‹ L'homme [microforme]Chapitre 25 sur 55 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Quand je jette les yeux autour de moi, philosophique ou sur ce qu’on appelle ainsi, que la situation des esprits se résume en un m

La vérité est la solution des problèmes.

Quant à l'erreur, elle a, vis-à-vis des problèmes, plusieurs façons de se comporter, Elle a diverses attitudes, parce qu'il ÿ a, sur la route du néant, plusieurs stations.

J'en distingue trois particulièrement :

A la première Station, l’erreur dit: Voilà la solution du problème, et elle donne une solution fausse.

A la seconde Station, l'erreur n'essaye même plus de résoudre le problème, mais elle Essaye encore de le poser; elle dit: Le voilà! mais il est insoluble.

A la troisième Station, également incapable de le poser et de le résoudre, elle Prononce des mots sans suite.

A la première Station, nous rencontrons un système qui fait semblant d’avoir des assises, qui fait semblant de se tenir debout, pour Parodier l'attitude de la vérité,

A la deuxième station, n avouée.

sur la science je m'aperçois ot: confusion.

ouS rencontrons l'impuissance

À la troisième station, nous rencontrons le délire.

DÉS rod

FRERE e

Jetons un Coup d'œil sur l’histoire du monde montrer le progrès des choses condamnées.

Avant tout, il faut que l’homme adore, l’homme commence toujours par adorer.

Mais pendant que le dépôt sacré n’ dans la nation choisie, qu'est son adoration.

Vous le savez : l’histoire parle.

le bœuf Apis,

L’humanité a jeté son adoration sur le paganisme Proprement dit.

L'homme s’est senti, en face de la nature, faible, menacé. Il a vu des actions qui n'étaient pas siennes, et il les a adorées pour les apaiser.

Prêter à tout objet visible et extérieur une une personnalité puissante, et adorer cette c si elle tenait sa vie d'elle-même, voilà Je pag:

Le paganisme adore les choses extérieures le règne végétal, le non-moi de l’homme,

Mais, tout à Coup, l’homme, qui s’est courbé devant un oignon, se relève, et, changeant d’idolâtrie, méprise les choses visibles, et s’adore lui-même dans Sa vie intellectuelle, dans sa pensée propre, comme S'il tenait sa vie de lui-même. : Voilà le rationalisme.

Le rationalisme, dont Fichte est complet, est l’adoration du moi, morale de l’homme. C'est une form

Mais l’homme qui s’adore n’est Il n’est content ni du dieu grec, qui est la nature, ni du dieu rationaliste, qui est l’homme; il essaye d’un autre dieu, qui sera la combinaison des deux premiers.

Le rationalisme e panthéisme,

Le panthéisme est l’adoration simultanée de la vie animale et de la vie morale de l’homme, l’adoration simultanée de l’homme et de Ja nature, comme puissances identiques quant à leur essence et quant à leur dévelo

; elle va nous

était gardé intact que -ce que l'humanité a fait de

Elle vous montre du doigt

la nature, et voilà

volonté propre, réature, comme anismne,

, le règne animal,

le représentant le plus de la vie intellectuelle et e plus élevée de l'idolâtrie.

Pas content de son Dieu.

t le paganisme combinés produisent le

AE

elle va nous ne commence

lé intact que té a fait de

tre du doigt ire, et voilà

ble, menacé.

es a adorées

onté propre, ure, comme ne.

gne animal,

devant un > les choses uelle, dans lui-même.

nt le plus ectuelle et l’idolâtrie, son Dieu, ni du dieu dieu, qui

duisent le

e animale Itanée de es quant me manileur vie

Le panthéisme représente l'erreur dans sa forme suprême, dans sa forme absolue: c’est le sommet du néant.

Paganisme, rationalisme, panthéisme, dont l'esprit Peut se rendre compte, des erreurs systématiques, des erreurs qui ont un nom (observation sur laquelle j'attire

. Le Paganisme, le rationalisme, le panthéisme essayent tous trois de résoudre le problème,

Abordons la deuxième espèce d'erreur. Nous voici à la seconde station.

en voilà des erreurs

Le paganisme a un voisin qui le menace, a un voisin qui le menace, le panthéisme a u

menace, Ce voisin commun, cet ennemi commun, c’est le scepticisme.

Les trois doctrines que je viens de caractériser portent en elles une graine de laquelle naît le scepticisme,

La mythologie grecque, Fichte, Spinosa, Platon et

Schelling, portent en eux Pyrrhon, qui nait un jour ou l’autre

le rationalisme

problème, et à chacune des questions de l’es répond: que sais-je ?

Pourtant, le Scepticisme a encore un nom: il s'appelle Je scepticisme. Il a encore conscience de lui-même; il] sait qu’il ne sait pas. Il y a donc quelque chose au-dessous de lui.

Compositions a suivi

du regard le Corps humain dans le tombeau, Pendant quelque On sait ce que c’est : c'est un cadavre. Le cadavre a un

is, au bout de quelque temps, la parole humaine

dans aucune langue: il n’y a plus de cadavre

: il reste seule.

ment le rien, le célèbre : je ne sais quoi.

