‹ L'homme sauvageChapitre 4 sur 26 · I. HOMME SAl'YAÇE · texte numérisé non relu

I. HOMME SAl'YAÇE

prolongée, nous voyons s'éteindre aujourd’hui les derniers descendants de leurs deux avant-gardes.

Ils eurent pour frères jumeaux sur les autres versants de l’Asie centrale :

Les peuples que le Kiang, le Iloang ho et le Saghalien conduisirent les premiers sur les rivages de l’Océan oriental, et dont les Ayuos du Japon et des Kouriles nous paraissent conserver le type primordial ;

Et ceux qui, nés entre les monts Célestes et l’Altaï, aux sources des grands cours d’eau de la Sibérie, descendirent de proche en proche avec eux vers le Nord et peuplent encore aujourd’hui les terres circumpolaires de l’ancien et du nouveau continent.

Un rameau hybride et tardif de ces branches * septentrionales du tronc humain, remontant vers le midi le long des versants des montagnes Rocheuses et «les- Cordillères, a dù former la couche première de la population américaine.

Au sujet du peuplement de l’Amérique, nous ne pouvons que répéter ce qu’un homme qui jouit dans les deux mondes d’une incontestable autorité, le commodore Maury, a écrit à ce sujet :

« Je suis convaincu que dès la plus haute antiquité, en supposant l’Océan régi par les mêmes lois physiques qu’aujourd’hui, les eaux du Pacifi-

LES CHASSEURS

que ont été pratiquées par l’homme en balsas, en pirogues, en radeaux et autres grossières embarcations des premiers âges.

« Les îles Aléouliennes ne produisent point de bois. Pour fabriquer les carcasses de leurs canots, leurs ustensiles dépêché, pour fouir et creuser les lanières souterraines qui leur servent de demeures, les grossiers habitants de cet archipel ne peuvent employer que du bois flotté. Or 1 essence la plus commune que leur apporte la mer est le camphrier (laurus camphora); et les rivages les plus rapprochés où croit cet arbre sont ceux du Japon méridional ! Les courants portent donc des côtes orientales de l’Asie aux côtes nord-ouest de l’Amérique.

« Grâce à eux et aux vents régnant à certaines époques de l’année, wn tronc d'arbre suffirait à l'homme pour se rendre d'Asie en Amérique , si cette arche primitive pouvait porter assez de provisions pour la traversée. »

Cette conviction est aussi celle de Lyell, autre chef non contesté du mouvement scientifique moderne. S'étayant de nombreux exemples authentiquement constatés de navigations lointaines, accidentellement opérées de nos jours par des insulaires de la Polynésie, il déclare que les espaces franchis en ces occasions sont tels que des accidents analo-

gués peuvent très-bien avoir tiansporté des canots de divers points de là côte d’Afrique aux rivages opposés de l’Amérique mériditnalo, ou du littoral

La première embarcation.

occidental de l'Europe aux des Açores et de là aux Antilles et au continent américain. « L’homme, ajoute-t-il, dés les premiers et rudes débuts de son existence sociale a dû, indépendamment de

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