‹ L'homme sauvageChapitre 17 sur 26 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1.3 hiérarchie du p jnthénu primitif et l'organisation sociale. — Poésie religieuse. — Premiers hymnes indiqumt la conception il'un dieu suprême. — l.es fils des dieux. — I.es Divi.

Dans la conception des rites et des dogmes précédents, aussi remarquables par leur universalité que comme indices de la voie qui devait conduire de l’idolâtrie au monothéisme, nous repoussons {contrairement, nous le savons, aux errements des é.;oles philosophiques modernes) toute intervention de la métaphysique. Agir autrement, ce serait oublier que cette scienc; n’est que le luxe des civilisations épuisées, le superflu intellectuel des époques où, en possession de tous les buts placés sur son horizon, l’esprit de l’homme se replie sur lui-même pour analyser ce que

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L’HOMME SAUVAOË.

jusque-là il a cru aveuglément, et partant, qu’elle n’a eu nulle raison d’être au sein des peuplades dont les jeunes et fraiches impressions ont légué à Page suivant les thèmes primitifs des Vêdas.

La hiérarchie de la cité céleste, comme l’organisation de la société humaine, sorlit donc tout entière et sans abstraction de la nature positive des choses. Quand une tribu, favorisée par les événements, eut fait sentir la suprématie de sa population, de ses richesses pastorales ou de son indt strie agricole, à un certain nombre de tribus plus faibles, plus ignorantes et plus pauvres ; lorsqu’elle les eut enveloppées dans sa sphère d’action à titres divers : — comme clientes, par les avantages de sa protection ; comme vassales, par les nécessités de la guerre et de la défense commune; comme esclaves, enfin, par la force des armes; — son dieu patronymique prit naturellement le pas sur les dieux des tribus inférieures. Il devint, de droit et suivant une expression dont l’énergique couleur locale nous refoule bien avant dans les siècles, le bélier du troupeau divin, comme ses premiers sectateurs devinrent les chefs, les pasteurs des pasteurs subalternes. A lui le ciel, à eux la terre.

Peut-être n’est-il pas hors de propos de transcrire ici, à l’appui de noire opinion, quelques stro-

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plies d’un hymne védique, dont les scoliasles des âges suivants nous semblent avoir respecté l’esprit primitif, et dont l’enthousiasme impérieux rappelle, au premier abord, le caractère d’injonction religieuse que devait revêtir la p'arole dans la bouche d’un prêtre puissant, imposant à d’humbles néophytes la suprématie de son «lieu :

1 . « Le premier né d’entre les dieux, celui qu’ils honorent et dont ils tiennent leur splendeur... peuples, c’est Indra !

2. « Celui qui consolide la terre ébranlée et ouvre le sein des nuages, qui a étendu les espaces des airs et affermi le ciel ; peuples, c’est Indra!

4. « Celui qui ranime tous les êtres, qui a repoussé dans les ténèbres des régions souterraines le vil Asoura, et qui, chasseur indomptable se couvre des riches dépouilles des ennemis innombrables qu’il a vaincus ; peuples, c’est Indra!

G. « Celui qui a droit aux prières et aux hommages du riche et du pauvre, du prêtre et du poète ; le plus beau des immortels, le gardien du Sonia brillant dans la coupe sacrée; peuples, c’est Indra! /

7. « Celui de qui tout dépend : les coursiers, les troupeaux mugissants, les chars et les demeures des hommes ; le créateur du soleil et de l'aurore cl le régulateur des ondes : peuples, c’est Indra !

9. « Celui qui tient le sort des combats et à qui les guerriers demandent la victoire; celui qui, ayant tout formé à son imûge, communique le mouvement même aux êtres inanimés : peuples, c’est Indra !

10. « Celui qui n’est sans pitié que pour le criminel cl l’impie, sans pardon que pour l’orgueil révolté, qui frappe sans relâche et terra«se le Daysion ; peuples, c’est Indra!