Suivons aussi, dans le monde invisible, la marche des décompositions. Nous venons de voir et de nommer des cadavres,

Mais maintenant que Schelling est mort, maintenant que l'Allemagne dort dans son linceul, en attendant la résurrection, que fait l'erreur ? où en est-elle ?

Elle en est à la troisième station.

renez un microscope, Voyez-vous dans les bas-fonds se remuer ces infiniment petits? Ce sont de pet qui ne savent plus même lire, V

» €t vous voilà châtiés même dans les basfonds! Quels sont ceux-ci, et que font-ils? Ils parlent, mais ils ne disent rien; on ne

nommer leur erreur, Ils ne sais quoi

Trois hommes de génie avaient pourtant éclaté en Allemagne. Fichte, Schelling, Hégel avaieut parlé,

Comment n'est-il sorti de là ni la vérité, ni même une école d’erreur, une école qui puisse Porter ce nom?

Comment ceux qui prononcent le nom de Hégel comme le nom de leur père sont-ils de ridicules écoliers ?

Et d’abord Pourquoi la vérité n’a-t-elle pas couronné l'Allemagne ?

Que s'est-il passé dans les hauteurs ?

nos yeux. Il est là, près de nous, comme une leçon. Fichte, Schelling, Hégel, n’ont pas conclu,

Dieu, qui n’aliène Pas son indépendance et sa gloire, leur a refusé ses secrets.

Pourquoi donc leur avait-il donné le devaient le dépenser en vain ?

Peut-être afin que le monde vit où va le génie humain, quand il va tout seul.

génie à eux qui

, marche des nommer des

aintenant que ant la résur-

bas-fonds se bon:hommes être grands, Le, Schelling, êtes révoltés ans les basarlent, mais ractériser ni maine du je

té en Alle-

même une m?

gel comme S Couranné

s hauteurs té l'Église, èdres, sous meaux. Et La révolie ent frappe on. Fichte,

loire, leur | eux qui

e humain,

allez au fond de leur pensée,

1e des imitateurs, en les nnu dans la formule hose à Jui, car l’'Orme cri: l’Être et le

défiant de faire mi hégélienne, il l’a admiré gueil, Sata Néant sont identiques.

Les maîtres allemands ne s

étant pas baissés Pour se faire entendre des écoliers françai

s, dont la taille n’est pas très Paresseuse, les pauvres écoliers

as. Pour essayer de répéter sa ntendue, Or, l’un

aperçus.

Les écoliers des écoliers, qui forment une partie du public rançais, se sont écriés, comme dans le Médecin malgré lui: 4 que je n’y comprends rien!

Et en effet, jouant la comédie dans une langue incomprise

du public ç les acteurs ont pu, sans danger, r venaient sur les lèvres.

ceux qui, en France, ba-

vardent philosophie, c'est une ignorance qui touche au

prodige.

Demandez-leur ce que c’est que Dieu.

Ils n’en ont aucune idée, ni vraie, ni fausse, et si vous

ou de ce qu’ils appellent leur

pensée, vous verrez que Dieu, — mais ils ne le savent pas, rien d’une façon précise. L aussi le Dieu de la science, — Pas précisément, Demandez-leur s'ils le rejettent ?

— Pas précisément.

En veulent-ils un autre ?

— Pas précisément.

N'en veulent-ils aucun ?

— Pas précisément. L'être qu'ils se figurent, s'il ressemble à quelque chose, ressemble à une forme auguste du néant.

Continuons le catéchisme par lequel ils ont remplacé le catéchisme.

— Jésus-Christ est-il Dieu f

— Pas précisément.

— Alors il n'est pas Dieu?

— Je ne dis pas cela précisément il est quelque chose qui ressemble

ne sachant pas ce que c’est qu’un Dieu, je ne Puis vous dire au juste si c'est tout à fait cela o

u si c’est à peu près cela; Pourtant je suis chétien.

— Jésus-Christ est-il Dieu, comm

— Pas précisément ; je ne prends sens que vous.

— Quel mot ?

— Le mot: Jésus-Christ est Dieu, — Dans quel sens le prenez-vous ?

; VOUS allez un peu loin ; un peu à un Dieu: mais,

e l'Église l’affirme ?

Pas ce mot dans le même

— Dans le sens moderne, dans le sens large, dans le sens philosophique.

— Quel est le sens moderne, le sens large, le sens philosophique ?

— Vous me pressez trop. Je suis chrétien, mais non catholique.

— Alors, vous êtes protestant ?

— Pas précisément.

— Qu'êtes-vous donc ? Tout homme Sans être catholique, est c — Je suis de la religio

qui se dit chrétien, onvaincu de Protestantisme, n de l'avenir.

