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c'est Énée qui a la Homère qui pleurai son H É i ; C'était lui qui and il pensait
ces choses xarà op ée, l’Énée de Virgile, origine orientale: i] voit d’un œil sec et gai tomber et brüler la ville de Priam, parce que cela prépare la bataille de Pharsale, et Mécène, Il est complice de Junon, et sa main ne tr
Quand elle a conquis la Grèce, le monde. II restait bien du vieux mystère.
debout ; le gui des ch tation dernière, Mai qu’elle eut vaincu la elle comprit que les ses armées leurs pro raient sous la hache taire aurait raison de
La statue, n’est plus ni hiératique comme en
Égypte, ni belle comme en Grèce: elle est
rique, à la fois la du Romain, c'était
et la vie chassée n'avait pas de refuge ; envahis comme les maisons par cette religion ni littérature, ni famille, rie de Rome. Rome S'étalait sur l’uni l'âme, comme une formule immense calme comme elle, comme elle inñ
-vous: c'était le Grec lui qui pleurait avec :C lui que les murs de irait quand il pensait ais Énée, l’Énée de gine orientale: il voit ville de Priam, parce et Mécène, et Virgile.
tremble pas.
sait qu’elle a conquis cident quelques amis ques étaient encore
, Comme une protes-
la plus forte. Dès
a Grèce et Carthage,
éclairciraient devant
hênes sacrés tombe-
que la formule mili-
ératique comme en St patriotique. C’est ait de Rome ou le U, ni un type, c’est lez, Jupiter Stator.
Comme ce dieu est ante, ayant conquis es; ellè veut être, du monde invisible, rique, à la fois la u Romain, c'était était Rome. C'était aimer, Rome qu'il anter autre chose
son, unité morte, es temples étaient
atrie terrible: ni
lappait à l’étreinte
ur la pensée, sur. | omme la formule, t inexorable.
Un jour vint où la grande machine craqua. Le monde endormi fut réveillé par le bruit du craquement. Les rouages usés ne fonctionnaient plus. La Rome de la louve n'avait, depuis longtemps déjà, plus de sang dans les veines, et ce mouvement de rotation sur elle-même, un peu semblable à la vie, qu’elle gardait par habitude, allait s’éteindre par lassitude.
La formule avait fourni sa carrière. Elle ne suffisait plus.
Depuis bien longtemps déjà, l'Orient ne dominait plus l'Occident. Le peuple juif avait gardé le dépôt en dépit de tout, pour attester Dieu, par la singularité même de sa foi.
à Mais l'Orient était vaincu. Chose extraordinaire! l’Homère
de l'Odyssée n’est plus l’'Homère de l'Italie, L’Iliade atteste, disais-je tout à l’heure, les préférences orientales de ce Grec qui pleure Troie, et qu’on dirait né dans le palais de Priam. Mais dans l'Odyssée, le Grec apparaît. L'Odyssée est moins haute et plus savante que l’Iliade, On croirait quelquefois reconnaitre au style de l’Iliade un descendant des bergers chaldéens ; le style de l'Odyssée trahit un ancêtre de Périclès. En ramenant Ulysse à Ithaque, on dirait qu'Homère se réconcilie avec les choses de l'Occident.
Plus tard, le roi de Macédoine dompte l'Asie; l'Inde s'épouvante, la terre fait silence devant lui; la civilisation grecque s'impose aux extrémités du monde; les mers d’Asie, si elles avaient gardé quelque chose du parfum des anciens jours, à l’heure où les vaisseaux d'Alexandre les traversèrent pour la première fois, les mers d'Asie durent s'étonner de voir passer la science.
Peu de jours après ce jour-là, cette science si fidèle fut attelée au char d’un soldat romain, et peu de jours après ce nouveau jour, Rome tomba en putréfaction.
Mais, vers ce temps-là, dans une nuit de décembre, les rois d'Orient voyageaient, guidés par une étoile, et dans cette
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nuit-là des bergers entendirent les anges qui chantaient: € Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté | »
Et Rome, en jouant, prépare dans ses arènes la moisson
de l’avenir, La semence qui ne périt jamais fut confiée à la terre. Le sang des martyrs allait germer.
Œuvre à nous? Quelle est l'œuvre ? Son œuvre est de sentir et de proclamer le grand accord, l’accord de la spéculation, que je vais Maintenant nommer l’art; l'accord de
arre peut-être des ignorances, les hommes Sont arrivés à croire que ? ‘onnaissances humaines, que les œuvres humaines sont : adictoires avec elles-mêmes,
érité, les autres la beauté: à fond, et ayant le droit de
les autres, enfin, n’ayant pas de
Au fond de ce délire, cette vérité et cette beauté, ennemies l’une de l’autre, se débattent dans le vide.
