‹ L'homme religieuxChapitre 11 sur 31 · S XII · texte numérisé non relu

S XII

Comment il faut recevoir la correction fraternelle..

Nous venons de parler de la manière dont il faut faite la correction fraternelle ; voyons maintenant comment il faut la recevoir. Il faut remarquer d'abord qu'il n'est point d'homme vivant sur la terre , de quelque âge , de quelque complexion , de quelque nation et de quelque qualité qu'il soit , qui n'ait des inclinations mauvaises , des vices, et qui n'ait commis des péchés. La foi catholique, dit saint Augustin , a toujours soutenu contre les Pélagiens qu'il n'est point d'homme , à quelque degré de vertu et de perfection qu'il soit arrivé , qui puisse vivre sans tomber dans quelque péché , tant qu'il est revêtu de ce corps mortel (3). Nous sommes coupables dès

Si videris asinum odienlis te jaceniem 8ub onere > non pertraasibis , sablevabis cum eo. Exod. 23. 4.

(1) Lucratus eris fratrem tuum.

(2) Homil. 3. in Gènes, et honiil. 3. in 1. ad Corint.

(3) In qaantacumque justitia, sine qaibuscumque peccaiis in boc corruptibili corpore nemioem Tivere. IM, de dono Persever. cap, 3.

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le iiioai6iit de notre coneeptioa. Coxïsidérez^ Seigneur, dit David , que fai été conçu dans l'iniquité ," que ma mère m'a enfanté dans le péché (l). L*enfant , dès le premier moment de sa vie , est coupable , non pour avoir commis le péché , mais pour lavoir re^ de son père ou de sa mère (2). Le juste tombera sept fois , dit le Sage (3) ; et plusieurs Pères et Tusage cooimun ajoutent : le isage tpmJ^ra sept fois par jour (4).

Saint Jean, Apôtre confirmé en grâce, le dist^ple bien-àimé de notre Seigneur , dit : Si nous disons que nous sommes sans péché ^ nous nous séduisottë n9ii«mêmes, et la vérité n'est point en nous (5). Marie seule a été, par une grâce particulière, exempte du péché; Jésus-Ghrist seul en a été exempt par sa nature ; mais tous les autres , s^s en "eipcepter un s&û , ont été , «ont et seront souillés de péchés ; on peut donc dire cette pajFoie de Salomon : Il nest point d*homm£qui ne pèche par lai-même , ou au lùoins qui n'ait pét^é en Adam (6),

lia raison en est simple. Notre nature a 4té gâtée et corrompue dans tout son être , elle le sera partout et produira toujours la corruption; en quelque lieu que TOUS plantiez la ronce eUe produira toujours des épines ; un poison est toujours poison , qu'on le mette dans un yase d'argile ou dans un vase d'or. Mais, direz-vous peut-

(1) Ecce in iniquitatibus conceplus suro, clin peccatis conccpit me mater mea. Psal. 50. 6.

(2) Parrulas peecalam nonfecit, seii-âepareDtîbus traxit. Serm. 29. d$ verh, /^post,

(3) Seplies cadet justus. Prov, 24>:16.

(4) Greg. lib. 6. ia 1. Reg. c. IS.Cassian. coll. 12. cap. 13. Ca- . ten. Grec. etc.

(5) Si diierimus quoniam peccatum non habemos , ipsi nos seducU iQiit 0t Veritas innobis non est. 1. Ep, 1. 8.

(Q) Non csl liofflo qui non peccel, 3. /{<?y. 8. 46.

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èire, à quoi sert donc le baptême? Je. réponds : le baptême nous ôte seulement le mal qui se trouve en nous ; il nous purifie du péché originel d<mt nous sommes souillés; mais il ne va pas jusqu*à la racine du mal; il ne tarit pas la source-, et sa vertu ne peut nous rendre impeccables ; il nous laisse la malignité et VûK^ination au mal que le péché du premier homme nous a imprimées ; mais aussi, pour antidote, il nous donne la disposition à la grâce et le secours de Dieu pour résister. Le plus habile chirurgien du monde peut bien guérir uae dangereuse blessure, mais il ne peut avec tout son art rendre le corps guéri invulnérable , ni empêcher que le malade ne soit blessé de nouveau et même tué.