12. « Celui qui, le front orné de sept rayons, a, dans son essor rapide, ouvert le lit des sept fleuves ; qui, armé de la foudre, a précipité du ciel les Asouras qui l’escaladaient; peuples, c’est Indra!

15. « Celui devant qui les cieux s’inclinent, la terre tressaille et les montagnes tremblent, alors qu’il descend sur la coupe du Soma, environné de tonnerres et d’éclairs ; peuples, c’est Iivlra ! »

Les sociétés primitives du bassin du Nil ont laissé de nombreux jalons dans la voie que remontent nos investigations, et les échos sacrés d'Égypte et d’Éthiopie ont, pendant de long siècles, répondu par des noms longtemps oubliés ou défigurés aux lointains échos de l’Himalaya acclamant celui d’Indra dans' les hautes vallées de l’ Indus et du Satledje. Grâce aux laborieuses recherches des infatigables adeptes de la science que créa Champoliion, beaucoup de ces noms, de

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ces jalons, ont été retrouvés, expliqués, et nous n’avons que l’cml arras du choix pour placer en regard de l’inspiration lyrique de la haute Asie un

échantillon authentique de la poésie religieuse telle qu’elle existait en Egypte, avant comire après le grand cycle qui suivit l’expulsion des Hycsos. - Voici un fragment d’hymne dont la rédaction, suivant M. E. de Rougé, remonte au quinziéme siècle avant notre ère :

« Adoration au dieu Ra, -Toum, -Clioper (soleil couchant, soleil créateur), dieu des deux zones célestes.

« Hommage à toi, être immortel , enfant divin

qui chaque jour se donne la naissance à lui-

même !

« Hommage à loi qui luis dans les eaux du ciel pour vivifier tout ce qu'il a créé ; il a fait le ciel et l’abime de ses horizons.

«Hommage à toi, Ra! Lorsqu'il s’éveille, ses ra\ons portent la vie aux hommes purs (irradiât vilam puris).

« Hommage à toi, qui as fait les types divins dans leur ensemble ! Lorsqu 'il se cache, ses voies sont inconnues (inenarrabilis via cjus).

«Hommage à toi ! Lorsque lu circules dans les régions supérieures, les dieux qui t’approchent tressaillent de joie. »

A la suite de ce morceau, ou il est bien difficile de ne pas entrevoir en germe la concision, le mouvement rapide, les brusques ellipses, les oppositions d’images et la forme rhythmique qui distinguèrent plus tard la poésie sacrée des Hébreux, qu’il nous soit permis de transcrire un fragment cosmogonique que n’auraient pas, à une variante de nom près, répudié les pontifes de Méroé. Recueilli sur une ile lointaine, à peu près aux antipodes de l’Éthiopie, il a dû être, à l’origine, bien profondément empreint de l’antique esprit védique pour que la transmission orale, pendant des temps incalculables, des stations innombrables et d’effrayantes pérégrinations sur les Ilots, l’ait laissé tel que nous l’ont redit les derniers prêtres indigènes de Tahiti :

« Il était. Taaroa était son nom. 11 planait dans le vide. Point de terre ; point de ciel ; point d'hommes. Taaroa appelle, mais rien ne lui répond. Alors de son existence solitaire il tire celle du monde. Les piliers (qui doivent le soutenir), les rochers, les sables se lèvent à la voix de Taaroa. C'est ainsi que lui-même s’est nommé.

« Taaroa est la clarté, il est le germe, il est la base, il est l’incorruptible, le fort qui créa l’univers... Il lui donna le mouvement, il en fait l’harmonie.

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«Venez, dit-il aux éléments, piliers, rochers, sa- « blés, vous tous qui devez former la terre, venez. » Il les presse, les presse encore ; mais ces matières rebelles ne veulent pas s’unir. Alors de sa main droite il lance les sept cieux pour en former la base universelle, et la lumière étincelle, et l’obscurité s’évanouit... L’immobilité cesse, le mouvement naît; les cieux tournent recourbés en voûtes élevées ; la mer remplit ses profondeurs ; l’univers est créé, et devant son immensité le dieu reste ravi en extase 1 !»

S’étonner de nous voir apporter au tribunal de l’histoire un témoignage venu d’une petite île perdue dans les espaces terrestres, et dont les annales ne remontent guère au delà du jour où elle s’est rencontrée sur le sillage des vaisseaux de l’Occident, ce serait oublier que ce point, si imperceptible qu’il soit sur la carte du globe, a été pourtant un des centres les plus actifs d’une société archipélagienne répandue sur une aire immense de notre planète et qu’il a gardé, sous l’heureuse influence de l’isolement, sur un sol facile et sous unbeauciel, comme un inaltérable dépôt jusqu’au moment de son contact avec l’Europe, la fraîcheur de sang et d’idées, l’ignorance de mœurs et la

• Voy. les ouvrages de Moerenham et d’Elli sur les îles du Grand Océan.

simplicité d'institutions qui caractérisent Page dont nous essayons d’esquisser l’ensemble général ; ce serait ne tenir aucun colnpte de la filiation continue de ces institutions, de ces mœurs cl de ce sang qui, par les Ilaraforas de Tondano, les Bouguis de Célèbes, les Dayaks de Bornéo, les montagnards de Java, les Lampangs et les Baltas de Sumatra, remonte jusque sous les couches intérieures des populations indoues et qui, d’autre part, rattache celles-ci aux Éthiopiens de l’antiquité, d’où procèdent les Abyssins, les Noubas, les Berbères, les Chouas et les Foulahs des temps modernes.

On sait aujourd’hui que les noms des dieux solaires de l’Égypte, les titres qualiliealifs de ses rois et de ses chefs secondaires, déformés par l’histoire écrite mais restitués par les monuments, se sont retrouvés identiquement les mêmes à Tahiti;

Que Indivision de la société dans cette île, ainsi qu’à Tonga, à Hawaï et dans leurs annexes, en famille souveraine, en chefs de clans ou de districts, en prêtres, en guerriers, en prolétaires et en esclaves, correspond entièrement à celle dont les découvertes récentes de l’égyplologie ont constaté l’existence sur la terre antique des pharaons;

Que les fêtes cycliques, par lesquelles les Polynésiens célébraient, avec de grandes démonstia-

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tions de deuil ou de joie, la descente de leurs divinités dans les ténèbres inférieures, à l’équinoxe d’automne, ou leur retour ascensionnel dans les régions de la lumière, à 1 équinoxe du printemps, rappellent exactement ce que nous ont transmis les anciens des cuites d’Ammon-Ra et d’Ousiréï;

Que le mot Tabou, dont la signification expiatoire domine impérieusement toutes les institutions religieuses et civiles des Polynésiens, existe avec un sens analogue dans la plupart des langues sémitiques ;

Que les dialectes polynésiens appartiennent, par leur système grammatical, à la même famille que le copte, ce vieux débris de la langue égyptienne ;

Et qu’enfin, jusque dans l’intronisation de leurs rois pontifes, dans les attributions qui leur étaient dévolues, dans le cérémonial qui les entourait vivants et dans le mode de leur sépulture, les petites monarchies insulaires du Grand Océan nous ont conservé le spécimen fidèle, autant que leurs proportions l’ont permis, de la grande société occidentale dont le Nil, pendant un parcours de plus de cinq cents lieues, dispute aux sables du désert les vestiges et les tombeaux.

