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la révélation comme chose incontestable et qui y croient par le fait de l’éducation ou de la transmission. La conviction est plus souvent une affaire d'habitude que de raisonnement pour un grand nombre, pour ceux surtout qui poursuivent les idées rapprochées du matériel, ou celles qui se fixent superficiellement sur le spirituel. Une idée quelconque n'’atteint réellement son apogée d'existence qu'après avoir traversé l'état matériel et l’état spirituel. De toutes celles qui existent sur la terre aucune n’a encore complété ces deux étapes; aussi reviennent-elles chacune à des temps périodiques sous une forme plus ou moins différente chaque fois, pour se défaire des entraves qui les embarrassent et pour agir d’une manière plus efficace sur l'organisme intellectuel de l’homme et par contre-coup sur toutes les parties de la nature matérielle qui l'entourent.
La philosophie du paganisme revit et revient dans les temps modernes d’une manière incontestable. Les sublimes idées de l’antiquité, après un long ensevelissement, apparaissent de nouveau dans l'horizon mental du jour et le cinglent de ses vives lumières. Quels sont les esprits forts qui pendant l'intervalle de ces deux époques ont pu croire à la métempsycose ou à la signification que cette doctrine comportait réellement pour ceux qui la professaient? Cette idée sommeillait pendant ce temps pour les habitants de la terre. L'homme ancien et l'homme nouveau se rallient aujourd'hui bien étroitement de plus d'une manière en entretenant les mêmes ordres d'idées. Le nouveau et l'ancien se donnent une main fraternelle et le baiser de la bonne entente. Qui aurait cru à une conversion si difficile, en apparence du moins, et si grande par les résultats qu’elle fait déjà naître à vue d'œil?
On chercherait vainement à faire croire à l’homme
dont la foi est encore enchaînée, que la chute a été un acte volontaire de la part de chacun ; que les misères de l'existence matérielle, sans compter celles qui ont lieu dans l'existence spirituelle, furent non seulement acceptées mais avidement recherchées par chacun des êtres qui peuplent et font agir ce monde. Les chapitres précédents offrent une suite précieuse d’exposés propres à convaincre celui qui est déjà initié aux doctrines renouvelées du jour ; mais celui qui est encore imbu des enseignements officiels et qui ne cherche pas le progrès de l’idée traitera dédaigneusement celle qui est propre à élever ses semblables et lui-même.
On fait beaucoup de cas du raisonnement et de la logique; mais il est certain que ces deux agents de la pensée n’ont pas toute l'importance qu'on leur assigne.
Ces deux agents ne pénètrent pas dans le for intérieur de l'intelligence: ils ne représentent réellement qu’une partie inférieure ou extérieure de cette plus haute
faculté de l'être humain. Le degré de la manifestation de la pensée de l’homme terrestre et de l’homme dans la région spirituelle, ne décéle tout simplement que le degré auquel il est rendu dans sa mission. Celui qui est encore nouveau dans cette mission posséde un organisme grossier, propre à ne remplir que des œuvres rudimentaires. En prenant le raisonnement et la logique comme criterium, pour juger cet homme on dirait : voilà un être inférieur, une intelligence grossière! C'est au moyen du raisonnement et de la logique que les peuples primitifs de la terre jugérent que Dieu était uu être sanguinaire, animé des plus terribles passions. C’est par ce moyen que les scientifiques reconnaissent à la matière le pouvoir de se transformer sans aucune aide extérieure. C'est par ce moyen que le moraliste imagine les théories les plus divergentes
sur la nature de Dieu et sur la mission de l’homme. C'est par ce moyen que l’homme proscrit le savoir, et c'est par un moyen tout autre, qui n’est guëre connu, qu’il est forcé d'admettre ce qu’il a méconnu d’abord.
La science se sert du raisonnement et de la logique comme d’huissiers pour introduire dans son temple les idées, étrangères pour elle, qui sont déjà connues et reconnues ailleurs : de la morale et de la philosophie. La science a pour rôle principal de vulgariser les idées et de les rendre, pour ainsi dire, tangibles, afin qu’elles agissent directement et fortement sur la matière.
La morale se sert aussi, dis-je, du raisonnement et de la logique, mais elle le fait plutôt comme moyen auxiliaire qu’autrement. La meilleure preuve qu’elle n'en fait qu’un petit usage, c’est que ces codes ne sauraient supporter un examen sérieux de cette sorte. Le glaneur ramasse toujours plus de paille que de grain dans son travail. La morale est une glaneuse ou une porteuse d'idées, agissant entre la philosophie et la science ; son raisonnement et sa logique ne lui viennent que par ses rapports, plus ou moins constants, avec la science ; ils ne lui viennent nullement de la philosophie qui voit et connaît par le seul fait de sa proximité immédiate avec la lumière.
La morale qui est aussi l’interprète naturelle auprès de la science des grandes et simples idées de la philosophie, quoique recevant ses lumières directement de cette dernière, ne sait pas comprendre l’importance des idées dont elle est la porteuse. Lorsqu'elle se mêle de raisonner avec la science, ses arguments sont toujours faibles quoique assez souvent violents.
