CLES
eur, c’est la mode, levrait être beau.
ue le siècle impose elle est passée: le ns que le costume r est ridicule aul'esprit du siècle, lle est privée des passagères qui la
ne siècle, que je iculièrement ridiler ce que je viens avant de l’avoir certain d'avance.
ition: Quelqu'un
ables: je ne veux Mais je veux en r faudra un cosont vous puissiez Isée.
jamais eu envie fût-elle déchirée ?
Avez-vous jamais eu la pensée de dire: La mode est passée ? Non. Vous vous êtes senti en dehors du domaine de la mode. Cet homme en soutane a pu vous paraître un reproche, mais non pas un anachronisme; car il n’est pas l’homme du siècle.
La mode passe, on le sait. Mais pourquoi passe-t-elle ? Elle passe dès qu’elle est totalement connue, connue dans sa plénitude ; dès qu’elle a atteint sa perfection.
Ce ne sont pas ceux qui se moquent d’elle qui la tuent, ce sont ses fidèles, ses esclaves, ses dupes. Une mode contre laquelle on se révolterait durerait longtemps, parce qu’elle tarderait à se développer. Mais dès que, grâce à l’obéissance publique, elle a montré, par un développement complet et parfait, tout ce qu’elle portait en elle de laideur et de sottise, il ne lui reste plus qu’à mourir en se cachant.
Le Prince du mal est appelé, le Prince de ce siècle, et l'Église dit à Dieu qu’il règne dans les siècles des siècles. La parole de Jésus-Christ se fit entendre au Jardin des Olives, à l’oreille de ceux qui venaient le saisir: Woici votre heure et le pouvoir des ténèbres!
Votre heure! elle accordait au mal un triomphe d’une heure; mais elle disait à ses amis: Je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles.
Une heure! les siècles! que d’enseignements dans ce contraste! Et pendant cette heure, accordée aux ténèbres, Jésus promet au bon larron ce Paradis où la gloire doit vivre in œternum et ultra! Ù
Il est donc dans les habitudes de la Puissance de laisser au néant, quand il a fait un effort, la récompense dérisoire d'un faux succès momentané, l'illusion d’un tricmnhe qui porte en lui son ironie; et pendant qu’elle se joue ainsi du vaincu, au point de lui permettre, de lui concéder, une apparence de victoire, la Puissance se garde pour elle-même, comme sa réserve assurée, comme sa chose inaliénable, la revanche éternelle de l’Être!
Le propre de l'erreur, c'est de n’avoir qu'un moment à elle; comme le propre de Îa vérité, c’est d’avoir devant soi l'éternité. Aussi, l’une est patiente, l’autre est pressée.
En mt rm
quelque chose, elle u’elle porte au fond j éussi e dissoudre.
Si l'erreur enten le demi-jour, manière d’ê
laideur, et cette laideur est
même, dès qu’elle s'aperçoit.
Mais, par une ven
Pitié, par intérêt, par
traire, l’ardeur impru
montre, la voilà per
Pour une figure de style, mais
tion nécessaire de toute erreur.
détruite à l'instant même.
eurent leur moment au- Ste-t-il à faire à l'erreur
tifs. Luther vint réaliser ce pro-
e, elle se dissout.
» CTOyant presser sa boutissent ses soins quelque chose, elle l'elle porte au fond dissoudre, , elle resterait dans pour elle, la seule | à la fois; la seule né pas montrer sa upporter elle-même ition de cacher son tenir devant cette nte en face d’elle-
l'erreur qui, par cacher, a, au con- , et dès qu’elle se te forme, elle en où, produite à la visage, et recomois dupe et fripon.
Il ne faut prendre re de style, mais
de toute erreur.
int même.
s en elles-mêmes, t successivement ont été permises ht, de suivre les éveloppe en elles
ur moment aufaire à l'erreur autre costume, paroles, méconréaliser ce pro-
gramme. Luther eut son moment ; oui, mais Carlostradt voulut avoir le sien et l’eut aussi.
Luther eût voulu s'en tenir à la théorie des images brisées ;
sa théorie plut à quelques-uns. Mais Carlostradt désira voir
de ses yeux et toucher de ses mains les fragments de ces mêmes images, non plus seulement maudites, mais brisées réellement, et la populace lui donna la joie du spectacle qu’il désirait.
Luther se contentait de condamner; Carlostradt voulut l'exécution des condamnés; la populace les exécuta.
Que fit Luther alors ?
S'il eût été dans le vrai, il eût béni les disciples qui allaient plus loin que lui dans la route royale qui ne finit pas, dans la route du juste et du beau. Il eût remercié Dieu d’être dépassé. Il eût remercié Dieu de la fécondité donnée à ses paroles, fécondité en vertu de laquelle s’accomplissait des actes. Il eût entendu comme une harmonie délicieuse, comme la musique de sa vie, comme le concert lointain de ses paroles répétées par l'écho, les coups de marteau donnés à Zurich, par ordre de Swingle, sur les verrières imagées.
