CHAPITRE II Sous les loques
Dès huit heures du matin, ce jour-là, le Quartier latin fut en elfervescence, surtout dans les rues avoisinant le boulevard Saint-Michel et l'Ecole des Beaux- Arts.-
De tous côtés, allait et venait une foule en costumes hétéroclites. C'était pour une partie des étudiants, des peintres, des sculpteurs, des architectes flanqués de leurs inévitables petites amies. A des points déterminés, il y avait des rassemblements, les uns se réunissaient par simples affinités, les autres selon les dill'érentes époques de la civilisation, époques qu'ils de\ aient représenter et qui nécessitaient leurs oripeaux.
Le Soulilet, le d'Harcourt, le Vachette, le Pascal, la Source, le Panthéon, le café Bonaparte, les deux Magots étaient des centres de ralliements importants.
Les bars de la i ue Jacob el de la rue Ma.'.ariue regorgeaient de guerriers farouches et de femmes généralement peu vêtues.
Toutes les époques, tous les styles étaient repré-
l'homme Quf vint... 129
sentes. Des Druides, graves et barbus, voisinaient avec des hoplites pesamment armés. 11 y avait des centurions romains ; des Sioux et des mousquetaires, noirs, gris ou rouges, bottés comme l'ogre et chapeautés de feutres immenses, ornés de plumes maigres ; des joueuses de flûte en tunique courte et des courtisanes drapées dans des étoffes chères. L'Inde avait envoyé ses fakirs, l'Egypte ses Pharaons. Il y avait des hommes primitifs, échappés d'une toile de Cormon et comme Gain, vêtus de peaux de bêtes, des Arabes aux gandourahs éclatantes, des grands prêtres de religions indéfinies, des rétiaires et des gladiateurs, des soubrettes et des marquises, des bergères Watteau, armées d'une houlette enrubannée, à la recherche d'un troupeau et des duchesses aux mouches provocantes.
Richelieu, tenant la queue de son manteau de cardinal sous son bras, prenait un bock sur le zinc, en compagnie d'un hussard de la garde dont le shako s'ornait d'un plumet fantastique.
Des gosses couraient les pieds nus sur les trottoirs, vêtus de haillons bohémiens.
Les guerriers prédominaient. Des gaillards solidement râblés formaient une phalange. Ils étaient casqués, portaient une cuirasse de cuir, un petit bouclier rond, une épée courte et une sarisse longue. Il y avait des Perses et des Mèdes, coiffés de tiares de feutre, vêtus d'une tunique à larges manches aux couleurs voyantes, sur lesquelles était passée une cuirasse de fer. Les uns étaient armés de l'arc et du carquois, les autres d'un bouclier d'acier et d'un glaive. Les Assyriens étaient casqués d'airain, ils brandissaient des massues hérissées de pointes
et des javelots ; ils portaient des cuirasses de lin. Les Indiens, vêtus de coton, avaient des arcs et des flèches de bambous ; il y avait aussi des porteurs de peaux de chèvres avec un arc et un cimeterre. Des nègres avec des peaux de léopards, tenaient en main des arcs en branches de palmiers, très hauts ; ils avaient, dans leurs carquois, de longues flèches de roseau à pointes de silex et des javelots avec des pointes en cornes d'antilope. Les légionnaires romains portaient une armure complète , une cuirasse sans manches qui leur couvrait le corps jusqu'aux cuisses, un casque en acier, un bouclier en bois et en cuir avec une garniture de fer ; des Gaulois aux casques faits d'ailes d'oiseaux, le torse nu, aux braies multicolores.
11 y avait encore des abbés d'un élégant x^i., . des seigneurs somptueux, des croisés bardés de fer, des mignons de la cour d'Henri III, des Sans- Culottes aux bonnets rouges, des <;..l(lif< rî.» V\u Doux en sabots bourrés de paille
Un Napoléon, revêtu de son classique uaitornic de colonel des hussards de la garde, se disputait avec une esclave grecque, une des servantes du temple de Lesbos.
— Tu vois, disait l'esclave à l'empereur, tu m'as trop pressée, j'ai oublié ma couronne de roses.
— Je m'en fous, répondait simplement l'empereur.