Les hommes admettent quelquefois que l'ordre est bon dans la science, mais ils sont persuadés que le désordre est la condition de l'art. Quelques-unes pensent que le mal est le domaine de l'art; que l'artiste, pour être artiste, doit vivre en dehors de Ja loi; et que le beau, c'est le péché,
Les hommes, ayant regardé choses qui devraient être unies, uns aux autres, eux qui devraie devenue l'ennemi i
atigue inféconde, canchemar S le sommeil et la veille.
anges qui chantaient:
Place à la vie enfin! Place à la lumière! Place à la paix! AX, et paix sur la terre
À la formule répond la Loi, à la science répond la Vérité, à l'Art répond la beauté. L'Ordre répond à tout et rien ne contredit rien. Jamais l'être ne se dément ni ne se tourne contre lui-même. C’est le néant qui se trahit.
ses arènes la moisson
jamais fut confiée à la 1er,
Mettons les vérités de l’ordre naturel sous la protection des vérités de l’ordre surnaturel. Écoutons, comme les bergers, le chant des anges, le chant de gloire et le chant de paix! Mettons nos drapeaux humains, qui branlent entre nos doigts dès que le vent s'élève, sous la protection et sous l'ombre de l’étendard qui ne s'ébranle pas.
La Rome de la mort avait donné asile à tous les dieux. La Rome de la vie donne asile à tous les saints. Que l’art, que la science ne tentent jamais rien contre le Dieu qui Est! Que l'Orient et l'Occident, tournés enfin l’un vers l’autre, s'embrassent déjà aussi étroitement que cela peut se faire avant l’embrassement complet, aussi étroitement que cela se peut avant que l’ange n'ait proclamé Ja fin du temps! Que l'Orient et l'Occident, contemplant de leurs yeux ouverts la porte orientale, celle que Rome proclame immaculée, — Marie, la sainte Vierge, — s’embrassent dans les bras immenses de l’Église, ouverts comme ceux du Crucifié!
5? Quelle est l'œuvre t de sentir et de propéculation, que je vais : l’art, de la science t de l'Occident, Cette aire résonner, autant atmosphère terrestre,
lorances, les hommes ances humaines, que €s avec elles-mêmes, s autres la beauté:
et ayant le droit de
tte beauté, ennemies que l’ordre est bon que le désordre est sent que le mal est re artiste, doit vivre t le péché.
contradictoires les renus contraires les nis. L'Occident est travail est devenu € repos tendent-ils éconde, canchemar 1eil et la veille.
Le mot «Art» et sprit deux idées
ne ressemble ni à l’un ni à l’autre.
L’art exige, chez l’homme qui le représente, une manière d’être intérieure : la littérature Suppose un certain genre de travail.
l'ancienneté éveille dan tient peut-
ir, et celui-ci 6 au contraire, est Ja victime
Ces choses, qui excitent et soula
gent à la fois la nostalgie de l'homme, doivent dominer les
considérations qui vont
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> éveillent dans rentes, non pas esprits profonds tique » et le mot e mot & vieux »
te, une manière ertain genre de
e dans l’homme è milieu entre t près de finir.
et respectable, ir, et celui-ci est la victime
is la nostalgie IOnS qui vont
L’Antiquité est une mer où se croisent deux courants distincts et contraires. L’Antiquité est l'écho altéré, et cependant reconnaissable, de la première parole qu’elle répète en l’altérant. Elle craint et elle attend. De là, un vague sentiment de hautes vérités, semblable à un souvenir à la fois confus et profond. Mais à côté de cette eau courante se trouve, dans le sein de la même antiquité, l’altération de cette parole première.
Je crois que ce coup d'œil général est nécessaire à toute étude sérieuse des choses d'autrefois. Cette notion fondamentale est capable de mettre l’ordre dans le labyrinthe.
Les modernes ont beaucoup étudié l'Antiquité. Leur constance, leur labeur, leur acharnement à eu, dans cette direction, quelque chose d'extraordinaire. Ils se sont jetés sur le monde ancien avec une passion que le goût des érudits ne suffit pas pour expliquer. Peut-être ont-ils senti vaguement que l’Antiquité était un sphinx qui dévorerait ceux qui ne la devineraient pas: peut-être ont-ils voulu la disséquer pour n'être pas engloutis par elle: ce qu’il y a de certain, c’est que leur travail ressemble à une lutte, et à une lutte corps à corps.