Pour eux, est une abstraction :

Car ils ne se rendent compte de e Dieu du catéchisme, qui est demandez-leur s'ils l’admettent ?

pp = © mm

une abstraction :

ident compte de chisme, qui est ils l’admettent ?

quelque chose,

t remplacé le

un peu loin; 1 Dieu; mais, uis vous dire eu près cela;

affirme ?

lans le même

dans le sens e sens phi-

mais non

it chrétien, me,

— Vous pensez que

— Pas précisément. Vous allez un peu loin, Ce dialogue, vous l'aurez

naiveté, La bonhorie que j

Votre contradicteur se co dira vous-même : vous che trouverez pas, Elle fuira changera de forme, changer,

ntredira autant qu’il vous contrercherez sa doctrine, vous ne la quand vous croirez la tenir; elle — si toutefois ce qui n’est pas peut

savoir ce que c’est que cette doctrine ?

C'est la monnaie de la formule hégélienne, à l'usage de

ceux qui ne peuvent Supporter la somme totale de résolution que cette formule comporte,

C'est la pratique de la théorie hégélienne, à j' qui ne sont pas de force à

L'Étre et le Néant sont i

usage de ceux regarder en face une théorie.

dentiques, avait dit le maître,

Disons au hasard n'importe quoi, répètent les écoliers.

Et ne vous imaginez pas qu’ils comprennent même le lien qui les unit à Hégel.

Ils ne comprennent absolument rien.

Ils obéissent à la loi qüi les pousse en bas, ni cette loi, ni aucune autre chose.

Cependant le public français regarde et admire : je veux dire qu’il admirait, car il n’admire plus; il n’admire plus ni l’Etre ni le Néant. I1 dort, Mais ce progrès ne suffit pas.

il comprenne qu’on s’est moqué de lui;

Sans comprendre

la formule et la synthèse de |’ désormais une répétition.

Allez-vous-en donc!

allez-vous-en, mauvais écoliers, incapables de réciter une

leçon mal apprise dans une langue

Dieu va Changer, ou qu'il va être remplacé ?

que vous ne savez pas : Allez-vous-en, et tâchez qu’on vous oublie ! car, par hasard, si quel érudi Ï

ans dix ans, nul ne peut prévoi

il prononcera vos noms. Vou

€ jeune sur la terre, et c'est Je christianisme.

Ses ennemis actuels, à force de médio

vide de l'erreur, qu’elle est : un néant compliqué.

crité, nous permettent Ils la montrent telle

€ Souvient de vous iels éclats de rire lé sur la nuit; le rts. Il vous reste ui vous écoutent entendu battre au , bien morts; et, : pas le troisième v’elle veut vivre:

ombeau n’est pas ne va s’éteindre, gel par la vérité.

terre, et c'est le

nous permettent a montrent telle

VOnS pas écouté rreur, écoutons les fossoyeurs e meurt si on fasse un effort fleurs: qu’elle là que l'attend le rendez-vous, he, l’Immortel

tâchez qu’on vous

Si vous me demandez de quelle question il s’a ma réponse: I] n’y a qu’une question,

Cette question, de laquelle dépendent les hommes qui, elle aussi, dépend en Partie des hommes qui se pose quand on confie une seme deviendra cette semence? — Ç’ sénevé,

git, voici

Toute chose qui commence, commence par être petite, ou, petite,

La vérité n'aime pas le fracas.

homme, rappelez-vous ses procédés, et si vous ne vous les rappelez pas bien, regardez ce qui se passe quand une Pauvre petite graine est posée dans la terre.

Si faible en apparence, et si menacée, la terre et de devenir un grand arbre d’abord, de se cacher et de mourir, a de Dieu et des hommes, pauvre petite, à qu

» Si ce n’est au royaume des Cieux. Nous l’avons vu naître et fleurir, le royaume des Cieux, Ses ennemis

si elle doit devenir grande, si vous voulez, par paraître

Quand elle s’est faite

lui, il a fait de la musique pour eux. Les bourreaux ont crié,

les martyrs ont chanté. Les martyrs ont triomphé, les b

: la petite graine qui franchit admirablement les énormes ob jours; cette délicate, chère e se, si humble et si puissante, qui tourne les di i arbre, la main d’un enfant peu Eh bien, vous qui lisez ceci, chétif et grand personnage,

semence divine, non pas dans l'humanité, car Dieu lui Promis qu’elle serait immortelle i

la faire mourir en vous et vo

Où en est le monde vis-à-vis du grain de sénevé ? Comment l’a-t-il traité? Comment le traite-t-i] ? Voilà la question, qui est celle de notre perfection et de notre bonheur.

Vous qui êtes un homme,

, Si grands qu’ils enveloppent tout, si harmonieux qu’on ne les sent pas!