C'est ainsi que nous sommes faits , et nous avons la plus grande certitude que nous avons des vices , des imtperfections et des péchés ; nous en sommes aussi sûrs que nous sommes sûrs que nous sommes hommes et que nous avons des pieds et des mains. Nous devons croire que nous sommes remplis de défauts , qu'il n'y a rien de sain en nous , que tout est gâté et corrompu , et nous appliquer ces paroles d'Isaïe : Depuis la plante des pieds jusquau sommet de la tête, il n'est qu'une plaie; nos blessures livides s'enveniment tous les jours {{). La personne de Job est encore la figure de notre triste position. Dépouillé de tous ses biens , déchu de tous ses honneurs , réduit à la dernière misère , il est encore attaqué dans son corps par toutes sortes de maladies , et couvert depuis les pieds jusqu'à la tête d'un ulcère hideux qui le . rend méconnaissable à ses plus intimes amis ; il est assis sur un fumier , et avec un tet de pot cassé il été les vers qui se nourrissent dans ses plaies.

(1) A planta pedis usque ad veriiccm non est in eo saaitas ; Tulnus, eUivor et plaga Kuneof. /««»V 1. 6.

Nous deyons nous persuader encore que nous avons beaucoup dlmperfections et de vices , quoique nous ne les voyions et ne les sentions pas. Cet aveuglement, qui nous empêche de les voir , cette insensibilité qui nous empêche de les sentir , sont déjà une marque notable de notre corruption et de notre malheur. Dans quelque état et quelque condition que vous soyez , et quelque parfait qiie vous puissiez être', quand vous devriez vivre cinq cents ans , et être cinq cents fois plus vertueux que vous n*êtes , vous aurez toujours plusieurs défauts ; vous n'en verrez peut-être que peu, mais soyez certain que vous en avez plus que vous n'en voyez. Nous nous rendons tous coupables en beaucoup de choses , dit l'apôtre saint Jacques (1). Il est dans notre corps beaucoup d ordures que nous ne voyons pas ; il en est de même de notre ame qui est pleine de défauts qui nous sont inconnus.

Mais si nous pensons que Dieu, qui est la pureté essentielle et la vertu infinie, voit les hommes, que deviendront devant lui les plus purs et les plus parfaits ? Comment Vhomme , dit Job , serait-il juste devant Dieu ? Comment serait-il pur devant lui le fils de la femme? à ses yeux la lune est sans clarté, les étoiles sans éclat. Combien plus un mortel, un vermisseau, le fils de l'homme qui nest que poussière (2)? Il dit ailleurs : Dieu ne se confie pas à ses anges, et les deux ne sont pas purs devant lui; combien moins l'homme souillé^ détestable^ qui boit Viniquité comme Veau (3)? Il dit ailleurs : Ceux qui

(1) In multis enim offeDdiraus omnes. Jacol, 3. 2.

(2) Numquid justi6cari poiest homo comparatus Deo; aut apparcre muDdus nalus de muliere? Ecce luna eliam non splendet , et stellas Don sunt mundae in conspeclu ejus , quanto magie homo putredo et vermis ? Job. 25. 4.

(1) Ecceinler Sanctos ejus nemo immutabilis et cœli Don sunt mundi

étaient ses ministres ont été ébranlés , et il a trouvé le mal dans ses anges; et combien plus dans ceux qui habitent des maisons d* argile , qui sont nés de la poussière et qui seront rongés de vers (1)?

Avec cette persuasion qui est la source de Thumilité de cœur et du salut profondément enracinée dans votre esprit, vous vous mettrez à Tabri de beaucoup de dangers ; mais conservez-la précieusement , quoiqu'on vous dise le contraire : O mon peuple, dit Dieu par Tsaïe, cciu; qui te louent et t'appellent bienheureux, te trompent, ils dérobent à tes yeux le sentier où tu dois marcher; le 5etgneur est debout pour juger , il est debout pour juger les peuples (2).

Puisque nous tombons en beaucoup de péchés , que nous sommes remplis d'imperfections , il faut imiter un des traits les plus éclatans de la sagesse de Dieu qui sait tirer le bien du mal, et faire que les péchés commis contre sa volonté servent ensuite à sa volonté , à sa gloire et au salut des âmes. C'est donc l'effet d'une grande prudence de tirer son bien de son mal, de se servir avec avantage de ses péchés , de s'affermir par ses chutes , de convertir ses fautes en moyens de salut; pour cela il faut les con* naître. Nous ne nous corrigeons jamais de celles que nous ne connaissons pas : la faiblesse de notre intelligence , la force de l'amour-propre nous les cachent et nous en dérobent la vue. Si d'autres nous les montrent , nous en avertissent, nous en reprennent, nous devons bien rein coDspectu ejus ? Quant6 magîs abominabilis et inulilis homo , qui bibit qjiasi aquam iniqoilatem? Job, 15. 15.

