‹ L'homme [microforme]Chapitre 26 sur 55 · STE · texte numérisé non relu

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Le xrxe siècle, en se récipitant sur la m P

un Certain besoin d'infini qu’il cherch une rage impure; mais elle permet d derrière elle. Souvent les actes qui semblent appartenir le plus exclusivement à la tendance inférieure révèlent, en réalité, dans le XIX* siècle, les deux tendances.

Si le xvrrre siècle avait la hideuse f tout à l’heure, le xrxe siècle est trom tantôt il se calomnie: il promène son inquiétude de l'orgueil au désespoir; il n'est dans le vrai

ses infirmités incommensurables, Si !’

atière, éprouve € à tromper, C'est € voir autre chose

Trainer une masse de matière au moyen de l’impondérable.

le fer à travers les montagnes déordre de la locomotion, le problème

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Car la victoire de être soumise à tre soumis au cavalier.

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‘e soumise à S au cavalier.

La gloire de la matière, c'est d’être conquise. La gloire de la vapeur est d’obéir. L'obéissance est son mouvement, on dirait presque son instinct. C’est par obéissance qu’elle s'envole, c'est par obéissance qu’elie entraine, c'est par obéissance qu’elle triomphe.

Le mouvement est sa vertu, sa vie, sa loi, sa force, sa gloire; il est le signe du mandat qu’elle a reçu. La vapeur est une magnifique image de l'impossible réalisé.

Imaginez le rire du xvrrre siècle,. si on lui avait parlé d'un chemin de fer. Imaginez la coalition des hommes raisonnables, leurs plaisanteries, et la satisfaction qu’ils auraient eue à se moquer! Imaginez la tranquillité de leur ironie, la bonne foi pleine et entière avec laquelle ils auraient raillé les fous, les fous qui auraient dit: Cela sera.

Et les montagnes? aurait demandé le philosophe du xvrrr siècle avec le plaisir insolent de l'objection qui se complait en elle-mêmr,

Ou ies percera, aurait répondu le fou. J'entends d’ici l'éclat de rire, le rire fou du philosophe.

Vous direz peut-être à la goutte d'eau que ce n'est pas elle qui transporte les montagnes; elle passe, il est vrai, à travers leurs flancs déchirés, mais ce sont les hommes, armés de jeurs instruments, qui lui ont frayé sa route à la sueur de leur front. La goutte d'eau vous répondra que cette circonstance agrandit son triomphe, au lieu de ie diminuer. Sa route est faite d'avance: elle va venir et déjà les montagnes ont disparu. L'homme dit à la terre: Voici 12 vapeur. Retire-toi vite, elle est pressée.

L'homme est un héraut d'armes qui annonce au globe terrestre que la souveraine va paraître,

L'homme qui nie est toujours content de lui. Le doute est le paradis de l’orgueil. Celui qui fait une objection s’admire toujours. C’est que l’objection est la moelle des os de l’homme. Celui qui affirme, qui annonce, qui proclame, celui qui aurait dit: La vapeur traînera le feu et l’homme à travers la terre percée, celui-là sort de lui-même, cet homme se livre au transport. L'homme raisonnable, au contraire,

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LA SCIIINCE

rentre en lui-même; il fait appel à son Propre fonds;'il invoque ce qu'il sait déjà; il limite 1’ il a tout l'avantage de la si

» lui montre de quoi rieur tome dans un ridicule sans ormes de matière, déchirées, soulevées, emportées, vaincues, disent à la force légère, active, motrice, ardente qui va passer:

— Voici que nous Vous apportons,

par notre fuite, le magnifique témoignage de notre faibles

se.

Le télégraphe électrique est le symbole de la Puissance, car il porte Ja foudre, et Comme il la porte légèrement ! comme elle pèse peu! Comme elle est docile! L'électricité

t de la matière Pour devenir esprit, On dirait l'élan de la matière qui veut fr

et sortir de chez elle, On dirait que la cité, essaye d’avoir une extase

Le télégraphe électrique est, comm paroles de la science, qui dit au XIXe son œuvre, Le télégraphe électrique, montre ses tendances dans l'union de la ‘ice et de la

légèreté, dans la puissance donnée à l'invisible et dans l'obéissance du visible,

€ la vapeur, une des siècle quelle doit être Comme la vapeur, lui

on allait lentement, et cette + Depuis cinquante ans, l’humase le pas comme un voyageur

car le soir arrive, et il est bien loin de chez lui, Elle presse le pas comme un Voyageur surpris par la nuit tombante et forcé par elle au recueillement, car il est loin de la patrie,

1 propre fonds; il

venir à lui-même:

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N’avez-vous jamais éprouvé, en voyage, cette méditation profonde qui survient et s'impose, quand l’homme se sent seul, loin du foyer domestique, en pays inconnu, dans la campagne, à l'heure où le soleil se couche? Le voyageur presse le pas: le paysan qu’il rencontre sur sa route doit croire cet homme agité ou égaré. Il dit: «En voilà un qui n'est pas du pays!» En effet, le voyageur est égaré peutêtre, agité peut-être; mais au fond de son agitation, il y a une chose que le paysan ne voit pas et ne peut pas voir, c'est le recueillement. Le voyageur pense à sa patrie, et le soleil va se coucher. Les ombres des arbres s'allongent sur la route; les hommes rentrent chez eux; un certain apaisement annonce l'approche du sommeil; il y a déjà longtemps que les bœ.fs se sont instinctivement rapprochés de l’étable, comme s'ils attendaient l’heure qui va leur en montrer la route et leur en ouvrir les portes. Le voyageur, sans donner à tout ce spectacle, que la campagne lui offre, une attention précise, est reporté par la pensée vers la maison où il a dormi enfant. Les oiseaux font la prière du soir et éveillent en lui quelque souvenir. Dans le lointain une cloche sonne ! c'est peut-être l’'Angelus: en tout cas c'est un appel. Que font maintenant ceux qu’il a autrefois connus ? Où sont-ils ? Que prépare, dans son silence, la journée du lendemain? Que verront ces astres graves qui s’allument les uns après les

autres, comme si le ciel ouvrait ses yeux pour regarder la terre ?

Le voyageur pressé, égaré, qui sent les approches du soir, c’est l'humanité du xrx® siècle.

La vapeur et le télégraphe électrique sont les instincts de rapidité qui s’éveillent au fond de lui. La rapidité est un mystère. Quand tous les désirs de l’homme seraient accomplis, s'ils étaient accomplis, lentement, je crois que la joie manquerait. Si quelque chose pouvait donner une idée de la joie, ce serait peut-être la rapidité,

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