Mais, dans cette lutte, ils ont été vaincus. Ils n’ont pas deviné où était, dans ce vaste champ, le trésor cherché. Ils ont oublié la parole première, dont il s'agissait de trouver l'écho, et ils ont admiré la négation de cette parole. Ceux
qui ont ainsi fait n’ont pas tué le sphinx, et le sphinx les a dévorés.
Ce dernier mot est d’une exactitude effrayante. Beaucoup de modernes ont été littéralement engloutis dans la gueule du monstre et les siècles présents ne les ont pas revus, parce que les siècles anciens les avaient absorbés. Car la passion du passé, meurtrière comme toutes les passions, par les raisons Communes aux autres passions, est plus meurtrière peut-être Par certaines raisons qui lui sont propres. Elles déteste le
soleil de demain: elle prend, avec la mort, d’effrayantes familiarités.
l'antiquité et retrouve avec joie, sève circulante du vrai, — qui es
t partout.
Un souvenir encore jeune de Sur la haute antiquité, Aussi la r
et l’art vivent dans le même air, mêmes reflets lointains, tous deux turpitudes,
plus parle
La religion est plus dégradée
par les caprices de l’homme.
L'art est resté moins loin du cœur.
Eschyle a plus de rapport avec l’ religion.
La religion antique excite les passions. L’ et blessé plutôt que dominé par elles. La paga
art, Euripide avec la
esse imparfaite, ‘homme.
mais noble. Il est le refuge des larmes de 1
Voyez dans l’Iliade, la religion
relles des dieux, leurs disputes, leurs amours, leurs batailles. Quelle lourdeur! quelle froideur! quelle platitude! quel ennui! Voyez, dans la même Jliade, l’art antique. Voici Achille sous sa tente ; l'inaction du héros est l’action du
Proprement dite, les que-
' z - CS nn on Po a! Verne nn hr
nelle perce sous l'écorce du faux, la
iers hommes. La religion tous deux colorés par les déshonorés par les mêmes
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non par le passé, — ques de sa déchéance cette chose est vieille.
r les faits anciens, et atre mille ans, ceux-là oublie de leur donner vérité éternelle perce l'écorce du faux, la rtout.
té primordiale plane on et l’art sont intihommes. La religion deux colorés par les norés par les mêmes
religion.
u’ils ont de faux et ès de l’origine, plus n. La religion parle religion se plie aux de chaque cité et de 1. La religion amuse L'art reste à l'écart, intique espérance de
aprices de l’homme.
, Euripide avec la
IS. L'art est atteint Paganisme rit d’un tristesse imparfaite, e l’homme,
ment dite, les queurs, leurs batailles.
le platitude! quel art antique. Voici os est l’action du
poème. Voici Andromaque et son sourire plein de larmes; voici Hector et la peur du petit Astyanax, quand le casque de son père fait un mouvement. Voici surtout Priam aux pieds d'Achille, et le sublime intervient.
N'est-il pas vrai que l’art, moins altéré que la religion, ralentissait, par de graves Souvenirs, les progrès de la pourriture ?
Dans Platon, deux hommes sont en présence, L'un d’eux est le Grec, le païen, rhéteur, sophiste, esprit faux, subtil, lourd, alambiqué. L'autre est Oriental, le grand, le simple, celui qui a fait la Caverne. Le premier étudie et dispute, le second se souvient et attend.
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L'art antique vient d'Orient, comme la religion. En Orient, il se corrompt dans l’immobilité, par la pétrification. En Occident, il se corrompt dans le mouvement, par la putréfaction. En Orient, les monuments gardent la grandeur, et perdent jusqu’à l’apparence de la vie. Les pyram.<" sont typiques et symboliques. L'art oriental est un tombea:i.
Ce tombeau est grand, vaste, élevé, superbe et froid; mais enfin, c’est un tombeau. Il est si haut, qu’il voit les premiers rayons du soleil; il les reçoit avant l’homme, — et pourtant c'est un tombeau.
