‹ L'homme primitifChapitre 14 sur 54 · Lehon, FHomme fot»He, page 71, in-S°. Bruxelles, I86S · texte numérisé non relu

Lehon, FHomme fot»He, page 71, in-S°. Bruxelles, I86S

celle du bronze. On n'a trouvé, en effet, aucun spécimen de ce genre dans les amas coquilliers du Danemark, ni dans les stations lacustres de Tâge de la pierre, ni môme dans les stations lacustres de Tàge du bronze.

Il faut donc admettre que les populations répandues dans les parties du continent européen qui correspondent au sud-ouest de la France actuelle, possédaient des facultés spéciales pour le dessin. Une telle supposition n'a d'ailleurs rien que de raisonnable. Le sentiment artistique n'est pas toujours fils de la civilisation : c'est un don de la nature. Il peut se manifester aux époques les plus barbares, et parler plus haut chez certains peuples qui sont arriérés au point de vue du progrès général, que chez d'autres beaucoup plus avancés dans la civilisation.

Il est certain que les rudiments de gravure et de sculpture que nous allons passer en revue témoignent de facultés essentiellement artistiques. Les formes y sont bien imitées, les mouvements sont à ce point pris sur le fait, qu'il est presque toujours possible de reconnaître ce que l'anticiue ouvrier a voulu représenter, bien qu'il ne disposât que des outils les plus grossiers pour exécuter son œuvre. Une pointe de silex, tel était le burin; un morceau de bois de renne, une lame d'ardoise ou d'ivoire, telle était la planche sur laquelle l'homme primitif fixa les reproductions de la nature vivante.

On dessinait peut-être sur la pierre et le bois avec des crayons de sanguine (fer oligiste)ou d'ocre (oxyde de fer), car on a trouvé dans les cavernes des fragments de ces deux substances. Peutêtre l'ocre et la sanguine servaient-elles, en outre, au tatouage du corps, comme chez les sauvages modernes. Quand le dessin avait été ainsi exécuté à l'ocre ou à la sanguine, on le gravait avec une pointe de silex.

Les personnes qui parcouraient, à l'Exposition universelle de 1867, la belle galerie de V Histoire du travail, ne pouvaient manquer de remarquer une magnifique collection de ces productions artistiques des anciens âges. On n'y comptait pas moins de cinquante et une pièces, envoyées par divers amateurs, et qui étaient pour la plupart extrêmement curieuses.

C'étaient d'abord plusieurs représentations du mammouth, lequel existait encore au commencement de l'époque du renne.

La première (Qg. 79) est une esquisse au trait, dessinée sur une

L'aomn PBUirriF. 11

IBi AQE DE LA PIERRE.

plaque d'ivoire de la grotte de la Madelaioe. Larlet et Christy trouvèrent cette lame d'ivoire brisée en cinq morceaux qu'ils purent rapprocher très exactement.

On y distingue parfaitement le petit œil de l'animal et seg longues défenses recourbées, ainsi que sa trompe

son abondante crinière ; ce qui prouve que c'est bien 1& le mammouth, c'est-à-dire l'éléphant fossile et non l'éléphant actuel.

La seconde Ûgure est un mammouth entier sculpté sur un tragment de bois de renne, provenant de l'abri sous roche de Bruniquel, et appartenant & M. Peccadeau de l'isle. Cette figure forme le manche d'un poignard dont la lame part du front de l'animal. On reconnaît le mammouth à sa trompe, & ses défenses, à ses larges pieda plats, et surtout & sa queue retroussée, que termine une touffe de poils. En effet, l'éléphant actuel ne retrousse pas la queue, et n'a pas de houquet de poils terminant la queue en forme de fouel.

Une troisième pièce provenant de la slation antéhistoriquc de Laugcrie-basse (coHeclion de M.deVibraye) est l'extrémité inférieure d'un bdton de commandement, sculptée en forme de tète de mammouth. On y voit très clairement un front bombé et la trompe de l'animal se dévelojipant le long de la base du bâton.

