‹ L'homme, précédé d'une introdChapitre 57 sur 68 · L'ART ANTIQUE ET LA LITTÉRATURE ANCIENNE · texte numérisé non relu

L'ART ANTIQUE ET LA LITTÉRATURE ANCIENNE

Le mot Art et le mot littérature éveillent dans l'esprit deux idées ncn pas seulement différentes, non pas seulement opposées : ils réveillent chez les esprits profonds et simples deux idées contraires. Le mot antique, et le mot ancien ne sont pas non plus synonymes. Le mot vieux ne ressemble ni à l'un ni À l'autre.

■n^^^^^r*^ .•to^*~-

L'Art exige^ chez Thomme qui le représente, une manière d*étre intérieure : la littérature suppose un certain genre de travail.

L'antiquité est vénérable : l'ancienneté éveille dans l'homme une pensée complexe qui tient peut-être le milieu entre l'Antiquité et la vieillesse. Ce qui est vieux est près de finir. L'Antiquité, au contraire, a une odeur forte et respectable. La haute antiquité rappelle l'extrême avenir et celui-ci rappelle réternité. La vieillesse, au contraire, est la victime du temps.

Ces choses, qui excitent et soulagent à la fois la nostalgie de rhomme, doivent dominer les considérations qui vont suivre.

L'Antiquité est une mer où se croisent deux courants distincts et contraires. L'Antiquité est l'écho altéré et cependant reconnaissable de la première parole qu'elle répète en l'altérant. Elle craint et elle attend. Dé là, un vague sentiment de hautes vérités, semblable à un souvenir à la fois confus et profond. Mais à côté de cette eau courante se trouve, dans le sein de la même antiquité, l'altération de cette parole première. Je crois que ce coup d'œil général est nécessaire à toute étude sérieuse des choses d'autrefois. Cette notion fondamentale est capable de mettre Tordre dans le labyrinthe.

Les modernes ont beaucoup étudié l'Antiquité. Leur constance, leur labeur, leur acharnement a eu, dans cette direction, quelque chose d'extraordinaire- Ils se sont jetés sur le monde ancien avec une passion que le goût des érudits ne suffit pas pour expliquer. Peut-être

ont-ils senti yagaement qae rAntiquitë était un sphinx qui dévorerait ceux qui ne la devineraient pas; peutêtre ont-ils voulu la disséquer pour n'être pas engloutis par elle. Ce quMl y a de certain, c'est que leur travail ressemble à une lutte, et à une lutle corps à corps.

Mais, dans cette lutte, ils ont été vaincus. Ils n'ont pas deviné où était, dans ce vaste champ, le trésor cherché. Ils ont oublié la parole première, dont il s'agissait de trouver l'écho, et ils ont admiré la négation de cette parole. Ceux qui ont ar^si fait n'ont pas tué le sphinx et le sphinx les a dévorést

Ce dernier mot est d'une exactitude eSrayante. Beaucoup de modernes ont été littéralement engloutis dans la gueule du monstre et les siècles présents ne les ont pas revus, parce que les siècles anciens les avaient absorbés. Car la passion du passé, meurtrière comme toutes les passions, par les raisons communes aux autres passions, est plus meurtrière peut-être par certaines raisons qui lui sont propres. Elle déteste le soleil de demain : elle prend, avec la mort, d'effirayantes familiarités.

L'homnie est appelé par Tavenir, non par le passé, et c'est une des plus singulières marques de sa déchéance, que ridolfttrie d*une chose, parce que cette chose est vieille. Ceux qui passent leur vie, courbés sur les faits anciens, et les adorant, pourvu qu'ils datent de quatre mille ans, ceux-là sont les rêveurs. Je ne sais pourquoi on oublie de leur donner ce nom. Mais le regard éclairé par la vérité éternelle perce l'antiquité et retrouve avec joie, sous Técorce du faux, la sève circulante du vrai, qui est partout.

Un souvenir encore jeune de l'unité primordiale, plane sur la haute antiquité. Aussi la religion et Tart sont intimement unis dans la vie des premiers hommes. La religion et l'art vivent dans le même air, tous deux colorés par les mêmes reflets lointains, tous deux déshonorés par les mêmes turpitudes. Cependant Tart est plus fidèle que la religion. La religion garde les faits dans ce qu'ils ont de faux et devient idolâtrie. L'art se tient plus près de l'origine, plus près de l'esprit, plus près de la tradition. La religion parle de Jupiter, l'art parle de Prométhée. La religion se plie aux instincts, aux ignorances, aux passions de chaque cité et de chaque individu. L'art reste plus universel. La religion amuse le païen avec des faunes et des satyres. L'art reste à l'écart, moins infidèle à l'antique douleur et à l'antique espérance de l'humanité.

La religion est plus dégradée par les caprices de rhomme. L'art est resté moins loin du cœur.

Eschyle a plus de rapport avec l'art, Euripide avec la religion,

La religion antique excite les passions. L'art est atteint et blessé plutôt que dominé par elles. Le paganisme rit d'un rire ignoble. L'art a gardé une certaine tristesse imparfaite, mais noble. Il est le refuge des larmes de l'homme.

Voyez dans VIliadej la religion proprement dite, les querelles des dieux, leurs disputes, leurs amours, leurs batailles. Quelle lourdeur! quelle froideur! quelle pla-titude! quel ennui! Voyez dans la même Iliade l'art antique. Voici Achille sous sa tente, et l'inaction du héros est Faction du poème. Voici Andromaque et son sourire plein de larmes, voici Hector et la peur du petit

342 L'HOMMg.

Astyanax, quand le casque de son père fait un mouvement. Voici surtout Priam aux pieds d'AcliilIe» et le sublime intervient.

N'est-il pas vrai que l'art, moins altéré que la religion, ralentissait, par de giraves souvenirs, les progrès de la pourriture?

Dans Platon, deux hommes sont en présence. L'un d'eux est le Grec, le païen, rhéteur, sophiste, esprit faux, subtil, lourd, alambiqué. L'autre est rOriental,le grand, le simple, celui qui a fait la Caverne. Le premier étudie et dispute, le second se souvient et attend.

L'art antique vient d'Orient, comme la religion. En Orient, il se corrompt dans Timmobilité, par la pétri-, fication. En Occident, il se corrompt dans le mouvement, par la putréfaction. En Orient, les monuments gardent la grandeuri et perdent jusqu'à l'apparence de la vie. Les pyramides sont typiques et symboliques. L'art oriental est un tombeau k

Ce tombeau est grand, vaste, élevé, superbe et froid ; mais enfin, c'est un tombeau. Il est si haut qu'il voit leis premiers rayons du soleil; il les reçoit avant l'homme, et pourtant c'est un tombeau.

Quelle est la souveraineté qui dort dans ce large sépulcre? Cette souveraineté, c'est la tradition; la tradition domine l'antiquité, se perd dans les cieux et repose sur la terre. Comme les pyramides cachaient le corps des rois, et faisaient deviner leur puissance par la forme de leurs tombeaux, la tradition repose au fond de l'art qui la voile et montre à Tâme sa grandeur. Antiquité,

majesté, froideur et mort, voilà l'art antique, tel que Ta vu rOrient. Et quand les occidentaux passent devant ces pierres avec leur rapidité et leur agitation, pressés, armés, belliqueux, impatients, la vieille poussière s'étonne d'être remuée, troublée, inquiétée dans son sommeil^ et du haut de ces mausolées quarante siècles nous contemplent.

Le Louvre voit un peu ce spectacle le dimanche, quand la France passe en foule devant les débris de l'Egypte.

Pétrifié en Orient, Fart antique s'est putréfié en Oc- <;ident.

Eschyle et Platon sont au milieu de la route, à égale distance entre l'Inde et la Grèce. Quand on va d'Orient en Occident, Eschyle conduit à Sophocle et Platon à Sourate. Quand on continue la route vers le couchant, Sophocle conduit à Euripide et Socrate à Xénophon. La peinture, quand elle a poussé la corruption jusqu'au jt ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue^ la peinture produit Apeiles, comme la pourriture produit l'insecte.

Quand la peinture a produit Apelles, la philosof^ie produit l'innombrable et affreuse multitude des rhéteurs grecs. Le trompe-l'œîl a remplacé l'art. La subtilité a remplacé la science. L'Orient est oublié. La Orèce est une proie mûre et Rome fond sur cette proie.

On dirait que l'élément oriental était la vie de la Grèce : quand cet élément fut dissous, la Grèce mourut. L'Art était son être : quand l'Art fut mort, elle

cessa d'étrei et la gueule de la Louve, toujours prête à dévorer tous les corps qui tombaient en dissolution, s'ouvrit pour la dévorer. La Rome antique vivait de cadavres. Quand un peuple devenait cadavre, Rome l'absorbait.

Après Apelleset Xénophon, la Grèce étaili cadavre. La Louve fondit sur elle.

Quand tout le monde ancien fut cadavre, Rome dévora le monde ancien. Alors les éléments qu'elle avait absorbés agirent en elle suivant leur nature, et elle tomba elle-même en décomposition.

Cicéron et Horace fleurirent à ce moment-là.

Gicéron et Horace méritent non pas un examen détaillé, mais une mention particulière : je ne voudrais pas les relire, mais je consens à les nommer : car ils représentent assez bien le cadavre de l'Antiquité , tel que la mort nous l'a fait, après Toubli presque total et après la putréfaction de l'art antique.

Dans Cicéron la prose ne se souvient plus de la Parole et devient la rhétorique.

Dans Horace le vers ne se souvient plus de la Poésie et devient la chanson.

La poésie étant au-dessus de la prose, elle tombe plus bas ; elle devient la chanson de table.

Cicéron, quand il veut, à propos d'un orateur romain, exprimer son admiration et provoquer la nôtre, nous raconte comment cet orateur avait l'habileté de frapper souvent du pied, en se soulevant, afin de produire plus d'effet : crebra pedum supplosio.

Horace, quand il veut exprimer sa joie et provoquer la nôtre, s'écrie en vers :

Nunc est bibendum.

Maintenant il faut boire!

Horace et Gicéron ne sont pas les anciens : ils sont nés de la décomposition de ceux qui furent les anciens.

La rhétorique latine esl simplement une des phases de la rhétorique grecque putréfiée. Après la conquête, c'est-Â-dire après la mort, la Grèce éteinte continua par habitude à parler. Seulement^ au lieu de parler grec, elle parla latin. Mais elle dit en latin ce qu'elle allait dire en grec, si la hache romaine ne lui eût pas coupé la parole. Aussi la rhétorique latine ressemble un peu aux secousses que la mécanique imprime à un corps privé de vie.

Or, la mort finit par indigner l'homme.

C'est pourquoi il se forma une nouvelle langue latine qui a pour caractère la fureur. Elle est représentée par Tacite et Juvénal. Celle-ci n'est plus une copie, elle est au contraire une révolte. Cicéron parle grec en latin. Tacite parle latin. Quand Juvénal. écrit :

Si oatura negat, facit indignatio versum,

il dit encore plus vrai qu'il ne le croit.

La langue latine est représentée par Tacite et par lui. Quant à saint Jérôme, il a créé le magnifique idiome dans lequel il a parlé. Tacite et Juvénal sont les balbutiements humains de la langue que saint Jérôme a parlée divinement.

Il ne faut pas prendre pour une querelle de mots l'opposition qui s'établit entre l'art antique et la litté-

rature ancienne* L'art antique a des aspects vénérables ; il a le souvenir et l'espérance. La littérature ancienne participe tantôt de sa noblesse et tantôt de sa dégradation. La Grèce est partagée entre l'art antique et la littérature ancienne. Pour quiconque a ouvert Homère et Platon, la lutte est évidente entre les deux tendances. Rome copia la Grèce: donc l'élément mauvais de la Grèce domina à Rome. La littérature latine proprement dite est la punition des Grecs. Elle montre à la postérité ce que contenait et ce que pouvait devenir la langue d'Homère et de Platon. Gicéron est le oliâtiment de Péridès.

