‹ L'homme religieuxChapitre 21 sur 31 · S III · texte numérisé non relu

S III

Conclusion du chapitre de T Humilité.

U faut donc que le Beligieut , pour bien vivre en communauté , prennne cet esprit de respect et d'humilité ; autrement il doit s'attendre à avoir beaucoup de peines et à en donner beaucoup aux autres. Saint Simon Stylite , ayant entendu à Téglise les paroles de TEvangile des Béatitudes , en fut si touché , qu'il prit la résolution efficace de se convertir et de se consacrer à Dieu, n demanda à quelqu'un comment il pourrait venir à bout de son dessein , et se rendre digne des magnifiques promesses qu'il avait entendues; on lui répondit que ce -serait en se retirant du monde et en embrassant la vie religieuse. Après cette réponse, il alla dans une église voisine, se prosterna le front contre terre , et pria Dieu de lui montrer le chemin qui le conduirait à la vraie vertu et à la perfection. Après sa prière, qui fut longue, il s'endormit. U rapportait ensuite que, dans son sommeil , il lui semblait qu'il creusait la terre , et qu'un hommç, qui était près de lui, lui disait de creuser plus avant. Comme il voulait se reposer un peu , cet homme lui répéta jusqu'à quatre fois de creuser encore ; puis il lui dit que c'était assez. Après cette vision , il alla prendre l'habit dans un monastère voisin, et là il commença cette vie admirable et extraordinaire qui le rendit une des merveilles du monde : il était connu, estimé et honoré des rois , des princes et de toutes les nations de la terre. Une quantité nombreuse de personnes , de

Grecs, de Perses, d'Ismaélites, d'Homërites, dltaliens, de Gaulois, d'Espagnols, d* Anglais, accouraient tous les jours à sa colonne pour le voir, Tentendre instrum» les peuples , lui demander des conseils dans leurs doutes, lui soumettre leurs différends, afin qu'il les terminât, lui présenter leurs malades afin qu'il les guérit; et cependant, en rendant la santé aux malades, en faisant tant de grands prodiges, en convertissant des peuples à la foi, au milieu de tant de gloire, d'applaudissemens et de louanges , il était si modeste et si humble, qu'il s'es« timait de cœur et se disait le dernier des hommes (i)«

Notre Seigneur dit un jour : Quand votis serez convié aux noces, prenez la dernière place (2) ; c'est-à-dire ^ quand Dieu vous aura fait la grâce de vous appeler à l'état religieux, où se contracte parles vœux Talliance de notre Seigneur et de Tame, il faut prendre la dernière place. Or, qu'elle est la dernière place? c'est le lieu au-dessous duquel il n'y a plus rien. U faut donc, dans l'état religieux, vous mettre si bas, être si humble, que dans votre estime vous vous placiez au-dessous de tous ceux avec qui vous vivez ; il faut aller même plus avant, et creuser si profondément ce fondement de rhumilité qu'il n'y ait aucune chose dans l'univers que vous ne mettiez au-dessus de vous , et que vous ne préfériez à vous -, car s'il y avait une seule chose audessus de laquelle vous vous missiez, vous ne seriez pas, suivant la parole de notre Seigneur, à la dernière place et au lieu le plus bas. Voyons maintenant quelles sont les choses au-dessous desquelles nous devons prendre place.

(1) Theodor. in Phil., cap. 26.

(2) Cùm vocalus faeris ad nuptias , Tadc , rccumbe tn noyissimo k>c(^ Lac, 14. 10.

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1 ^ Les personnes qui ont plus de perfection en na-* tare, en grâce et en gloire, sont meilleures et plus excellentes que nous. Ainsi Dieu, notre Seigneur Jésus- Christ, sa très sainte Mère et tous les Bienheureux, méritent évidemment de passer ayant nous. Nous devons aussi nous mettre au-dessous des âmes du purgatoire , qui sont saintes et pour jamais confirmées dans la grâce de Dieu, qui ne peuvent commettre aucun péché, et qui font incessamment des actes héroïques de patience , d*hum ilité, de contrition, de pénitence et de charité.

2^ Nous devons nous mettre au-dessous de tous les hommes, de quelque nation, de quelque condition et de quelque âge qulls soient; car si nous nous préférons à un seul , fût-il turc , païen , et même athée , nous ne prenons pas la dernière place, et n'accomplissons pas la parole de notre Seigneur. Mais , direz-vous , comment puis-je m'estimer moins qu'un athée , puisque par la miséricorde de Dieu je suis Chrétien ; j ai la connaissance du vrai Dieu, et je cherche à observer ses lois? Je réponds d'abord qu'il faut obéir à notre Seigneur, qui nous dit : Mettez-vous au-dessous de tous^ et il faut exécuter cet ordre sans commentaire.