Sur un autre fragment de bdton de commandement trouvé à Bruniquel par M. V. Brun, il existe un grand tigre [Fetis spcixa) nettement gravé. La lete est surtout parfaitement rendue.

Les figures du renne, soit en gravure, soit en sculpture, sont très fréquentes; mectionnons les suivantes.

En premier lieu, un manche de poignard, en bois de renne (lig. 80), du même type que celui façonné en forme de mammouh. Cette pièce est remarquable, en ce sens que l'artiste a pu plier très adroitement les formes animales à la destination de l'inslrumenL La poignée est formée par un renne qui est sculpté dans une position toute particulière: les jambes de derrière sont étendues le long de la lame, celles de devant sont ramenées sous le

ÉPOQtJÉ DD RENNE. 163

ventre, pour ne pas blesser la main; enTin la (£te est renversée, le museau tourné vers le ciel, et les bois de l'animal sont couchés de façon &. ne pas gêner la préliension.

Ce n'est là toutefois qu'une ébauche. Il n'en est pas de môme îles deux poignards en ivoire trouvés à Bruniquel par M. Pecca- <leau de l'Isle. Ces pièces sont tri',» artistement exécutées : c'est

Fig. 80. Hanclio de poignard sculpté ea Tornie de

ce qu'on a recueilli de plus aciicvé jusqu'à ce jour. L'une et l'autre représentent un renne, la télé renversée, comme dans la figure précédente; mais, tandis que dans le premier poignard la lame part de la partie postérieure du corps, h l'imilation de l'ébaucheen bois, dans la seconde elle sort de la partie antérieure. entre la tête et les pattes de devant. Les pattes de derrière, lancées en arrière, viennent se rejoindre, ajirès avoir laissé entre elles un vide qui servait probablement d'anneau pour suspendre le poignard.

Nous ne saurions passer sous silence une plaque d'ardoise sur laquelle est gravé» au trait, un combat de rennes. Elle a élé recueillie ft Laugerie-Bassc par M. de Vibraye. L'artiste a voulu retracer une de ces luttes furieuses ((ue se livrent les rennes m&lee, & l'époque des amoui's, pour la possession des femelles, ' et il l'a fait avec un talent qui n'exclut pas la naïveté. On aperçoit le vainqueur, fièrement campé, qui s'approcbc tendrement de la femelle, prix de sa victoire.

168 AQE DE LA FISRRE.

de «tte tige, dont l'uôe des extrémitte se temÛDe m | avec nn n-Ofliet InU^ral, C'étnil peul-ùtre iin liarpon,

M. Élie Masseniit a trouvé en 1869, dans la grofU- do Laugerie- Basso, de belles pièces sculptées cl gravées. Telle est, par exemple, celle que nous reproduisons ici (fiy, 86) et qui devait faire partie du manche d'un puignard. Elle se con)|)osc de deux têtes de bœuf très reconnaissabtés et parfaitement sculpléea en boi» de renne. La crinière, les cornes naissantes et tîurluul la l»ar^ lûcbc trt-s accentuée que chaque animal porte sous le inentou, caractériseul partîculiÎTemenl une espèce de liuflle. Celte pièce intéressante a 12 centimètres de lon^eur.

Un Qutre objet sctitpté en bois de renne trouvé par M. Élie Hassenst dans la même ^rotle est une léte et une partie du eorps.

(présumé] d'un hippopotame, de la longueur de 6 centimMrM,. et qui faisait sans doute partie d'un bdton de commandement La cassure en est ancienne. La figure 87 représente cet intéres* sanl écliantillon'.

Les représentations d'oiseaux sont plus rares que celles de mammifères.

En revanche, les gravures de poissons sont assez nombreuses, principalement sur les bâtons de commandement, où l'on en remarque souvent une quantité à la suite les uns des autres. Il existe une reproduction de poisson finement gravée sur un tragment de mAclioire inférieure de renne, de Laugerie-Basse.

1. Objets gravit et sculpté» lU Ijiugtrie-Basac IDordognt), par M. ÊUt Jfow»nat. Extrait de* matériaux pour Fhittoire priinitioe et nalurtUe de Chomme. Jnillel 1869.