Ces dissertations forment la base indispensable pour asseoir, à mon point de vue, la question que je traite en ce moment. En établissant aussi succinctement que
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je viens de le faire les vastes et les simples rouages de l’organisation universelle, j'ai voulu préparer d'avance mes frères terrestres à admettre cet enchaînement de faits comme choe incontestable et comme étant propre à réhabiliter l'idée méconnue de la dignité de l’homme.
La pensée est le produit direct de Dieu, comme la lumière physique est le produit direct du soleil. L'homme ne forme pas la pensée : 1l l’absorbe de Dieu. La pensée est le sens général de l’idée; l’idée est la forme, la manifestation spirituelle de la pensée.
L'homme physique et l’homme moral reçoivent les idées dans des conditions différentes; pour le premier les idées ont un caractère obscur, en raison de son éloignement du Grand Centre ; pour le second elles ont un caractère semi-obscur, vague et indéfinissable. Les idées, néanmoins, arrivent à l’homme, dans tout état, suivant les besoins généraux et particuliers. La réflexion de la pensée divine sur l'organisme intellectuel de l'homme, dans tout état, est constante, comme la réfraction de cette pensée vers Dieu l'est également. L'homme est nécessaire à Dieu, comme Dieu est nécessaire à l’homme.
Toutes les idées sont des certitudes; si elles ne le paraissent pas toujours au point de vue général, elles le sont toujours au point de vue particulier ou personnel, pour celui qui les reçoit. Les idées quoique éternelles, comme la source d'où elles proviennent, n’en subissent pas moins pour tout cela des naissances périodiques avec des manifestations différentes. La renaissance des idées est aussi indubitablement vraie que la renaissance de l’homme, et vice versd.
Les idées qui ont présidé à la formation et au développement des mondes complets, au point de vue ma-
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tériel, sont les mêmes qui viennent former les mondes nouveaux et les développer jusqu'au même point que les autres. Dieu préside à la formation et au développement de tous les mondes et l’homme exécute ses conceptions. Dieu ne se fatigue pas de concevoir et l'homme ne se fatigue pas d'exécuter.
Dieu n’est pas moins puissant et sage au commencemeut de n'importe quelle œuvre qu'il ne l’est à la fin. La cause ne change pas quoique ses effets se multiplient continuellement à travers des degrés qui servent à leur donner une forme et des existences différentes. Dieu est la cause médiate, l’homme la cause immédiate auprés de toutes espèces d'organisations matérielles et spirituelles. La cause immédiate ne change pas plus en réalité que ne le fait la cause médiate. Dieu est toujours Dieu et l’homme toujours homme, malgréles degrés de leurs manifestations respectives et immédiates auprès de la nature matérielle et de la nature spirituelle.
L'induction qui est le propre de la science sert à la connaissance des effets, mais non pas à la connaissance des causes. La déduction qui est le propre de la philosophie se trouve seule en rapport efficace avec les causes. Tout enseignement qui ne provient pas directement de la déduction manque de la vertu essentielle. Ceux qui proviennent de la morale sous forme dogmatique pêchent toujours contre le sens pratique et n’ont à vrai dire que la rêverie pour domaine.
L'humanité terrestre entre aujourd'hui dans une phase d’existence où les enseignements de la morale perdent beaucoup de leur ancien lustre. La morale tout en perdant gagne beaucoup par le développement que ses enseignements subissent par le fait des idées d'un ordre philosophique qui surgissent de toutes parts. La morale renaît aujourd’hui dans des corps plus déve-
loppés et elle pourra se manifester d’une manière plus avantageuse pour elle-même et pour l'humanité terrestre entière. Ceux, hélas, qui sont encore nouveaux dans le champ difficile de la vie pratique, seront les témoins de la rénovation de la morale par la réhabili tation de ses institutions et de ses contumes, des mœurs et des idées de ceux qui les représentent officiellement, — une chose pénible à contempler! Les révolutions sont toujours terribles pour ceux qui ne savent voir et comprendre que leurs détails, que leurs effets immédiats.
La morale ne retient pas longtemps l’homme dans ses bras sans l'énerver, sans le rendre impropre, en quelque sorte, à sa mission ; son embrassement est fébrile comme celui de la compagne de l’homme. Malheur à celui qui s'endort sur son sein et qui néglige de tendre plus haut, d’aspirer à la philosophie!
Les enseisnements officiels de la morale, par la voie de la théologie, apprennent à l’homme des choses qu’il se hâte d'oublier du moment qu'il s'émancipe de sa tutelle. Ce n’est pas l’ingratitude qui éloigne l’homme de cette maltresse et de ses maîtres et qui lui inspire de l’aversion ou de l'indifférence qui éloignent l’adolescent de sa mére et du toit qui l’a protégé. L'enfant émancipé de la tutelle de sa mère sait bientôt lui donner des conseils et des leçons utiles : de même l’homme émancipé des liens théologiques sait bientôt rassembler des idées d’un ordre supérieur. La mêre ne sait pas blâmer et maudire son fils qui s'éloigne d'elle et qui professe une foi indépendante ; de même la théologie devrait agir envers ceux qui la quittent et qui s'inspirent à une autre source.