Comme on ne peut guère faire honneur au hasard de ces étonnantes coïncidences, qu’on ne peut pas davantageadmctlre qu’une' deces deux sociétés

ait enfanté l’autre, séparées qu’elles étaient par le diamèlre entier du globe, il faut bien aller chercher les traces de leur souche commune dans la seule terre qui ait pu la nourrir. Nous l avons déjà dit, cette terre, c’est l’IIindoustan, tel qu’il était dans les siècles qui s’écoulèrent entre sa conquête sur les Koushites par les pasteurs himalayens et la grande invasion arienne qui l’assujétit au régime uniforme des castes, de la langue sanscrite et des lois de Manou.

Nous avons cru devoir insister tout particulièrement sur celte filiation, parce que ce n’est que par elle qu’on peut arriver à la solution logique d’un problème anormal, qui longtemps n’a figuré dans l’histoire que comme une inexplicable aberration de l’esprit humain.

Certes, au début des études historiques, on s’étonne à bon droit de la facile complaisance manifestée par toute l’antiquité classique à prodiguer les titres et les honneurs divins et à ouvrir ses panthéons à une foule de morts sans gloire, ou de vivants sans vertu; on ne comprend pas les images des souverains égyptiens de tout sexe et de tout âge, mêlées dans les temples à celle des dieux, admises au sein des triades nationales, recevant les mêmes hommages avec le même encens ; et, s’indignant de toutes ces prostitutions

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du mot le plus ineffable qu’ait proféré la bouche de l'homme, de l’idée la plus haute qu’ait atteint sa pensée, on finit par conclure à l’avilissement du sens moral, à l’atrophie de la conscience chez les générations qui les ont tolérées.

Mais lorsque, plongeant plus avantdans le passé,

Chants et inii'i<iue en l'honneur d'un

on retrouve ces usages inqualifiables implantés chez tous les peuples à une époque donnée de leur existence; lorsqu'on en suit les traces encore profondes dans la décrépitude des monarchies de l’Orient ; lorsqu’on les étudie en pleine vigueur

parmi les peuplades de la Polynésie, où presque

-JT • F A. . J V . >, ^ *1

de nos jours, le grand navigateur Cook, avant d’ètrc déifié par ses meurtriers comme tant de Césars romains par les leurs, a pu voir la puissance et la personnalité de certains chefs qualifiées de divines et honorées comme telles ; lorsque, plus récemment encore, on a pu entendre des guerriers zélandais acclamer l’un d’eux, qui les guidait au meurtre et à des banquets de chair humaine, par ces mots stupéfiants : Nous tesuluons dieu 1 ! n’est-on pas conduit à chercher la raison d’être d’un fait aussi exorbitant ailleurs que dans des motifs suggérés par des idées modernes, et ne doit on pas attribuer son éclosion uniquement au milieu moral d’un âge humain que nous avons traversé depuis longtemps, et dont il n’existe plus sur la terre que des effluves isolés?

Or ce milieu est, sans nul doute, celui qui enveloppe les origines indoues; et, de même que sur son fond obscur les Arilis Védiques nous apparaissent comme les ancêtres, par le sang et l’étymologie, des Eris du Grand Océan et de la vallée du Nil, des Aruns, Héri, Héroa des nations européennes, de même y découvre-l-on que les mots de Dévas et d’Amritas, qualificatifs des puissances célestes, ont été attribués par l'ignorance

’ Marsden et Kendall, d'Urville, Voyage de l'Astrolabe.

LES PASTEUHS.

naïve et la simplicité de cœur des premières sociétés himalayennes à ceux d’entre les Arihs qui, forts par le bras ou parla parole, présidaient à leurs deslinées dans la paix ou dans la guerre, les réunissaient autour de l’autel du sacrifice ou du tapis des libations, les initiaient à quelques notions nouvelles de la vie pratique, ou élargissaient devant elles, à un titre quelconque, le cercle de la pensée.

Ce point de vue une fois atteint, on arrive à comprendre, et même à justifier jusqu'à un certain point les Atouas terrestres de l’Océanie, les Egrégores des traditions Chaldéenncs, les Dieux mortels de l’Égypte et de la Grèce, ainsi que les Divi légués par l’Étrurie à cette Rome impériale où, avant de s’évanouir pour toujours, les ombres de tous les âges couchés dans le sépulcre surgirent, pour se coaliser et réagir contre l’aube de l’âge chrétien qui pointait à l’horizon.

