TÉLÉPHONE
Paris, 20 mai 189o.
Nous n'avons pas la prétention d'émettre une vérité nouvelle en disant que l'amour du péril fut, et n'a point tout à fait cessé d'être, le propre de notre race. Tout Français, vraiment
digne.de ce nom, tressaille encore de joie à l'idée d'exposer sa vie pour une bonne cause, ou même pour une mauvaise, comme un cheval au premier tarantatara du clairon, selon l'heureuse onomatopée du poète Ennius.
Mais, en les temps actuels, ou se raffine jusqu'à l'cxtrôme la subtilité des âmes, ce sentiment se complique, sans nul doute, d'un autre sentiment, plus nouveau, qui tend peutêtre à le remplacer et qu'on pourrait appeler : le Désir de la Peur. Nous n'en voulons pas d'autre preuve que la faveur dont jouissent auprès des dames, et même auprès des messieurs, les écrivains qui, par l'étrangeté adroite, glissante, insinuante d'un récit, parviennent à leur causer le chatouillis d'un frisson ; et les soirs, à la campagne, les pieds aux chenets, sous l 'abat-jour de la lampe à demi baissée, il n'y a rien de plus plaisant qu'une histoire de revenant, tandis que, de l'aulre côté du
volet de la fenêtre close, le vent qui se plaint passe comme un glissement de linceul. Pour parler d'une façon plus générale, c'est la Peur seule qui peut énergiquement, et si agréablement à la fois, secouer l'inertie et l'ennui de nos existences qu'une trop longue habitude des joies et des douleurs communes — l'amour, la richesse, le bonheur familial, les trahisons, la misère, la mort des plus chers parents — désaccoutuma enfin de s'en émouvoir ; et les douleurs et les joies qui, par un caractère d'exceptionnahté ou d'excès, pourraient nous intéresser vraiment, sont si peu fréquentes dans le trantran des choses qu'elles ne sauraient entrer en ligne de compte.
Au contraire le Danger, naturellement celui qui nous menace nous-même — car celui que d'autres courent n'a droit qu'à notre indifférence, — le Danger, même s'il est médiocre, suffit à nous distraire de la banalité de vivre, et, s'il est formidable, nous fait aimer la vie par l'alarme de la perdre ! La Peur, en un mot, est le seul efficace moxa de l'universelle veulerie.
De là, sans doute, même en les âmes les moins téméraires, les plus bourgeoises, l'inavouée, mais très réelle espérance, de bouleversements sociaux et de tyranniques revanches ! De là, — pour ne point parler politique, — les mains sur les tables qui tourneront peutêtre, qui écriront, qui parleront, d'oii se lèveront d'autres mains, surnaturelles, effrayantes! de là, ces voyages déjeunes hommes vers les contrées noires, incertaines, mystérieuses, vers le terrifiant surgissement, tout à coup,
LE UANGEIl POUR TOUS 43
d'innombrables nègres agitant des zagaies. Et qui sait si la plupart des crimes n'ont pas pour inconscient mais principal mobile, le besoin de redouter de plus près l'échafaud ?
Mais les gens, même très crédules, ne tardent pas à ne plus trembler à cause de doigts phosphorescents dans l'ombre, qui sont les doigts du médium, ou de l'apport d'un bouquet de violettes, qui était dans la poche du médium ; tout le monde n'a pas le loisir et l'argent d'un voyage au centre de l'Afrique ; quelques personnes scrupuleuses répugnent à assassiner un proche parent, ou même un inconnu, fût-ce en vue de l'angoisse dans le livide matin de la place de la Roquette. Il est vrai qu'il y a les accidents de voiture, les rencontres de trains, les cheminées qui tombent sous le vent d'orage, les explosions de bombes, mais on ne peut raisonnablement compter sur la réitération nombreuse et sûre de ces évé-
nements ; et l'on est bien obligé de s'avouer qu'il ne peut pas y en avoir pour tout le monde.
