‹ L'Homme selon la science et la foiChapitre 17 sur 31 · II' Ëp. de taint Pierre, i · texte numérisé non relu

II' Ëp. de taint Pierre, i

l'immensité, n'est qu'un point dont on pourrait à peine évaluer en chiffres l'incalculable petitesse, on sent une activité, une puissance sans bornes; et tous les soleils mis ensemble, à supposer qu'aucune intelligence ne les aûime, ne sont, malgré leur masse et leur éclat, qu'une vile poussière, auprès de cet atome divin, ce fils grandissant de Dieu, qu'on appelle l'homme. Tels sont, en résumé, les phénomènes dont l'ensemble constitue et révèle toute la vie anthropologique. Attestés par les sens ou par la conscience, par la raison ou par l'histoire, ils s'imposent invinciblement à tout esprit sincère ; et il suffit, pour arriver à la notion totale de l'être humain, de les recueillir et de pénétrer le secret de leur unité, en les rapportant à leur cause profonde. La science le veut; car la première loi de la science est de s'incliner devant les faits. La philosophie l'exige; car la première loi de la philosophie est de rechercher les causes. Or, messieurs, croiriez-vous que, forlignant l'une et l'autre à leurs propres principes, une science faussée s'est acharnée à nier

plusieurs des phénomènes essentiels de notre nature, tandis qu'une philosophie volontairement mutilée n'avait ni la clairvoyance ni la hardiesse d'en proclamer l'unité? Eh bien, puisqu'on oppose aujourd'hui cette science vaine et cette insuffisante philosophie à la foi et à la théologie chrétiennes, je veux me donner le plaisir de défendre ces dernières et de les venger. Ce que la science expérimentale n'a point su faire, ni la philosophie découvrir, vous allez voir comment la théologie chrétienne l'a fait, l'a découvert, l'a proclamé; comment, dès lors, elle est en plein droit de dire à la fausse science : Je sais plus que toi ! à la philosophie : Je raisonne mieux que toi! et de gravir sa cime rayonnante, pour contempler, à la lumière de Dieu, de plus purs et plus vastes horizons.

Il paraît surprenant que ceux-là même qui prétendent observer les faits avec le plus de sévérité, aient été les premiers à négliger ou à travestir ceux de la nature humaine. Rien n'est plus vrai pourtant; et, lorsqu'on y réflé-

chit, rien n'est plus facile à expliquer. Étudiant l'homme à un point de vue expérimental et exclusif, ne regardant que le côté le plus humble, le plus sensible de son être, celui par lequel il rentre dans l'animalité, certains esprits ont été naturellement exposés à méconnaître, même à leur insu, les phénomènes de la vie religieuse, intellectuelle et morale, et tout ce côté sublime par lequel l'être humain dépasse la matière et avoisiue Dieu. Ils eussent bien voulu nier radicalement tous ces faits qui gênaient leur système, offusquaient leurs idées préconçues, et, par leur excellence même, échappent à l'expérimentation palpable; mais peut-on résister à l'évidence? La brutalité d'une négation suffit-elle pour imposer une erreur à l'esprit malgré le sens intime et contre le témoignage de l'histoire? Aussi ontils cru plus habile de corrompre ce qu'ils ne pouvaient supprimer, de réduire aux forces de la vie animale des phénomènes qu'ils se refusaient à accepter dans toute leur teneur. Vous reconnaissez à cette tactique que je me contente

d'indiquer les sensualistes, les matérialistes de tous les temps, les positivistes d'aujourd'hui, et, en général, les savants de notre âge qui, en dehors de la religion, s'occupent de zoologie comparée.

Savez-vous quelle notion dès lors, ils ont cru pouvoir donner de l'homme? ils se sont efforcés de le présenter comme « un1 animal d'une espèce faisant partie intégrante de nos systèmes zoologiques, qui, par tous les points de sa construction, est lié, étroitement apparenté au monde organique ambiant, et obéit aux mêmes lois vitales, dans la forme comme dans l'organisation, dans l'organisation comme dans chacune de ses fonctions1. » A ce compte, l'homme est strictement renfermé dans le domaine de l'animalité pure; et ceux qui consentent à l'emprisonner ainsi, le désignent volontiers par le nom de bipède. « Il est droit, disent-ils, et sans plumes. » Si vous leur de-

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