C'était, en somme, une Mi-Carême monstre ou un bal des Quat'zarts démesuré. Comme les étudiants et élèves de l'Ecole des Beaux-Arts n'étaient pas en nombre suffisant, le Comité d'organisation avait fait appel, pour In '' * *'•--. ■■ ^^-*r la chien -^ '^
Paris. Tous les bas-fonds de la capitale avaient donné, les bohèmes et les faméliques, les ventres creux, les « j'ai-toujours-faim », tous les pauvres diables et les déclassés que la fange de la Ville enlise, les toujours-prêts-à-toutes-les-besognes pour gagner la pièce de quarante sous salvatrice, étaient accourus. Leur maigreur et leurs tares s'étaient travesties sous d'hilarantes souquenilles, ils montraient, vagues seigneurs d'une époque incertaine, des jambes de coqs sous des bas douteux. Ils avaient un langage inattendu.
— Dis donc, le romain, tu payes un litre ?
— Non, mais des fois, tu me prends pour Rothschild ?
— Eh ! le seigneur Louis XIII où qu'tas déniché ta casaque ?
— Tu peux parler, toi, tu as tout du canard qui va à vêpres.
— Acre, pis^e le Jaguard du Sébasto, il a un fromage blanc sur la tête.
— C'est z'un seigneur Henri IL
— Lahouit... l'Henri IL
L'autre passait, fier comme un monarque.
— Eh ! là, on te parle... Ah î mince de fesses, tu le remplis ton maillot.
— Eha ! réponds donc, panne !
— Suffis qu'il est le lardon du Roi.
Qu'est-ce qu'on dit aux aminches, l'Henri II ?
Il répondit :
— L'Henri 11 vous dit : merde î
Parmi les femmes, outre les petites grues de Montmartre, et du Quartier latin, il y avait toute
la vadrouille et toute la crapule. C'était un troupeau. Tous les vices et toutes les misères.
Elles s'exhibaient presques nues, effroyablement maigres ou exagérément grasses...
C'était aussi un étal. Des chairs offertes sans art, sans grâce, de la viande louée cent sous pour la journée, plus l'occasion à prendre.
Esclaves, suivantes, courtisanes de tous les temps, elles portaient sur leur face abêtie, non les traces d'une civilisation quelconque, mais les stigmates de toutes les civilisations successives.
Ce n'était plus un^sacerdoce, ce n était plus même « l'échange de deux fantaisies ». c'était plus affreux que le contact de u deux épidermes». C'était la Prostitution ! La Prostitution, où se ravalait l'humanité et qui ne se représentait même pas par un sexe, mais par un trou, un hiatus grotesque et misérable qui, dans un bâillement goulu, avalait tout un monde.
11 y avait heureusement des silhouettes plus évocatrices, des amours de fillettes fragiles comme des Tanagra, amusantes comme des poupées, et qui promenaient sous le soleil leur nudité, qui se devinait aux transparences des peplos soyeux.
Par groupe, elles jouaient ou caii'^aiont entre elles. C'était un mirage païen.
Mais, hélas ! on retombait bientôt à la réalité plus triste avec le passage d'une colonne de voyous qui sonnaient des marches héroïques dans des clairons de cuivre.
Le rendez-vous était Place d'Italie. Le cortège devait se mettre en route à midi. Bien avant l'heure, les figurants partirent en longues théories, char»
tant, riant, criant, hurlant pour montrer leur joie et leur bonheur de vivre.
Et les badauds' les regardaient passer, heureux de cet avant-goût de la fête, enviant les riches costumes, plaisantant les défroques minables. Les plus malins s'enhardissaient parfois à envoyer quelques plaisanteries salées qui faisaient se tordre la foule.
GHAHTKE III Te- deum laudamus.,
Notre-Dame de Paris. La métropole où se déroulèrent les grandes scènes de l'Histoire du pays de France.
Le clergé s'était associé aux fêtes. 11 fallait qu*il y eût une cérémonie religieuse. Pour lui conserver son caractère, le peuple avait été exclu, les entrées se faisaient sur invitation, cartes bleues, rouges ou vertes, selon que l'on appartenait au monde olTiçiel, militaire ou diplomatique ou au monde font simplement.
Un service d'ordre maintenait la foule qui regardait ceux qui avaient le droit d'aller prier Dieu.