Plutarque raconte qu'Apollonius Molon, rencontrant un jour Gicéron à Rhodes, dit en le regardant: Je plains la Grèce. Certaines paroles, ridicules dans le sens où on les dity sont vraies dans le sens où on devrait les dire. Apollonius plaignait la Grèce parce qu'il voyait naître un rhéteur qui allait, selon lui> la remplacer. A la hauteur où se plaçait cet homme, la loi de la critique,c'e£tla jalousie. Voltaire dit quelque part: «Man-^ deville croit que sans l'envie les arts seraient médiocrement cultivés; et que Raphaël n'aurait pas été un grand peintre, s'il n'avait été jaloux de Michel-Ange. Mandeville a peut-être pris Témulation pour l'envie. Peut-être aussi l'émulation n est-elle qu'une envie qui se tient dans les bornes de la décence. «

Il y a dans cette abjection quelque chose qui dépasse l'indignation, qui dépasse le dégoût, et qui oblige au silence. Apollonius et Voltaire se seraient assez bien entendus. Mais la parole que ce vieillard adressait à Gicéron avait un sens profond auquel il ne pensait pas. Il avait raison de plaindre la Grèce en regardant le

rhéteur qui allait devenir célèbre. Gfflr Gicéron allait publier la honte; de la vieille rhétorique greeque. Il allait montrer ce que valait cette école de sophistes. U allait la montrer toute seule, dépouillée des vêtements de l'antiquité et habillée seulement des vêtements de la vieillesse. Il allait trahir les secrets du métier. Il allait dans le de Oratore éiàler le déshonneur de la rhétorique en décrépitude.

Gicéron, l'élève des Grecs, était destiné à écrire un jour (de Oratore^ lib. II):

« Duo enim sunt gênera facetiarum, quorum alterum re tractatur, alterum dicto. »

c II y a deux genres de facéties, dont l'un a trait au fond des choses, l'autre à la manière de dire. »

Ge n'est pas tout : nous apprenons un peu plus loin que le genre de facéties qui a trait au fond des choses, se subdivise lui-même en deux classes distinctes. Dans la première classe, on raconte une histoire.

« Perspicis hoc genus quam sit fàcetum, quam elegans, quam oratorium ; sive habeas vere quod narrare possis, quod tamen est mendaciunculis aspergendum, sive fingas. »

€ Vous voyez, combien ce genre est plaisant, combien élégant, CQmbien oratoire, soit que vous ayez à raconter une histoire vraie, qu'il faut pourtant arroser de petits mensonges, soit que vous inventiez. »

La seconde classe» de facéties qui se trouve comprise dans le premier genre de facéties, c'est Yimitation de la physionomie et de la voix. Dites-nK)i si Apollonius n'a* vait pas raison de plaindre la Grèce en regardant Gicéron.

« In re est item ridiculum, quod ex quadam depra-

yata imitatione sumi solet, ut idem Grassus, per tuam nobilUatem^ per vestram familiam. Quid aliud fuit, in quo condo rideret, nisi illa viiltas et yocis imitatio?»

Gicéroa nous avoue que, dans cette admirable facétie, qu'il propose à notre imitation, il n'y avait rien de gai que la contre&con de la voix et de la physionomie.

< Per tuas statuas vero quum dixit, et extento brachio paululum etiam de gestu addidit, vehementius risimus. »

Le rhéteur Gicéron raconte avec complaisance que son rire a redoublé» quand le rhéteur Grassus, non content d'avoir contrefait la voix et la physionomie d'un autre homme, a de plus contrefait son geste.

Le professeur de facéties, après avoir disserté sur le premier genre, aborde le second. Non content de ce luxe insatiable de richesses , il indique un procédé transcendant, qui s^ait de cumuler les deux genres de facéties, la facétie relative aux choses et la facétie relative aux mots. G'est alors que le rite éclate.

Je vais citer encore, parce que cela est utile. Il est temps de marquer d'un fer rouge le iront de la vieille rhétorique.