Quelle est la souveraineté qui dort dans ce large sépulcre ? Cette souveraineté, c’est la tradition; la tradition domine l’antiquité, se perd dans les cieux et repose sur la terre. Comme les pyramides cachaïient le corps des rois, et faisaient deviner leur puissance par la forme de leurs tombeaux, la tradition repose au fond de l’art qui la voile et montre à l'âme sa grandeur, Antiquité, majesté, froideur et mort,
voilà l’art antique, tel que l’a vu l'Orient, Et quand les
Occidentaux passent devant ces pierres avec leur rapidité et leur agitation, pressés, arniés, belliqueux, impatients, la vieille poussière s'étonne d’être remuée, troublée, inquiétée
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dans son sommeil, et d siècles nous contemplent.
Le Louvre voit un peu ce Spectacle, la France Passe en foule devant les déb
u haut de ces mausolées quarante
le dimanche, quand ris de l'Égypte,
Sophocle peinture,
Quand la l’innombrabl]
ent oriental était la vie de la Grèce:
dissous, la Grèce mourut. L'Art était
Après Apelles et Xén ouvre fondit sur elle.
Quand tout le mond
le monde ancien. Alor
Ophon, la Grèce était cadavre, La
| mausolées quarante
le dimanche, quand
bris de l'Égypte.
utréfié en Occident.
la route, à égale on va d'Orient en ! Platon à Socrate.
couchant, Sophocle phon. Lä peinture, au je ne sais quoi la peinture produit secte.
philosophie produit rhéteurs grecs. Le té a remplacé la t une proie mûre,
, vie de la Grèce:
ourut. L'Art était l'être, et la gueule ous Îles corps qui lévorer. La Rome devenait cadavre,
tait cadavre, La re, Rome dévora
le avait absorbés tomba elle-même
Cicéron et Horace fleurirent à ce moment-là 1,
Cicéron et Horace méritent non pas un examen détaillé, mais une mention particulière. Je ne voudrais pas les relire, mais je consens à les nommer: car ils représentent assez bien le cadavre de l'Antiquité, tel que la mort nous l'a fait, après l'oubli presque total et après la putréfaction de l’art antique.
Dans Cicéron, la prose ne se souvient plus de ia Parole et devient la rhétorique.
Dans Horace, le vers ne se souvient plus de la Poésie et devient la chanson.
Or, la poésie étant au-dessus de la prose, elle tombe alors plus bas; elle devient la chanson de table,
Quand il veut, à propos d’un orateur romain, exprimer son admiration et provoquer la nôtre, Cicéron nous raconte comment cet orateur avait l'habileté de frapper souvent du pied, en se soulevant, afin de produire plus d'effet: crebra bedum supplosio.
Horace, quand il veut exprimer sa joie et provoquer la nôtre, s’écrie en vers:
Nunc est bibendum.
Maintenant il faut boire!
1. Je répète, à propos «’Horace et de Cicéron, l'observation que j'ai faite au chapitre précédent. Tous deux possèdent certaines qualités, inférieures, mais réelles, qu'il ne faut ni exagérer ni contester. Je les regarde ici sous l'angle que mon sujet comporte, mais non pas sous tous les angles. J'examine aujourd’hui les systèmes plus que les écrivains, mais je ne veux pas laisser croire que les défauts, qui tiennent en partie aux systèmes, me rendent injuste envers ce qu'il y a de réel et de positif dans les hommes ct leurs talents. Cicéron, Horace, etc. etc. et presque tous ceux que je discute, échappent de temps en temps aux limites que leur erreur impose à leur esprit.
Il ne faut mépriser en masse aucune page de l’histoire humaine, car l'erreur seule a droit au mépris.
Par le mot: Art, j'entends tout tout ce qui, sculpture, peinture, parole, prose ou vers, exprime ou représente les traditions du monde et l'idéal des nations. Par ie mot: Littérature, j'entends les exercices des écrivains, et quelquefois leurs tours de force.
Horace et Cicéron ne sont pas les anciens: ils sont nés de la décomposition de ceux qui furent les anciens.
La rhétorique latine est simplement une des phases de la rhétorique grecque putréfiée, Après la conquête, c’est-à-dire après la mort, la Grèce éteinte continua, par habitude, à parler. Seulement, au lieu de parler grec, elle parla latin, Mais elle dit en latin ce qu’elle allait dire en grec, si la hache romaine ne lui eût pas coupé la parole, Aussi la rhétorique
latine ressemble un peu aux secousses que la mécanique imprime à un corps privé de vie.
Or, la mort finit par indigner l’homme.
C'est pourquoi il se forma une nouvelle langue latine qui 4 pour caractère la fureur, Elle est représentée par Tacite et Juvénal. Celle-ci n’est plus une copie, elle est au contraire
une révolte, Cicéron parle grec en latin. Tacite parle latin. Quand Juvénal écrit :
Si natura negat, facit indignatio versum,
il dit encore plus vrai qu’il ne croit.
