‹ L'Homme et le ThéologienChapitre 21 sur 27 · LENS · texte numérisé non relu

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querelle qui venait d’agiter l'Eglise, celle des images !.

Au commencement du neuvième siècle, les empereurs grecs avaient renouvelé la lutte contre le culte des images. Michel le Bègue envoya en 824 une députation à Louis le Débonnaire pour lui demander d'intervenir auprès du pape Eugène II, afin de le décider à retirer sa protection aux défensetrs du culte des images qui, proserits en Orient, s'étaient réfugiés à Rome.

Avec l'appui de l’empereur, les ambassadeurs grecs obtinrent du pape qu'il consentit à ce que la question des images fût soumise à un nouvel examen, devant un nouveau concile. C’est dans ce but que Louis le Débonnaire convoqua en 824, le concile de Paris. La doctrine des livres Carolins y fut sanctionnée, et devint ainsi la doctrine oflicielle de l'Eglise franque.

Quelle était cette doctrine ? elle se résume dans les quatre points suivants :

Dieu seul doit être adoré et glorifié.

Les saints qui règnent avec Lui, et qui secondent l'Eglise par leur intercession doivent être vénérés ;

Mais les images ne doivent être l’objet d'aucun culte ni d'aucune adoration (omnt sui cultura et adoratione seclusa).

Ces images peuvent rester placées dans les églises en souvenir des personnages qu'elles représentent ; et comme un ornement des murs (ad memoriam rerum gestarum et venustatem parietum).

L'Eglise franque occupa donc toujours une place intermédiaire entre les deux tendances extrèmes : entre celle des iconoclastes, qui détruisaient les images — et celle des iconolâtres qui leur accordaient la «roocxvviots », la «veneratio ».

Cette doctrine représentait la moyenne des opinions professées dans l'Eglise franque sur ce sujet, le point de vue de

la majorité de ses théologiens. À côté de cette doctrine offi-

| De Exordiis. De Imaginibus et picturis, cap. 8 p. 20,

z Lona ire

cielle, une opinion plus avancée était représentée pa Agobard de Lyon et Claude de Turin, qui réclamaient une solution plus radicale, Agobard s’écriait!: « Si le roi Ezéchias dans sa piété a détruit le serpent d’airain qui avait été fait sur l’ordre de Dieu, parce que le peuple commençait à l’adorer comme une idole, combien mieux ne devons-nous pas détruire de fond en comble les images des saints que Dieu n’a Jamais ordonné d'établir et que l'intelligence humaine a seule inventées ? En agissant ainsi, nous ferons plaisir aux saints eux-mêmes qui ne peuvent voir qu'avec indignation leurs propres images adorées comme des idoles, au mépris de la religion divine.» — Claude, évèque de Turin, met en pratique ces théories iconoclastes. Il ordonne de purifier les églises de ces souillures {sordes) et fait détruire les images de son diocèse.

La théorie d’Agobard et sa mise en pratique par Claude de Turin sont connues de Walafrid qui s’en émeut. Contre eux il cherche à maintenir la tradition franque qui distingue la possession (habere) et l’adoration (adorare). «Il ne faut, dit-il, ni leur consacrer un culte excessif, n1 les couvrir de mépris. »

Sa pensée est une pensée de conciliation. D'une part, le décalogue porte: « Tu ne te feras aucune image des choses qui sont dans le ciel, ou sur la terre, ou dans les eaux », et d’autre part, Moïse et Salomon ont élevé le tabernacle et le Temple ; le premier, selon l’ordre de Dieu a orné de diverses figures les tentures et les vêtements sacerdotaux ; le second, selon la sagesse que Dieu lui avait accordée, a rehaussé tout l’édifice du Temple de peintures et de sculptures représentant des animaux, des arbres et des plantes; l’un et l’autre enfin ont placé un Chérubin au-dessus de l’arche et du propitia-

toire. » Le chrétien peut donc s’autoriser de leur exemple et

Î Liber contra eorum superstitionem, qui picturis el imagintbus sanclorum adorationis obsequium deferendum putant.

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