IT

L'homme peut garder la parole reçue et l'affirmer pratiquement; il peut la vi : :

‘a niée quelque temps, il porte la peine nt la loi qu’il n’a

À que, pour le spectateur du dehors, i qui voit, qui Comprend, cette

» Quelquefois plus frappante que Îa première, Caïn à nié Ja loi de l'amour,

VOUS pouvez faire Mourir Ja

œ en ere ms ne LU

de la musique pour TS ont chanté, Les ont été convertis.

hante.

graine qui franchit elle rencontre touchose, si humble t devient un grand

êtes un homme,

: faire Mourir la :

Car Dieu lui a ous. Vous pouvez y faire vivre.

sénevé ? Comment À la question, qui onheur,

"en Vous, puisque r en nous, pour douce sur sotre ler vos augustes t, si harmonieux

affirmer pratiment,

porte la peine a loi qu’il n’a Pour le specmprend, cette lquefois pius i de l'amour,

repoussé le pain et bu le poison, elle se porterait ensuite, Elle s’est mal portée, et en a attribué la faute, non au poison qu’elle ay n'avait pas mangé.

puisqu'il a tué son frère. Mais aussi puisqu'il a erré de ville en ville, portant sur son front le stigmate de la colère divine, il a proclamé d’une voix terrible et plus retentissante peut-être

que ne l’eût été la voix d’Abel: Non occides: Tu ne tueras pas.

Celui qui sait tout nous dit ce qu’il faut faire, Le père donne à manger à l'enfant. Celui qui accepte simplement la nourriture offerte, la sainte nourriture, se dispense de ces tortures spéciales que réserve à ses dupes le menteur qui trompa Adam.

Voici le pain et voici le poison. Mais à ses dupes qu’il est plus beau, plus fie libre de i moque d'eux, pendant qu’ils se tordent dans les douleurs de leur agonie: il Pousse l'ironie et Ja méchanceté inspirer le mépris de ceux qui, fidèles à l'Amour, ont écouté, ont cru, ont compris,

Î manquerait quelque chose à cette épouvantable dérision si les victimes la co

Sont toujours fières de leur rôle, et se Couronnent elles-mêmes

de fleurs pour lui en éviter la peine.

Au seizième siècle, l'Europe, d’un air fier et dégagé, a

Pour voir un peu comment ait bu, mais au pain qu’elle

Le seizième siècle avait ouvert la porte à la division ; le

dix-huitième siècle admit tous les genres de division; il devint la division elle-même, Quand les hommes sont unis e ils unissent les idées entre elles; quand ils oublie qui fait des hommes une seule et même humanité, il

ntre eux, nt le lien 8 oublient,

du même Coup, le lien qui fait des vérités une seul et mêrne

vérité, parce que celui qui n'aime pas se place, par le fait «+ Or, c’est Ja lumière e loi, comme toutes

oi métaphysique de laquelle elle découle,

Le dix-huitième siècle perdit donc choses, qui est Ja lumière et l'unité, Les plus entre eux, les idées ne se

Au TayYOnnement de Ja Convention stupide d’une rhétorique € pénétra la vie et se mêla, dans Je » à une philosophie aussi atroce qu’ab-

division absolue, l’homme veut

» le diable, qui rit toujours, sans TS, appelait ce siècle-là le lumières ; il est vai qu’il ière, Que voulez-vous! il déteste tant l'unité!

s une seul et mêrhe e place, par le fait

Or, c’est la lumière > loi, comme toutes ji métaphysique de

vue la nature des imes ne se tenaient us entre elles. La it plus à lui-même.

iSte; on ne parlait ‘rentes Manifestait plus rien, parce S différentes maet la Poésie par tres, mais chaque Le poète lyrique métier dont l’un YoOnnement de Ja d’une rhétorique se mêla, dans Je si atroce qu’abses emphatiques qui n’est que Ja horreur. Quand lader Je ciel, il Le dix-huitième in de la forme:

; dans le sens

; Ce fut l’orgie st Un massacre ténèbres, et Je

aussi loin que toujours, sans ce siècle-là Je est v'ai qu'il oulez-vous! il

Tout se personnifie en ce monde. Cha époque, chaque forme a ses représentants, Le dix-huitième

siècle devait avoir le sien. Cette longue et hideuse grimace, souillée de Sang et de boue, devait laisse

que pensée, chaque

Mais non; ce singe a trouvé en à encore, puisque je suis réduit à

Part: un imbécile malpropre. Je

Prouvée par les attaques dont elle été fausse, elle eût rendu service

ur les paroles, pour les choses us et pour moi.

é. Je m'engage à la prouver.

ngagez-vous seulement à consentir, si ;

que Voltaire est un imbécile, puisque cette vérité ne également le paradoxe et Je ité, n’osons rien contre elle.

le mot imbécile ? L’imbécile est un homme qui ne Comprend pas, qui .°--+ Pas intelligent,

Or, qu'est-ce que comprendre ? Comprendre, c’est embrasser, c'est avoir le sens de l’unité: Cumprehendere.

Qu'est-ce qu'être intelligent? Être intelligent, c’est (intus legere) lire dans l’idée et dans le fait.

Or, ces deux dons, à savoir le de lire dans l’idée, dans le fait, choses, ces deux dons constituent

sens de l’unité et ja facuité et de pénétrer le sens des

directement le contre-pied

: + ! = ns ne CG ES ns

de Voltaire: ils ne lui quaient absolument.