Dans la grotte de la Vache (Ariège), M. Garrigou a également recueilli un morceau d'os qui porte un bon dessin de poisson.

On a trouvé peu de figures de reptiles, et en général elles sont mal rendues. II faut cependant faire une exception en faveur d'un têtard tracé sur une pointe trouvée dans la grotte de laMadelaine.

Les dessins de fleura sont très rares. La galerie de Vllistoire du travail, à rEsposition de 1867, n'en renfermait que trois spécimens, provenant de la Madelaine et de Laugcrie-Bassc, et tous trois gravés sur des pointes de lances.

Les liommes de l'époque du renne n'ont-ile pas eu l'idée de reproduire leur propre image? Les fouilles pratiquées dans les stations du Périgord n'ont-clles mis à jour aucune imitation des formes humaines? Rien ne serait plus intéressant qu'une semblable découverte. Les recherches n'ont pas été tout à fait stériles sous ce rapport, et l'on est parvenu à retrouver des essais de

Pig. 89. BAlOD de corn m mule ment portant le dessin gravé d'un homme, de clievBux et d'un potsaon.

statuaire chez ces peuplades primitives. H. de Yibraye a trouvé dans la grotte de Laugcrie-Basse une petite statuette en ivoire, dans laquelle il voit une sorte d'idole impudique. La tête et les pieds, ainsi que les bras, sont brisés.

Une autre forme humaine (fig. 89), grêle et fluette, comme la précédente, est gravée sur un bâton de commandement dont Lartet et Christy ont recueilli un fragment dans la grotte de la Hadelaine. L'homme est représenté entre deux télés de cheval, et à cdté d'un long serpent, ou poisson en forme d'anguille. Sur l'autre face du môme bdton, qui n'est pas représentée ici, sont gravées deux têtes d'aurochs.

Sur un fragment de pointe de lance de la même station de Laugerie-Basse, on voit représentées en demi-relief, à la suite les unes des autres, des mains munies de quatre doigts seulement. Lartet a fait remarquer que certaines peuplades sauvages Qgu< reat encore la main en supprimant le pouce.

Le dessin le plus achevé peut-être représentant la forme hu-

maine est celui qui existe sur un fragment de bois de renne, ayant servi de bâton de commandement, et qui a été trouvé en

1869, par M. Élie Massenat, dans la grotte de Laugerie-Basse (Dordogne). Sur ce fragment de bois de renne, de vingt-cinq centimètres environ de longueur, est profondément gravé un magniOque aurochs mâle, fuyant devant un homme qui semble lui lancer des traits. L*homme et Taurochs sont nettement reproduits; Taurochs a la tôte basse, hérissée et excessivement volumineuse, les cornes menaçantes, les naseaux très ouverts. La queue relevée et arquée annonce bien un bœuf effrayé s'eiTorçant d'échapper par la fuite à un ennemi redoutable.

La tête de Thomme rappelle, par son dessin naïf, les formes (|ue les enfants donnent aux bonshonniies qu'ils crayonnent sur les murs. C'est que les hommes de ïà^e de la pierre étaient les enfants de l'histoire de Thumanilé. La lùte est ronde ; les cheveux sont raides et en touffe sur le sommet de la tête; le menton est orné d'une barbiche très apparente; le col est un peu long; la partie du bras qui s'étend du coude à l'épaule est relativement courte; les mains sont mal dessinées; le bras gauche, rejeté en arrière, semble vouloir lancer un trait dont il est armé, tandis que le bras droit paraîtrait vouloir saisir l'aurochs par la queue. 1^ poitrine est très bombée, le ventre bien dessiné, la colonne vertébrale un peu longue et par sa forme arquée se rapprochant de celle du singe qui marche droit sur ses jambes. Les cuisses sont assez bien dessinées, mais annoncent un fémur très court; le bas des jambes et le pied sont réguliers et bien faits ' .

De l'autre côté du bois de renne que porte le dessin de ce chasseur d'aurochs on voit gravé un autre animal du genre bœuf. La figure 90 représente cette pièce intéressante.

CouUunes funéraires, — Pour terminer cette description des mœurs et usages de l'homme à l'époque du renne, nous parlerons des coutumes funéraires de ce temps, ou, si l'on veut, du mode d'ensevelissement propre à cette période de l'histoire de l'humanité primitive.

Un fait à remarquer, c'est que l'homme donne souvent à sessépultures la forme de ses habitations.

c Les sépultures des Tartares de Kasan, dit M. Niisson, ressembleut en-

1. Objeiê gravés et sculptés de Laugerie- Basse (Dordogne). Extrait des matériaux pour ^histoire primitive et naturelle de Vhomme. Juillet 1869.

tièrement, sur uiie petite échelle, à leurs habitations; elles sont bâties comme ces habitations, avec des poutres rapprochées les unes des autres. Une sépulture circassienne ressemble à une habitation circassienne. Les sépultures des Juifs Karaïtes, dans la vallée de Josaphat, ressemblent à des maisons et à des églises. Les sépultures néo-grecques de la Crimée imitent de même les églises ^. >

On ne sera pas surpris dès lors d^apprendre que les hommes de répoque du renne ensevelissaient leurs morts dans des grottes, comme l'avaient fait d'ailleurs leurs ancêtres de Tépoque du grand ours et du mammouth, c'est-à-dire qu'ils enterraient leurs morts dans ces mômes cavernes qui servaient alors dliabitation. Cette coutume, qui existait à l'époque du grand ours et du mammouth, s'était conservée dans l'époque suivante.

Mais les hommes de l'époque du renne n'ensevelissaient pas leurs morts uniquement dans les cavernes. Il y avait encore d'autres modes d'ensevelissement : un véritable tombeau, composé de l'assemblage de dalles, et plus souvent un ensevelissement dans la terre libre. Enfin, d'après M. Arcelin, il y avait à Solulré un mode particulier d ensevelissement : le cadavre, enfermé dans la hutte même qui avait servi de demeure à la famille ou à l'individu, était couché sur le foyer, et la hutte, renversée sur le cadavre, lui servait de tombeau.

Ces notions nouvelles sur l'ensevelissement à l'époque du renne résultent d'une série d'études poursuivies pendant plusieurs années par MM. de Ferry et Arcelin, dans un vaste cimetière humain, qui fut découvert en 1865 à Solutré, village du Maçonnais.

L'extrême importance de ce cimetière antéhistorique nous oblige à entrer sur ce sujet dans des détails circonstanciés.

Le cimetière humain de Solutré, aujourd'hui célèbre, est situé non loin de Mdcon, en un lieu nommé clos du Charnier. C'est un tertre inculte, d'une superficie d'un hectare, qui est exposé au midi et abrité du nord par un rocher. Il est jonché partout de silex taillés, et l'on trouve à fleur de terre ces silex, mêlés à des ossements de renne, de cheval et d'homme. Au-dessous, on découvre des amas de rebuts de cuisine et d'habitation. L'emplacement de ces débris est circonscrit par un trapèze mesurant

1. I^es habitants primitifs de la Scandinavie, par M. Swenn Nilsson. Paris, 1860, chez Reinwald, in-8*, page 202.

462 mètres de superficie environ. Ces amas consistent en traînées de cendres mêlées à des fragments d'os, de bois de renne, de lames de silex et de substances minérales étrangères à la contrée. A part quelques os brûlés formant un résidu noir, tous les débris animaux sont d'une étonnante conservation. Certaines cornes de renne sont encore extrêmement dures, et laissent dégager, quand on les travaille, TodeuKde la corne fraîche. Les ossements de chevaux sont abondants. Enfin* on trouve des ossements d'éléphant, de cerf, d'aurochs et de grand tigre.

Tout autour de l'emplacement où sont réunis ces amas, il existe une énorme quantité d'ossements de chevaux ayant subi l'action du feu. MM. de Ferry et Arcelin évaluent la superficie recouverte à 850 mètres carrés sur une épaisseur moyenne de 50 centimètres. Dans un mètre cube de magma représenté par ces débris agglomérés en une masse serrée, homogène et compacte, on a compté, d'après les auteurs, 40 canons de chevaux, ce qui donne pour la superficie couverte par ces amas environ 2122 chevaux.

Les sépultures humaines sont groupées sur l'espace occupé par les foyers et les ossements de chevaux. Quelques-unes de ces sépultures sont composées de dalles, les autres sont creusées dans la terre libre.

MM. de Ferry et Arcelin ont retiré du clos du Charnier les squelettes d'environ 50 individus. Ces 50 individus, qui sont surtout ' des vieillards et des enfanlSj^ne représentent d'ailleurs qu'une faible partie de ce vaste ossuaire.

Une intéressante description a été faite de cette précieuse nécropole par l'un des auteurs de cette découverte, M. Arcelin. Cet archéologue éminent, digne collaborateur de M. de Ferry, s'exprime ainsi dans son mémoire publié en 1868, sous ce titre : (a Staiion préhistorique de Page du renne à Solutré,

c SLy partant de Mâcon et se dirigeant perpendiculairement au cours de la Saône, on franchit le premier ressaut de terrain qui couronne la grande fallée, on découvre devant soi les hauts sommets arrondis des arkoses et des porphyres dont les masses noires, sévères, couvertes de bois et de bruyères, ferment Thorizon à Touest, et en avant desquels se dressent de hauts contreforts produits par la dislocation des terrains jurassiques. Le mouvement de bascule qui, relevant ces terrains à fouest, les a fait plonger vers Test, sous la grande plaine bressane, a donné naissance à une série de failles et de brisures escarpées qui accentuent d'une façon étrange et pittoresque fétroite bande de roches sédimentaires, large à peine de huit à dix kilomètres, comprise entre les roches cristallines et la Saône. Une série remarquable d*escarpemeBts, séparés entre eux par d'étroites vallées trans-

m 40X ]>■ I.A PIERHE.

TSrulM, court da DOld aa AbA et Ibrine les crûtes de Monssrd, de Saint- CUaàib, dô Vmffimoa, de Solttlrtetda Mont-de-Pouill; . La roche de Solutré, biao ooBane det lonriatee, Mt na des points les plus curieui et les plu; pîttoraeqaei de cet enaeable rodwux. On ilirait la proue énierpie d'un bnDene UTin fcboné fc la e6|e.

« »..Lespnini«nMiHUgeiopéri» par M. de Ferry amenèrent le^ ré-iultata lea plua eonehunts. A un mètre ea«iruu de profondeur, sous le lerraio d'dboulaneat mUé seulement de rai^s silex et de quelques (raguienta d'os, OB raWMMitre Ib BoI ancien, d'un aAp<scl plus noir et renrermant des débris fdn abondants. Cette couche noimT;trie d'Opaisseur^ tunlAt elle se ri^duita qii^esc«tiniètrea,tant6t elle atteint trente ou quarsnic c«ntimëtrcad6 pnCÛidear; parMaansai elle semble faire complètement défaut. L'ensemble de nos aondages, répMéi à dea intervalles très rapprochés, nous a permis dB*cirooilScrin Teapaca occupé par U coiiclie arch<^ologique et de consluter . fW ces dirers centava d'intenaitft aoni autant de foyers faiblement distants lâa uaa des aatraa. Ces f07en,toQa explorés, sonttrësréfruliërement recouvarta de lar^ pierrea et de dalles brates. mises kpla^sowlssqiMlksaeal «ataasés dea débris d'ossements, lea uns brâUa, Im autres fractarts iot^btionneUemeot, mfiléa k des silex tnTaiUéa.

( Les débrô de ces foyers, minutieusement reenolUs et dbtifiéa, fniMrtj tent pour majeure partie en oatementa de mne : boia, ■liimilM. tm^' tÉtn», eAles, calcanéuma, astragales, petits os du tarse, phalanges, ^nlasgines, phalangettes, etc...; tous lea oa à mwUe, comna lea eaaoDL )•• tibias, lea fémura, etc..., sont fragmentés. Nous n'aTonapastrooniiM saole t«t« entière. Tous les bots sont également briBéa.'Ln <n de aient sont rares. Nous arons recueilli accidentellement du renard, du grand cerf {CervuB megaceros), une dent et l'articulation métacarpienne inférieure d'un grand ruminant qui parait être l'aurochs, de l'éléphant, probablement du mammouth, représenté par un fragment de grand os et denombreux débris do défenses ; enfin dea ossements humains intimement mêlés aui autres débris : ici des phalanges, là des fragments de tibia, ailleurs des dents. Si ce ne sont pas des restes funéraires dispersés, il faut en conclure que les sau vages habitants de Solutré étaient anthropophages, ou immolaient des y'ictimes humaines.

> Voilà qui sufRt amplement pour déterminer l'époque de nos foyers. Nous sommes en plein âge du renne et sur la fin de l'époque géologique dite quaternaire.

J'ai parlé de sépultures découvertes dans le voisinage de la

station. Plusieurs d'entre elles avaient été vidées depuis longtemps et les os dispersés ou brisés. Dans l'une d'elles j'avais recueilli, il y a une dizaine d'années, une mandibule humaine. M. de Ferry parvint heureusement à retrouver une de ces tombes dans son état primitif et sans traces de remaniements. L^ corps reposait étendu entre des dalles brutes formant un parallélogramme, sur un lit épais d'os de cheval piles et brûlés. Des os de renne fragmentés et des silex sa trouvaient mêlés aux .ossements humains. De cet ensemble de faits pouvaient naître déjà de fortes présomptions tendant à assimiler ce9 sépultures aux foyers voisins et à les rapporter par conséquent à l'époque du renne : fait capital, puisqu'on n'avait pas signalé Jusque-là de sépulture se présentant avec ces caractères très concluanls et très complets.

f Un second crâne retrouvé depuis fut soumis par M. de Ferry, avec les ossements de la première sépulture, à Texamen du savant anthropologiste M. le docteur Pruner-Bey, qui n*hésita pas à reconnaître lo t}'pe de l'âge du renne, c*est-k-dire la race mongoloïde primitive. Le congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistorique, tenu à Paris au mois d*août 1868, où les crânes de Solutré furent présentés et discutés, n'a fait que confirmer à Tunanimité l'habile diagnostic de M. Pruner-Bcy. De plus, l'étude chimique des os adonné des résultats conformes à ces conclusions. Ils ont atteint le même degré de décomposition que les os de renne et de cheval» et sont recouverts des mêmes incrustations calcaires.

t Nous pouvons donc conclure : Solutré fut occupé par une peuplade mongoloïde ou touranienne, à la fin de Fépoque quaternaire, c'est-à-dire à un âge bien antérieur ii toutes les données de l'histoire, quand vivaient encore dans nos contrées le renne et le mammouth, animaux des pays septentrionaux, dont l'un est éteint et Tautre émigré. La tribu devait être nombreuse, à en juger par l'énorme quantité de débris qu^elle a accumulés autour de ses foyers; puissante, parce qu'elle occupait la clef du pays, un roc inexpugnable. Elle devait être entourée de vastes territoires de chasse, s'étendant au loin en tous sens, ce qui est la condition capitale d'existence des tribus de chasseurs et de guerrier^. C'étaient on un mot les maîtres et les seuls habitants possibles de la contrée fort loin à la ronde. Derrière eux s'étendaient de grands bois et des sommets arides où devait abonder le renne; devant eux de vastes pleines humides où pâturaient l'éléphant, le cheval, l'aurochs, le cerf géant, et toute la faune des herbivores quaternaires. La Saône enfin les mettait en communication avec le Nord et le Midi.

