‹ L'homme primitifChapitre 19 sur 54 · SS · texte numérisé non relu

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Èlie <le Rcaumoiil avaient cru devoir prendre sous leur protection, est donc aussi contraire aux Faits qu'à la vraisemblance.

On rencontre peu de silex polis dans les ateliers de Pressîgny- )e-Gmnd; aussi peuse-l-on qu'ils ont commencé h exister avanl l'époque de la pierre polie. D'après cette supposition, les nuclei correspondraient à une époque transitoire entre la période de la pierre taillée proprement dite et celle de la pierre polie. La première va s'éteindre, mais la seconde n'a pas encore commencé. En d'autres termes, la plupart des silex de Pressigny ont les formes typiques et la taille spéciales à l'ûge de la pierre polie; mais il leur manque le polissage.

Ce n'est que longtemps apri^s leur Fondation, lorsqu'ils étaient riéjà en pleine prospérité, que cette opération Tut pratiquée dans les ateliers lie Pressigny. On a rencon- Iré aux environs de cette localité un certain nombre de polissoirs très remarquables. Ce sont de grands blocs de grès ( fig. 131), sillonnés, sur tout ou parlie de leur surface , de rainures plus ou moins profondes, dans lesquelles ou polissait les pièces par un frottement énergique.

rs du même genre, qui ont été recueillis dans divers départements, diffèrent des précédents. Ainsi celui que M. Leguay a trouvé aux environs de Paris, dans les sépultures de la Varenne-Saint-Hilairc, et que nous représenterons plus loin, porte non-seulement des rainures, mais encore des cavités en forme de cuvctle et d'une assez grande profondeur.

Le polissage des silex s'effectuait en frottant ces pierres contre le fond de ces trous, humectés d'eau et contenant sans doute des grains siliceux plus durs que la pierre que l'on avait à polir.

Nous nous arrêterons ici un instant pour faire remarquer que les opérations qui s'exécutaient chez nos ancêtres, pour le travail des silex, n'étaient pas sans présenter certaines difficultés, sans

Fig. 131. Poli

Des polis

exiger un développement remarquable d'intelligence et d'habileté.

Le travail des silex, en apparence fort simple, est pourtant complexe, en raison des propriétés et du gisement de ces matières minérales. Dans son état naturel, le silex se présente sous la forme de masses à peu près rondes, cassantes, fort dures pourtant, et qui peuvent être taillées par le choc dans tous les sens, comme le verre, de manière à fournir des écailles à bords Iranchants. En raison de cette circonstance, il suffisait, pour obtenir des pièces aiguêis, des éclats en forme de couteau ou de poignard, de frapper un silex, que Ton tenait de la main gauche, avec un silex plus dur, un percuteur. Au lieu de tenir à la main le silex à tailler, on pouvait aussi le placer sur un rapport, et de la main droite appliquer les chocs convenables sur la pierre maintenue de la main gauche.

Hàtons-nous de dire rependant que, pour être débité facilement en éclats aigus, pour se laisser briser suivant des directions déterminées, il faut que le silex soit retiré fraîchement du sein de la terre; il faut qu'il possède l'humidité qui lui est propre, et dont il est imprégné dans son gisement naturel. Si l'on abandonne à Tair les pierres de silex (vidgo pierres à fusil), elles ne donnent plus que des morceaux informes, irréguliers, et tout à fait difTérenlsde ce que l'on désire obtenir en les façonnant. Cette humidité, bien connue des ouvriers qui fabriquaient autrefois les pierres h fusil, c'est-à-dire les éclats de silex destinés aux batteries des armes î\ feu, s'appelle eau de carrière,

La nécessité de tailler le silex fraîchement retiré de la terre, cette obligation de n'exploiter les pierres qu'au fur et à mesure des besoins, dut avoir pour résultat la création de l'exploitation des mines et des carrières, art (jui est par suite presque aussi vieux que l'humanité. Ne pouvant employer des pierres de silex desséchées, aérées et par suite impropres aux opérations de la taille, les ouvriers étaient obligés de pratiquer des excavations, de construire des galeries,, couvertes ou à ciel ouvert, d'employer les revêtements de bois, les soutènements, les étais, en un mot, de mettre en œuvre presque tout l'outillage que nécessite l'exploitation d'une carrière de pierres. Comme il Tallait éviter les éboulements, pour préserver la vie des ouvriers, on fut conduit  suivre un système méthodique dans les excavations, à donner une épaisseur sufiisante au plancher des galeries, à creuser des

ÎB8 ACiE DE LA PIERRE,

piiils. à (ilpvcr des miiraiiles de souti-nemenl, A prendre la meil-

leurt; voie pour l'extraction des rléhinis inutiles. Eiifiii, l'eau

venait souvent contrarier les raineurâ; il fallait donc évacuer

celle eau pour que les ouvriers ne fussent pas noyés. Il fallall

mémo quelqucfolM aérer les galeries de tout ce chcmincmcat

souterrain.

Ainsi le travail des silex dut amener nos anrétres k créer l'art de l'exploitation des carrières et des mines. De sorte que. «ans vonloir faire de jeu de mois, noti» dirons que lorstpi'on parle d'un homme de niable extraction, quand on dit qu'il est A'anàenne roche, on ne fuit rien autre chose que de rappeler, sans le savoir, par une vieille habitude du langage, que la nohlcsse remonte, en efTcl, ft l'arl, presque aussi vieux que le déluge, de produire VeTtriirtifm iltut riicties- La généalogie des Montmorency et des Kuhan est, un le voit, bien distancée I

On s'est ilemandé comment les peuplade» de l'Age de la pierre pouvaient produire, sans aucun outil de fer. 1rs Irous qui se remarquent dans les silex; comnieni ils pouvaient percer les mêmes silex, pour y produircles manches de hache, de poignard 00 de couteau. F.n effet, nos lapidaires ne peuvent gakra parvenir Apercer hi pierre A fusil, ou le silex, qu'en se servant d'éj/jiVfî, c'est-A-(Iire de poudre de diamant. Nous pensons que l'archet dont les premiers hommes se sont servis pour produire du feu, en faisant tourner le hois contre le bois, servît, dans les atelitfs de fabrication des instruments et armes de pierre, à faire tourna un foret de silex, qui sufrisait jiour trouer le caillou. Des essais qui ont été faits de nos jours, avec des pointes très aiguCs de flèches ayant appartenu .\ l'homme primitif, ont prouvé que l'on peut arriver A percer ainsi très facilement les silex frais, si à l'action du foret l'on ajoute des poudres très dures, capables d'augmenter son mordant. Ces poudres, consistant en corindon et zireone, n'étaient pas difficiles à trouver par les hommes de l'dge de la pierre. Elles se rencontrent, en effet, sur le bord des rivières; leur présence est même déccJéc par les paillettes d'or qui étincellent sur le sable du rivage.

Le foret de silex, aidé par lu poudre de zîrcone ou de corindon, suflisait donc pour percer les pierres siliceuses. Quand on sait que les ouvriers de la Forét-Xoirc percent de cette manière le grenat de Bohême en moins d'une minute, on n'est pas tenté de révoquer cette explication en doute.

La planche 132 est un essai de restauration de l'atelier de Pressigny pour la taille et le polissage des silex, en d'autres termes, elle représente un atelier industriel au temps de la pierre polie.

Nous avons fait flgurer dans cette composition le polissoir trouvé par M. Leguay, et que nous représentons plus loin (Gg. 133). Il était indispensable de montrer dans cette planche l'opération du polissage, car elle caractérise Tépoque de l'histoire de l'humanité que nous écrivons, c'est-à-dire celle de la pierre polie. Il faut bien remarquer, en effet, qu'à l'époque du grand ours et du mammouth, à l'époque du renne, les instruments de pierre n'étaient pas polis; c'était purement et simplement de la pierre en éclats. A l'époque à laquelle nous sommes arrivés, on perfectionna ce travail, on polissait les instruments de pierre. Il était donc essentiel d'appeler l'attention sur cette opération.

Nous croyons devoir rapporter ici la description que M. Leguay a donnée du polissoir dont il est qu-estion. Dans sa Note sur une pierre à polir les sileXy trouvée en septembre 1860 à la VarenneSaint-Hilaire [Seine] y M. Leguay s'exprime ainsi :

a Parmi les nombreux monuments de Tdge archéologique de la pierre que j*ai recueillis à la Varenne-Saint-Hilaire, sur remplacement de la ciCé antique qui y existait jadis, il en est un qui ma toujours frappé, non seulement par sa conservation, mais encore par les révélations qu*il nous fournit sur Tune des principales industries de ces peuples : sur la fabrication des armes et des ustensiles en silex.

c C*est une pierre à polir et à façonner les belles haches. Je Tai découverte, en septembre 1860, au lieu dit la Pierre au Prêtre ^ près de celui du Marais, avec d'autres monuments. Cette pierre est un grès brut, de Torme cubique, n'offrant aucune trace de taille. D'une épaisseur réduite de trente-quatre centimètres, elle a quatre-vingt-seize centimètres de long sur cinquante -cinq de large, et, de même que dans beaucoup de blocs erratiques, une de ses faces est toute disposée pour Tusage auquel on Ta employée.

a C'est cette face qui a servi, pendant de longues années, à user et à polir toutes les armes fabriquées dans l'endroit, et dont les débris se retrouvent encore, en faible quantité, dans les environs, et en abondance dans les sépultures oîi on les a déposées comme silex votifs.

c Presque toute la surface est occupée. Au centre est une première cuvette présentant une surface ovale de soixante-cinq centimètres de grand axe sur trente-deux centimètres de petit. La pierre, fortement usée par suite d'un long usage, est affouiilée à une profondeur centrale de trentemillimètres; cette partie devait servir à user les grandes pièces après leur dégrossissement par la taille. La longueur du bassin permettait d'imprimer

sas AGE DE LA PIERRE.

b Is pierre en ceuvre un mouvement assez lon^, en même temps qu'il faci- j litaiL à l'ouvrier l'emploi de toute sa force. De plus, cette coocavité permot- j taitde donner de suite la forme en amande que présentent presque toutes ces piÈces.

■ Au devant ou à droite, suivant la position que l'on prend, et tangente au bord de cette cuvette, est uns rainure prorondément creusée dans U' pierre. D'une longueur de soixante -dix-sept centimètres, elle s'étend sur presque toute la longueur du grès dans une largeur maximum de trente ' millimètres environ, et elle présente la forme d'un fuseau très allongé, refouillé de douze millimètres aircentre, se réduisant à rien aux deux 6i- Irémités.

■ L'usure de la pierre, la forme de cette rainure indiquent sa destination. Elle servait à réduire les bords ou les ciblés de la hache, que la taille et le polissage h plat laissaient l'Mijnuri mi tT'im- A|i:ii". nr ,,--i/. r.irlf, ou trop

Fig. 133. Poli

tranchants pour en faciliter l'emmanchement. Do plus, elle redressait sur la pièce des ébarbures de taille, qu'elle remplaçait par une forme ronde, large de quelques millimètres, qui souvent était reprise et repassée à plat sur la pierre pour lui donner un arasement carr^ avive arête. Cette dernière façon se faisait dans une cuvelte, et elle donnait aux côtés de la hache une courbe dans le sens de la longueur, qui n"est nullement disgracieuse.

• L'amincissement des bonis de la rainure n'était pas différent. Tout en aidant à cette courbe, il empêchait la déformation du tranchant, et il évitait son repolissage après coup, ce qui déformait la pièce en lui apportant uni dépréciation .

■ Quant il penser que le tranchant de la hache se faisait dans cette rainure, il n'y faut pas songer. L'examen démontre le contraire : il se faisait à plat tout en polissant le surplus de la pièce; et si parfois son épaisseur ne le perroeltaîl pas, il èiait fait au préalable, puis raccordé au polissage général.

« Mais si cette cuvette et sa rainure, en raison de leurs dimensions, pouvaient servir au polissage des grandes haches, il n*en était pas de même pour les petites. C'est pourquoi, à côté, et toujours sur le plat de la pierre, on avait pratiqué deux autres petites cuvettes, ainsi qu'une petite rainure.

a Ces deux cuvettes, diamétralement placées, mais néanmoins parallèlement à la grande cuvette ainsi qu'à la grande rain\ire, afin de pouvoir servir à l'ouvrier polisseur, suivant les besoins de son travail, sans Tobliger à se déplacer, portent : Tune vingt-sept centimètres de longueur et Tautre trente-trois, sur une largeur moyenne de sept à huit centimètres. Elles offrent toutes deux la forme d^une amande assez étroite, et elles se terminent presque en pointe, ce qui semble dénoter qu'elles étaient employées aussi au polissage de parties ou de pièces assez étroites, peut-être à redresser les bords des haches dont Tusure sur la grande cuvette eût pu produire des creux préjudiciables à la perfection des plats.

a La petite rainure, pratiquée assez près de la grande, a vingt-quatre centimètres. De môme forme que la précédente, elle est peu profonde, et large à peine de douze millimètres.

« Non loin, à Textrémit-é de cotte dernière rainure, là où elle se rapproche de la grande, il existe des traces d'une rainure à peine commencée.

« Enfin les plats du grès non occupés ont servi quelquefois, soit à dresser des polis, soit même à polir des pièces.

(f Ainsi qu'on le voit, cette pierre, Tune des plus complètes qui existent, porte trois cuvettes de diverses grandeurs, deux rainures bien caractérisées, et une autre à peine ébîuichée. Elle pouvait servir à terminer toutes les pièces que l'on désirait; mais cependant auprès d'elle se trouvaient doux autres grès de moyenne grosseur, l'un de forme ronde, l'autre en fuseau, qui, complètement usés sur presque toute leur surface, avaient dû également servir à polir des pièces.

tt Du reste, ce fait s'est reproduit en plusieurs endroits de la même localité, où je l'ai rencontré; et les grès qui servirent à cet usage étaient de toutes les grandeurs, de toutes les formes, et parfaitement appropriés au polissage des petits silex, des aiguilles ou du tranchant des couteaux, placés avec eux dans les sépultures.

« Cette pierre à polir, qui est fortement recouverte de dendrites ou d'incrustations, devait être encore employée lors de son abandon. Elle a été recueillie par moi à environ soixante centimètres au-dessous du sol, où elle était renversée, c'est-à-dire la cuvette placée du côté de la terre. Les quelques monuments qui l'accompagnaient, dont je considère Pun, entre autres, comme une idole grossièrement sculptée dans un bloc de grès, étaient également renversés. Il avait existé des sépultures aux environs, mais elles avaient été violées, et leurs pierres déplacées, ainsi que leurs ossements, n'ont servi qu'à indiquer leur présence. »

Le polissage des instruments de pierre s'opérait en frottant Tobjet à polir dans une cavité creusée au centre du polissoir, cavité dans laquelle on mettait un peu d'eau avec de la poudre de zircone, de corindon, et peut-être même tout simplement de Toxyde de fer^ que nous connaissons aujourd'hui sous le nom

%3k AGE DE LA PIERRE.

de ruiiffc it Angleterre, et qui sert auï joailliers A accomplir colle ]

même opéralîon.

Il esl vraiment surprenant d'apprendre C|uelle quantité énorme ■ de silc\ un seul ouvrier, convenablement outillé, pouvait prépa- i rer. Pour se renseigner à cet égard, il faut savoir ce qu'obtenaient nos anciens caillouteins des départements de l'Indre et de Loir-et-Cher, qui ne sont que les descendants des ouvriers de l'Age de la pierre. Un naturaliste français. Dolomieu, voulut, au commencement de notre siècle, se renseigner sur la quantité de produits que ces ouvriers pouvaient verser dans la circulation, et en même temps bien connaître les moyens que ces mêmes ouvriers employaient pour fabriquer les pierres h. fusil.

Dolomieu constata, en visitant les ateliers des caillouieur», r[aB la forme première que les ouvriers donnaient au silex était un prisme à plusieurs faces. Ensuite, cinq ou sis coups de marteau, appliqués en une minute, sunîsaieut pour détacher de cette masse des fragments aussi exacts, des faces aussi lisses, des lignes aussi droites, des angles aussi vifs, que si la pierre eût été taillée par la roue d'un lapidaire, dans une opération qui aurait exigé d'ailleurs, de ce lapidaire, une heure de main-d'œuvre. Pour réussir, dit Dolomieu, il suffit que les pierres soient fraîches, c'est-à-dire privées de défauts ou de grains hétérogènes. En opérant sur ces bons silex, fraîchement retirés de la terre, un ouvrier pouvait prépaior 1000 bons éclats dans un jour, et faire également par jour 600 pierres à fusil, de façon qu'en trois journées il achevait complètement les 1000 pièces préparées. En 1789, l'armée russe s'approvisionnait en pierres à fusil dans la Pologne. Le magasin était établi k Eisniew. Or on fabriqua à cette époque, selon Dolomieu, 90 000 de ces pierres en deux mois.

Outre ceux du Grand-Pressigny, d'autres ateliers anléhistoriques pour la fabrication des instruments de pierre ont été signalés en France, Nous citerons ceux de la Charente, découverts par M. de Rochebrune: ceux du Poitou, et cnûn le champ des Diorières, â Chauvigny (Loir-et-Cher), qui semble avoir été un atelier spécial pour le polissage des silex. Il existe, en effet, non loin de Chauvigny, dans le même déparlement, un rocher qui porte encore vingt-cinq sillons analogues à ceux des polissoirs, et qu'à cause de cela les habitants du pays appellent Pierre cochée. Il esl probable que ce rocher servait au polissage des instruments taillés aux Diorières.

ÉPOQUE DE LA PIERRE POLIE. îib

On a trouvé en Belgique ces mêmes ateliers en plein air pour le travail des silex.

Les environs de Mons sont surtout remarquables sous ce rapport. A Spiennes notamraenl, il n'est pas douteux qu'une importante fabrique de silex taillés n'cxisldt à l'époque de la i>ierre polie. On y a recueilli un nombre considérable de haches et autres outils, presque tous inuclievés, défectueux ou d peine ébauchés. Nous représentons [ftg. 134; une pointe de lance de silex provenant de celle station.

Le silex n'était pas la seule substance employée d cette époque

pour la confection des haches et des instruments ou outils de pierre. On a récolté dans les cavernes de la France, de la Belgique et du Danemark un assez grand nombre de liachcs en gneiss, en dioritc, en ophitc, eu titjrolithe, en jadéite et en diverses autres substances minérales très dures, propres d la destination qu'on leur donnait.

On peut citer comme très remai-quables plusieurs haches en jadéite, trouvées dans le département du Gers, et ornées de petits crochets de chaque ci>lé du tranchant. L'une de ces belles haches en jadéite [hg. 135], que nous avons fait dessiner au Musée de Saint-Germain, et qui a été trouvée dans le département

(le Seine-el-Oise, présente uiio arûlf taillée au milieu de cliaijue face.

Mais ni le silex, ni les gneiss, ni les diorites n'existent dans tous les pays. On remplaçait alors ces pierres par des substances moins dureij. En Suisse, les iDstnimcnts et les outils furent Taits généralement avec des cailloux roulas ou charriés par les eaux. On les fjiçonnait, en les cassant avec d'autres pierres plus dures, CD les usant sur des grès, en les sciant avec des lames dentelée» de ftilex, selon leur dureté et leur genre de cohésion.

11 est encore des localités oii de gros objets étaient confectionnés avec des serpentines, des pierres olluircs, des basaltes, des laves, des jades et autres roches, choisies Acuusedc leurextrtïme ténacité.