Voltaire ne croyait pas que l'Art et la Philosophie eussent

Croyait même que ces deux idées s’excluaient. D'abord il ne Savaient pas que c'étaient

deux idées ; ensuite il ne Savait pas que ces deux idées se rencontraient, A plus forte raison, ignorait-i] l'endroit où

Manquaient pas un peu, ils lui man-

Dans un fait, Voltaire n’a jamais vu autre chose que le fait lui-même, encore ne l’a-t-i] jamais Vu, Car iln’en a jamais vu que le côté petit, c'est-à-dire le côté apparent. I] était l’ennemi-né de la lumière ÿ SON paradis, c'était de ternir, de rapetisser et d’obscurcir. Écarter la lumière, écarter Ja

grandeur, écarter l'unité, écartez la joie et l'admiration, telle fut l’œuvre de sa vie.

On parle quelquefois du bon sens de Voltaire que c'était que ce bon sens: C'était la faculté de n ures,

; Voici ce ’apercevoir

Si le singe est de tous les animaux celui qui ressemble le plus à l’homme, en apparence, il est un d ressemblent le moins en réalité, Or, Volt l'humanité de l’homme, comme il méconnai

il raille tout ce qui plane, il salue tout ce qui rampe, S'il eût été bon, il eût occupé une des dernië l’ordre du bien, car je ne Connais pas de tête plus basse que la sienne : Mauvais, il doit faire horreur

qui ont gardé le Souvenir d’un vrai, d’un beau, d’un bien quelconque, I] faut, pour Supporter sa la pensée; il faut avoir dit à la bo séTas ma patrie, Les choses Supérieures veulent, pour être admises, un certain genre de Sacrifice d'autant plus grand qu’elles sont plus hautes: elles sont un poids qu’on porte et

Cr 7 ln Lune =

un peu, ils lui man-

Philosophie eussent nême que ces deux nt pas que c’étaient e ces deux idées se orait-il l'endroit où

autre chose que le car il n’en a jamais apparent, I] était était de ternir, de imière, écarter la t l'admiration, telle

Voltaire; voici ce Ité de n’apercevoir

Itaire, de le regarnage, qui s’est dit homme qu’en face

lui qui ressemble 1 de ceux qui lui ltaire méconnait it la divinité de lil cherche, qu’il lé presque autant S grands désirs, qui rampe, S'il res places dans e plus basse que me aux mauvais, beau, d’un bien voir rompu avec ruisseaux: Tu ulent, pour être tant plus grand > qu'on porte et

a dit de Maistre.

signe, v aitrez: personne ne l’aimera,

qu’on sent, — et l’imbécile qui vous voit courbé, (car il faudrait lever la tête) de quelle espèce fardeau, l’imbécile ricane, et voilà Voltaire! Incapatle de vous connaitre, de vous comprendre et de vous atteindre, n’ayant qu’une ma il essaye de baver Sur vous, et voilà le grand personnage |

sans voir est votre

. Il nous dispense de l'infini; de 1à notre reconnaissance, Il rabaisse

tout ce qu’il touche. I] avilit l’homme pour l'empêcher de se croire immortel, de se croire l’objet direct des attentions de Dieu. Il ignore l'admiration.

A voir les choses d’un peu haut, admirer, c’est se donner, c'est sortir de soi, L'admiration, qui n’est qu'une face de l'amour, veut de deux vies n’en faire qu’une.

Voltaire est si invinciblement bas qu’il ne s'élève jamais, même par l'imagination, chose rare chez l’homme! Jamais il n’a levé les YEUX, même en rêve! Il n’y a pas de fleur dans le monde qui ait été à l’abri de sa bave. I1 est sacrilège avec volupté. Le dernier des hommes, après ceux qui l’aiment,

De Maistre se trompe: personne n’aime Voltaire; à ce

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. Il fait

Ppartient, Nous LE °mme d'une chose à nous. = Et on ose nous parler des services que Voltaire a rendus ? 4 A à raison, si l’on veut dire qu'il a Servi la marche des choses, parce que, dans les desseins éternels, tout obstacle pl est un moyen: Parce que, précipiter la ruine, c’est avancer ar la réédification : Parce que Judas a travaillé à Ja rédemption l’a u monde, quand, Pour le livrer aux soldats TOMmains, il a baisé Jésus-Christ. au 1 il Le festin où Voltaire avait convié les générations à boire de 1) en riant dans les vases sacrés a été troublé par la visite no: elle d'Eu Haut: Apparuerunt digiti. Une Main mystérieuse a pot If gravé trois mots sur Ja Muraille : 93 à éclaté. Nous tous donc des AIR qui que nous Soyons, qui n’avons Pas abdiqué notre âme, c'e: {fi retournons contre lui son cri Célèbre: « Mes amis, écrasons 1 cle l’infâme ! » le :

jai La France à convoqué ses sages pour lui expliquer ses ma; | douleurs. Ses sages n’ont rien sy dire : aujourd’hui, comme c'es ] | du temps de Balthazar, Ja Parole est à Daniel. mal lil Une explication, voilà ce que Îa terre demande, 1} je

qui est le malheur le dans un mauvais père, stridente et ui empoisonne ce ir de l'humanité ; ne.

