est indispensable, ditil, de croire à la passion du Christ et à la Trinité. C'est poürquoi la sagesse mondaine conduit à la perdition car elle se refuse à croire qu'un Dieu meure pour les hommes”.
Sans foi, c’est-à-dire sans croyance à la Trinité, pas de
2 P. 138 : « Mors Christi mortem nostram consumpsit, » P. 146 : « Genus humanum sanguine Christi a potestate diabol eripitur. »
4 P. 148 : « Nemo enim bona facit, in quo fides non præcessit: Omnia opera bona sunt filii spirituales, sed inter quos primogenita fides. » 5 P. 139: