X INTRODUCTION
ropc et contre lesquels TEurope se levait. Parmi eux rayonnait d'un feu sombre la figure césarienne et terrible de Napoléon. On causait, et ce qui s'agitait dans cette causerie, c'était le sort même du monde. Sur un vaste tapis qu'avaient brodé les mains exquises de TArty entouré de merveilles dont il faisait ses jouets, l'Enfant impérial était k demi couché. Des femmes dont les rubis et les pierreries brillaient comme des étoiles, des reines assises dans deb nuages de dentelle, des jeunes filles d'une grâce enfantine écoutaient, ou s'amusaient à lutiner le petit prince, celui qu'on appelait le Roi de Rome,
Par un pénible contraste avec ces splendeurs, on apercevait à travers la fenêtre un groupe, hideux de malpropreté. C'étaient des gamins sordides qui s'amusaient à se vautrer dans la boue du quai, l'horrible boue de Paris.
Le Roi de Rome était triste, inattentif, agacé, mécontent. Il repoussait toute caresse et semblait tournienté par quelque mal indéfinissable.
Le grand Empereur s'approcha :
— Qu'as-tu, mon fils?
— Tout cela m'ennuie, dit l'enfant en montrant d'un geste les statues, les tableaux, les chefs-d'œuvre! , qui peuplaient le salon.
— Tout cela, c'est l'Art, dit Napoléon.
— Tout cela m'ennuie, répéta l'enfant en désignant les hommes d'Ëtat et les généraux, et faisant sans doute allusion à ces conversations, trop fortes pour lui, à ces gigantesques plans de bataille, à ces idées d'où dépendait le sort de la terre.