(1) Ecce qui serviunt ei non sunt slabiles, et in Ângelis suis reperit praviialeiD , quanl6 magis hi qui habitant âomos luteas , qui terrenum habcnl fundamentum , consumentur Yclut à'iinea? Job. 4. 18,

(2) Qui te bealum dicunl ipsi te decipiunt, et YÎam gressaam taorum dissipant : stat ad judicandum Dominus* Isai, 3. 12.

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cevoir ces ayertissemen», ces réprimandes, et en faire un bon usage ; en voici la manière :

1® Il faut les recevoir avec humilité, car il est bien siir que la faute à laquelle on s*est laissé entraîner , et le péché que Ton a commis , sont des sujets d'humiliation : et qu'y a-t-il au monde déplus humiliant pour l'homme, qui l'avilisse davantage que le péché? Recevons donc avec une grande humilité d'esprit l'avertissement qu'on nous donne sur uûe chose aussi humiliante , à laquelle nous n'avions peut-être pas fait attention. En public et en particulier, nous disons que nous sommes imparfaits et pécheurs , en Communauté, nous faisons certains jours des actes d'humilité. Il faut prendre garde de ne pas parler ainsi par routine , de ne pas faire ces actions d'une manière purement extérieure , mais avec une humilité intérieure devant Dieu et devant les hommes , croyant véritablement ce que vous dites , et vous servant de ces abjections întâîeures comme de fidèle» interprètes de vos sentimens , pour faire connaître ce que vous pensez de vous , et l'estimé que vous faites des autres.

2^ Il est peu de personnes qui avouent franchement qu'elles se sont rendues coupables : mais je ne suis pas coupable, direz- vous, pourquoi l'avouerai-je, ce serait mentir. Si vous êtes bien assuré de n'être pas coupable , vous ne devez aucun aveu ; mais vous pouvez ne rien dire , ou dire : cela pourrait bien être ; et s'il y a quelque petit sujet de doute , croire plus facilement un autre que vous pour ce qui regarde vos fautes. Il y a une grande différence, dit saint Grégoire, entre le vrai juste et le pécheur : le pécheur croit facilement le bien qu'on dit de lui et très difficilement le mal; le juste, au contraire , qui ne peut se persuader qu'il ait de la vertu et qu'il ait bien fait, est très disposé à croire qu'il s'est trompé.

3® Il faut recevoir l'avertissement avec un visage serein et content , comme un homme qui croit recevoir un grand bienfait et une chose plus utile que s'il recevait une grande somme d'or.

4® Il faut le recevoir avec un grand sentiment de reconnaissance : tout bienfait mérite cela. Si l'avertissement que vous recevez est un bienfait , comme vous ne pouvez le nier , il est juste de remercier celui qui vous le fait , et la reconnaissance doit être d*autant plus vive que le bienfait est plus grand ; car vous savez que d'un avis bien donné peut résulter la perfection et le salut. Vous remercierez sans doute une personne qui vous dira que vous avez une tache sur vos vêtemens , que vous allez faire un mauvais pas ; eh! que sont toutes tîes choses en comparaison du salut?

5° Il faut donner à celui qui avertit une récompense , c'est-à-dire , il faut prier pour lui , lui procurer tout le plaisir que Ton peut , et l'aimer : Reprenez le Sdge , il vous aimera (l).

6® Il faut supplier celui qui vous avertit qu'il ait la bonté de vous avertir toujours quand vous tomberez dans quelque faute , puiisque vous comprenez que cela vous est profitable.

7® Enfin il faut profiter de l'avertissement ; sans cela il devient parfaitement inutile.

Voilà les dispositions avec lesquelles il faut recevoir la correction fraternelle ; mais on fait souvent tout îe contraire : au lieu de la recevoir avec humilité , on la reçoit avec orgueil , on se cabre , on se révolte contre elle ; au heu d'avouer franchement ses fautes , où les nie ; si elles sont trop évidentes , on les excuse , on les affaiblit , on les déguise , on cherche même à les faire

(l) Argue sapientem el diliget le. Prov. 9. 8.