Donc, les occasions de la Peur, de la Peur qui rompt la monotonie d'exister, de la Peur au frissonnant délice, de la Peur qu'il lui faut, de la Peur qu'il exige, manquent à l'homme moderne.
L'agence Caribert, Pestel et C'" (siège principal, 26, place Vendôme, à Paris, succursales à New-York, à Philadelphie, à Londres, à Berlin, à Bruxehes, et correspondants dans toutes les principales villes du monde) vien combler cette lacune.
A des prix modérés, à des prix qui, croyonsnous, ne peuvent effrayer qu'à peine les plus petites bourses, — d'ailleurs, ce petit effroi est déjà un avantage appréciable, et nous le donnons pour rien, — à des prix que nous espérons pouvoir baisser encore, nous offrons
au public, soit en vente, soit en location, des Dangers de toutes sortes ; entendant par le mot : vente, que le Danger acquis par une personne sera réservé à elle seule, qu'elle seule en pourra désormais connaître la Peur, et, par le mot : location, qu'au contraire, nous reprenons, après un certain temps, la libre disposition du Danger, qui ne fut, pour ainsi dire, que prêté.
Gomme il est deux sortes de périls, le péril surnaturel et le péril naturel, l'agence se divise en deux grandes sections, tout à fait distinctes, qui ont à leur tête : l'une, M. Caribert; l'autre, M. Pestel.
Nous ne croyons pas aller au delà de la vérité en proclamant que M. Caribert est le plus éminent des spécialistes en ce qui concerne les terreurs fantastiques. Tout le monde sait qu'il s'est préparé à la mission qu'il devait remplir, par les plus patientes lectures,
et aussi par de longues études expérimentales. S'il a appris répouvante de l'inconnu dans les livres anciens des mages, et aussi dans les œuvres desCazolte, des Holïmann, des Edgar Poe, des Villiers de l'Isle-Adam. il a passé de longues heures attentives dans les carrefours décriés, — selon l'heureuse expression d'Eliphas Lévy. — dans les cimetières livides de mystérieuse lune, dans les ruines des maisons hantées, guettant, précédées de feux follets qui fuient, les sorcières qui vont au Sabhat. les hautes formes blanches qui se lèvent des tombes, et les conciliabules chuchotants des spectres entre les vieilles pierres. On peut dire que, désormais, s'aidant de petits décors funèbres, aisément transportables, et d'un personnel très expert, choisi,
pour la^plus grande part, parmi des ensevelisseuses de morts et d'anciens employés des Pompes-Funèbres, — gens tout à fait propres
à donner un caractère de naturalisme (car il faut être moderne) au surnaturel, — il est en état d'exécuter toutes les commandes d'une clientèle qui, nous le pensons, sera surtout faite de jeunes dames morphinées, de veuves ou de mères mélancoliques, en pleurs d'un
époux OU d'un fils, et de cabalistes à peine alcooliques. Il excelle aux apparitions qui, deux à deux, joignent à la terreur spectrale un peu de sadisme d'outre-tombe, aux lointaines résurrections des êtres aimés parmi un bruit de chaînes pour lequel il est sans rival, et aux posthumes gestes de l'Apollonius de Thyane, évoqué, à qui manque le pied gauche, selon Topinion des plus célèbres auteurs. Ajoutons que M. Caribert demeure continuellement à la disposition des clientes et -des chents ; fût-ce à minuit, fût-ce à deux heures du matin, il suffit d'une parole au téléphone pour que, pas plus de quarante minute après, une personne, tout à coup réveillée, éprouvé la déhcieuse épouvante de quelque fantôme étendu dans le lit, le long d'elle, pendant que les quatre murs de la chambre grimacent de rires infernaux. Pour un petit supplément, on obtient de la musique d'un orchestre invisible,