On lit, à ce sujet, dans des auteurs respectés : «... Je tenais surtout à voir un personnage que l’on me peignait comme bien extraordinaire. A en croire Omaï, ce n’était rien moins que l’Atoua de l’ile (Borabora). Nous le trouvâmes assis sous l’un de ces abris (plates-formes) qu’offrent ordi-

J.’IIOJIME SAUVAGE. •

nairement leurs plus grandes pirogues. Vieux, cassé, perclus de ses membres, il se faisait porter sur une civière. Son véritable nom était Et-ari, mais du nom même du dieu suprême de l’ile les insulaires en l’approchant l’appelaient Or-ra ! (Soleil '.) »

« ... J’eus enfin l’occasion de voir un de ces êtres singuliers. C’était un homme chargé de jours, qui depuis sa jeunesse habite, dans un canton reculé de l’ile (Nou-hiva, une des Marquises), une grande case, environnée de palissades, et où s’élève un autel. Aux poutres de l’habitation, ainsi qu’aux branches des arbres qui l’ombragent, pendent des squelettes humains, tournés la tôte en bas. On ne pénètre dans cet antre que pour être immolé. Souvent, assis sur une plate-forme élevée devant sa case, on le voit réclamer le sacrifice de deux ou trois victimes. On lui en offre plus qu’à tout autre dieu... 1 2 3 »

« ...L’orgueil, la cruauté et la licence sont au nombre des principaux traits du Néo-Zélandais. Il se courbera peu ou point devant un morceau de bois ou de pierre, mais il s’érigera jlui-mème en dieu 5 . »

1 Cook, Troisième voyage.

s Crook, Missionanj Register, 1707.

3 Kendall, Miss. Iicyisler, nov. 1 S 1 0

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«... L’orgueil des chefs de la Nouvelle-Zélande va jusqu’à usurper de leur vivant les attributs de la divinité, et à se faire traiter de dieux par leur peuple. Nous avons entendu les naturels interpeller quelquefois en ces termes, le terrible Shongui, du plus loin qu’ils l’apercevaient : « Aire mai'. Aire mai, Atoua ! — Viens ici, viens auprès de nous, ô dieu ! 1 »

Aux îles Tonga, les chefs descendaient des dieux. Le Touï-Tonga, ou souverain pontife, toujours choisi dans la famille divine des Fata-faïs, descendait du dieu suprême Tangaroa ; le Vea- Tchi, son lieutenant, de la deuxième divinité de la hiérarchie céleste *.

Lorsque Cook découvrit l’archipel d’IIawaï, les naturels l’accueillirent comme une de leurs divinités solaires, Rotio, parti depuis plusieurs siècles, et dont ils attendaient le retour. — Après la rixe où périt l’illustre navigateur, ils rendirent les honneurs divins à sa dépouille. Les chefs et les prêtres sanctifièrent sa mémoire et, jusqu’à leur conversion au christianisme, crurent que le divin Rono, ressuscité, reparaîtrait un jour pour se venger 3 .

1 Marsden, Deuxième voyage à la Nouvelle-Zélande, 1819. |

* Mariner, MisC de Tonga. D’Urville. Premier et Deuxièmevoyagcs.

5 Voy. d’Urville, Voyage pittoresque ; les Missionnaires, etc.

L’ilOMME SAUVAGE.

On sait que, dans l’Inde antique, tous les rajahs des petites principautés qui se partageaient les vallées de l’Indus et du Gange descendaient du dieu Soleil ou du dieu Lunus, et que les héros qui s’élevaient dans chacun de ces centres sociaux vêtaient regardés comme les incarnations (avatar) de la divinité qui y élait plus particuliérement honorée.

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