t D'après ce que nous venons de dire, le clos du Charnier peut êtreconsidérésoit comme un tertre funéraire, soit comme le séjour ordinaire d'une tribu. Ces deux caractères en effet se trouvent confondus. Peut-être, comme chez certaines peuplades de sauvages modernes, élail-ce Tusage à Solutré d'enterrer les morls de la tnbu sous le sol même des huttes ou des tentes du campement. De là la confusion des rites funéraires et des usages domestiques. Peut-être, au contraire, le clos du Charnier doit-il être regardé comme une sorte de nécropole-, et tous ces débris d'animaux ne sont-ils que les reliefs des festins de funérailles, d'autant plus abondants que les mêmes cérémonies durent se renouveler pour chaque sépulture nouvelle. Cette dernière hypothèse nous expliquerait, il me semble, d'une façon plus satisfaisante, comment il se fait que les foyers sont intentionnellement enfouis sous une épaisse couche de terrain rapporté, donnant ii l'ensemble de la localité l'aspect d'un véritable tertre inexplicable géologiquement. »

Dans un mémoire postérieur, consacr<'* à la description du même gisement antéhistorique, intitulé l'Aye du renne en Maçonnais j mémoire sur la station du Clos du Charnier, MM. de Ferry et Arcelin ont fait connaître de nouvelles particularités se rattachant aux rites funéraires à Tépoque du renne, considérée dans le Maçonnais. La plus importante observation, c'est que les corps étaient souvent ensevelis sur de véritables foyers,

ou, pour parler plus exactement, déposés sur des cendres chftudes.

C'est d'après ces deux dernières observations que nous représentons dans la planclie 91, <i'après un croquis de M. Arceliiiy les futiérailles à f époque du venne^ à Solutré.

Le corps est étendu sur le foyer, revêtu de ses vêtements, entouré de ses armes et de ses objets de parure. Des cornes de renne, (pie Ton rencontre lialntuellement dans ces sépultures* surmontent la télé du mort. Des provisions de voyage se voient près du corps. Le foyer est encore brûlant, et le cadavre repose sur ce lit de cendres chaudes.

Comme nous Tavons déjà dit, M. Arcelin croit que la hutte môme de l'individu, renversée sur lui, lui servait de tombeau, comme on le fait encore chez certaines peuplades. Sans doute la difficulté de creuser dans un sol souvent dur et congelé des trous assez profonds pour mettre le corps à Tabri des atteintes des hyènes et des oiseaux carnivores, avait amené cet usage.

LMiomme de cette épocjue avait-il quehpie croyance en une vie future, et quehiue chose qui ressemblât à un] culte religieux? On doit le présumer, d'après l'existence, autour des foyers des cavernes funéraires de la Hel<^M(pie, de gros ossements (l'éléj)hant fossile (iiianunoulh) (pii a été signalée jjar M. Edouard Dupont. Celle prali(pie, oonsislanl à j)lacer des ossements autour des cavernes, survit encore, sc^Ion M. Morlol, chez les Indiens, <'onnne i«lée religieuse. On j)eul donc invcxpier ce fait «Y l'appui de l'existence d'un sentimenl religieux chez les hommes de rép()(|ue du reniK».

On Irouve dans les londx^s de celte épocpu^ les armes, les couteaux, que les hommes i)orlaienl j)endanl leur vie, quelquefois même des provisions de viandes d'animaux. Celte habitude de plac(M* j)rès du corps des morls des provisions pour le voyage post murh'ni esl, counue nous l'avons fait remar(|uer pour la période |)récéden(e, la preuv<» de la croyanctî à une autre vie.

Certaines idées religieusi^s ou superstilieuses devaient être attachées à des pierres hrillanles et à des fragments de minerais (ju'on a recueillis dans plusieurs slations (hi ces peuplades ])rimilives. M. de Vibraye a Irouvé à Bourdaille (Charente) deux roL^nons d'oxMle de fer hvdralé, mêlés i\ des débris de toutes sorles, (M à la slalion de Laugerie-Basse (Dordogne), au milieu du loyer, une pelite masse de cuivre, recouverte d'une couche de

cuivre carbonate vert. En d'autres lieux, on a rencontré des morceaux de jais, de fluorine violette, etc., percés au milieu, sans doute pour permettre de les suspendre au cou et aux oreilles. La plupart des objets ont été considérés comme des amulettes, c'est-à-dire des symboles de croyances religieuses chez l'homme de l'époque du renne.

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