D'ailleurs cet athée, cet homme plongé dans l'abîme de tous les vices, eût été plus patient, plus humble, plus chaste , plus tempérant, plus charitable , s'il eût reçu les grâces et les faveurs que Dieu vous a départies par une bonté particulière. A bien considérer la chose , vous êtes d'une certaine manière plus mauvais , et vous avez éommis plus de péchés que lui. Ainsi nous voyons tous les jours dans les sciences qu'jin homme qui n'a aucune connaissance des lettres, y eût fait plus de progrès s'il avait été dans le cas de recevoir une bonne éducation, que plusieurs qui ne sont que médiocrement

saTans, parce qu'il a Tesprit meilleur^ plas juste et plus étendu qu'eux.

Enfin , qui vous a dit que cet homme très méchant ne se convertira jamais ; que , par un coup extraordinaire de la grâce, il ne deviendra pas très bon, et n'ar-* rivera pas à un très haut degré de perfection; que Dieu ne se fera pas connaître à cet athée, et ne l'embrasera pas des flammes de son amour? Qui vous a dit que vous ne viendrez pas à \ous relâcher, à déchoir peu à peu, à perdre tellement la pensée de votre salut, à vous oublier si fort que vous ne tomberez pas en péché mortel jusqu'à renier la foi , haïr Dieu et vous jeter dans l'athéisme? Qui vous a assuré que cela ne sera point? Seriez- vous le premier à qui ce malheur serait arrivé? C'est pourquoi abaissez-vous , et mettez-vous au-dessdus des hommes , quels qu'ils soient.

3® 11 faut encore creuser plus bas et vous mettre au-dessous des démons, sous Belzébut et sous Lucifer; Pourquoi cela? d'abord, parce que par leur nature, ils sont plus nobles et plus éminens que nous; de plus, ils n'ont commis qu'un seul péché mortel de pensée ; et nous commettons des péchés de toute sorte de manières, en pensées , en paroles , en actions , en omissions ; nous sommes coupables du péché originel, de péchés véniels et peut-être mortels. Il est gûr au moins que 1c péché originel est essentiellement mortel, puisqu'il donne la mort à l'ame et la prive de la grâce de Dieu; les démons n'ont commis qu'un seul péché, et les nôtres sont presque infinis. Nous offensons Dieu en quelque manière par nos cinq sens, par tous les membres de notre corps , et par toutes les puissances de notre amc. Enfin Dieu s'est-il incarné, a-t-il passé trente-trois ans de sa vie dans des travaux continuels, est-il mort sur un gibet pour leur salut comme pour

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le n6tre? Quel asage avona-iioas fait de toutes ces grâces? N*est-il pas juste que nous nous estimions moins

qu^enx?

i^ Enfin, il faut iious mettre au-dessous de toutes les créatures de Tunivers , au-dessous des bêtes, des reptiles 9 des plus Tils insectes ^ au-dessous des plantes, des arbres et des herbes , au-dessous des gnins de sable et de la poussière. S*il est un grain de sable qae nous ne mettions au-dessus de nous , nous n'acoom^ plissons pas la parole de notre Seigneur. Gela peut paraître extraordinaire ; mais en examinant , nous Toyons que toutes ces choses sont pures, exemptes de péchés, et n*ont jamais offensé Dieu : et nous Vayons off^isé , mous rayons offensé souvent, nous l'offensons encore tons les jours. Or il n'est rien dans l'univers de si vil et de si in£àme, qui avilisse et déshonore tant une créature que le péché. Toutes les choses créées mentent de l'estime et de l'honneur, parce qu'elles sont l'ouvrage de Dieu, qui les a toutes louées lui-même de sa propre bouche; mais le péché, où il ne se trouve rien de Dieu, doit être l'objet de la plus grande horreur, et encore plus le pécheur que le péché, puisque notre Seigneur dit que le pécheur se fait serviteur du péché, et se met par conséquent au-dessous de lui ; car le serviteur est toujours moindre que le maître (1). De plus, toutes ses créatures sont en tout temps et en tout lieu inviolablement portées vers la fin pour laquelle Dieu les a faites, ont accompli et accomplissent incessamment sa volonté, et par ce moyen l'honorent et le glorifient à leur manière. Louez le Seigneur ^ dit David, vous, dra^ gons, vous y abîmes des eaux, feu, grêle, neige, glaces y

(1) Joan. 8. 34.

îourbîllons et tempêtes qui obéissez à sa parole (1). Mais nous , aa contraire , bien loin de faire sa volonté , de tendre à la fin ponr laquelle il nous a créés, c'est-à-dire son honneur, son amour et son service, nous nous révoltons contre lui, et nous tendons à des fins tout opposées. Avons-nous prétendu honorer Dieu par nos actions? Taimons-nous en tout? nous efforçons-nous d'avancer dans son service? Gardons-nous donc bien de nous préférer même à un moucheron et à un ver de terre, de peur qu'on ne nous dise ce qui est dit dans l'Evangile : Donnez la place à un autre (2). Laissez passer avant vous le ver de terre et le moucheron, qui en quelque sorte méritent plus d'honneur que vous.

