LA RUINE PAR LA RÉPARTITION SOCIALISTE
cet athlète qu'il entend développer les « puissances de son individu ».
Qu’arriverait-il doncsi le peuple, véritablement souverain pour une fois, décrétait, par la voix du démagogue. que tous les produits du travail, toutes les « richesses sociales », doivent être également répartis entre les hommes ?
Méditez bien sur ceci, vous autres, esprits généreux, âmes pitoyables qui souffrez des misères du peuple, — et que votre amour et votre pitié se fortifient de votre méditation. — Voici ce qui arriverait avec la répartition socialiste.
Tous les hommes voudraient avoir les jouissances de luxe que seuls, aujourd'hui, ont quelques « privilégiés » ; et tous les hommes auraient la possibilité de satisfaire à ce désir de jouissances, car toute la plus-value du travail, la surproduction de chaque jour, la différence entre ce que nous produisons et ce que nous consommons, cela seraitégalement réparti entre toutes les mains, et chacun pourrait employer sa part à sa guise. À sa guise: songez à cela. « Courte et bonne », dirait le peuple, « nous sommes sur terre pour être heureux. Vivons donc avec tous nos sens ». Et voici comment il
consommerait sa part de surproduction: en bons vins, en belles viandes saignantes, en belles femmes vêtues de belles étoffes et en beaux spectacles, — en choses qui ne durent pas. Car il voudrait vivre comme vit le « bourgeois » d'aujourd'hui, et il n'y aurait aucune raison pour qu'il ne vécût pas comme ce bourgeols.
C'est ainsi qu'arriverait la ruine de l'État. Ceci est encore de l’arithmétique. Dans notre monde capitaliste, sur cent mille personnes, il n'y en a guère que mille qui peuvent satisfaire plus où moins à l'appétit de plaisir qui est dans l’homme, mille qui jouissent du luxe, des choses superflues qui ne durent pas, mais qui ne consomment guère ainsi que le dixième de la surproduction, parce que leur capacité de jouissance personnelle ne peut dépasser cette limite ; dans le régime socialiste, les cent mille, sauf peut-être une dizaine de fous et autant d'hommes vertueux, pourraient satisfaire à leur appétit de plaisir, mangeraient en repas et en fêtes les neuf dixièmes de la surproduction et ne réserveraient guère qu’un dixième en prévoyance de l'avenir. Ce serait bien en effet, comme l’annon-