qui, généralement, joue une valse mystérieuse de Chopin; si l'on exige du Wagner, c'est plus cher, à cause des difficultés d'exécution. Quant à M. Pestel, sa spécialité, nous l'avons dit, est celle des périls matériels. Il tient à la disposition des dames et des messieurs qui veulent bien avoir confiance en lui, des coups de sifflets lointains, puis rapprochés, à l'heure oi^i après le théâtre on rentre chez soi, par des vh> j:i> ^.> (».? c-^ rues désertes, des filles qui menacent si on ne leur fait pas l'aumône ou si on ne les suit pas, des attaques nocturnes, des bruits de monseigneurs, la nuit, dans la serrure de la porte d'entrée, des passages à travers la chambre de gens courbés, furtifs, qui emportent quelque chose sous le bras, ou, seulement, un remûment de quelqu'un caché
SOUS le lit. Grâce à des ententes avec un grand nombre de camelots et avec la plupart des cochers de fiacre, il peut mettre en vente ou en location, les bousculades contre un mur avec des coups de pied dans le ventre, des roues de voitures qui frôlent, — ou renversent, selon le prix, — et généralement, tout ce qui peut faire frémir dans le quotidien de la vie. Aux familles bourgeoises qui, à la campagne, le dimanche, se promènent en barque, il offre le brusque effondrement des planches de la barque, et, à celles qui préfèrent les matinées dans un cirque ou un café-concert, le cri : « Au feu ! au feu ! » qui fait tout à coup se ruer aux portes closes et aux parois inenfonçables le troupeau affolé des spectateurs. M, Pestel sera prochainement en mesure de traiter avec les municipalités à qui plairaient que quelques cas de choléra asiatique, foudroyants, se produisissent dans leurs villes ;
à cet effet, sous la direction d'un médecin spécialiste qui a séjourné à la Mecque, au temps des grands pèlerinages, des clowns s'exercent tous les jours, depuis trois mois, aux plus abominables dislocations; avant peu, ils seront capables de donner la parfaite illusion des affres cholériques. En attendant nous pouvons signaler une très intéressante innovation de M. Pestel. Tout le monde sait, par expérience, combien sont languissants, vers le sixième mois, les rendez-vous dansjes garçonnières ou dans les chambres d'hôtel garni : grâce à M. Pestel, plus d'ennuis en les baisers, enfin trop coutumiers, car il frappe à la porte, violemment,
«■ au nom de la loi ! », et il apparaît, commissaire de police !
Tout ce que nous venons de dire ne saurait donner qu'une faible et incomplète idée des moyens que nous employons pour procurer à notre clientèle le Plaisir de la Peur. Nous affirmons qu'il n'est pas une occasion de craindre que nous ne puissions mettre en vente ou en location ; et notre assortiment correspond à tout ce qu'on peut désirer.
Nous prévoyons une objection. Gomment, nous dira-t-on, peut-on éprouver véritablement l'inquiétude d'un péril que Ton sait fictif, artificiel, et dont on a soi-même, et en discutant le prix, réglé tous les détails?
Ceux qui parlent ainsi ne savent pas ce qu'ils disent.
Sans même faire allusion au contentement d'orgueil qu'on peut éprouver à sortir victorieusement, devant un certain nombre de
personnes, d'une aventure douxt elles ignorent le mensonge, nous répondrons que, chez la plupart de nos contemporains, la lâcheté est au moins égale au Désir de la Peur; et cette lâcheté, tout à coup, s'affole à tel point, si les circonstances qui doivent causer la peur sont habilement ménagées, avec quelques variantes imprévues, — ceci, c'est le devoir de notre industrie, — qu'on oublie presque totalement le marché auquel on la doit. Les familles bourgeoises, quand on crie : « Au feu ! » dans la salle pleine, sont les premières à se ruer et à s'étouffer dans un angle de mur ; l'amant dit : <( Si c'était le ATai commissaire, tout de même ! » ; le promeneur qui passe place de la Concorde, pense, en insultant le cocher : (( Sacrebleu ! s'il m'avait écrasé pour de vrai ! » et nous avons l'exemple d'un très sérieux gentleman, qui, ayant désiré qu'on fit mine de le jeter à la Tamise du haut d'un pont, étrangla
trois de nos hommes, de peur d'êlrejeté en effet.