Voilà le rang que l'humUité doit vous faire prendre ; c'est le lieu où nous devons nous placer en Beligion et dans le monde. Alors on vous dira : Ami, montez plus haut, et alors cela vou» sera glorieux devant ceua>,qui seront à table avec vous; car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé (3). C'est là Teffet de l'humilité et la récompense des humbles; ils sont honorés de l'amitié de Dieu , ils deviennent propres à s'élever bien haut dans la connaissance des mystères de Dieu , en son amour d'avancer grandement en vertu et en grâces. L'humUité est la disposition de l'ame la plus propre à la rendre capable de recevoir de grandes lumières, de hautes connaissances des mystères de la foi, des affections saintes, l'embrasement d'un amour parfait, la force pour pratiquer les vertus d'une manière héroïque, et Funion la plus intime avec Dieu et

(i) DracoDes et oranes abyrai, ignis , grando , nix , gUcîes , «(kilritus procellarum, qux faciunt verbum ejus. PsaL 148. 7.

(2) Da huiclocum. Luc, 14. 9.

(3) Amicfr, ascende superiùs ; émois enim quî se humiliât, exallabitur. Ibid*

notre Seigneur Jésus-Christ ; car Dieu ne travaille ja^ mais plus magnifiquement que sur le néant , et jamais il ne rend une ame plus grande et plus élevée que lorsque cette ame est très humble et qu*elle pense n'être rien ; c'était pour cela que notre Seigneur disait : Si vous ne devenez comme de petits enfans^ vom n entrerez pas dans le royaume de Dieu (1), c'est-à-dire dans le royaume de la gràcC) et que cette vie, comme dit saint Paul, consiste dans la vertu, la sainteté, la tranquillité d'ame et la joie du Saint-Esprit (2).

Il faut donc apporter le plus grand soin, prendre les moyens les plus efficaces pour acquérir cette vertu, sans laquelle il est impossible que le Religieux vive bien, soit avec lui-même , soit avec les autres. Un des plus propres à cela est de considérer toujours la vertu des autres et ses propres défauts : on concevra alors de bas sentimens de soi-même, et de respect et d'estime envers les autres. Les Saints se sont servis de ce moyen pour s'humilier; il a produit en eux les plus heureux effets. Saint Antoine, venant de voir saint Paul, premier ermite, dit à deux de ses disciples qui venaient au-devant de lui : Malheur à moi, qui porte faussement le nom de moine; j'ai vu Élie, j'ai vu Jean-Baptiste dans le désert ! et en disant cela il se frappait la poitrine de regret et de confusion (3).

Nous lisons dans les Annales deCitcaux, qu'un Frère convers , Religieux très humble , se servait fort de cette pratique; il avait toujours les yeux attachés sur les vertus des autres et sur ses imperfections. Après avoir passé

(1) Nisi èfficiamini sicut parvuU , non intrabilis in rcgnum cœlorum. Aïaith. 18, 3.

(2) Rom. 14. 11,

(3) Vœ nuhi peccalori, qui faisum iripnachi nomcn fero ; vidi Eiiam , vidi Joanncm in descrlo. S, Hieron, in vila S\ Pauli,

une grande partie d^une unit dans cet exercice, après avoir bien examiné ses misères et les vertus de ses Frères, en particulier d'un Père très vertueux, il vint de grand matin trouver saint Bernard, et, se plaignant amèrement de soi-même, il lui dit avec un sentiment vraiment sincère : Malheur à moi, mon révérend Père, je ne suis qu'un pauvre et misérable pécheur! J'ai remarqué cette nuit en tel Frère trente vertus, sans que j'aie pu, malgré toutes mes recherches, en trouver une seule en moi; je vous prie d'avoir pitié de moi, ^t de prier notre Seigneur qu'U me fasse miséricorde et m'en donne au moins quelqu'une.... C'était sa profonde humilité, dit ensuite saint Bernard, qui le faisait parler ainsi, qui lui ouvrait les yeux pour découvrir les vertus de ses Frères , et les lui fermait pour ne pas voir les siennes , quoiqu'elles fussent éclatantes (t).

11 est certain que la considération attentive des bonnes actions des autres, de l'humilité, de la patience, de l'austérité, de la pauvreté, de l'obéissance, de la chasteté et des autres vertus des Saints, est un puissant motif pour nous humilier et nous confondre. Nous voyons des hommes , des femmes , de jeunes filles , composés de chair et d'os comme nous , sujets aux mêmes faiblesses, faire et souffrir de si grandes choses, que nous n'osons pas même les considérer; en comparaison de ces âmes grandes et élevées, nous ne sommes que des enfans et des pygmées. Cette connaissance est un excellent remède pour guérir notre vanité et la bonne opinion de nous-mêmes.