Mais loin de 1à: Luther, averti par l'instinct, s’irrita contre ceux qui pratiquaient sa théorie ; il condamna en même temps les images et la destruction des images.
Que veut dire cette crainte, commune à tous les destructeurs ?
Elle veut dire que celui qui fait le mal a peur de son œuvre. Il a peur de son œuvre, parce qu’il sent qu’il n’est de force ni à envisager ni à arrêter les conséquences du mal qu’il inaugure. Il a peur de son œuvre, parce qu’il sent vaguement que cette œuvre, dès qu’elle grandira, cessera d'être sienne, et que Ses continuateurs deviendront ses négateurs. Il voudrait pouvoir fixer définitivement l'erreur dans la mesure et la taille qu’il lui a d’abord assignées, afin qu’elle reste son erreur.
Il voudrait pouvoir arrêter ceux qui tombent dans le précipice, non par pitié, mais par orgueil; non pour les sauver, mais pour les installer à l'endroit précis du précipice que choisirait son regard. Il voudrait pouvoir déterminer leur
Chute suivant son bon plaisir. Il voudrait dire à la mort :
€ Tu iras jusqu'ici, tu n'iras pas plus loin, et là tu briseras
es; Car si tu allais plus loin, tu ne serais que ma main a tracées. J'ai peur des S'il te faut un cimetière plus grand Luther, j'ai tracé le plan, comment
Les craintes de Luther étaient fondées, Quel eût été l'intérêt du luthéranisme ? l’échec de Luther, Moins favorisée Par le succès du premier moment, sa doctrine fût restée elle-même plus longtemps. Son obscurité l’eût laissée davantage dans sa forme primitive, Le &erme de mort qu’elle portait eût dormi au fond d'elle, Mais ce germe a müri dans l'éclat Passager d’un succès apparent, et Luther a été réfuté d’abord, puis oublié par ceux qui s i é Si personne n’eût porté ce nom, ‘eût produit au grand jour Luther dans ses conséquences.
t vers la mort de son fils.
humiliation n œuvre n'aura réussi qu’à
plus loin, tu ne serais racées. J'ai peur des cimetière plus grand é le plan, comment protéger contre les pour moi? J'ai peur construits moi-même es, et je me défie de lt, — semblable à Ja
dées. Quel eût été er. Moins favorisée doctrine fût restée üt laissée davantage mort qu’elle portait a müri dans l'éclat | été réfuté d’abord, riens. Si personne uit au grand jour
d'Achille, pleure, \chille. Elle pleure ind ennemi, parce ector, d’une autre, mort de l’ennemi, on fils. À ses yeux, >rme.
rreur, à l'instant le succès de cette s qu’elle vient de ation. Il pourrait e qu’elle tient de , Chemin faisant, Das toujours sous succès apparent, son humiliation aura réussi qu’à
la condition de n’être plus le même, et de n'être plus réellement son œuvre,
Voilà pourquoi les docteurs de la vérité aiment tant leurs disciples : voilà pourquoi les docteurs de l'erreur haïssent ceux qu'ils parviennent à tromaer. Dans leurs disciples, ils prévoient de rudes ennemis, les ennemis de ce moi auquel ils ont tout donné, les dompteurs de cet amour-propre auquel ils ont sacrifié leur vie. Ils tremblent devant jeur triomphe, comme un homme qui se suicide tremble devant le pistolet chargé.
Leur siècle les a applaudis, mais ils sont morts pendant l’applaudissement, et voici venir les siècles qui vont prononcer leur arrêt sur leur tombeau.
Certes une erreur qui n’eût pas été contagieuse, une erreur dont l'inventeur isolé n’eût réussi à tromper personne, une erreur qui n’eût pas fourni sa carrière et présenté aux regards des siècles ses développements, cette erreur serait, au bout de quelques temps, moins démasquée, moins jugée, moins honteuse que celle à qui il eût été donné de tromper Les peuples et de se prévaloir contre les rois.
L'erreur est une fausse route, une route qui ne conduit à rien, un détour, Plus vous Parcourez vite ce terrain inutile dans lequel vous êtes engagé, plus vous revenez vite à la route de la patrie, si toutefois vous devez y revenir.
Une erreur engendre beaucoup d’erreurs, par un procédé qui n’est pas toujours celui de la logique. Ces erreurs engendrées viennent de la première, non pas à la faveur d’un syllogisme, mais à la faveur des passions soulevées.
Tout homme qui dit la vérité mérite bien de la vérité, non seulement à cause des idées vraies qu’il exprime par sa parole, non seulement à cause des mots qu'il prononce, mais en vertu des dispositions que sa disposition intérieure crée dans l’âme de ceux qui entendent. Qui donc, en face d’un Saint, oserait mesurer l’action de ses regards? Il peut, sans dire un mot, vous rappeler par sa présence l’Être de Dieu et la faiblesse de l’homme. Qui donc pourrait, en face d’un grand menteur, compter les erreurs qui, par la voie indirecte de l’occasion, se sont produites à propos de lui ?
Qu’éprouverait un homme à qui il serait subitement donné d'apercevoir, dans un miroir magique, le reflet suivi de ses