La langue latine est représentée par Tacite et par lui. Quant à saint Jérôme, il a créé le magnifique idiome dans lequel il a parlé. Tacite et Juvénal sont les balbutiements humains de la langue que saint Jérôme a parlée divinement.
Il ne faut pas prendre pour une querelle de mots l’opposition qui s’étabit entre l’art antique et la littérature ancienne. L'art antique a des aspects vénérables; il a le souvenir et l’espérance. La littérature ancienne participe tantôt de sa noblesse et tantôt de sa dégradation. La Grèce est partagée entre l’art antique et la littérature ancienne. Pour quiconque a ouvert Homère et Platon, la lutte est évidente entre les deux tendances. Rome copia la Grèce: donc l'élément mauvais de la Grèce domina à Rome. La littérature latine proprement dite est la punition des Grecs. Elle montre à Ja postérité ce que contenait et ce que pouvait devenir la langue d'Homère et de Platon. Cicéron est le châtiment de Périclès.
Plutarque raconte qu’Apollonius Molon, rencontrant un jour Cicéron à Rhodes, dit en le regardant: «Je plains la Grècc. » Certaines paroles, ridicules dans le sens où on les dit,
ciens: ils sont nés s anciens,
e des phases de la nquête, c’est-à-dire , par habitude, à , elle parla latin.
n grec, si la hache ussi la rhétorique que la mécanique
langue latine qui sentée par Tacite e est au contraire l'acite parle latin.
ersum,
acite et par lui.
ique idiome dans les balbutiements arlée divinement.
de mots l’oppoérature ancienne.
a le souvenir et pe tantôt de sa èce est partagée Pour quiconque idente entre les > l'élément mauiture latine pro- Île montre à Ja levenir la langue 1ient de Périclès.
rencontrant un : «Je plains la ns où on les dit,
sont vraies dans le sens où on devrait les dire. Apollonius plaignait la Grèce, parce qu'il voyait naître un rhéteur qui allait, selon lui, la remplacer. A la hauteur où se plaçait cet homme, la loi de la critique, c’est la jalousie, Voltaire dit quelque part: « Mandeville croit que sans l'envie les arts seraient médiocrement cultivés: et que Raphaël n'aurait pas été un grand peintre, s’il n'avait été jaloux de Michel-Ange. Mandeville a peut-être pris l’émulation pour l'envie. Peut-être aussi l’'émulation n'est-elle qu'une envie qui se tient dans les bornes de la décence. »
Il y a dans cette abjection quelque chose qui dépasse l’indignation, qui dépasse le dégoût, et qui oblige au silence, Apollonius et Voltaire se seraient assez bien entendus. Mais la parole que ce vieillard adressait à Cicéron avait un sens profond auquel il ne pensait pas. Il avait raison de plaindre la Grèce en regardant le rhéteur qui allait devenir célèbre. Car Cicéron allait publier la honte de la vieille rhétorique grecque. Il allait montrer ce que valait cette école de sophistes. Il allait la montrer toute seule, dépouillée des vêtements de l’antiquité et habillée seulement des vêtements de la vieillesse. Il allait trahir les secrets du métier. Il allait, dans le De Oratore, étaler le déshonneur de la rhétorique er décrépitude.
Cicéron, l'élève des Grecs, était destiné à écrire un jour (de Oratore, lib. IT) :
« Duo enim sunt genera facetiarum, quorum alterum re tractatur, alterum dicto. »
«Il y a deux genres de fäcéties, dont l’un a trait au fond des choses, l’autre à la manière de dire. »
Ce n’est pas tout: nous apprenons un peu plus loin que le genre de facéties qui a trait au fond des choses se subdivise lui-même en deux classes distinctes. Dans la première classe, on raconte une histoire.
« Perspicis hoc genus quam sit facetum, quam elegans, quam oratorium; sive habeas vere quod narrare possis, quod tamen est mendaciunculis aspergendum, sive fingas. >
« Vous voyez combien ce genre est plaisant, combien élégant, combien oratoire, soit que vous ayez à raconter une histoire vraie, qu’il faut pourtant arroser de petits mensonges, soit que vous inventiez. >
de plaindre la Grèce en regardant Cicéron.
nisi illa vultus et vocis imitatio ? »
Cicéron nous avoue que, dans cette admirable facétie, | qu’il propose à notre imitation, il n’y avait rien de gai que ! la contrefaçon de la voix et de ia physionomie. € Per tuas statuas vero quum dixit, et extento brachio | paululum etiam de gestu addidit, vehementius risimus, > Le rhéteur Cicéron raconte avec complaisance que son rire a redoublé, quand le rhéteur Crassus, non content d’avoir
contrefait la voix et la physionomie d’un autre homme, a de plus contrefait son geste.