Quand en voit les Siméon, les Daniel et les autres- Stylites sur leurs fameuses colonnes; quand on voit la manière de vivre des anachorètes de la Thébaïde et des

(1) Manriq^ AoDal. Cistcic^'anno Cbfisti 1029, cap. 5^ n. 2 et^.

autre» lieux , ces anciens Pères dans leurs solitudes et leurs cavernes, et ces Religieux des derniers siècles dans leurs monastères, combattre comme ils le faisaient, leur corps, leur nature et les démons, il y a là certes bien de quoi nous étonner, nous confondre et nous anéantir» Nous reviendrons sur ce sujet au dernier chapitre de

ce livre.

Et en effets la considération de ces exemples et des vertus de tous les Saints, et en particulier de plusieurs personnes de notre Ordre, tant celles qui nous ont précédés que celles avec qui nous vivons, doit nous humilier profondément et nous inspirer les plus bas sentimens de nous-mêmes. Saint Bernard dit, dans le panégyrique de saint Benoit : Saint Benoit a été Abbé , et je le suis aussi ; oh ! Abbé et Abbé ! nous avons tous deux ]a même dignité, mais en moi il n'y a que l'ombre de ce grand nom (1). Nous devons de même, avec beaucoup plus de sujet, en voyant les vertus signalées de ces personnes et les nôtres , en pesant les unes et les autres dans une juste balance, dire : Oh! Religieux et Religieux! ils ont été Religieux, et je le suis; ils ont été Religieux d'un tel Ordre, et je le suis aussi ; mais, oh } Religieux et Religieux! quelle différence» Us ont été véritablement Religieux , et je n'en suis que l'ombre : leur patience, leur obéissance, leur humilité et toutes leurs vertus ont atteint le dernier degré de la perfection; et je n'ai de la vertu que l'apparence et l'écorce.

Ces considérations retiendront le Religieux dans l'humilité, et réprimeront dans les Communautés la vanité, l'orgueil et l'ambition. Le cardinal UgoUn, protecteur de l'Ordre de Saint-François , dit un jour à ce saint

(i) Âbbas fuit, et ego : ô Abbas cl Abbas ! nonien uduiD; sed in allero sola magni nominis umbra.

DE LA VIE DE COMMUNAUTÉ. 35ft

fondateur, qu'il lui semblait être de la gloire de Dieu et du bien de l'Église qu*il permit que ceux de ses Religieux qui, par leur vertu et leur savoir, se tl*ouveraieot les plus capables , fussent promus aux prëlatures. Le Saint lui répondit : Monseigneur , mes Frères sont appelés Frères Mineurs , afin qu'ils ne pensent pas à être plus grands ; si vous voulez qu'ils fructifient dans l'Église, tenez-les dans l'esprit de leur vocaticm, et ne permettez pas que , de quelque manière que ce soit , il& soient élevés aux dignités ecclésiastiques (1).

Saint Pacôme, long-temps avant lui, était dans le& mêmes sentimens ; il allait même plus loin , car il ne voulait pas qu'aucun de ses Beligieux fût prêtre. Il di-sait qu'il valait bien mieux , qu'il était bien plus avantageux pour des Beligieux, non-seulement de ne recbercber aucun degré de préférence et d'bonneur, mais même de retrancher toutes les occasions d'y penser, parce que' de là naissent souvent les contestations et les jalousies dangereuses (2). Lorsqu'on n'éteint pas aussitôt une étincelle de feu tombée sur une moisson, elle réduit quelquefois eu cendrés tout le revenu d'une année; ainsi lorsqu'il se glisse dans l'esprit des Beligieux une funeste pensée d'ambition qui les pousse à vouloir être préférés aux autres, à être clercs, à tenir un rang dans l'Église , s'ils ne chassent promptement de leur cœur ce funeste désir, ils perdent l'esprit de piété qu'ils ont eu bien de la peine à acquérir. Si maintenant on en use

(1) Domine , Minores ideo vocati sunt Fratres met ^ ol majores fieri non présumant ) si vultis ut facianl fruetum in Ecclesia Dei , tenete illos et conservale in statu sua Tocationis, et ad pnelaliones Ecclesiasticas nuUatenus ascendere faciatis. Opttic, é\ Franc,, tom* 3, coUoq. 7.

(3) Apud Roswejrd. in vila S. Pacou., c. 24.

différemment dans les Ordres , il faut que les clercs et les prêtres , et ceux qui s*élèvent encore plus haut , ne tirant pas Tanité de leur élévation, aient toujours de bas sentimens d'eux-mêmes, et joignent à leur dignité rhumilité et la modestie.

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