Le faible et le fort de la morale, c'est de rabaisser l’homme dans sa propre estime et par contre-coup de rabaisser la Divinité. Cette assertion n'est pas seulement
basée sur quelques-uns des enseignements de la théologie, mais sur la plupart. L'inspirateur de ce chapitre, aprés un long professorat de théologie sur la terre, sincèrement suivi, s’aperçoit aujourd’hui que ses enseignements d'autrefois n'étaient qu'un reflet obscurci de la lumière divine, et que les lumières morales du jour, commentées et expliquées par les docteurs de l'autel, ne sont nullement propres à relever l'humanité terrestre de son état ni à lui donner des notions claires et précises sur son origine, sur sa destinée, présente et future, ni sur la nature de Dieu.
L'aveugle qui tâtonne ses pas et qui craint à tout moment des précipices, agit exactement comme font les théologiens dans leur marche sur la terre ; les plus éclairés ne pérorent d’après aucun principe et leurs inductions sont autant de vaines théories. La théologie est un assemblage hétérogène de molécules d'idées qui s’enflamment sur la terre à la manière de l'hydrogène, sans éclairer personne. Que peut-on voir à travers une lumière sombre et trouble, sinon des fantômes fantastiques !
Que font voir les lumières de la théologie? des monstres ! La nature entière apparait lugubre et révoltante. Dieu même semble être le plus terrible ennemi de l’homme et de ses œuvres. Le ciel est un chaos par le manque de mouvement, ou de vie active, qui est la première condition en toute chose. On cherche en vain à voir à travers cette nébuleuse lumière un rayon bien distinct d'amour et de sagesse. On frissonne d’effroi et de stupeur à la vue des guerroyantes manifestations de la Divinité qui foule sous ses pieds... ses enfants ! On cherche en vain le but avoué ou probable de telles scènes, de telles horreurs. La somme nette et explicative de tout ce cauchemar n'est propre qu’à prouver de
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la manière la plus irréfragable, pour tout homme en possession du sens commun : que l’être humain apparaît comme étant un million de fois meilleur que Dieu.
Toutes les idées, ai-je dit, sont des certitudes. Comment réconcilier cet axiome avec les idées de la théologie reconnues par moi comme mensongères? Le mensonge est un mauvais emploi ou une perception oblique de la vérité ; par conséquent, je donne une atténuation importante à ce mot. Les lumiéres morales n’appartiennent qu’à l'ordre négatif, et comme telles elles ne représentent qu’un côté obscur de l’intelligence.
L'homme, en partant du séjour divin, ne va pas à la recherche de Dieu (telle n’est pas sa mission); il s’en éloigne pour chercher la matière, pour travailler la matière et pour former des mondes habitables. La morale, par la voix de son interprète, — la théologie — enseigne que l’homme a été chassé du séjour divin et que sa mission ne consiste qu’à chercher Dieu. La phisophie, quelque élémentaire qu’elle soit encore sur la terre, enseigne que l’homme est un être nécessairement progressif, par conséquent qu'il! ne saurait se perdre et qu'il n’a jamais été perdu.
Arrêtons-nous un instant sur ces deux idées si différentes et embrassons avec l'œil de l'intelligence l’horizon lointain qui se dévoile. L’infini ne renferme pas l'erreur et ne décourage pas celui qui l’interroge. La nature est active partout; nulle part le vide ne se trouve. La pensée ailée ne connaît pas la distance. Que ceux qui ne peuvent nous suivre ne nous accusent pas de folie et d’intentions mauvaises.
Les vagues du présent et de l'avenir déferlent sur nous et nous inondent parfois, mais nous surnageons bientôt après. Les difficultés idéales ne détruisent pas
les capacités de l'intelligence, elles se brisent ellesmêmes en l’assaillant.
Le présent ne nous apporte que l'écume de l’avenir. L'homme sur la terre ne se contente pas de rester sur le rivage des mers ; son ardeur et son courage le poussent à des entreprises lointaines sur ces nappes immenses pour lui; il va chercher au loin l'inconnu et l'invisible. Des milliers et des milliers d'entreprises malheureuses, accompagnées de désastres indescriptibles, ne l'empêchent pas de s'exposer de nouveau aux mêmes périls, pour découvrir ce qui reste encore à être connu. Traite-t-on de fous ceux qui s’aventurent ainsi ? Doit-on par là même traiter de fous ceux qui s’aventurent sur les mers inconnues de l’avenir et qui vont chercher les terres fermes de la pensée ?