L mot sublime de après avoir fait e du dix-huitième lète l’amalgame, nt :

e singe,

ce dernier mot.

porte la marque particulière que niversel, I] fait partient, Nous à nous.

taire a rendus ?

la marche des , tout obstacle , C’est avancer la rédemption romains, il a

ations à boire par la visite mystérieuse a us tous donc, é notre âme, mis, écrasons

xpliquer ses l’hui, comme

Pendant les hontes et les horreurs du dix-huitième siècle, DIE il était là, l’invincible grain de sénevé, L'É

glise disait ce ñ dix-huit cents ans, aussi simple sur le trône { que dans les Catacombes, aussi triomphante dans Jes cata- Combes que sur le trône.

Elle attendait l'heure qui va sonner. à Au fond du mal &erme le remède: c’est la loi. j Le Christianisme semblait perdu; donc il étai ' permis de le dire, plus sauvé que jamais.

Le seizième siècle avait voulu dissoudre la société des âmes, anéantir la foi commune.

Plus tard on essaya de su plus tard

arrivé là, gré ou de force :

l’abime à un avantage, c’est qu’il oblige à remonter.

Et en vertu d’une belle habitude, qui est donnée d’En Haut aux hommes et aux choses,

t, s’il est

Pour nous venger de nos abaissements, Nous avons essayé des horreurs de la nuit, nous ne voulons plus du demi-jour : c’est le soleil qu’il nous faut.

Mais entre le dix-huitième siècle et celui le vingtièrie, dût-il Commencer demain, l'horloge de la terre marque une heure, lente et terrible,

celle de la transition:

c’est le terrible dix-neuvième siècle. Les veux à demi-ouverts, mai éveillé de son cauchemar, il ne sait Pas encore, il ne

possède pas, il ne tient Pas; mais il désire, il désire, il désire,

que j'appelle

r Ï 1 } di ; /) n h } f Î Î p f { Î | | D

Dette mm remasnnm,

ô mon Dieu ! co n'a désiré, Il a fait de la douleur un ;i il issage ; il a éprouvé le néant de l’homme, i i originel plus intimem

ses devanciers : i

reconnu trop fai

l’intim

Il ne peut rien sans Dieu, il Je Sait; mais il peut tout

avec Dieu: i] Je sau laissé passer Pour lui montrer où l’on va

L’horrible ridicule. I

eût fait la vérité

spectacle, L’h nier lui

les passions se moq

Sans doute la Raison peut parler, même dans le silence de la Foi Chrétienne, mais n'entendez-vous Pas la voix de

ésiré, Il a fait de la a éprouvé le néant us intimement que lle des os, et s'est

tentation suprême, 5 Ï a été touché rieur, il a vu que tesiis).

nce, aussi douce ourer, en la pra- X tout en Celui

ais il peut tout pour lui montrer

A va avec Dieu.

joué à détruire.

sa puissance. Il

né avec lui le a dit, nous a résentait, Mer.

€ sais comment nt. Cette prosest montée sur place de Dieu, et je m'étonne Pas devant ce e pressé de se te chose, afin te, la Raison, issance; mais de la servir,

ns le silence S la voix de

l’abime qui appelle cet homme, et il im et il écoute la voix de l'abime. Ne

seul ne nierait Pas; il adresse un acte de foi se précipite, la tête perdue, là où le vertige c Ce n’est pas un rêve que je raconte, c’est l’histoire que j'écris. Le siècle qui a div a été chargé nt il entendait cette apothéose, Et

nevé vivait toujours. L'histoire, en

Elle en fait Par l’histoire de l'Église, par l’histoire de la vérité, — toujours menacée, toujours triomphante, toujours faible e:: apparence comme un enfant, toujours invincible comme un Dieu, — une démonstration directe, Elle en fait, par l’histoire de l'hérésie, par l'histoire de l'erreur, du mal, du crime, une autre démonstration, une démonstration indirecte, une démonstration Par l'absurde.

Les deux démonstrations sont faites.

Jésus-Christ a vaincu le monde.

Le monde a essayé de vaincre Jésus-Christ.

Dieu, qui éclate, où il est, en nous où il n’est pas.

Enfants du dix-neuvième siècle, continuer, en Connaissance de deux démonstrations.

Nous savons de quel côté nous appellent la Foi, la Raison,

le Vrai, le Beau, le Bien; nous Savons où voudraient nous ramener les laideurs du mensonge,

même par son absence, nous a montré montrant où il est, et en nous montrant

il nous est donné de Cause, l’une ou l’autre de ces

L'utilité nous appelle en avan

t, la division voudrait nous retenir en arrière!

Le dix-huitième siècle et dans nos âmes, comme, dans le de l’Écriture.

le vingtième siècle se battent sein de leur mère, ces jumeaux

D de ne Re ot

nn re ge qu: NE ju nn

nl ho mit — - L né den a ant

de és te

Nous prouverons le Christianisme en l’embrassant ou en le maudissant, par notre amour ou par notre haine, par des cathédrales ou par des ruines. Nous lui rendrons, dans tous les cas, par notre salut ou notre perte, l’inévitable hommage que tout lui rend. Fidèles ou infidèles, nous joindrons nos voix à la voix des générations qui confessent Celui qui est;

nous passerons, et la Croix restera pour notre gloire ou notre honte,

La lumière est: mais il nous est possible d'ouvrir ou de fermer les yeux. Entre les hideuses et ridicules ténèbres de la nuit finit et les divines splendeurs du jour qui veut paraître, choisissons. Il est difficile que vous n'ayez pas eu dans votre vie une heure d'amour pour la vérité. Au nom de cette heure-là, chdisissez. Le grain de sénevé veut grandir.

