CONCLUSION
Chaque race apporte en entrant dans le christianisme ses: dispositions religieuses spéciales, qui ont besoin d’une expression théologique différente. À ce point de vue, l’époque de Walafrid marque le premier pas fait par l’esprit germanique en dehors de la tutelle gréco-latine. Nous ne pouvons que regretter que cette orientation nouvelle de la pensée théologique n’ait pas eu le temps de s’affirmer davantage. Mais il était bien. difficile d'exprimer des idées nouvelles en continuant à se servir d’une langue ancienne. Or au temps de Charlemagne il y eut quelques essais d'employer l’allemand au lieu du latin. De l’école de Raban sortit Otfried de Wissembourg, un des premiers poètes allemands ; Reginbert écrivit des poésies populaires en langue allemande pour la propagation de l’instruction religieuse ; en Bavière apparurent des gloses écrites en latin et en allemand appelées « gloses de Raban » ; le traité d’Isidore : De la foi catholique fut traduit en allemand au début du neuvième siècle. Le moment ne semblait donc pas éloigné où les questions théologiques seraient traitées en allemand.
Cependant ce mouvement s’arrêta à la mort de Charlemagne. Les laïques se détournèrent de plus en plus de la vie littéraire. Les théologiens continuèrent alors à employer le latin et l’ancien courant l’emporta après la mort de Walafrid.
Aussiles solutions qui reflétaient sa théologie personnelle, et qui satisfaisaient à la fois sa raison et sa piété ne terminèrent aucune des controverses sur lesquelles il s'était prononcé. L’inspiration spiritualiste disparut avec lui du do-
maine de la théologie. Le matérialisme romain triompha sur