Malgré cette discrimination, l'église était pleine à craquer. C'était, à l'intérieur, un coup d'oeil féerique. Des milliers de cierges, de lampes, d'ampoules électriques embrasaient la vaste nef, tandis que les vitraux s'irisaient sous les rayons obliques du soleil.
Sur l'autel, une profusion de fleurs, des roses rouges qui saignaient parmi des roses blanches...
Aux imir^ et sur les piliers, il y avait des pano-
plies, des trophées de drapeaux, de longs étendards de velours grenat semés d'étoiles d'argent. Des écussons aux armes de la Basilique, portant la \ ierge et l'Enfant sur champ d'azur. Des écus qù s'inscrivait le monogramme de la République, avec dans le mitan, un faisceau de licteurs, les verges et la hache, signe de puissance.
Ces écus étaient une attention délicate du clergé pour le Gouvernement.
Gomme quelqu'un en faisait la remarque à xMonseigneur Sigismond de la Roche-Mareuil, le jésuite répondit en grommelant :
— R.-F., oui, République Française, si vous voulez, ou encore Royaume Français, c'est une question d'interprétation.
Des panneaux portant des inscriptions : Réservés, Presse, Officiers supérieurs, parquaient les invités par catégorie.
On se bousculait pour apercevoir les hautes personnalités. Il y avait des amiraux, des généraux en grand uniforme, des députés et des sénateurs portant l'insigne et Técharpe.
Des huissiers en habits violets, le bicorne sous le bras, faisaient le service, leur chaîne tintaient avec un bruit de gros sous.
Quelques messieurs en redingotes, au bras un brassard bleu clair, faisaient les mouches du coche et embrouillaient les fils patiemment débrouillés par les huissiers.
Un bonhomme, qui soufflait comme un bœuf, mettait tout sa bonne volonté dans une gesticulation frénétique. 11 criait comme à la halle, bousculant les uns, rabrouant les autres. Tout à coup, il
l.'J<) l'homme qli vint...
aperçut au milieu de la foule, un personnage correct qui, désorienté, a tendait ; il l'interpella.
— Qu'est-ce que vous fichez là, vous?
L'autre interloqué répondit, tendant un bristol.
— Je suis ambassadeur.
Sans s'excuser, le gros bonhomme reprit :
— Vous êtes ambassadeur et l'on vous laisse là planté !... Venez avec moi.
Et il s'exclama :
— Place, place à Monsieur l'Ambassadeur... Rangez-vous qu'on vous dit, c'est un ambassadeur, c'est un ambassadeur, rangez-vous, nom de Dieu I ! !
Un vicaire, avec un sourire indulgent, vint à son secours et tout rentra dans l'ordre.
Des fauteuils avaient été réservés, au prcii.in rang, pour les membres du Gouvernement, car, malgré la Loi de séparation, l'Etat était toujours en coquetterie avec l'Eglise.
Le Président de la République, les Ministres et diverses hautes personnalités étaient en retard, retenus par la Revue de Longchamp.
Christ cédait le pas à Jéhovah, protecteur des armées puissantes.
Enfin, un bedeau, en culottes courtes, qui guettait, signala la daumont présidentielle.
Les deux battants de la Grande Porte furent ouverts, le représentant de la République fut reçu, selon les rites du Protocole, par le cardinal-archevêque entouré de son chapitre. Et le cortège se forma.
En tête venaient deux suisses chamarrés et couverts d'or, majestueux et magnifiques. Ils ouvraient
a marche, la hallebardesur l'épaule, rythmant leurs pas avec leurs hautes cannes à pommeaux d'argent ; comme si elles attendaient ce signal, les orgues mugirent formidables. Le son roula, mourut, se reprit, s'enfla démesurément jusqu'aux voûtes, s'épandit comme une onde, secoua la Basilique de ses harmonies héroïques.
Placés derrière le chœur des trompettes répondirent, sonnant de joyeuses fanfares.
Après les Suisses, six huissiers à chaînes et douze acolytes en surplis blanc sur la robe rouge. Puis, venait le porte-croix, un alcoolique encore entre deux vins dont les yeux papillotaient, il tenait dans ses mains trembleuses une longue hampe que surmontait une croix byzantine d'or et d'émail, portant sur une face Jésus crucifié, sur l'autre la bonne Madone.
