‹ L'homme fossile:Chapitre 7 sur 22 · L'HOICME DANS LES TERRAINS DILUVIENS · texte numérisé non relu

L'HOICME DANS LES TERRAINS DILUVIENS

sans vestige humaiu, recouvre les deux couches précé^ dentés d'un lit d'épaisseur très variable , de 30 centimètres à 1 mètre 50 et au delà. C'est donc à une profondeur de 9 à 10 mètres dans un terrain qui n'a jamais été remanié que se trouvent les débris d'industrie humaine enfouis à la base des graviers ; mais ces débris se rencontrant aussi plus haut, il est évident qu'ils ne datent pas tous du même moment et qu'ils ont été déposés sur ces points à mesure que les inondations superposaient les graviers et les limons.

On observe des gisements pareils dans les graviers inférieurs d'Abbeville, d'Amiens et d'autres localités des bords de la Somme, qui, avec les mêmes objets d'industrie, contiennent des ossements de mammouth, de rhinocéros à narines cloisonnées, de cheval fossile, de bœuf (Bos primigeniusj^ de renne, de cerf, d'hyène et de lion ou grand chat des cavernes. On a même retrouvé dans les graviers inférieurs de Saint-Roch près d'Amiens l'hippopotame, et YElèphas antiquus *, qui continua donc à subsister depuis l'apparition du mammouth. A Menchecourt, quelques-uns des os fossiles ont été évidemment brisés avant d'être enfouis, d'autres étaient encore réunis comme s'ils eussent été articulés; c'est ainsi que M. Bâillon découvrit une jambe de derrière de rhinocéros dont les os étaient dans leurs positions respectives. Le squelette entier d'un autre rhinocéros gisait même à une petite distance de cet endroit.

Le gravier supérieur a aussi été exploré sur plusieurs points, ainsi à Mouhn-Quignon, à Abbeville et à

^ Lyeli^ Ancienneté de l* homme, pag. 138.

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Saint-Àcheul. La terrasse de Saint-Acheul repose sur une saillie de craie , recouverte par une épaisseur de 3 à 4 mètres de lits de gravier et de sable stratifiés, audessus desquels vient un sable blanc siliceux avec des lits de marne crayeuse presque sans stratification, le tout d'une épaisseur de 2 mètres 70. Plus haut, un limon brun, épais de 60 centimètres, est enfin recouvert par le sol végétal, qui se trouve à 30 mètres environ au-dessus de la Somme, tandis que l'épaisseur totale du dépôt diluvien n'est guère que de 8 mètres. — Plusieurs cercueils en pierre de l'époque gallo-romaine occupaient la partie supérieure de cette terrasse, ce qui montre qu'au commencement de notre ère la configuration du sol était déjà la même que de nos jours. C'est de cette masse d'alluvions anciennes que M. le Dr. Rigollot a retiré, à lui seul, plusieurs centaines de haches en silex, enfouies à une profondeur variant de 3 mètres 50 à 7 mètres 50, ainsi dans des conditions à peu près les mêmes qu'à Menchecourt. M. Prestwich ne mentionne pas moins de 400 spécimens recueillis en deux mois à Saint-Acheul. La faune des graviers supérieurs est sensiblement la même que celle des alluvions inférieures, à l'exception toutefois de l'hippopotame qui n'a été, je crois, constaté qu'à Saint- Roch. Une molaire A'Elephas antiquus retrouvée à Saint-Acheul doit être mentionnée.

La distribution de la faune des terrains diluviens de la Somme donne lieu à des observations d'un grand intérêt. M. Prestwich fait remarquer que l'embranchement des mollusques est représenté dans les hauts graviers par 43 espèces qui toutes, à quatre exceptions près, habitent les mêmes contrées qu'autrefois. Si un

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grand nombre de ces espèces terrestres et d'eau douce vivent dans le raidi de la France, la proportion est plus grande encore dans les pays du Nord , puisque 35 de ces espèces sur 43 se retrouvent en Finlande. Rien, chez ces mollusques, n'indique positivement un climat différent du climat actuel, et rien non plus n'atteste un climat identique; mais la tendance de développement du groupe est plutôt dans une direction septentrionale que méridionale. Dans les graviers inférieurs, neuf espèces de mollusques ont disparu et sont remplacées par sept autres. Il y a de plus à Menchecourt quelques espèces marines avec la Cyrena fluminalis du Nil. A part celle-ci, toutes vivent en Angleterre et en France.

Quoique les données fournies par les mammifères ne soient pas absolument concluantes, elles tendent à montrer que le climat était plus froid que dans les temps actuels. On sait que le mammouth qui coexistait avec le renne avait de longs poils pour fourrure; quant à l'hippopotame des graviers inférieurs, il se peut qu'il ait été revêtu de manière à pouvoir habiter des pays froids. M. Preslwich conclut en outre des phénomènes physiques de la vallée, qu'il devait y avoir en hiver un froid moyen d'au moins 20^ et que la transition à un climat plus chaud paraît se remarquer en descendant la vallée.

Les temps auxquels nous reportent les découvertes de la Somme se rapprochent de la première époque des grands glaciers qui, du sommet des hautes montagnes, s'étendaient au loin et recouvraient la plupart des pays du nord. La retraite des glaciers, par l'effet d'un cHmat moins rigoureux, ne put pas s'opérer sans

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