Du reste, parmi l'innombrable correspondance qui, chaque jour, nous remercie d'avoir satisfait à l'un des plus urgents besoins de l'âme humaine, nous choisirons deux lettres de nature, pensons-nous, à convaincre les plus incrédules. Nous tenons à la disposition du public les originaux de ces lettres dont les signatures ont été légalisées par les maires et les commissaires de police.
Première lettre ; elle se rapporte à la spécialité de M. Garibert.
Messieurs Caribert, Pestel et €'%
Direcieitrs de l'ar/e?ice de vente et de location de Danf/ers, , 26, place Vendôme, Paris.
Château de Blessival. par Fleuriol (Eure) 12 mai 1895.
Messieurs,
Je suis heureuse de joindre mon témoignage h tant d'autres qui militent en faveur de l'entreprise
que VOUS avez inaugurée. Ma grand'mère, la marquise de Blessival, âgée de soixante-cinq ans, et qui, depuis longtemps, s'adonnait aux pratiques du spiritisme, et n'en avait oijtenu que des résultats à peu près négatifs, ayant entendu parler de votre Agence, vous écrivit afin que vous lui donniez le plaisir de voir se promener sur la terrasse de notre château, deux fantômes, l'un de marquis, l'autre de marquise, habillés comme au temps des vieilles cours. Vous consentîtes, avec un désintéressement presque complet auquel je me plais à rendre hommage, à lui donner ce divertissement. Mais telle fut la vraisemblance de vos spectres, suivis d'un petit page qui portait la queue de la marquise, que ma grand'mère tomba en syncope ; depuis, elle n'a pu quitter son fauteuil, paralysée, hagarde, et nous attendons sa mort dun jour à l'autre. Je vous écris celle lettre pour que vous en fassiez l'usage qu'il vous plaira et je vous prie de croire à ma sincère admiration.
Remîe de Blessival.
L'autre lettre concerne la spécialité de M. Peslel :
Messieurs Caribert, Pestel et C''%
Diietleuis de l'af/ettce de vente cl de location de Danrjers. 26, pince Vendôme, Paris.
Bordeaux. 14 mai i895.
Messieurs,
Je suis heureuse de vous apporter mon témoignage.
La semaine dernière, mon mari et moi, nous dînions ensemble dans un cabinet particulier du restaurant de Bayonne. Encore que mon mari fût très vieux, il se plaisait parfois à ces petites escapades. Tout en mangeant un plat de cèpes, — cette sorte de champignons, comme vous le savez, est une des gloires de notre pays, et, pour ma part, je regrette de ne pouvoir la souffrir, — mon mari m'apprit que pour m'épouvanter un peu et pour se faire peur à lui-même, il s'était adressé à l'agence Caribert, Pestel et G'"'. Un médecin allait entrer tout à coup dans le cabinet et s'écrier, avec des gestes de hàle et d'épouvante : « Malheureux monsieur ! ne mangez pas ces cèpes, ils sont empoisonnés ! On vient de me faire appeler, trop tard. Trois personnes qui en ont
déjà mangé, ce matin, sont mortes dans les plus affreuses convulsions ! » Mon mari riait de tout son cœur, je riais à me tordre. La porte s'ouvrit, un médecin se précipita en criant : « Malheureux monsieur ! ne mangez pas de ces cèpes ! Ils sont empoisonnés ! on vient de me faire appeler, trop tard ! Trois personnes qui en ont déjà mangé sont mortes ! » Mon mari glissa de sa chaise sous la table, les garçons le relevèrent, l'emportèrent, et trois heures après il succombait dans les plus affreuses convulsions.