Que ceux qui ne veulent pas entreprendre un voyage de long cours sur cet élément, si peu connu encore, se fassent caboteurs et parcourent les côtes mêmes qui les entourent. Examinez et connaissez la miniature, si vous n’avez pas la hardiesse et le courage d'aller contempler et de connaître le grand, l'immense tableau qui se déroule au loin. Prenez la loupe de l’examen et non pas des verres obscurs pour accomplir ce travail. Interrogez les faits du jour si vous ne pouvez en comprendre les aspirations. Foulez la terre avec amour et non avec dégoût ; aimez cette mére nourricière qui fournit à vos besoins matériels et qui se pare de fleurs pour plaire à vos sens. Regardez le ciel bleu et le ciel sombre, comme étant deux conditions nécessaires au développement de toutes choses. Tout en formant partie de la masse humaine, sachez conserver votre individualité. Tout organisme intellectuel est appelé à agir par luimême.
Examinez attentivement l'organisme individuel, que
la science nomme le moï, et que la morale dédaigne. Voyez si cet assemblage d'organes, de molécules ‘réunies en un seul tout, forme réellement le principe individuel, l'être enfin. La science et la morale reconnaissent l'individualité humaine. La science ne lui assigne une existence que sur la terre ; la morale, tout en lui reconnaissant une existence terrestre, dans l'organisme physique, prétend néanmoins que l’individualité n'existe complètement que dans la région spirituelle. La science et la morale en raisonnant ainsi, en arrivant à ces deux définitions différentes, ne dépassent pas les points de vue de leurs sphères respectives; elles ne sauraient voir au-delà de l'horizon qui les entoure, dans lequel elles sont renfermées. L'aspiration de la science c'est de faire de la terre un paradis; c'est le but qu'elle se propose et qu'elle poursuit constamment. Quelle est l'aspiration de la morale? Demandez à ses professeurs qui sont mécontents du séjour terrestre, Ne diront-ils pas que la morale a la mission de préparer l’homme au bonheur final du séjour spirituel? Aux yeux de la science, l'existence terrestre représente réellement la mission première et finale de l’homme. Aux yeux de la morale, l'existence spirituelle est la seule où l’homme puisse trouver le bonheur complet et où il doive se fixer pour toujours après son départ de la terre. La morale se trompe-t-elle par cette déclaration ? L'eau qui s’évapore se spiritualise, mais elle descend sur la terre en rosée ou en pluie ; de même l’homme redescend sur la terre après un séjour plus ou moins long dans la région spirituelle qui entoure la terre. La science et la morale ne sont pas encore arrivées au développement nécessaire pour constater et reconnaître ce fait ; mais ce fait n’en existe pas moins pour cela. Mais laissons de côté ces faits inconnus pour le grand
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nombre et occupons-nous de ceux qui, quoique admis, sont en réalité bien peu connus.
On établit la déchéance de l’homme avec l'évidence palpable du progrès devant les yeux. Comment qualifier le raisonnement de ceux qui déraisonnent ainsi? Mais, diront les sectateurs de la science, ce sont les acolytes de la morale qui commettent cette absurdité ; nous, nous traitons avec les faits!
La parole qui rend compte d’une idée est fluidique aussi bien que l’idée elle-même, mais l'idée se symbolise ou se matérialise pour les sens matériels dans un fait. Au point de vue de l'œuvre, la parole est inférieure à la main agissante ; par là même la morale est inférieure à la science dans la mission créatrice de l’homme. La science prèche la terre ; la morale prêche le ciel qui entoure la terre. Il est évident que la science a la raison de son côté. L'homme se brutalise nécessairement pour organiser et développer la matière. Il vaudrait autant s'attendre à ce que le mineur de charbon ne se salît pas en travaillant, que de croire que l’homme puisse faire un monde sans être sujet aux difficultés qui appartiennent à une telle œuvre, sans se noircir à un tel travail.
C'est le spirituel qui descend vers le matériel; c'est le ciel qui s’incarne sur la terre. Dans quel but? La raison en est bien évidente pour tous, car tous s’y soumettent : c’est de travailler au globe qui vous porte. La mission de l’homme est certainement matérielle. Le travail des mains, celui du cœur, celui de l'intelligence, se reportent toujours sur quelque objet matériel, d’une sorte ou d’une autre.
L'homme ne doit pas s'attendre à éviter de suite tous les embarras qui pavent sa route. La morale crie et
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prêche contre les embarras; la science les étudie, les analyse et les utilise.
Les idées qui traversent le cerveau passent à travers le cœur, mais pour se rendre aux mains. La main est l'agent actif de l'intelligence : le cœur n’est qu'un foyer négatif comme le zinc dans une batterie.
Quelque positive que soit la science et quelque absolue que prétende être la morale, ni l'une ni l’autre sur la terre et même dans le monde spirituel, dés à présent, ne sauraient dire où se trouve le moi qui questionne et qui répond par ses appareils organiques. Mais dira-t-on, où est l’homme s’il n’est pas dans son organisme? L'homme est-il un mythe?
L'organisme humain est un automate qui, par l'arrangement de ses rouages, agit d’après la pensée qui l'a faconné. La science et la morale veulent que cela soit l'homme. Ces deux agents de la pensée ne font que tenir compte du progrès matériel et spirituel, comme l'aiguille d’une pendule marque l'heure du temps qui s'écoule. Il vaudrait autant dire qu’une pendule est un ouvrier, que de dire que l'organisme humain peut plus qu’un organisme de l’ordre animal ou que tout autre organisme dans les règnes inférieurs, qu'on doive le considérer comme le moi lui-même?
