LE SOCIALISME
vos reins; mais vous la sentirez, aussi aiguë, dans vos doigts, dans vos yeux et votre tête. Et lorsque vous serez las de voir tourner les fuseaux et glisser les navettes, que ferez-vous, si personne n’est derrière vous pour vous contraindre à demeurer devant la machine pendant le temps nécessaire? Vous irez fumer des cigares dans les jardins publics, laissant la machine se conduire elle-même. Et lorsque vous reviendrez, elle aura éclaté et aura mis le feu à l'usine.
Ils disent enfin : « Il n'importe, le Socialisme doit être, parce qu'il estla Justice. » — C’est bien cela, vous ne voulez plus faire d'efforts. Vous ne dites pas : «Il sera parce que nous le voulons », ce qui serait encore un effort; mais : « Nous demandons la Justice ! » A qui la demandezvous, insensés ? Puisque vous avez détruit Dieu, il n’y a plus personne au-dessus de vous pour vous la donner. Vous ne croyez qu'aux lois de la nature : c'est une loi de la nature que celui qui a la force de lutter pour vivre vit, et que celui qui ne l’a pas doit mourir. Et ce que vous appelez la Justice, l’état que vous désirez
sous ce nom, c'est l’état où vous pourrez jouir en toute paix et sécurité de vous-mêmes et de l'univers sans effort et sans lutte contre autrui. C’est l'équilibre parfait, c’est la mort.
C’est pourquoi cette prétendue œuvre de progrès et de vie, le Socialisme, est en vérité la pire œuvre de régression et de mort.