La Science et l'Art, ces deux grands enfants prodigues, mouraient de faim dans leur exil volontaire, Ils revicnnent affamés à leur patrie, qui les attend. Le père de famille va tuer le veau gras.

Prenons part à la joie de Ciel. Dans la bataille qui se livre entre la Foi et la Négation, entre le Néant et l'Être, chacun a sa place marquée, grande ou petite à nos yeux, immense toujours aux yeux des anges. Le Ciel attend de chacun de nous un mot décisif, oui ou non. En face de cette

attente, l'indifférence est la plus inexplicable, la plus prodigieuse des folies.

Vous qui lisez ceci, le grain de sénevé vous demande, à vous personnellement et actuellement, de l’arroser, de le faire grandir. Aidez donc de tous les instruments qui sont en vos mains ceux qui travaillent au triomphe de l'Église dans les âmes, et si les instruments semblables à la plume ou au ciseau ñe sont pas à votre portée, aidez les combattants par une expiosion de prières qui crève l'obscurité de la terre, comme la foudre crève le nuage,

mbrassant ou en e haine, par des drons, dans tous vitable hommage IS joindrons nos it Celui qui est; notre gloire ou

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Il semble que l'esprit 44 di neuvième siècle soit tiraillé par deux tendances directement opposées.

D'un côté, il adore 1a matière; de l’autre, il la fuit.

Si nous regardons l'Art, nous serons frappés des efforts

qu’il fait, tantôt pour se perdre dans les nuages tantôt pour se perdre dans la boue.

Si nous regardons la vie, nous verrons aussi que tantôt elle se précipite dans la matière, avide et cupide, pour la dévorer et essayer de se satisfaire; tantôt elle essaye de la dédaigner, puis retombe un instant après sur elle pour se punir, en la divinisant, de l'avoir méprisée,

L'Art, au dix-neuvième siècle, a reproché à l'Art des siècles précédents de n'avoir pas embrassé la matière ; il lui a reproché son mépris pour la nature, son mépris pour les choses visibles, extérieures, ordinaires et sensibles, Il lui a reproché d’avoir sautillé entre ciel et terre sur un fil d’archal sans réalité. Il a eu parfaitement raison dans son reproche, et parfaitement tort dans le type nouveau qu’il est venu proposer à son tour.

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Il a eu parfaitèment raison quand il a refusé d’imiter; il a eu parfaitement tort quand il a voulu devenir un modèle et se faire imiter à son tour.

Au lieu d'employer la matière, il l’a courtisée ; au lieu de la dompter, il s'est fait dompter par elle. Tandis que l’homme pouvait devenir dompteur d'animaux, l'animal est Port devenu dompteur d'hommes. La peinture a suivi la poésie

Le dans la voie de la matière montrée, et a produit des monstres

dont elle est fière; car on est toujours fier quand on a fait un monstre. Mais pendant

une louve affamée, sur la chair humaine, elle dans une autre

Deux noms sont souvent rapprochés dans la pensée et dans la critique contemporaines :

A force de les nommer l’un

contraires, Pendant que matière et soutenait les avec le réel, prenant ainsi . de Lamartine se réfugiait dans une sentimentalité singulièrement éloignée des réalités terrestres if que réclamait à grands cris son interlocuteur, — Je les à car ils faisaient à eux deux, dans le une espèce de dialogue sans demande ni

M. de Lamartine transportait la loin de la ville, des salons, des rues, } | qu’on ne l'avait jamais transportée.

(We Au même moment, l'Allemagne voyait la poésie et la philosophie s'évanouir dans le même rêve. Néanmoins les plus

et de ses philosophes ne négligeaient - La bière et les fantômes, Schubert

et le cabaret représentaient assez bien en Allemagne les le conte

constate. En Allemagne,

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fantastique fréquente beaucoup le cabaret, et cela éclaire sur la nature du dix-neuvième siècle.

Autrefois, un héros lui-même, quoique simple mortel, fait de chair et d'os, ne semblait pas capable de manger. Un personnage tragique qui aurait parlé de se mettre à table eût scandalisé toutes les Universités, toutes les Académies, et se fût rendu indigne pour toujours du cothurne et de la toge. Il fallait faire bonne figure jusqu’au dernier moment, et le trépas, car ce n’était pas la mort, Le trépas ne devait rien coûter à la pureté de la diction. Il était permis de recevoir un coup de poignard et même dé le donner; mais il était interdit de boire ou de manger. Il était permis de ne pas dormir, mais il eût été interdit de dormir, Il était permis de dire:

Les ombres par trois fois ont obscurci les cieux Depuis que le sommeil n’est entré dans vos yeux ;

mais il eût été défendu de faire la remarque contraire et de féliciter l'héroïne sur la bonne nuit qu’elle aurait passée, C'eût été un manque de respect pour la dignité de sa position. Tantôt la trahison, tantôt l'amour, tantôt mille autres obstacles, tous plus nobles les uns que les autres, enlevaient au héros le sommeil et l'appétit.