La science a ses données exactes; la morale a ses données absolues; l’une et l’autre, néanmoins, ont une atmosphère éthérée que les profanes ne respirent guère, ou, lorsqu'ils la respirent, ils ne voient rien ou ne comprennent rien. On nomme cela la philosophie naturelle et la philosophie morale; mais la philo-
sophie pure est encore à venir sur la terre et même dans son ciel ou dans son atmosphère spirituelle.
Cerveaux humains, fonctionnez sur la terre; faites agir l'organisme qui dépend de vous; de toutes maniéres le développement matériel en sera le résultat. La morale vous dira : le développement spirituel en sera le résultat. La pluie descend sur la terre pour la fertiliser ; de même le spirituel descend et redescend dans l’humanité terrestre pour la développer.
Les organismes humains se perfectionnent, et vous dites : c'est l’homme, le moi, qui se perfectionne. L'homme, dites-vous, est un effet et en même temps une Cause ; mais tout autre effet au-dessous de lui n’estil pas également une cause vis-à-vis de choses encore inférieures? L'enchaînement ininterrompu de la nature, depuis l’objet le plus infime, n’existant encore qu’à l’état d’atome simplement, jusqu’à l’objet ou l'être le plus développé qui se rapproche le plus du Créateur ou de la Source Suprême de toute vie, ne démontre pas qu'aucune de ces parties externes de la pensée primordiale soit douée de la qualité d’individualité dans le véritable sens du mot.
La parole est toujours un obstacle à la pensée quoiqu'elle soit son aide. Malgré tout ce qui a été dit sur la terre et dans son ciel sur la nature de l'homme, on n'est pas encore parvenu à le définir, pas plus qu'on n'a pu définir Dieu. Tout est question ouverte. L'infini ouvre ses bras à toutes les idées et les embrasse toutes avec amour. Tous les organismes ou les êtres, si vous voulez, s’entre-choquent et se brisent pour renaître dans d’autres conditions.
La parole se révèle aujourd'hui sur la terre d’une manière bien différente d'autrefois. Les acceptions ont changé; les modifications successives lui ont donné un
autre sens qu'elle n'avait pas.. L'abstrait s'est simplifié; est-ce à dire qu’il soit arrivé à son dernier terme de développement? L'infini n'existe-t-il pas aussi bien en avant qu'en arriére?
On donne le nom d'hypothèse à toute idée nouvelle non sanctionnée par l'opinion publique, ou par ceux qui s’en font les directeurs. La marche progressive de la pensée est lente mais sûre. Toute idée arrive dans ce monde avec un droit incontestable, quoique souvent contesté. Toute idée renferme une essence que l’opposition elle-même fait connaître et apprécier. La grandeur de l'opposition décèle généralement la valeur ou la grandeur de l’idée qu'elle attaque. Il importe donc plutôt de s’en réjouir que de s’en chagriner. L’opposition est certainement le meilleur porte-voix que toute nouvelle idée puisse désirer. L'esprit d'opposition, ou l'esprit conservateur, peut-il savoir se taire dans son propre intérêt ? Le conservatisme est toujours le présent s’acharnant contre l’avenir; le présent par ses cris et ses violences fait connaître son mal et le mérite de l’avenir qui le remplace.
Le mouvement intellectuel est constant, mais 1l y a des périodes où il est plus accentué ou plus visible. O xIx° siècle, que tu es grand! tu es grand de tous les siècles passés et ta haute taille te permet de voir dans un brillant avenir. Tes yeux interrogent sans crainte l'invisible et ta parole redit aux hommes les anciens mystères oubliés et les proclame avec de nouveaux développements. Le génie inspire etanime le grand nombre au lieu d’être restreint, comme autrefois, dans quelques cerveaux isolés. Tu vis pour tous; tu embrasses tout dans une étreinte suprême d'amour et d'intelligence. Ta main mâle et hardie ose soulever le voile de l'inconnu pour faire connaître les merveilleux secrets
de la nature. Tu cueilleras en conséquence une immense somme de vérités.
O éternité! Ta voix est grondeuse et monaçante pour les oreilles peu développées. Tous les sens à l’étatrudimentaire redisent la pensée divine, mais sur des notes élémentaires. Ces cordes de l'organisme humain sont les interprètes de la pensée divine auprès de la nature matérielle. Le concert individuel ou collectif qu'elles forment lorsque le souffle divin les effleure est de triple nature; la puissance, l'amour et l'intelligence en forment l'essence; mais chacune de ces notes se distingue par une infinité de nuances particulières à son espèce. La manifestation d’un même son à travers la distance varie de nature dans son parcours : de même la puissance, l'amour et l'intelligence sont différents dans leur manifestation suivant les âges et en raison du développement des organismes humains qui servent à les accuser.
