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L'amour sait mieux son chemin. Il arrive, en pratique, à la lumière ; en théorie, à la justice.
Voici une vérité admirable: cette récompense décernée à qui devine, refusée à qui ne devine pas, récompense qui scandalisait tout à l’heure l'intelligence égarée du spectateur que je supposais à sa fenêtre, cherchant quelqu'un, cette récompense, décernée ou refusée, contient une suprême justice, une justice supérieure à la justice qui dit ses règles.
Celui qui devine est récompensé, parce que celui qui devine est celui qui aime.
Celui qui ne devine pas n’est pas récompensé, parce que celui qui ne devine pas est celui qui n’aime pas.
Celui qui aime la grandeur et qui aime l’abandonné, quand il passera à côté de l'abandonné, reconnaîtra la grandeur, si la grandeur est là.
Celui qui passe à côté de l’homme qui a besoin, reconnaitra le besoin, s’il aime l’homme près de qui il passe, Celui qui passe près de l’homme dont il a besoin reconnaîtra celui qu'il cherchait, s'il l'aime assez pour ne pas lui envier la place
qu’il occupe, la place de celui qui donne et de celui qui pardonne.
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On a souvent comparé la vie à un voyage; la comparaison, pour être vieille, n’a pas cessé d’être juste,
L'illusion du désir se sent en voyage mieux que partout ailleurs. En voyage, l’homme qui désire et qui réfléchit sur son désir se prend, s’il veut, en flagrant délit d’illusion.
Quand on est à Paris, on ne voudrait pas, même si la chose était possible, Supprimer la route et arriver sans
voyage au terme du voyage, On veut, comme le pigeon de la Fontaine, voir...
Voir, quoi?
Je n’en sais rien, ni vous non plus.
S'il y avait une chose ici-bas qui valût la peine d'être recherchée pour elle-même, cette chose-là dispenserait d’en chercher d’autres et mettrait fin au voyage de l’homme. Mais cette chose, je ne la connais pas, ni vous non plus.
À Paris donc, l’homme qui va partir caresse l'idée de son
Voyage et ne voudrait pas être arrivé déjà au but, En route, il espère voir.
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Quand il est monté en chemin de fer, habituellement il regrette la diligence d'autrefois, la vue des chevaux, la voix du postillon, etc. etc. etc.
Si le chemin de fer l’abandonne à moitié chemin, et si! finit la route dans une vieille voiture, il pense aux avantages du chemin de fer. Il trouve bien lente la vieille voiture, et désire habituellement le relais suivant. J'ai mille fois vu et commis cette innocente niaiserie de désirer le prochain village de la route, comme si, au relais, ra’attendait le bonheur.
Après le relais, comme le bonheur manque à ce rendez-vous, le désir d’être arrivé au terme même du voyage se fait sentir; et quand on parvient au but, quand on est arrivé, quand on est définitivement descendu de voiture, une impression de tristesse se dessine dans l'âme. $
C'est que l'attente, quelle qu’elie soit, est toujours trompée,
Elle est trompée, füût-elle surpassée. Car, si elle est surpassée en un sens, par l'éclat extérieur du spectacle aperçu, elle est trompée, en un sens plus important, par l'absence de la plénitude que l’on cherchait.
Les rives du Rhin, les montagnes de la Suisse peuvent être plus belles que vous ne le pensiez. Mais elles ne peuvent
Pas produire sur vous l'effet que vous attendiez, si vous attendiez la plénitude et Ja satisfaction.
L'homme passe sa vie à éprouver ces sentiments, et à les ignorer toujours.
Aucun voyage ne lui montre la réalité des choses. Et cependant, quand il regarde les splendeurs de la nature, il a un regard et un regret pour la maison qu'il a quittée, pour la maison qui est celle du travail, pour la maison où sou
maison où souvent, depuis le départ, il a désiré le retour.
Et lorsqu'il y reviendra, s’il n’a vu dans son voyage que les choses visibles, je ne le garantis pas contre une impression de tristesse, Ce ne sera plus celle qu’il a eue, quand il est arrivé sur la terre étrangère, ce sera l’autre, Ce ne sera plus celie du voyage, ce sera celle du retour.
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Mais au fond
C'est le besoin du
monies qui veulent c’est le besoin de l'Océan, de ses colères m terre qu’il baign dévore,
nous a chassés de chez nous, flux et le reflux de la mer,
dans son double mouv est-il trompé ? Pourq
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Pas contre le désir quand il sera re etrouver chez lui,
Cœur et du san besoin du jour et de la nuit; c'est le
du silence, au milieu qui entretien Ouvantes, la vie du mo e, qu’il arrose, qu’il cares
et quin — image
de repartir, afin de parti, contre le désir de
e trompe, puisqu'il cherche toujours, sans de cette erreur, comme au il y aura une grande vérité. Cette
g de l’homme; c’est le besoin de toutes les harde leurs paroles 3 t, par le va-et-vient nde, la vie de cette se, qu’il heurte, qu’il
ouS a envoyés voir le du nôtre,
qui va et revient obéit, » Pourquoi donc a satisfaction ?..
PRES re a
C'est qu’au lieu de la chercher dans le monde invisible, il la cherche dans le monde visible.
C'est qu'au lieu de la chercher dans la loi invisible et vivante, dont le monde est le symbole, il la cherche dans la création elle-même, qui symbolise la loi, mais qui ne la constitue pas.
Celui qu’il cherche Est Celui qui Est,
Celui-là est l’unique nécessaire, et le malaise inquiet qui nous entraîne sur tous les chemins n'est autre chose que le sentiment et la douleur de son absence.
Mais le mont Blanc, franchi et dépassé, ne le montre pas, dans l'horizon nouveau, aux yeux avides du voyageur, La neige vierge qui couvre le dernier sommet de l'Himaiaye, la neige inaccessible, la! neige qui ne se laisse ni toucher par la main ni admirer par le regard, cette neige elle-même n'a pas vu sa face.
Car, si elle l'avait vue, elle serait devenue un ruisseau de feu.
Si le voyage est une déception et semble même résumer assez bien les déceptions de toute la vie, quand on lui demande ce qu’il ne contient pas — à savoir le terme et le bonheur, — il peut répondre à l'attente, si nous lui demandons ce qu’il possède, c’est-à-dire des symboles et des moyens, au lieu d’une fin.
Le voyage a cet avantage précieux d'offrir à nos regards des matériaux nombreux et divers, de présenter la vie sous un jour nouveau, de rompre forcément les habitudes, de renouveler dans une certaine mesure le sang, d'augmenter les provisions de l’homme.
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Car nous sommes si Pauvres, qu'il nous faut mendier Partout: nous mendions le pain du corps ct celui de l'intelligence,.
Et quand un Pays nous donne ses ses habitudes, ses conversations, langage, tous les jours depuis qu fournit l'air et le pain, tous les ; ce pays-là est épuisé Pour nous, d'aller mendier ailleurs, E contrée nouvelle, elle nous
» et renouveler ces provisions qui s’épuisent dès qu’elles sont faites,
truction la Connaissance lourde, stérile et confuse de faits nombreux et désordonnés.
» et je vous engage à prendre contre elle, lorsque
Cette instructionlà est vaniteuse, car l’amour-propre trouve
même dans un accident de voiture,
Cette instruction n’est pas seulement vaniteuse, elle est
eurs, c’est-à-dire des victimes, Elle cherche à rétablir les sacrifices humains, et c’est souvetit
une chose terrible que d’avoir affaire à un homme qui a