Du rest£, l'adresse manuelle était telle chez les ouvriers de rc temps, par suite de leur habitude d'un travail exclusif, que la nature de la pierre était devenue indifTérente i)Our eux. Le marteau, dont nos ouvriers ignorent presque aujourd'hui l'usage, était un instrument merveilleux avec lequel nos ancêtres antéliisloriques faisaient des prodiges, qui sembleraient devoir être réservés A la lime et à la meule du lapidaire.

Nous ne surprendrons pas le lecteur si nous ajoutons que certaines laves volcaniques, et surtout l'obsidienne, se cassant avee la même régularité et la même facilité que les silex, ces minéraux ont été employés par les Indiens de l'Amérique pour confectionner des instruments tranchants. Les anciennes carrières d'où les Indiens tiraient cette roche, pour en faire des instruments et des outils, étaient situées au Mexique, dans la Sie>-rti de las Navajas, c'est-A-dire la montagne des Couteaux. M. H. de Saussure, le descendant du grand géologue, fut assez heureu\ pour retrouver lA des pièces qui étaient ébauchées de manière A permettre l'ablation subséquente d'une série de lames A deux tranchants et qui s'obtenaient toujours A l'aide d'un simple choc adroitement appliqué. La façon première se réduit, selon M. H. de Saussure, A produire un gros prisme A six côtés, dont les arêtes verticales, successivement et régulièrement abattues, laissaient encore un prisme A six pans, que l'on débitait de la même manière, jusqu'à ce que le résidu ou noijau [nudeus] fût trop aminci pour que l'opération pât être continuée.

L'historien espagnol Hernandez dit avoir vu fabriquer ainsi cent lames par heure. Du reste. les anciens naturels du Pérou

et les Guanchcs de TénérifTe taillaient également avec l'obsidienne des dards et des poignards. Enfin nous rappellerons, en passant, que M. Place, l'explorateur de Ninive, a trouvé sur remplacement de cette ville antique des couteaux de circoncision en obsidienne. •

Après les instruments en silex propres à l'époque de la pierre polie, nous devons examiner les insiruments en bois de cerf.

La vallée de la Somme, qui » fourni des preuves si convaincantes de la coexistence de l'honuue et des

grands manimiftrrs d'espèces éteintes, n'est pas une mine moins précieuse pour les iiistniitients de bois ou de corne appartenant d l'époque de la pierre polie. C'est dans les vastes lourbièrcs de (telle région que ces vestiges ont été rencontrés. Bouclier de Pcrthes en a recueilli un nombre considérable aux environs d'Abboville.

Les tourbières sonl, comme on sait, d'anciens marais, qui onl élé peu à peu remplis par la chute des arbres qui croissaient sur leurs bords. La matière organique (racines, bois, feuilles], lentement pourrie par l'action de l'eau environnante, s'est transformée, au bout d'un certain temps, en cette esiièce de combustible qn'on appelle Itnirbe. Celles de la vallée de la Somme atteignent jusqu'à dix mètres d'épaisseur en certaines parties. C'est dans les couches inférieures qu'on retrouve des armes, des outils, des ornements de l'époque de la pierre polie.

Parmi ces antiques déliris, mius devons i très intéressante : c'est celle des instruments formés par l'association de deux éléments ilislincls, lels que la pierre et le l>ois de cerf, ou la pierre et l'os.

Les haches de ce type sont surtout remarquables. Elles consistent en un morceau de silex poli et ù demi enfoncé dans une gaine en bois de cerf, polie elle-même ou rugueuse, suivant les cas (Ûg. 136].

Cette gaine est habituellement percée, en son milieu, d'un

l'ig. 136 Hache en Bilex |toli emmanchée dans une gaine en come de

iialci

trou rond ou ovale, destiné à recevoir un mAuche en bois de chfioe, de bouleau ou àc toute autre essence propre à un semblable usage.

La figure 137 représente, d'nprès les planches de l'ouvrage de Boucher de Perlhes [A nlii/uilésceliiij'tes et antédiluviennes], cette hache i-mmanchée dans un nio^eau de bois de chêne.

On comprend ilifficilement qu'après un choc un peu violent la hache ne s'échappdt pas de sa gaine, où rien n'était disposé pour la retenir. Celte observation est surtout fondée en ce qui concerne les haches polies ilans toute leur longueur, môme dans la partie

X cminnnclKic dans iinc gaine en bois de cerf et munie n bois do chine. d'a|>rès Bouclier do Pcrlhes.

recouverte par la gaine, car celles-ci devaient glisser de leur enveloppe avec une grande fiiciiité. Le fait est qu'on en recueille rarement des spécimens complets : le plus souvent les silex sont séparés de leurs gaines.

Quant aux manches, la nature même de leur substance s'oi>posant à leur conservation pendant une longue suite de siècles, c'est par exception qu'on en rencontre, et alors ils sont toujours détériorés.

La figure 138 est donnée par Boucher de Perthes, dans ses Antiquités celtiques, comme reproduisant un manche en bois de chône trouvé par lui.

On a rencontré un certain nombre de gaines portant, à l'extrémité opposée 4 la hache de pierre, des dents fortes et pointues.