« Alterum genus est quod habet parvam verbi immutationem... ut nobiliorem, mobUiorem^ Cato; aut, ut idem, quum cuidam dixisset, earhus deambulalum^ et ille : quid opus fuit de ? Imo vero, inquit, quid opus fuit te? » »

Quant à Horace, il a un avantage : c*est de ne pouvoir être montré. Il échappe, par la nature de son obscénité, à la honte d'une citation. Ge qu'il y a en lui de caractéristique ne peut être indiqué ici par aucune périphrase, ni en français, ni en latin.

Ce qui distingue et ce qui augmente Tignominie de cet homipe, c'est la jovialité . Les oiseaux de nuit ont du moins la pudeur d'être tristes. Mais Horace est jovial. Le mot de gaieté ne veut pas être appliqué à^ui. Mais la jovialité lui convient.

Parmi les auteurs connus, quelques-uns sont tellement au-dessous de la critique, qu'elle ne peut, en les regardant, que s'étonner de les connattre. Horace est de ce nombre. Le seul fait de savoir son nom, est un phénomène et mérite une attention que ses œuvres ne méritent pas. Gomment savons-nous le nom de Cornélius Nepos? Combien de milliers d'hommes, supérieurs à ceux-ci, sont morts sans avoir été connus, même d'un ami? '

Par quelle faveur ou par quelle sévérité tel homme, petit dans une direction passable, prend-il aux yeux des hommes des proportions invraisemblables? Quel ordre règle ces caprices apparents? La réputation est la parodie de la gloire. Elle obéit probablement à des lois factices, à des lois déchues qui sont les contrefaçons des lois de la gloire. Or, la gloire est à Dieu seul, et toute créature glorifiée ne possède qu'un reflet. Peutêtre la réputation de certains hommes s'explique-t-elle parce qu'ils ont reflété et condensé en eux les traits épars de dégradation ou de médiocrité qui se trouvaient disséminés chez leurs contemporains. L'homme médiocre, qui pousse la médiocrité jusqu'à l'état typique, peut obtenir la réputation, parce que les hommes médiocres se contemplent en lui comme dans un miroir. La réputation vient d'en bas; la gloire vient d'en haut. Voltaire, au dix-neuvième siècle, n'aurait peut-être pas de réputation, parce qu'il ne serait ni l'image des bons.

ni même l'image des mauvais. Son genre de sottise serait étranger au milieu des hommes. Ib conquit, il y a cent ans, une réputation explicablei parce qu'il était Yimage raccourcie d'un siècle dont il condensait la grimace sur sa figure. Horace est en réputation parce qu'il résume une classe d'hommes. La chanson à boire est l'occupation de plusieurs, et ceux-là se regardent en Horace avec la complaisance d'un homme qui regarde son portrait. Car Horace est à peine un coquin ; c'est surtout un polisson.

Virgile est une image assez fidèle, quoique à demi efracée,de la double tendance hotnèrique. L'art antique, tel qu'il existe dans Homère» est atténué dans Virgile, la littérature ancienne, telle qu'elle existe dans Homère, est exagérée chez Virgile.

Il est vrai que Virgile, pour racheter l'Enéide, a écrit la quatrième Ëglogue.

Il est monté un moment sur une éminence d'où il domine Homère ! La quatrième Églogue, quoique tachée par la littérature ancienne, quoique pleine de misères, d'élégances et d'impuretés, est transportée sur le terrain de l'art par le souffle qui l'anime. Les niaiseries et les erreurs dont elle est parsemée, ressemblent à des concessions. L'espérance qui l'inspire ne ressemble pas à un mensonge*.

1. Je répète, à propos d'Horace et de Cicéron, l'observation que j*aj faite aa chapitre précédent. Tous deux possèdent certaines qualités, inférieures, mais réelles, qu'il ne Xaut ni exagérer ni contester. Je Tiens de les regarder sous Tangle que mon sujet comporte, mais non pas sous tous les angles. J'examine aujourd'hui les systèmes plus que les écrivains, mais je neveux pas laisser croire que les défauts, gui tiennent en partie aux systèmes, me rendent injuste envers ce

Page 1