Le professeur de facéties, après avoir disserté sur le premier genre, aborde le second. Non content de ce luxe F4 insatiable de richesse, il indique un procédé transcendant, (RUE qui serait de cumuler les deux genres de facéties, la facétie
relative aux choses et la facétie relative aux mots. C'est alors que le rite éclate.
Je vais citer encore, parce que cela est utile. Il est temps de marquer d’un fer rouge le front de la vieille rhétorique :
€ Alterum genus est quod habet parvam verbi immutationem.. ut nobiliorem, mobiliorem, Cato: aut, ut idem, quum cuidam dixisset, eamus deambulatum, et ille : quid opus fuit de? Imo vero, inquit, quid opus fuit te?«
Quant à Horace, il a un avantage: c'est de ne pouvoir être montré. Il éch
ne peut être indiqué ici par ni en latin.
Ce qui distingue et ce qui augmente l'ignominie de cet homme, c'est la jovialité. Les oiseaux de nuit ont du moins la pudeur d’être tristes. Mais Horace est jovial. Le mot de gaieté ne veut pas être appliqué à lui: mais c’est la jovialité qui lui convient.
imitation de la bhysionomie et de la voix. Dites-moi si Apollonius n'avait pas raison
ive comprise dans on de la physionon'avait pas raison
uadam dapravata tuam nobilitatem, uo concio rideret,
dmirable facétie, rien de gai que mie.
extento brachio ius risimus. > aisance que son n content d’avoir tre homme, à de
disserté sur le tent de ce luxe lé transcendant, céties, la facétie aux mots. C’est
ile. Il est temps ille rhétorique :
erbi immutatiout idem, quum quid opus fuit
de ne pouvoir son obscénité, caractéristique ni en français,
ominie de cet ont du moins al, Le mot de est la jovialité
Parmi les auteurs connus, quelques-uns sont tellement au-dessous de la critique, qu’elle ne peut, en les regardant, que s'étonner de les connaître. Horace est de ce nombre. Le seul fait de savoir son nom est un phénomène et mérite une attention que ses œuvres ne méritent pas. Comment Savons-nous le nom de Cornélius Nepos? Combien de milliers d'hommes, supérieurs à ceux-ci, sont morts sans avoir été connus, même d’un ami ?
Par quelle faveur ou par quelle sévérité tel homme, petit dans une direction passable, prend-il aux yeux des hommes des proportions invraisemblahles ? Quel ordre règle ces caprices apparents ?
La réputation est la parodie de la gloire. Elle obéit probablement à des lois factices, à des lois déchues qui sont les contrefaçons des lois de la gloire. Or, la gloire est à Dieu seul, et toute créature glorifiée ne possède qu’un reflet, Peut-être la réputation de certains hommes s’explique-t-elle parce qu’ils ont reflété et condensé en eux les traits épars de dégradation ou de médiocrité qui se trouvaient disséminés chez leurs contemporains. L'homme médiocre, qui pousse la médiocrité jusqu’à l’état typique, peut obtenir la réputation, parce que les hommes médiocres se contemplent en lui comme dans un miroir. La réputation vient d’en bas; la gloire vient d'en haut.
Voltaire, au dix-neuvième siècle, n'aurait peut-être pas de réputation, parce qu’il ne serait ni l’image des bons, ni même l'image des mauvais. Son genre de sottise serait étranger au milieu des hommes. I] conquit, il y a cent ans, une réputation explicable, parce qu’il était l’image raccourcie d’un siècle dont il condensait la grimace sur sa figure. Horace est en réputation parce qu’il résume une classe d'hommes. La chanson à boire est l'occupation de plusieurs, et ceux-là se ‘egardent en Horace avec la complaisance d’un homme qui regarde son portrait. Car Horace est à peine un coquin ; c'est surtout un polisson.
Virgile est une image assez fidèle, quoique à demi effacée, de la double tendance homérique. L'art antique, tel qu'il existe dans Homère, est atténué dans Virgile: la littérature
ancienne, telle qu’elle existe dans Homère, est exagérée chez Virgile.
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