Et cependant, qu'est-ce qu’un héros près d’un fantôme ? Le fantôme moderne semblerait avoir droit, beaucoup plus que le héros antique, à l’abrogation des lois naturelles, Cependant il les accepte, au moins en apparence: il boit, il mange, il dort, il fume, il demande si la bière est bonne, il cauce avec l’aubergiste comme un camarade, et on finit par s’apercevoir qu’il est fantôme; tandis que l’ancienne victime du cothurne n'avait d’autre grade que le grade de héros.

L'Allemagne nous avertit par là très implicitement de sa double tendance; la matière grossière et la matière absente se rencontrent dans ses contes et dans ses mélodies, et ne s’étonnent pas de se rencontrer.

En France, l’élégie, quand elle a pris le nom de méditation, que M. de Lamartine lui a donné, s’est envolée très loin des affaires humaines. Elle est allée sur e bord des lacs, et

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elle s’est mise à chanter, U devenant harmonie, a fa s'éloigner de la terre. Au s’accrochaient aux réalité différentes formes de l’a les autres.

n peu plus tard, la méditation, en it une démarche nouvelle pour même moment le roman et le drame s les plus matérielles, comme si les rt voulaient se venger les unes sur

Dans le même drame les deux tendances se rencontrent quelquefois. Le même personnage peut les provoquer toutes les deux. On admire de temps en temps la pureté de la Courtisane; il est question de sa virginité. Au dix-septième siècle on aurait parlé de sa flamme, sans préciser quoi que ce soit. Les mesures du temps même indiquent chez le Personnage moderne une certaine tendance vers ce qui est réel, il suppute les années, Le héros antique ne connaissait pas le calendrier. Quand il cherchait quelqu'un, c'était toujours depuis plus de six MOIS.

Et encore ce n’était pas quel

un confident. Or, le confident étai domestique, en qui le héro

Non seulement Je con

fident n’avait pas de nature matérielle, mais il n'avait pas d

€ nature morale, Il n'avait pas de Caractère à lui: Î

ent fabriqué pour donner la réplique et fournir au héros une inépuisable Occasion de récits et de tirades.

Compagnon de voyage,

Ce COMpagnon mangerait comme quatre, et nous connaïtrions

le menu de ses repas.

On dirait que l’art

le cabaret pour tentat

idéal, ni tentation.

Le héros semblait naître, vivre et mourir dans le vestibule du palais, comme une plante dans sa terre natale, Et ce vestibule, aussi favorable aux Conspirateurs qu’au tyran, où retentissaient alternativement les déclamations de l’un et les déciamations des autres; ce vestibule impartial ne semblait situé nulle Part. C'était 1à qu’on déclamait, en

moderne a le fantôme pour idéal et ion. L'art ancien semblait n’avoir ni

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attendant le coup de poignard: mais ce n'était pas un lieu quelconque.

Les tragédies de Voltaire représentent dans sa plénitude le vrai héros de théâtre. Crébillon et Campistron ont eu de la peine à dépasser ce maître.

Le xvirr® siècle est le lieu où l’on peut le mieux saisir l’art ancien, parce que, dans le siècle, la chose montre à nu ses ravages; elle se décompose et laisse voir tous ses ressorts; de plus, l’infériorité des hommes montre la machine comme elle est. On n’a plus le talent qu’il faut pour déguiser, et, à ce point de vue, les hommes du xvirr siècle sont des modè’:: ‘> franchise, Ils sont francs parce qu’ils déshabillent les ‘+ qu’ils manient, Ils sont francs, parce qu’ils ont la {:::e d'imposer un masque à leurs personnages, Voltaire et Fiorian sont francs, parce qu’ils n’ont pas le génie de déguiser leur système littéraire.

Gonsalve de Cordoue et Zaïre sont des œuvres pleines de sincérité; car elles semblent défendre aux lecteurs l'illusion. Elles semblent dire: nous nous donnons pour ce que nous sommes; trouvez cela beau, si vous pouvez.

Elles sont franches, à la façon de Rousseau dans ses Confessions.

Le xvrrr siècle étale ses turpitudes, mais ces turpitudes ne le dispensent pas de la vanité. C’est en leur nom qu’il réclame l'admiration; il a en même temps le mérite de la rendre impossible et la honte de la mendier.

Si les deux tendances du xrxe siècle, aîtéré d’idéal et de réalité grossière, sont visibles dans l’art, elles sont reconnaissables aussi dans la vie. L'homme actuel se précipite sur la jouissance, mais il parle à chaque instant de grandeur, de dévouement, de synthèse, d'unité, de transcendance, de lumière, de charité, etc.

Ces mots ne sont pas seulement des mots: sans doute, ils sont habituellement des illusions; mais ces illusions ré-

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