‹ L'Homme et le ThéologienChapitre 11 sur 27 · HOT · texte numérisé non relu

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salut. Mais cette foi ne suffit pas : Il faut pratiquer les commandements. « Faisons effort, nous aussi, s’écrie-t-il, pour parvenir par l'observation du décalogue, à l’éternelle béatitude!. »

La foi et l’obéissance, telles sont les deux conditions nécessaires pour être sauvé. « Ceux qui entrent au Paradis doivent brüler par le feu du Saint-Esprit toutes les concupiscences de cette vie, et couper par le glaive de la parole de Dieu tous leurs vices?. »

Aussi la «vision de Wettin » nous montre-t-elle les âmes achevant de se purifier au Purgatoire. Ce n’est qu'ensuite que la grâce de Dieu leur ouvre le Paradis : « Il sauve les justes miséricordieusement, il condamne les impies justement*.» Dans cette thèse il faut être juste pour avoir droit à la miséricorde de Dieu.

Ainsi nous pouvons conclure que les questions spéculatives touchant le péché et la rédemption, ne se posent absolument pas pour Walafrid. Ce sont pour lui des questions résolues ; de plus elles sont sans importance pratique, car les conditions du salut se ramènent à des conditions morales. En lisant la « Glose » nous avons le sentiment de pénétrer dans une nécropole où sont rangés, catalogués, momifiés les dogmes qui sont morts avec les grands philosophes chrétiens de l’antiquité, qui les avaient créés.

Lorsqu'on songe que ce désintéressement à l'égard des questions dogmatiques spéculatives n’est pas spécial à Walafrid, mais qu'il est commun à tous les théologiens de la renaissance carolingienne, on est autorisé à poser cette conelusion : I fallait qu'à cette époque, la théologie s’ouvrit une voie nouvelle, ou qu’elle disparût.

Chez Raban nous ne trouvons aucun signe d’une orientation

nouvelle de la pensée théologique. Tout autant que lui,

EPA CMP AUS NPD:

Walafrid était retenu par le respect presque superstitieux des anciens docteurs. Avant tout, pour être dans la vérité, il faut être d’accord avec l’Ecriture, ou plus exactement avec l’interprétation orthodoxe de l’Ecriture. telle qu’on la trouve chez les Pères. Mais il devait, lui premier, entrer dans la voie nouvelle. Sans doute il ne fut pas conscient d’être un novateur, mais e’est dans un de ses ouvrages, une simple histoire de la liturgie, que nous trouvons les premières traces d’un développement théologique nouveau.

Mais si Walafrid fut l’initiateur d’une théologie nouvelle, c'est parce qu'en lui la piété revêtit une forme nouvelle, qui

seule peut nous donner la clef de sa théologie.

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