La pensée divinesedivise ou se répandsur toutes choses lorsqu'elle s'échappe du Grand Centre qui l'élabore ; elle traverse l'organisme humain individuel et collectif et se répand sur tous ceux qui forment les règnes inférieurs de l4 nature. Est-ce à dire que le rayonnement de la pensée du cerveau humain soit une action indépendante, relevant du libre-arbitre de cet être ou de cet organisme? L’immédiat n’est que l'expansion du médiat. En faisant de toutes les idées consacrées et reconnues le piédestal d'une nouvelle interprétation cosmcpolitaine, on ne les viole nullement dans leur pureté intrinsèque, on ne les voue pas au mépris, pas plus qu'on ne méprise dans la famille le père et la mère qui s'éclipsent pour faire place à leurs continuateurs — les enfants. — La famille se continue toujours, mais dans de nouvelles conditions : de même les idées. L'enfant
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n’est pas une profanation du père et de la mère : de même les idées nouvelles ne sont pas une profanation des idées reconnues ou consacrées. .
La morale s’est beaucoup préoccupée du libre arbitre, ainsi que la science. Les docteurs de ces deux ordres ont beaucoup tâtonné sur ce sujet sans l'épuiser, ni même sans lui donner une physionomie satisfaisante. Les penseurs de tout ordre ont toujours vu la fatalité venir renverser, en partie du moins, leurs théories les mieux conçues et les mieux arrangées; la plupart ont pris la fatalité pour le hasard, comme si cette idée valait grand’chose dans le raisonnement. C'est la morale surtout qui s’est faite le prôneur etledéfenseur par exellence du libre arbitre. La science ne s’est pas faite absolue sur ce point, souvent au contraire elle s’est acquis la réputation de matérialiste par ses idées tant soit peu fatalistes.
La morale veut que l’homme soit responsable de ses actions : ellefaitla CauseSuprêmeimpeccableen théorie, mais trés faillible en pratique,en réalité; elle rend l'effet responsable, mais la cause irresponsaole. La glorification de l'Étre Suprême est un élan naturel, une réfraction logique, mais cet élan n’est bien exprimé que lorsqu’il s'élabore dans l'intelligence, ou que l'intelligence le guide. Le sentimentest le propre des natures faibles. La glorification de l'Être Suprême par le seul fait du sentiment n’est au plus qu’une fumée ; celle qui se fait au moyen de l'intelligence est une vive lumière.
Celui qui ne veut ou qui ne peut théoriser que sur l'effet et qui craint d'envisager la cause ne peut guëre s'attendre à arriver à aucune conclusion raisonnable. Jl serait oiseux néanmoins de s'attendre à ce que la morale soit jamais réellement sérieuse et forte dans le raisonnement ; la femme ne devient jamais homme : la
morale ne devient jimais science et encore bien moins philosophie. La science, la morale et la philosophie sont trois étatsdistincts de la pensée divine qui ne se démontrent sur les globes qu’à des ères différentes, comme effet général.
L'ère morale actuelle ne reconnaîtra pas, du moins officiellement, les vérités essentielles qui seront proclamées par quelques bouches sur la nature de la Cause Suprême, malgré les démonstrations les plus éclatantes qui lui seront offertes. L'homme sage ne s’attend pas à voir une plante fleurir avant son temps. L’éclosion générale de la philosophie n’arrivera que lorsque l'ère morale aura rempli sa mission sur la terre. Cela, néanmoins, ne saurait entraver l’action de ceux qui sont préposés à lui préparer ses voies. Tous les mécanismes intellectuels expriment la pensée divine, mais tous ne sont pas doués au même point de la faculté d'en exprimer les hautes notions.
Reconnaïtre que l’homme dans les deux états, matériel et spirituel, n’est qu’un organisme, ou une chose, comme tous les autres organismes ou les autres choses au-dessous du règne humain, c’est jeter un terrible brandon parmi les théories admises et même parmi celles qui n’ont pas cette qualité officielle et qui sont sensées être bien avancées. Les traits les plus envenimés pleuvront contre cette doctrine. Celles qui ont précédé celles-ci n’ont-elles pas eu à subir le même sort? Cela a-t-il eu l'effet de causer leur mort, ou bien de leur communiquer une plus grande vitalité ?
C'est du matérialisme raffiné que cette doctrine, diront ceux qui marchent dans les sentiers battus, dans les routes commodes. C’est un horrible blasphèmecontre la vérité que cette inique théorie, diront ceux qui tàtonnent partout sans rien comprendre. Quoi que vous
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fassiez les uns et les autres, cette doctrine fleurira sur la terre et dans vos cerveaux : elle aura l'effet d'émousser les passions grossières qui l’activent aujourd'hui.
Qu'importe d'où cette idée vienne immédiatement! Elle ne saurait perdre en valeur ni par la discussion ni par la persécution. Cette idée vient de la Source d'où toutes les autres sont venues. Elle vient en germe comme toutes les autres ont commencé, et comme toutes les autres elle fleurira et étendra ses rameaux victorieux et bienfaisants.