Ce sont des défenses de sanglier, solidement enfoncées dans la corne de cerf. Ces instruments remplissaient donc un double but : ils Irancbaient ou assommaient d'un cdté, et ils perçaient de l'autre.

On trouve aussi îles gaines qui, non seulement sont armées de cette dérensc de sanglier, mois sont cvidées à cbaque bout, de manière à recevoir deux haches de siie\ à la fois. C'esl K) H ce que représestc, d'après Rourbcr de Perlhes,

la figure 139.

bai* de cliéne.

Fil!. 130 daine en boia de cerf, ouverte a l'Iiaquc liuul ]>our recevoir deui liaclics.

f\t! 140 Ilaclic en sitn poti de la Belgique, omniancliiiedans une gaine en hois <lc cerf.

Un objet digne d'attention, c'est celte hache emmanchée dans une gaine en bois de cerf, que reproduit la figure 140, et qui a été ramassée aux environs d'Aerschot ; elle appartient au Musëd d'antiquités de Bruxelles. Son exécution est parfaite et supérieure à celle des instruments analogues des tourbières do la Somme.

La corne de cerf était assez souvent employée seule pour la fabrication d'outils ne devant pas supporter une grande faljgue,

wO AGE DE LA l'IESRB.

tels que des outils de labourage ou de jardinage. Nous représeiitons ici Ifig. Ul, 142 et 143), d'après l'ouvrage de Boucher de Perthes, quelques outils de corne de cerf qui paraissent avoir eu celte destination. On remarquera quils ne sont pas tous percés pour recevoir un manche ; dans certains cas, c'esl une por- Uon d'andouiller de cerf qui forme le manche.

Dans le cours de ses esploraUons au sein des tourbières d'Abbeville, Boucher de Perthes avait rencontré de nombreux éclats de silex, de forme irrégulière, dont il ne s'expliquait point lusage.

Fig. 141, m

Hais ayant trouvé dans les mômes gisements des os longs do mammifères, — libias, fémurs, radius, cubitus, — entaillés d'une façon uniforme, soit au milieu, soit aux extrémités, il vint àpcnser que ces os avaient bien pu iMrc des manches destinés à recevoir les silex. Pour s'assurer de la valeur de cette idée, il prit un os et une pierre sortant de la tourbe, et les ayant mis en rapport, il se trouva être en possession d'une sorte de ciseau, très propre à tailler, creuser, gratter et polir le bois. Il recommença plusieurs fois cette expérience, et toujours avec plein succès. 11

suffisait, quand la pierre oscillait, de la consolider avec un ou deux coins de bois.

Boucher de Pertlies ne douta pas dès lors que ces os n'eussent été jadis employés comme manches d'outils de silex. Le m<!me manche servait pour plusieurs pierres, grâce à la facilité qu'avait l'arlisan de retirer l'une pour placer l'autre, pur le seul moyen des coins de bois. C'est pourquoi les silex de ce genre sont beaucoup plus abondants dans les tourbières que les manches en os. 11 faut dire aussi qu'on ne se donnait guère la peine de les réparer lorsqu'ils étaient émoussés, sachant combien il

Pig. 144. Outil avec nranclic en os

t'ig. Uâ. Oulils Je 9ili-i UD manclio en os.

Fig. 146. Mancliu d'où lit un [iGu orné.

serait aisé de les remplacer. On les jelaît, sans plus s'en occuper : de li leur profusion.

Ces manches sonl faits en os extrêmement durs, d'oii l'on peut conclure qu'ils étaient appliqués à des travaux exigeant des outils solides. La plupart ne recevaient la pierre que d'un côté ; mais quelques-uns étaient ouverts à chaque extrémité ef servaient ainsi pour deux outils h la fois.

Les ligures Ikk et 145 représentent quelques-uns de ces outils de silex & manche en os, d'après les dessins de l'ouvrage de Bouclier de Perthes.

l'uohmb pUHiTir. 16

En ^6ii6ral, Ils coûtaient hten peu de peiiic ft lourij auteurs : on se contentait de briser l'os transversalement, sans même régulariser la cassure, puis on agrandissait la cavité mëdullaire qui y existe naturellement, enliu l'exlfémité destinée & être prise dans la main était équarrie ou arrondie grossièrement.

Nous représentons un de ces outils en os [Gg. 146) plus soigneusement faijonné : il a été coupé nettement du côté de l'ouverture, et l'estréniité opposée a été arrondie eu forme de crosse, Toire même ornée d'un dessin.

Pendant l'époque de la pierre polie, comme pendant l'époque précédente, les dents de certains mammif&res étaient employées en guise d'ornement. Mais on ne se contentait pas, comme auparavant, d'y fpercer un trou, pour les suspendre au cou ; on les travaillait avec grand soin. C'étaient surtout les dents de sanglier qu'on choisissait pour cet usage. On les fendait longitudinalemeni, de façon à réduire de moi* tié leur épaisseur, puis on les polissait, et l'on y perçait un trou pour 1rs suspendre.