Je vous écris cette lettre pour que vous en fassiez l'usage qu'il vous plaira.
Votre reconnaissante,
Veuve Gaillac.
Ainsi, personne ne saurait douter qu'en effet, nous donnons, capable d'atteindre aux effets les plus définitifs, la peur, la délicieuse peur, qui est devenue l'unique espoir des générations modernes ; nous tenons nos prix courants à la disposition du public.
Nous VOUS prions d'agréer, M , l'as-
surance de notre considération et de notre parfait dévouement.
Les Irréprochables
LISE DE BELVÉLIZE
A, dis, vraiment, tu le penses? Dismoi tout ce que tu sais là-dessus. Tu le penses ?
MARTHE DE LIGXOLLES
Quoi donc, chère? Qu'est-ce que je pense?
Que...
Que?..
LISE
Que des femmes...
MARTHE
Des femmes ?...
LISE
Du monde, du vrai monde, mariées, honnêtes, enfin des femmes comme nous...
MARTHE
Eh bien?
LISE
Ont des amants.
MARTHE
Oui!
LISE
Non !
MARTHE i
Je t'assure que si !
LISE
Des amants... avec qui elles...
Assurément.
LES lUUÉPROClIAHLES
LISE
Dans des lits ?
MARTHE
Presque toujours.
LISE
En chemise?
MARTHE
Pas toujours.
LISE
Enfin, tout à fait ?
MARTHE
Plus!
LISE
Gomme avec leurs maris.
Mieux
64 LES IRHÉr'ROClIAr.LES
LISE
Mais c'est abominable !
MARTHE
A qui le dis-tu ?
LISE
Mais on n'a pas idée d'une horreur pareille !
MARTHE
Pas idée.
LISE
Tiens ! Si je savais qu'une de mes amies fut dans ce cas...
MARTHE
Eh bien?
LISE
Donnât-elle les plus beaux dîners de Paris, reçût-elle des grands-ducs et des ambassadeurs, tut-elle hospitalière dans sa loge rete-
LliS II'. RÉ ru OC 11 A BLE S 65
nue pour toutes les premières de Sarah Bernhardt...
Enfin, la meilleure des amies.
LISE
... Je cesserais de la recevoir !
MARTHE
Et tu ferais bien, ma chère.
LISE
Oh ! ce n'est pas que je sois bégueule I
MARTHE
Non, non, tu n'es pas bégueule. Moi non plus.
LISE
Toi non plus. Il est certain que, dans la vie mondaine, à moins de vouloir passer pour une provinciale ou pour une sauvage...
MARTHE
C'est la même chose.
LISE
... On est obligée, avec les hommes, à certaines concessions.
MARTHE
Qui oserait dire qu'on n'y est pas obligée ?
LISE
Mais il y a des limites à tout.
Ce serait du joli, s'il n'y avait pas de limites !
LISE
Ainsi, n'est-ce pas, pendant les valses, on peut se laisser serrer, par son danseur, un peu plus qu'il n'est indispensable.
MARTHE
On le peut.
LES IllllÉPROCHABLES 67
LISE
Aux dîners, même quand on est très décolletée, il n'y a pas d'inconvénient à l'être encore davantage, en se penchant, en se penchant toujours plus, comme si on était furieusement gourmande de la pêche qu'on a dans son assiette.
MARTHE
Ce qu'ils sont drôles, les voisins de table, alors !
LISE
Des yeux ! et essoufflés !
MARTHE
On ne sait pas s'ils vont prendre la pêche, eux, dans leur assiette...
LISE
Ou dans nos corsages. Et il y a plus drôle encore.
MARTHE
Quoi ? Quand ?
LISE
Lise !
Quand ce n'est pas des pêches qu'on a servi. Quand c'est des bananes. Tu as remarqué la mine qu'ils font quand nous ôtons, avec nos doigts nus, l'enveloppe verte. . .