liidrpcn'liince brlge, noveoibro et décembre
Ainsi, tandis que M. Keller et beaucoup d'autres archéologues attribuent les croissants des lacs de la Suisse à quelque culte divin, M. Vogt, plus prosaïque, ne les rapporte à d'autre culte qu'à celui des cheveux ! Le lecteur choisira entre ces deux explications. Nous ferons seulement remarquer, à Tappui de l'opinion du docteur Keller, que certaines tribus gauloises avaient pour symbole religieux ce même croissant dont M. Vogt veut faire un oreiller — oreiller de pierre, comme on le voit, et qui nous semble bien dur, même pour Thomme primitif.
Différents signes trouvés dans les stations humaines de réj>oque du bronze paraissent avoir été des symboles religieux. Tels sont les dessins que Ton rencontre si souvent sur des épées, des vases, etc. Ces dessins ne reproduisent jamais des objets de la nature ; on croirait voir des signes cabalistiques ou des talismans. La plupart se rapportent au cercle : tantôt ce sont des cercles simples, tantôt des combinaisons de cercles. Beaucoup d auteurs croient pouvoir les rapporter au culte du soleil.
Un autre signe est encore plus souvent employé, et il était d'ailleurs déji\ connu A Tàge de la pierre; nous voulons parler de la croix. La croix est un des plus anciens symboles qui aient existé. M. G. de Mortillet, dans un mémoire intitule : La croix avant le chriHlianisme^ a voulu établir que la croix a toujours été le symbole d'une secte qui combattait le fétichisme. Il est certain, au moins, qu elle est un des signes symbolicjues les plus anciens, car on la trouve sur les objets de Tàge de la pierre, et sur les premiers objets de Tépoque du bronze. Au temps des Étrusques, ce signe se voyait partout. Plus tard, le christianisme s'attribua exclusivement ce symbole religieux.
Une troisième figure symboliciue se voit (juelquefois sur divers objets de l'époque du bronze : (t'est le triangh».
Il est bien probable, en résumé, que tous ces signes, qui ne se rapportent à aucun objet connu, se rattachaient à certaines croyances religieuses ou superstitieuses des peuplades de l'époque du bronze, et que, par conséquent, leurs cœurs étaient animés d'un sentiment religieux.