Vingt-quatre blondinets précédaient, les bras croisés, une longue théorie de séminaristes, aux paupières décemment baissées, tenant un bréviaire caché dans la large manche de leur surplis un peu trop empesé.
Puis, venait le clergé entourant le Cardinal- Archevêque, un vieillard aux chairs molles qui bénissait d'un geste lent la foule agenouillée. Quelques dévotes saisissaient au vol sa main et baisaient goulûment l'anneau épiscopal.
Le Cardinal était en grand habit de gala, il portait une étole d'hermine sur sa robe pourpre dont la traîne était soutenue par deux jeunes enfants.
Des clercs suivaient. L'un portait la crosse d'argent ciselée, où parmi l'enroulement des acanthes, une Vierge se tenait debout. Sous la
crosse proprement dite, sur un anneau, les quatre évangélistes étaient sculptés. L'autre portait le missel, un autre encore sur un plat d'argent le livre rituel, un autre le bougeoir de vermeil.
Puis, c'étaient le cardinal-évêque de Montpellier, un vieillard fin qui ressemblait à Voltaire et les archevêques de Rouen et d'Avignon.
Des archipretres en camail violet avec au cou de grands cordons bleu ciel, suivaient. C'étaient des vieillards cassés, aux paupières lasses, les lèvres tremblant d'une habituelle prière.
Devant le Cardinal-Archevêque, marchaient à reculons dix garçonnets agitant d'un geste uniforme des encensoirs qui faisaient un bruit métallique, tandis que montait la fumée odorante, en spirale bleuâtre.
Le Président, ayant à son bras la Présidente, venait ensuite, puis selon un ordre déterminé, les membres du Gouvernement, les ambassadeurs, les missions militaires et les grands dignitaires de la République.
La foule des fidèles qui s'était dressée plutôt par curiosité que par respect, s'assit fi nouveau dans le bruit des prie-Dieu et des chaises Au moment même où le Président et sa suite prenaient place sur le velours des fauteuils, le cardinal-archevêque s'installait dans le chœur.
Dans les stalles, à droite et à gauche, il y avait un chapelet de chanoines.
Kt la Messe commença selon les rites con.sacrés. L'ofliciant monta à l'autel flanqué du diacre et du sous-diacre on chasuble et en dalmatique Tous trois, sous leur parure brodée, avaient l'air au
milieu des lumières de trois gros scarabées aux élytres repliées.
A nouveau, la chanson des orgues passa sur la foule qu'elle courba comme des épis mûrs sous le souffle du vent.
Le plain-chant entonné par les chantres et la maîtrise s'éleva tour à tour grave et aigu, disant toute la mélancolie et toute la joie du sacrifice divin.
Les organisateurs avaient eu le bon goût de bannir pour cette cérémonie qui exaltait la civilisation toutes les musiques sacrées des sous Gounod et des sous Massenet, écrites entre deux llons-flons de valses lentes et d'opéra- comiques.
Comme les sculpteurs et les peintres modernes ont été incapables de rendre avec un sentiment de piété la mystique chrétienne (ils ont par mercantilisme sombré dans le style saint-Sulpice, plâtres odieusement peinturlurés ou bondieuserie des chemins de croix brossés à la grosse), les musiciens par le même manque d'esprit 'd'humilité n'ont jamais pu atteindre le développement splendide des chants écrits dans l'inspiration des siècles de croyance.
Le chant montait vers les voûtes creuses ; malgré son incrédulité, la foule, comprenant par instinct les beautés de ces actes de foi, sentait son âme émue et courbait le front dans un frisson involontaire.
L'esprit de Pieu passait avec le vent des orgues, élevant les désirs et les passions des hommes. Qu^importent les gestes rituels accomplis mécaniquement, les bras levés, les mains dressées comme
des palmes, les bénédictions données du bout des doiii;ts, les génuflexions hâtives, le missel, aux signets décolorés, que Ton transportait à droite ou à gauche, ce n'était plus une religion quelconque que l'on sanctifiait, c'était la Religion de tous les temps que les hommes dans leur faiblesse ont servi dans la crainte de la divinité.
L'autel était là, debout, comme chez les païens, la victime ne répandait pas son sang réellement, mais elle était invisible et présente par la transubstantiation. La mître de l'archevêque venait des cultes de l'Orient et le lourd ostensoir d'or aux rayons épars, n'était-ce pas le Soleil, le grand fécondateur, père de toutes choses, du culte mort de Zoroastre et des prêtres persiques ?