C’est une révélation ! diront par moquerie les pessimistes et les illuminés à courte vue. C'est la folie déchaïnée ! diront les premiers. C’est le diable qui souffle cela ! dirontles derniers. — Que n’a-t-on pas dit contre tout ce qui a grandi sur la terre ?
L'élaboration des idées dans le cerveau humain est un fait constant et évident, diront les scientifiques et même les moralistes, malgré leurs réticences habituelles dans le raisonnement. L'homme a le libre arbitre, puisqu'il l'exerce tous les jours. Sa volonté personnelle ne se démontre-t-elle pas constamment dans les moindres actes ? La volonté n'est-elle pas le meilleur témoignage du libre arbitre 2... Ce libre arbitre, sachez bien que tous les mécanismes des règnes inférieurs l'ont également. S'ils ne l'expriment pas dans le langage humain et de la même manière que leurs aînés, ils l'expriment dans le leur et de la manière qui leur est naturelle ; voilà la seule différence.
Ce que vous appelez vie inerte, dans le langage scientifique, est doué de mouvements, de volonté dans le même sens que chez l’homme. Ce que le moraliste nomme perversité est une sage dispensation qui sert à maintenir l'équilibre et à amener le progrès. Imaginez d'abord une batterie sans pôle négatif, avant de nier
l'utilité et la nécessité de la vie inerte et de la perversité. Trouvez d'abord les lois naturelles en défaut avant de vous croire supérieurs à elles et indépendants d'elles dans vos conceptions et dans vos actions. Pouvoir dire : je veux, et même agir en conséquence, cela ne prouve pas la liberté de volonté et l'indépendance de ceux qui ne veulent et n’agissent que comme instruments.
Il y a trois courants qui agissent sur le cerveau humain, dans toutes les sphères, et ces courants proviennent de la Source Suprême, qui forme, alimente et développe tous les organismes. Le cerveau humain est disposé de manière à recevoir chacun de ces courants séparément ; à travers l'organisme entier il y a des voies où chacun de ces courants circule et provoque des actions opposées qui se marient dans l’ensemble. Vous dites: je veux ; mais cette volonté est triple. La volonté générale comme la volonté individuelle (pour parler le langage reçu) prend trois intonations difrérentes qui s’entrechoquent et se joignent dans un même accord dans l’ensemble.
Si l'homme, ou l'organisme humain, sert de porteoix et d'instrument à Dieu auprès de tout ce qui lui st inférieur, cela ne le rend pas le maître de ses acions et de ses destinées, cela ne le constitue pas cause ‘éritable. L'outil qui fabrique un objet quelconque est pas l'ouvrier. L'homme qui est l'œuvre et l'outil e Dieu n'est pas autre chose qu’un organisme à l'usage e la pensée divine. La volonté en l'homme, qui prouit, qui détruit et qui amène des changements dans es choses, démontre-t-elle réellement le libre arbitre umain, ou simplement le libre arbitre de la Cause Surême ?.. Un raisonnement circonscrit ne saurait ariver à une définition satisfaisante sur ce sujet. Il est atteur pour l'homme de se croire un agent indépen-
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dant, dont toutes les pensées et les actions relèvent de lui-même : mais cette présomption ne reposamt que sur des indices vagues qui changent continuellement d’aspect et de nature, n’est pas propre à satisfaire l’aspiration élevée qui tend à la découverte de plus grands horizons. La recherche de l'inconnu ne se borne pas qu'aux choses matérielles, ou aux choses spirituelles. La plus grande découverte a obtenir est celle qui sert de clef à toutes les autres. Quelle est cette découverte ?
On dit que l’homme est un microcosme, par conséquent la connaissance de l’homme est la connaissance par excellence. Que la morale parle de la connaissance de Dieu comme étant la connaissance suprême, c'est redire en à’ .utres termes la même chose. Que la science veuille que l’homme n'existe qu’à l’état matériel, c'est voir exactement ce qu'il lui incombe de connaïtre pour le moment.
N’allez pas à la science pour apprendre des connaissances spirituelles, même celles qui concernent directement la nature intime de l’homme. La science n'est appelée qu'à voir la structure extérieure de tous les organismes. La science et la morale ne sont que des agents officiels qui tiennent surtout à la lettre dans leurs deux états. Regardez le bagage de documents qu'il faut à la science et à la morale pour s'expliquer. Que d'in-folios pour former leurs bibliothèques ! La science est forcée de beaucoup parler et de beaucoup écrire, pour que la lumière se fasse. La morale est également forcée de beaucoup tâtonner pour pouvoir s’assimiler même les reflets des lumières qui lui viennent de la science et de la philosophie. La morale, lumière pâle et vacillante, agit sur les marées des idées et en provoque le flux et le reflux, sous la direction inconsciente pour elle de la philosophie : elle fait le beau temps et le mau-
vaistemps sur la terre et mêmedansla sphèrespirituelle de chaque globe ; elle provoque des tempêtes épouvantables à des époques déterminées, non par elle-même, mais par la philosophie qui la dirige. Cette mère des idées conçoit dans la souffrance ; elle crie, elle pleure lorsqu'elle est forcée d'émettre lefruit quela philosophie a mis dans son sein ; elle aime, elle caresse et elle défend courageusement ce fruit tant qu’il n’est pas arrivé à maturité, tant qu'il se complaît sous sa tutelle maternelle ; mais du moment qu'il s'émancipe de celle-ci et qu'il accepte la tutelle paternelle — de la philosophie, — cette mère tonne et lance des éclairs qui illuminent tout en dehors d'elle-même.