Les tourbières de la Somme ont l'ourni un certain ;nombre de défenses de sanglier ainsi façonnées. La plus curieuse trouvaille de ce genre qu'on ait faite est celle de l'objet dont nous donnons ici le dessin (fig. 148). Il a été découvert en 1 834, près de Pecquigny (Somme), et se compose de dix-neuf dents de sanglier, séparées en deux parties, comme nous l'avons dit, parfaitement polies et percées à chaque extrémité d'un trou rond. Ces trous servaient d passer un lien de nature tendineuse, dont on vit, assure-t-on, les débris au moment de la découverte. Un pareil collier devait être d'un grand prix, car il avait nécessité un travail très minutieux.

Sur aucun des instruments en bois dont nous venons de parler on ne trouve ces dessins que nous avons signalés comme venant des hommes de l'époque du renne. L'instinct artistique

fig. U7. Collier Tai dcdenUde sanglie divisées lunglludi Dalemeni.

paraît s'être évanoui. Peut-être la catastrophe diluvienne, qui vint faire tant de victimes, eut-elle pour résultat d'effacer le sentiment des arts, en forçant les hommes à concentrer leurs idées sur les uniques soucis de leur subsistance ou de leur défense.

C'est à l'époque de la pierre polie que l'art de fabriquer les poteries apparaît avec une certaine perfection, et le nombre déjà assez grand d'objets en pàtc de terre cuite que l'on trouve à cette époque prouve que cet art était alors pratiqué sur une certaine échelle. Nous avons dit que c'est à l'époque du renne que l'on a pu mettre en évidence l'existence d'un vase en t*erre cuite. C'est le vase de Furfooz, que nous avons déjà représenté (Qg. 77, page 159). Mais, comme nous l'avons dit, cet exemple est unique. Ainsi l'art du potier, déjà naissant à l'époque du renne, prit son essor à l'époque de la pierre polie.

On peut d'ailleurs comprendre que l'iiomme ait, pu de très bonne heure réussir à confectionner des poteries grossières. L'argile qui sert à faire toutes les poteries, depuis le vase de cuisine le plus infime jusqu'aux porcelaines les plus précieuses, l'argile existe partout. En la pétrissant avec de l'eau, on la modèle en vases de toutes formes. Exposés à la simple chaleur du soleil, ces vases prennent déjà une certaine cohésion, puisque, d'après la tradition, les tours et maisons de l'antique Niniye auraient été bâties avec des briques cuites au soleil.

Cependant l'idée de durcir les pâtes argileuses par l'action du feu est tellement simple, que nous ne croyons pas que l'on ait jamais fait grand usage, môme chez l'homme primitif, de poteries seulement cuites au soleil. Le hasard, l'observation la plus élémentaire, apprirent aux premiers hommes qu'un fragment d'argile placé près d'un foyer durcit et devient impénétrable à l'eau, c'est-à-dire forme une véritable poterie. Par conséquent, les premières poteries durent être fabriquées d'assez bonne heure, c'est-à-dire à l'époque du renne.

Bientôt l'expérience dut api)rendre aux hommes à perfectionner la fabrication de ces poteries. On ajouta à la pâte d'argile du sable pour la rendre moins sujette à éclater dès le début du chauffage; puis de la paille séchée, pour lui donner de la cohérence.

C*est ainsi que l'on obtint ces vases grossiers faits à la main, et qui portent encore l'empreinte des doigts de l'ouvrier (Qg. 148

AQE D£ LA PIEBBB.

et 149). Ces vases sont cuits à moitié seulenimt, «n rtiBon dn peu d'iuleusité du foyer dont on pouvait alors faire usa^c, ^ qui n'était autre chose qu'uo feu de bois brAIant 1:0 plein air sur un Atre de pierre.

Quantité de vestiges recueillis çA et I& attestent rjne l'usage des poteries était assez répandu & l'époque de la pierre polie. La plupurt ne sont que des i^bauclies core bien grossitj mais ell'^s ncciii un certiiiii piu^ri Les omciiiculîi âoiit plus déljculis ol plus compliques. (In voit apparaître Ip.h anses A jour et les mamelons percés' ])tiur lu pension. Bref, il y a un acheminement sensible vers Icii ci tiens d e l'art.

Dans les cavernes de l'Ariège, MH. Garrigou et Pilhol ont rfr* cueilli îles restes de poteries grossières, en argile, munies d'anses, (le forme tout à fait primitive. Parmi les fragments de poteries IrouvéK par ces olisor\-atours, il en est un qui mesure vingt-huit centimètres do hatileiir, et qui a dû appartenir & un vase d'un demi-mètre de hauteur. Ce vase, nécessairement très lourd, était suspendu par des eordes, ainsi que le prouvent les trois trous percés dans un autre fragment du môme objet.

C'est d'après ces données que nous représentons dans la planche ci-jointe (fig. IbO) un atelier île poterie à l'époque de la pierre polie.

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AgriciiUiire. — On a dos preuves certaines que l'homme, à l'épo({ue de la pierre polir, possédait une agriculture, ou, si l'on veut, cpi'il cultivait les céréales. MM. Garrigou et Filhol ont trouvé dans les cavernes de l'Ariège plus de vingt meules, qui ne pouvaient servir ([u'A triturer les grains. Ces meules ont de vingt à soixante centimètres de diamètre.

