‹ L'homme qui vientChapitre 3 sur 48 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

nous lui gardons beaucoup de reconnaissance.

Il peut paraître étrange que nous, Français»

nous ayons eu besoin des enseignements de cet étranger brutal pour revenir à la vraie vie : des esprits qui n’ont pas connu le désordre intellectuel s’en étonnent, et citent les noms des nôtres, dont l'esprit fut certes mieux équilibré que celui de Nietzsche, et dont la fréquentation nous eût été aussi profitable. Il y a de Bonald, et de Maistre, et Comte, et Taine, et, tout près de nous, quelques autres. C’est vrai, Mais il faut savoir ceci : que pour nous, par l’œuvre de nos éducateurs rusés, ces vrais maîtres étaient tarés. — Réactionnaires, nous avait-on dit. C’est vulgaire, reconnaissons-le : cela suffisait pourtant à nous en éloigner. On n'osa point nous montrer Comte sous cet aspect; mais avec quelle habileté fit-on le silence sur son œuvre !

Au contraire, on ne nous avait pas appris à nous défier des étrangers, et l'on n’eut point le temps de nous voiler Nietzsche ; il entra chez nous avec tant de brusquerie et de brutalité que l'on n’eut pas le temps de le reconnaitre et que l’on n’osa pas ensuite le masquer : c’est pourquoi son action put s'exercer sur nous, si

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