‹ L'homme religieuxChapitre 9 sur 31 · DE LA VUS DE GOMBIUHAUTC · texte numérisé non relu

DE LA VUS DE GOMBIUHAUTC

langue f de peur qnt lu ne lombes devant tes ennemie qui te dressent des embûches , et que ta chute ne devienne incurable jusqu'à la mort (1).

Enfans des hommes , dit le Prophète-Boi , vos dents sont des lances et des dards, votre langue est un glaive perçant (2). < Gela est parfaitement yrai , dit saint Ber- « nard , car la langue du médisant est une épée à deux « d; même trois tranchans. Cette langue n'est-elle pas « une lance? Oui, c'est une lance, et une lance très « perçante ; d'un seul coup elle traverse trois per- « sonnes. J^ est-elle pas une vipère? oui, la vipère la « plus venimeuse; d'un souffle elle empoisonne trois « âmes (3). Ils aiguisent leur langue comme le serpent^ « leurs lèvres distillent le venin de Vaspic (4). Le pro- « phète compare la langue du médisant à celle du ser- « peut. La langue du serpent^ique et tue ; il ne pouvait « choisir une meilleure comparaison pour faire com-

(1) Svsurro et bilioguis maledielas : multos enim tarbabil paeem habentes ; liogaa Icrtîa mullos conmovit et disjpenit illos de gente in geatem i cÎTÎtates mnratas divitum destruzit , el domos magnatorum efibdit , virtules populorum concidit , et gCDtes fortes dissohit ; lingoa tertîa mulieres Viralas ejicit , et prÎTavit illas laboribus sais. Flagelii plaga livorem facit ; plaga autcm lingaae comminuet osta.... Beatus qui tectus est à lingoa nequam , qui in iracundiam illius non transivit , et qui non aUraxit jugura illios et in irinculis ejas non est ligalus ; jugnm'enim illius jogum ferreum est, etYincalum illius irincnlura aereum est.... immitetur in illos quasi leo , et quasi pardus laedet illos. Eccli. 28. 15.

(2) Filii bominum , dénies eorum arma et sagitt» , et iingua eomm gladius acutus. PsaU 56.

(3) Lingua gladius quidem anceps , vuh triceps est lîng«a delractionis.».. Numqnid non lancea est isia lingua? proCecto ^t aettUashna , quae très pénétrât iclu uno. Numquid non Yipera est lingua isia? ferocissima plané ; qus tam lelhaliter 1res inficiat flatu uno. Ser, de tripl, cutlod. vuinus , ling, et eord.

(4) Âcuerunt linguas suas sicul serpentis, Ytnenum aspidum sublabiis eorum. Psal, 139.

)32 L*]lOMM£ RELIGIEUX.

«t prendre les maux que cause la langue du médisant. ^ JjdL médisance est comme cette fumée noire que saint Jean yit sortir de l'enfer ; car c'est le lieu où elle se f orme^ Là on médit de Dieu , on blasphème son saint nom ; là se trouve le démon , père des médisans , qui , le premier ^ parla mal de Dieu lorsqu'il trompa Eve dans le Paradi» terrestre. Les médisans portent son nom , car le mot diable signifié mauvais conseil. Saint Paul , en recommandant à son disciple Timotbée de dire aux femmes de ne point parler mal du prochain , vice auquel elles sont plus sujettes , parce qu'elles sont plus souvent oisives ^ et n'ont pas autre chose à faire , dit : que les femmes , par leur médisance , ne soient pas des diables (1). La médisance , comme un nuage obscur , remplit toute une maison de troubles et de confusion ; avec les paroles dorées d'une charité dissimulée , elle porte la quelle du scorpion pour piquer , et les dents du lion pour déchirer. Ne craignez pas d'assurer , dit saint Bernard , que la langue médisante est plus cruelle que le fer de la lance qui ouvrit le côté de notre Seigneur ; elle le blesse dans un de ses membres , et dans un membre qui n'est pas mort ; mais sa blessure lui donne la mort ; elle fait plus de mal à celui qui a le malheur d*en être atteint que les épines que la fureur des soldats enfonça dans la tête du divin Sauveur ; elle est plus perçante que les clous enfoncés dans ses pieds et dans ses mains par la méchanceté des juifs ; « car si notre Seigneur n'eût pas voulu entourer « de toute espèce de soins ses membres que la médisance « blesse et déchire , il n'aurait pas livré son corps aux « injures et aux outrages , et n'aurait pas souffert la « mort (2). »

(1) Mulieresnon delralientes... Non diabolos. 1. 7Vm. 3. 11.

(2) Delractoris liDguam ipso eliaro mucrone , qtio Dominicum lalot

D£ I^A VIE P£ GOMMUJVAUTË. 133

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