Ainsi les peujdadcs qui habitaient notre Ariège ft l'époque de la pierre polie, connaissaient, sinon le hié, au moins une graine céréale alimentaire.

M. le D' Foulon Menard a publié, en 1869, un mémoire destiné

à décrire une pierre trouvée à Penchasleau, près de Nantes, dans un tombeau appartenant k l'Age de la pierre '. Large de soixante centimètres, celte pierre est creusée sur sa face supérieure. Elle servait évidemment à écraser les grains avec un rouleau de pierre ou tout simplement avec un caillou rond, promené dans sa cavité. La farine obtenue par cette pression desrendait par la pente donnée & l'excavation de la pierre, et était reçue sur quelque lambeau de natte.

Nous représentons ici, d'après le modèle qui existe au Musée de Saint-Germain, le moulin primitif de Pencliasteau (fig. 151).

Fig. Ibl. Le moulin primitif.

Pour comprendre comment une excavation pratiquée dans une pierre circulaire fut le premier moulin à blé des anciens Ages, il suffit de savoir que, même de nos jours, chez les peuples sauvages, c'est ainsi que l'on procède pour écraser les grains des téréales.

On lit dans le Voyage du Missinsipi à l'océan Pacifique, par M. Holliaûseu :

1 La nourriture principale des Indiens Moharcs consiste en gâteaux grillés de maïs et de blé, dont ils pulvérisent les grains entre deux pierres *. »

On lit dans les Exploratiorfi <lu Zumbèse et de ses affluents {Afrique centrale), par Livingstoue :

• Le moulin des Mangajas, Makalolos, l.andines el autres peuplades, est composé d'un bloc de granit, ou de syénite, parfois mËme de micaschiste, ayant de quinze àdii-lutit pouces carrés sur cinq ou six d'épaisseur, et d'un morceau du quartz, ou d'autre rocUe également dure, de la dimension d'une demi-brique; l'un des côtés de cette espèce de meule est cunveie, de ma-

1. La Moidint primilifi. Nantes, 1869. Elirait du BaiUlin de la SoeUU archiologiqtu de Xante», i. Tour du Monde, 18G0, 1" semestre, p. 37G. llacheUa et C*.

nière k s'adapter à un creux en forine d'auge, pratiqué dans \e bloc qui « iinmobile.

t C'uand la remmu a du grain a moudre, elle s'agenouille, saisît & (ien mains ia pierre <'onvcxo et la promiïne dans le cmui de la pierre inrérieitl par un mo-jveiiietit unalogus ii ctlai d'un boulanger qui presse sa pAte i U roule devant lui. Tout en la faisant aller el venir, la ména^èro pèse i tout son poids sur la meule, et de tempi en temps remet un peu de gni dans l'ai]^ du bloc. Celui-ci est incliné, de maniërii que U farine, à m sors qu'elle sfl fait, toml>e sur une nappo disposée pour la recueillir', » '

Tel fut donc !e premier moulin. Nous verrons plus tard apps rallre une nutie rorm*' : deux meules euittTjioséfB, dont l'une fli iuu« par-dessus l'aulre, avei! un iimnclie de bois. C'est le luouiil de répoffue du bronze. Cette Torme se mninlii'niirn d'nilleuns jui qu'aux li-iups hiâtoric|u«s, puisqu'elle constitue lo premier inoiî liu que tes .igriciilteurs romains aient (■mpltivë.

C'cBt pour représenter l'esiBlence de l'agriculture A ré{>oqu< de la pierre polie que nous fivons fait destiner, dans la plunch 152, une femme réduisant du grain en farine daus le mouli primitif.

Ou voit, sur le même dessin, la manière de prfparcr. avec I fariue sortant du moulin, uue sort« de ga!ett« grossière. Dm <M fants font ihinitTer <\ un foyer des pierres i-ircul aires, nu rondelles. Sur ces pierres lu'ùlantes, qu'ils viennent de retirer rapidement du feu, en se servant, pour les saisir, de deux bâtons mouillés, ils placent un peu de farine délayée dans l'eau. La chaleur de la pierre suffit A' cuire la farine et ù former une sorte de galette.

Disons tout de suite, pour montrer qu'il ne s'agit pas ici d'iiypotbëses, que c'est de celte mani£;re que de nos jours encore se prépare, dnns le^ contrées pauvres de la Toscane, ia poleuta. La jidte, faite avec de la farine de chdtaignes délayée dans l'eau, est cuite entre des rondelles de pierre, que l'on superpose en rangées, comme npus l'avons figuré dans la planche 153, laprépO' ration du pain à l'âife di- lu pierre.

A l'arrif-re-plan du même dessin, on voit des animaux, réduits A l'état de bétail, ramenés vers le groupe des travailleurs. Nous avons voulu indiquer par cette particularité que l'époque de la pierre polie est aussi celle de la domestication des animaux, et que déjà le cliien, le mouton et le bœuf étaient

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