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LA CONVENTION, LA FANTAISIE ET L ORDRB 30S

et lui imposant raction de la forme, il dégage et produit la be«\iité.

L'homme de génie ne se donne pas la peine de violer les règles factices: il les oublie, voilà tout, — etrhomme médiocre le trouve désordonné, parce que sa vue ne porte pas jusqu'à la loi, sous l'empire de laquelle l'homme de génie s'est placé.

Quand l'homme de génie est infidèle à la vérité, sa façon de Toffenser n*esi pas de la parodier par une règle puérile, mais de retourner la loi contre elle-même, de se précipiter, la tète en bas, au fond de Tabime, et de donner, par la profondeur de sa chute, la mesure de Tessor qu'il aurait pris.

L'esprit humain s'ouvre facilement à la convention : ayant faim et soif de loi, quand il oublie la loU il essaye de la remplacer par une loi. Tout désordre aspire à se créer, au sein de lui-même, un certain ordre ; car, sans un certain ordre, le désordre lui-même cesserait pour faire place au néant. Le désordre qui refuse de rentrer dans Tordre vrai se construit, pour se faire illusion, un ordre faux : la fièvre se règle.

Vous avez rendez-vous à six heures sous cette horloge ; vous arrivez à six heures et demie, mais l'horlorge retarde d'une demi-heure, on ne vous trouve pas en retard. Vous arrivez à six heures et demie, mais l'horloge avance d'une demi-heure, on vous trouve en retard d'une heure. La convention est une horloge qui marque une autre heure que le soleil, et qui, devant les hommes, a raison contre lui.

Le vers, ceite splendeur singulière, née de la parole et de la musique combinées; nous fournit, de la loicek de la règle, une application magniûque et, par caaa6quent, mystérieuse.

La parole a besoin d'harmonie : elle veut faire invasion dans les domaines de la musique, sans se confondre avec elle. L'Art a eu la complaisance de faire cadeau du vers à notre humanité. Éludions un insiacd le vers dans sa loi, et le vers dans la règle qu'on lu t^ a imposée.

Il est peu d'hommes, parmi ceux qu'on appelle, peutêtre ironiquement, le3 esprits cultivés, à qui la poésie ne rappelle les joies les plus splendides, les illuminations les plus radieuses, et en même temps les plus rislbles efforts, les plus ingrates corvées qu'ait supporiôft leur pauvre adolescence.

11 y a donc deux poésies : aux heures de délivrance,- Tune nous a initiés à elle ; aux heures de fatigue^ et de stupidité, Tautre nous a pris pour ses esclaves. Ou plor tôt il n'y a donc qu'une poésie, et quelqu'un; L*a paro*diée.

Le grand poète n'est pas seulement grand écrivain. Il est quelque chose dé plus : il est ministï'e d'un myst&'iiè que je vais constater.

Si l'on vous disait qu'il est une ferme de langage pai^ tîculiôrement adaptée à la poésie qui vit d'enhousiasme; vous rép» ndriez peut-être : Cette forme de langage doit être la plus libre de toutes. Toutes les enfram doivent tomber devant elle, et le poète ne relève que de son inspiration.

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