L'encens était syrien, égyptien aussi, l'eau lustrale était grecque et romaine, et Jésus fils de Marie et de Joseph était israélite.
Toutes ces religions pratiquées sous des modes difTérents n'ont-elles pas des affinités communes, des traits généraux concordants, ne sont-ce pas les phases d'une même séquence ?
Elles ont au fond la même origine, elles ont passé par des états analogues pour ne pas dire identiques.
Sous l'iniluenee directe de la civilisation, lorsque l'homme parvient à une conception d'une reliligion plus élevée, il conserve ses meilleures croyances qui se perpétuent à côté des nouvelles idées directrices.
Ainsi, la croyance à l'immortalité de l'âme n'a pas enlevé l'idée de l'etlicacité des sacrifices.
Le fétichisme est l'élat dans lequell'homme sup-
pose qu'il peut forcer la divinité à accomplir ses désirs. C'est le premier pas franchi après l'athéisme qui n'est pas la négation de Dieu, mais l'absence d'idée définie sur l'existence de Dieu.
Le fétichisme était partout dans la cathédrale sous les espèces des saints et des saintes innombrables. Etait-il plus élevé dans son sentiment, là, en plein Paris, pivot de toute civilisation, que dans les îles perdues du lointain Pacifique ?
Non. Le peuple de France était au xx® siècle pareil aux peuplades du Centre Afrit:ain.
Les Chinois adressent de longues prières à leurs idoles et s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils désirent, cela arrive quelquefois, ils les mettent à la porte comme des dieux impuissants ; d'autres, les traitant plus mal encore, les injurient et les battent !
Ils attachent des cordes au fétiche, le précipitent de son piédestal, le traînent dans les rues au milieu de la boue et des ordures pour le punir des dépenses inutiles faites pour lui. Si pendant ce temps, il advient que les vœux sont accomplis, ils le reconduisent au temple avec le plus grand cérémonial, le lavent, le replacent dans sa niche, ils s'agenouillent devant lui et lui font mille excuses.
En Sibérie, et dans l'Afrique occidentale, se retrouvent les mêmes pratiques.
Les prostituées parquées dans le quartier du Chapeau-Rouge, à Toulon, qui ont voué un culte fervent à Saint-Antoine-de-Padoue n'agissent pas autrement. Chaque fille a, à la tête de son lit, une statuette du saint devant laquelle brûle une\eilleuse ou un cierge. Le Saint est responsable de la bonne ou de la mauvaise fortune. On l'implore j»our
que la clientèle soit abondante et c^énéreuse. si elle vient à manquer on Tinsulte grossièrement.
Certains indigènes de l'Afrique mangent le fétiche, c'est une sorte de communion !
A ce moment, Tenfant de chœur agenouillé, par trois fois, agita les pieuses sonnailles. Et le prêtre éleva l'hostie demandant l'immolation de Dieu à l'appel volontaire des hommes.
Et la maîtrise entonna VAcfnus Dei. Puis le prêtre, ayant accompli le saint sacrifie»' les mains.
L'eau purificatrice ! L*eau qui absout ! L'eau qui guérit î
Idée que l'on retrouve chez presque tous les aryens. Le culte de l'eau a régné sur la Grèce et le monde latin. Cicéron. Justin. Strabon, Tacite. Pline, Virgile, nous le signalent. Au vi* siècle, Grégoire de Tours parle « d'un lac sacré .sur le mont Hélanus. »
Mn Bretagne, il y a le célèbre puits de Saint- Anne-d'Auray et la fontaine sacrée de Lanmeur. dans la crypte de l'église de Saint- Melan. Montpellier possède lepuitsdcSaint-Roch, protecteur de la peste. La foule des pèlerins accourt à des dates précises.
Kt Lou'hKvs ?
Certains esprits .scientifiques ont cru que la civilisation et la religion élaient solidaires, l'une n'avançant pas sans l'autre, ils ont proclamé que la science amène une épuration correspondante dans la religion, méconnaissant ainsi les grandes lois morales et physiques qui régissent l'univers. Rien ne change. Tout se retrouve sous une forme ou sous