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trouver bonnes , et souvent on les jette sur les autres ; on écoute les avis avec tristesse , avec un visage morne , qui montre un esprit souffrant et une ame peinée , et non comme un homme qui reçoit un grand bien et à qui on fait plaisir. Bien loin d'avoir de la reconnaissance pour une action si charitable, on murmure , on se plaint» on dit que c'est par passion , par intérêt , par défaut d'affection , par envie , et qu'on nous en veut. Bien loin de prier de continuer cet œuvre de charité , on évite ces admoniteurs comme des importuns, on fuit leur approche et leur entretien , parce qu'on craint qu'ils nous avertissent encore et qu'ils nous montrent à nous-mêmes tels que nous sommes ; c'est alors imiter celui qui brise le miroir, parce qu'il lui montre ses taches, qui déclame contre le soleil , parce qu'il découvre sa laideur auparavant cachée dans les ténèbres : mais n'aurons-nous ni vices , ni imperfections , quand personne ne prendra la liberté de nous reprendre ? Au lieu de se corriger , on demeure tel qu'on est, quelquefois on s'irrite et on devient plus mauvais. D'ailleurs le mauvais usage qu'on fait des avertissemens est cause que Dieu ne nous donne pas la grâce de connaître nos fautes et de nous en corriger.

Evitons avec soin tous ces défauts , considérons notre intérêt, et comme l'homme le plus sage ne se connaît pas lui-même , écoutons les avis des autres ; autrement nous demeurerons toujours dans le même état, nous croupirons dans nos défauts et nous pourrirons dans nos . vices.

Le grand bien que nous recevons de la correction fraternelle doit nous porter à l'aimer. Saint Chrysostôme , dans une excellente homélie qu'il a faite sur ce sujet , nous dit : Reprendre une faute est le trait d'un véritable ami qui a soin de nous ; louer tout ce qui est

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dans un homme , c*est le propre d un moqueur , parce que , quelque parfait qu'il soit , il y a encore beaucoup à reprendre , puisque les choses ici-bas ne sont faites qu'à demi ; mais louer le bien pour donner du courage , pour affermir la volonté , reprendre le mal afin de le corriger, c'est l'œuvre de la plus parfaite charité.

De plus , c'est une chose fort honorable de bien recevoir un avertissement et d'en faire son profita Celui qui supporte généreusement une réprimande , ajoute saint Ghrysostôme , mérite les plus grandes louanges , son action ne peut appartenir qu'à une philosophie sublime. Celui qui écoute la réprimande sera glorifié , dit te Sage par la bouche de Salomon , parce qu'il fait une action de vertu et de haute sagesse (1). La réprimande du Sage est à l'oreille docile comme un anneau d'or , une perle brillante (2). On éprouve bien quelque douleur quand on perce l'oreille , il tombe quelques gouttes de sang , mais l'anneau d'or relève la Beauté. Un homme sage peut éprouver une certaine peine dans le moment même ; mais il saura bientôt bon gré à celui qui Ta corrigé , suivant cette parole de Salomon : Celui qui reprend un homme trouvera grâce dans la suite à ses yeux, plus facilement que celui qui le trompe par, une langue flatteuse (3).

Dans le passage précédent , Salomon compare celui qui reprend à deux choses excellentes : à un riche pendant d'oreille et à une pierre précieuse, pour montrer le grand I^ien qu'on peut recevoir des avertissemens. Dans toutes les républiques bien policées il y a toujours eu

(1) Qui acquiescit arguenti, glorificabîlur. Prov, 13. J3. '

(2) Inauris aur«a, et margaritam fulgens^ qui arguit sapientem et aurem obedienlem. Prov, 25. 12.

(3) Qui corripit hominem , gratiam posiea inveDiet apud eum, magis qu&m ilie qui per lîoguje blandimenla dccipit. Prov. 28. 23.

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des personnes chargées d'avertir , de corriger les fautes ou d'en faire rapport à ceux qui devaient y apporter remède. Parmi les Perses il y avait les satrapes qu'on appelait les yeux et les oreilles du roi, parce que leur charge était de voir et d'écouter tout ce qui se passait dans l'état pour lui en d<mner avis , afin qu'il mit ordre à tout. Quelques-uns croient que David avait de semblables ministres /au noiQbre desquels fut Gad , que la sainte Ecriture appelle le voyant de David (t). Selon les plus savaus interprètes , le prophète Zacharie fait allusion à ces officiers en parlant de notre Seigneur qu'il appelle la pierre angulaire qui doit unir les Juifs et les Gentils, et qui dit : sur c^te pierre tl y awUt$ept yeux (2), cette pierre n'était pas inanimée et insensible ; ces sept yeux sont les sept anges dont saint Jean parle dans l'Apocalypse , qui sont employés à voh* tout ce qui se passe dans l'Eglise , et chargés de pourvoir à tout , de corriger tout.