Si cette description n’est pas propre à éclairer ceux qui ont les yeux ouverts, que faudra-t-il donc pour ceux qui les ont fermés et qui tâtonnent leur chemin au travers de la vie ?
De même que la tête ne forme, sous le rapport du volume, qu’une faible partie de l’organisme humain, ainsi les sommités du corps social ne sont qu’en petit nombre. Les sommités scientifiques et morales ne sont pas revêtues du vêtement de la popularité parmi la masse de leurs confrères respectifs.
La science officielle repousse de son sein ceux de ses membres qui dépassent leur corps et qui en forment la tête ; de même la morale officielle repousseetcondamne ceux de ses membres qui embrassent les horizons élevés de l’amour et de la charité. La science philosophique et la morale philosophique sont deux hauteurs où se résument la pensée sous ces deux aspects, et où ne sauraient vivre ceux qui sont nourris de passions. grossières, ou qui ont encore à subir un travail violent.
La science et la morale ont chacune une tête contre
? laquelle se révoltent constamment ceux qui n’en for-
ment que le corps. La terre et le ciel sont aussi deux rebelles qui violentent le monde des causes. De cet antagonisme naissent la variété, l'harmonie et le progrès. L'antagonisme est une chose évidente même entre deux molécules de n'importe quel rêgne.
Les maladies, ou l'état négatif, sont représentées au spirituel, ou au moral, sous le nom de vices. Pour le philosophe scientifique et moral, ce sont deux états inhérents à l'organisme matériel et spirituel, qui remplissent un rôle important dans la vie. Ne demandez pas néanmoins la sanction du grand nombre pour reconnaître cette théorie, car elle vous ferait défaut. Les idées qu’un chacun reçoit et qui prennent une forme de système philosophique sont un dépôt sacré qui a la conscience pour dispensateur immédiat.
Mais, diront le moraliste passionnel et le moraliste superficiel, la pensée divine ne saurait s'accuser sous des aspects si opposés ? Ils ajouteront : si l’homme n'est simplement qu'un organisme, il n’a aucune volonté à exercer, aucune responsabilité à encourir ; l'évidence prouve, néanmoins, que le libre arbitre humain existe et que toute contravention aux lois est suivie de pénalités; la conscience n'est-elle pas une chose personnelle qui guide, qui retient et qui souffre elle-même de toute contravention et qui fait souffrir l'organisme matériel et l'organisme spirituel même ?
La pensée divine en se manifestant d’une manière générale sous trois aspects différents au moyen des trois classes de l’humanité, soit dans la région matérielle, soit dans la région spirituelle, ou sous des nuances différentes encore dans chaque organisme humain, connu maintenant sous le nom d'individualité, quoiqu'étant soumise dans l’action, dans chaque classe et dans chaque individu, au contrôle régulateur
de la conscience, il ne s'ensuit pas que ce pilote fasse partie immédiate de la machine.
Le vice et la vertu sont-ils deux choses qui proviennent de la pensée divine ? Le mal et le bien peuvent-ils avoir une même source ? En répondant oui à ces deux questions qui ont un même sens,c'est faire un paradoxe insoutenable aux yeux de la logique ordinaire et révolter ceux qui sont encore dans les bas-fonds de la vie intellectuelle.
La CAUSE produit tout effet et est responsable de toute action !
Cela est simple comme une addition, mais ne sera admis que par ceux qui peuvent le comprendre.
Le langage, la théorie, s'exprimant et se formant au moyen de l'organisme humain, quoique dénotant la pensée divine, fait voir aussien même temps l’état et la valeur de l'organisme reproducteur. Le développement matériel ou social et le développement spirituel ou moral produisent nécessairement des actions en conséquence. La civilisation du jour sur la terre est supérieure à ce qu’elle était; cela est ainsi parce que l'organisme humain est plus développé que dans les âges précédents. Cet étatest difficile à définir, à établir, si on ne regarde que la forme extérieure de l'organisme humain; la plus grande facilité du bien-être pour le grand nombre, n'est-elle pas aussi un indice certain de la différence entre ces âges ?
C’est au moyen de la volonté et du libre arbitre humain, direz-vous, que ce changement a été obtenu. Tout progrès, ajouterez-vous, est dû au travail dirigé par la pensée humaine. Qu'est-ce que le cerveau humain au moyen duquel la pensée se manifeste et qui la répand par toutes les voies de l'organisme entier ?.. Physiologistes, vous n’en connaissez rien, ou très peu