D'après Cela , saint Basile et saint Augustin ^ dàus leurs règles, ordonnent qu'il y aura dans leurs communautés des hommes qui seront comme les yeux et les oreilles des supérieurs , et qui leur déclareront avec vérité et charité les fautes que les autres auront commises. Hs se servent tous deux de la même comparaison que saint Augustin explique en ces termes : « Si votre Frère <« a quelque plaie en quelque partie de son corps , qu'il « veuille tenir cachée de peur de souffrir l'opération « nécessaire à sa guérison , ne serait-ce pas une cruauté « de n'en rien dire et un acte de charité de le décla- « rer (3) ?» Le Saint-Esprit ne cesse de nous répéter

(1) Videntem Davidis. 1. Par, 21. 9.

(2) Super lapideiD unom sc(ncin oculi sunt. Zachar, c. 3. d.IHeron, etc. ^ud Alap, ihi, et Riher, Apoc, 5. 6.

(3) Si Fra4cr taus \u)ntts habet îd corpore, quod vellcl occul(are>

dans plusieurs endroits des Proverbes , que si nous ne sommes pas disposés à être repris de nos* f&tites , nous serons accablés de maux , Couverts de vices , comme un ebamp qui n*est pas cultivé est couvert de mauvaises herbes. Misère et ignominie àcelui qui méprise lésrépri-mandes (1). Celui qui reprend sari prochain et qui s'en^ durcit dans le mal , sera frappé tout^à-coup et personne ne pourra le guérir (2). Si vous touchez votre main, et si cet attouchement lui cause de la douleur , c'est signe qu'elle est blessée ; autrement dUe n'en recevrait aucun mal. Si, quand on vous reprend, la blessure se fiiit sentir , c'est une preuve que l'ame est malade* Le Saint- Esprit dit ailleurs : Celui qui aime la réprimande aime la sagesse; celui qui hait le reproche est un insensé [3). Reprenez le sage et il vous aimera ; enseignez le juste et U croîtra en science (4). Mais celui qui ne veut pas qu^on lui dise un mot, et qui veut qu'on le laisse quand il s'est trompé , est un insensé qui demeurera toujours insensé. L'homme prudent et sage ne murmurera pas contre la réprimande (ô), dit FËcclésiaste ; celui qui hait la réprimandeest sur les trouas despécheurs, et celui qui craint Dieu $e convertira en son comr^ étant averti desa faute (6).

dum tincl secari , nonne crudeliter à te sileretur, et misericoraiter indicaretor?

(i) Egestas el ignominia ei qui deserit disciplinam. Prw. 13. 18.

(S) Vtro qui cornpientena dura cervice cootemnit , rcpenlinus et superveniet inlerilus , e( eiim sanilas non sequetur. Prov 29. 1.

(3) Quidiligit disciplinam , diligit scieniiam; qui aulem odit increpationes , insipièns est. Prov. 12. 1.

(4) Argue sapientem, et diliget te ; docej ustom, et festinabit accipere. Prov. 9. V. 8 el9.

(5) Vir prodens et discipUnatus , non murmurabit correptus. Ecol. fO. 28.

(6) Qui odit correctioneni , vestigium est peccaioris ; el qui linnet Deiim , conTertetur ad cor saum. Enclin 21* 7«

Les anciens Pères du désert, non contens de recevoir avec patience et humilité les réprimandes qu'on leur faisaient , avaient pour pratique ordinaire , qu'ils regar-^ daient conmie un moyen extrêmement utile pour arri-* veràlaperfection, de se reprendre àprement eux-mêmes, de se dire des injures, de Se blâmer et se condamner en tout. Un de ces saints vieillards interrogé, sur le chemin le plus court et le meilleur ponr arriver à Dieu , répondit , au rapport de saint Dorothée , que c'était de s'accuser soi-même et de s'accuser en tout (1)« Saint Jean Glimaque dit de même , que pour arriver à l'humilité , il faut que nous soyons continuellement à nous.re^ prendre et à nous condamner. Un. de ses Scholiastes ajoute (2) : qu'il ne faut pas le faire seulement extérieurement pour mendier quelque estime d'humilité , comme cela n'arrive que trop souvent , mais par un vrai sentiment de cœur. Le saint vieillard Marc , à qui un ange avait coutume d'apporter la sai|ite hostie pour communier toutes les fois que saint Macaire d'Egypte , son supérieur , disait la sainte Messe ^ tant sa sainteté était grande , ayant à l'âge de cent ans mangé un peu d'huile et bu un peu de vin , se faisait sans cesse des reproches , et indigné contre lui-même s'appelait méchant vieillard , vieux gourmand , esclave de son ventre (3).

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